Les belles endormies

KAWABATA, YASUNARI ; CLEMENT, FREDERIC

EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 01/01/00
LES NOTES :

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Ebook
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Les Belles endormies.Comment commencer de plus belle manière un texte, comment commencer ce texte autrement qu’en mettant en valeur les trois mots du titres, si simples, si purs, si poétiques. Qui résonnent tout le long du roman, où l’on entre, pour quelques instants, dans la vie du vieil Eguchi. Car c’est lui qui nous emmènera dans cette maison particulière, ce petit havre de silence,Les Belles Endormies.Sur de fins matelas sont allongées des jeunes femmes, que l’on endort, au moyen de puissants médicaments. Et c’est à côté d’elles que viennent se coucher des hommes, passer une nuit, et repartir le lendemain avant qu’elles ne se réveillent. Elles ne connaissant rien d’eux, ils ne connaissent rien d’elles. De simples inconnus qui vont pourtant partager le même lit. Le matin, elles n’auront comme souvenir que quelques plis sur le drap, esquissant une silhouette, esquissant un être dont elles ne gardent aucune trace. Certains auront même peut-être bravé les interdits de la maison. Relation charnelle. Leurs corps garderont, peut-être, les séquelles d’une nuit si brumeuse. Mais les jeunes femmes connaissent les risques. Tous les clients n’ont pas forcément le même esprit.Les Belles endormies.Eguchi se rendra cinq nuits dans cette maison. Cinq soirées où l’on pénètrera dans ce petit univers intime. Cinq soirées où l’homme se retrouvera face à cinq jeunes filles, et à face à lui-même. Le bruit d’une respiration. Les long cheveux qu’il caresse. La chaleur que le corps dégage. La peau douce et sensible. Toute la pureté des corps est alors décrite. Ces jeunes femmes, pures et vierges de la violence du Monde : Eguchi les contemple. Les ressent. Ces femmes qui s’offrent aux vieux hommes, il les admire. Mais se sent si faible, si misérable. Réduit à dormir auprès de filles, de femmes qui ne peuvent réagir. Qui ne disent rien. Et ne font qu’être.Les Belles endormies.Le vieillard se remémorera sa vie passée, si lointaine. Ses relations avec les femmes, ses moments heureux. Son existence n’est plus qu’un ancien film, où les décors et les acteurs semblent d’un autre temps. Il sera tenté, lui aussi, de braver les interdits. Sans mauvaises intentions, mais juste pour se sentir vivre, se sentir être. Sans jamais le faire Juste contempler.Les Belles endormies.Érotisme poétique. Huis-clos jamais étouffant. Un roman apaisant, d’une grâce et d’une beauté extrême. Qu’on ne peut oublier. Mais je ne pourrais continuer à en parler. Peur d’écorcher les pages de mes mots maladroits. Une seule chose pourrait prétendre à égaler la beauté de l’œuvre de Kawabata : le silence -

Loach
23/05/11
 

Classique de la littérature japonaise, j'avais envie depuis un moment de me lancer dans cette lecture. Pourtant, je peine encore à trouver mes mots une semaine après avoir fini cette lecture tant celle-ci était étrange. Eguchi est un vieillard qui, sur les conseils de son ami, se rend dans une auberge assez particulière : n'accueillant qu'une clientèle de vieillards, la maison propose des jeunes filles tout juste sorties de l'adolescence (et encore !) plongées artificiellement dans un sommeil très profond. Au fur et à mesure de ses rencontres, Eguchi remontera le temps et nous fera partager son passé amoureux. J'ai vu des avis très partagés sur ce roman : certains criaient au chef-d'oeuvre, d'autres disaient être passés à côté. Est-il possible d'être entre les deux pour une telle oeuvre ? Je n'en sais rien mais c'est la position que j'adopterai. Je n'ai pas détesté, je n'ai pas adoré non plus. En réalité, j'ai l'impression que ce qui compte dans ce livre n'est pas tant l'histoire mais ce qui se cache derrière. Eguchi, plutôt mitigé et surtout poussé par la curiosité, va accepter de se rendre dans une mystérieuse auberge sur les conseils de son ami. Proposant à des vieillards de dormir paisiblement en compagnie de jeunes filles plongées dans un sommeil dont elles ne pourront sortir de la nuit, Eguchi n'en reste pas moins un client atypique, loin de ces vieillards dits "de tout repos". La propriétaire des lieux ne manquera pas pourtant de lui rappeler les règles de la maison. Il lui est ainsi possible de toucher les jeunes filles mais en aucun cas d'aller plus loin. Sur ce point, la propriétaire est intransigeante. Mais comment s'assurer que rien ne sera fait à ces belles endormies ? Inconscientes de tout ce qu'il se passe autour d'elles, elles sont livrées à la merci des vieillards. Eguchi ne manquera pas de se poser ces questions et bien d'autres encore. Après tout, chacune de ses nuits passées en compagnies de ces belles endormies n'est qu'un prétexte pour évoquer son passé et la place que les femmes ont occupé dans sa vie.Pendant une grande partie de ma lecture, je n'ai pu m'empêcher d'être mal à l'aise. Le fait que ces jeunes filles soient plongées dans un sommeil artificiel et totalement livrées à la volonté d'hommes beaucoup plus âgés qu'elles était très dérangeant, ce qui est sûrement la volonté de l'auteur. En suscitant le malaise du lecteur, Yasunari Kawabata nous pousse à nous interroger sur ce qui se cache derrière le récit. Plus que l'évocation du passé amoureux de son personnage principal, il s'agit surtout d'une réflexion sur la vieillesse, la mort et l'amour. Bien que le roman soit très court, il est également très dense. Chaque nuit passée en compagnie d'une jeune fille différente permet à Eguchi de remonter le cours du temps et de nous raconter chacune de ses relations avec les femmes ayant croisé sa route. D'un amour de jeunesse à ses filles, en passant par son épouse et sa maîtresse, à travers son regard, nous en apprenons beaucoup sur la relation hommes/femmes. Les femmes n'apparaissent que comme des objets, soumises aux caprices des hommes. Renvoyant l'image de vieillards pathétiques et pervers, l'auteur nous livre une vision des femmes à la position guère enviable. Eguchi, au début réticent à l'idée de dormir près de ces jeunes filles, va pourtant finir par vaincre ses réticences et retourner à plusieurs reprises à l'auberge. Se laisserait-il entraîner lui aussi dans un système qu'il considère comme corrompu ? Devient-il lui aussi corrompu ? En quoi est-il si différent de ces vieillards de tout repos ? Il en vient ainsi à se poser de nombreuses questions, notamment sur l'existence. Il s'agit également d'une oeuvre à l'esthétisme et à la poésie prononcés. La beauté ne dure qu'un instant. Confronté à sa fugacité, Eguchi réalise que lui aussi ne pourra échapper aux ravages du temps. Ces jeunes filles endormies dégagent paradoxalement énormément de vie. Le contraste entre la clientèle de vieillard et ces belles est d'autant plus saisissant que chacun se trouve à un extrême de la vie. Décrépis et seuls, ils trouvent dans la contemplation de ces corps encore jeunes et beaux un réconfort à leur vieillesse qu'ils n'acceptent pas. Comme vous le voyez, bien que le roman soit assez court, il est possible d'en parler pendant des heures et des heures. Cette lecture m'a laissée perdue, un peu à l'image d'Eguchi lorsqu'il arrive pour la première fois à l'auberge. J'ai aimé le style épuré de l'auteur qui nous fournit pourtant un texte très riche, plein de poésie de sensualité. Alors même que je pensais m'ennuyer au bout d'une vingtaine de pages, j'ai été surprise de voir que j'avais envie de connaître la suite. Jusqu'où les réflexions d'Eguchi allaient-elles le mener ? Pourtant, en soi, le livre ne paraît pas vraiment passionnant. Mais l'auteur réussit à nous emmener dans cet univers onirique et à nous plonger dans un brouillard duquel il faudra trouver le moyen de sortir. Poétique et sensuel mais jamais vulgaire, Les Belles Endormies est une invitation à la réflexion. La vieillesse, la mort, l'amour, la vie en général, sont autant de thèmes vastes et profonds que l'auteur aborde en quelques mots seulement pour nous plonger dans une réflexion bien plus intense. Les Belles Endormies est un roman d'une richesse incroyable ! N'hésitez pas à venir nous rendre une petite visite sur notre blog : http://drunkennessbooks.blogspot.fr

ManonMarie
08/08/15
 

Enthousiasmé par une exposition à la Maison de la Culture du Japon à Paris dédiée à cet illustre auteur nippon, je me suis lancé dans la lecture des Belles Endormies, mon premier roman de Kawabata. J'ai beaucoup aimé son style aérien et nostalgique, qui traite avec pudeur d'un sujet pourtant à première vue sulfureux : les maisons closes. Celle qu'il décrit a un public bien particulier : des vieillards qui choisissent de dormir aux côtés de jeunes femmes endormies artificiellement. Le protagoniste, ensorcelé par ces jeunes filles, se remémore alors les femmes de son passé. J'ai été un peu déçu par la fin qui laisse perplexe, mais ce court roman m'a donné envie de découvrir davantage l'univers de Kawabata, pourtant peu connu en Europe.

Shirayukihime
11/10/14
 

Le vieil Eguchi a 67 ans lorsqu’il décide – sur les conseils d’un ami – de pousser la porte des Belles Endormies, un établissement peu commun. Là-bas, les vieillards comme lui peuvent passer la nuit en compagnie d’une jeune fille endormie. Toutes les jeunes femmes – sous l’effet d’un puissant somnifère – dorment déjà lorsque le "client" rentre dans la chambre et dorment encore lorsqu’ils repartent le lendemain matin. Sur la table de chevet, deux comprimés sont tenus à la disposition des vieillards afin de leur permettre de passer une nuit paisible. [...]Si Flaubert avait pu rencontrer Kawabata, nul doute que les deux hommes se seraient entendus vu que le japonais parvient à rédiger ce livre sur rien dont rêvait le français. Effectivement, nulle action dans ce roman. Eguchi arrive dans une chambre, décrit la jeune femme, se remémore sa jeunesse et ses conquêtes, prend son thé le lendemain matin et revient quelques jours plus tard pour faire exactement la même chose. Peu voire aucun intérêt là-dedans me direz-vous ! Au contraire ! On retrouve ici toute la poésie japonaise dans les descriptions aussi minutieuses que voluptueuses des corps de chacune de ces jeunes filles en fleur plongées dans un sommeil de mort. Et cela fait froid dans le dos. Elles, au printemps de leur vie, sont inertes, inconscientes de partager le lit d’un vieillard pendant que ce dernier les observe, s’allonge contre elles et se plonge dans des méditations sur sa propre existence et sur sa mort prochaine. Le contact de la main fripée d’Eguchi sur les peaux laiteuses des belles endormies provoque chez le vieil homme toutes sortes de sentiments. Colère, frustration mais aussi tristesse, mélancolie et bonheur l’envahissent et se superposent parfaitement sous la plume de Kawabata qui, rappelons-le, a obtenu le prix Nobel de littérature en 1968. Une réflexion poétique sur la vieillesse, la solitude et la mort qui se laisse savourer.

Naurile
21/09/13
 

Comme l'indique le titre, elles sont belles et endormies. Ce ne sont ni Blanche-Neige, ni La Belle au Bois dormant, ni la jolie Fiona de Shrek, et aucun prince ne vient les réveiller. Il s'agit de très jeunes prostituées (vierges ?), droguées pour un long sommeil de plomb, et destinées à être "consommées" de manière très particulière. Des vieillards viennent s'allonger à leurs côtés, pour les regarder dormir, éventuellement les caresser (chastement ?), les embrasser, s'imprégner de leur odeur - comme bain de jouvence ou parce qu'ils sont devenus impuissants (en 1960, pas de ****). Pas d'acte sexuel sur ces jeunes filles, en principe, mais des fantasmes à volonté, oui. Le lecteur assiste à chacune des visites d'Eguchi (soixante-sept ans), et prend connaissance des pensées et souvenirs qui le traversent lorsqu'il contemple ces corps juvéniles.L'histoire m'a rappelé 'La clef', de Jun'ichirō Tanizaki, petit roman troublant dans lequel une femme artificiellement endormie stimule la libido des hommes. Thème dérangeant puisqu'il évoque la nécrophilie. Autres points gênants : les fantasmes de meurtre, la pédophilie - et un zeste d'inceste en pensée ?La plume est minutieuse, le récit lent et répétitif, les allusions aux fleurs sont fréquentes - caractéristiques que j'ai souvent rencontrées dans la littérature japonaise et qui ont une fâcheuse tendance à m'ennuyer, a fortiori si l'intrigue ne me captive pas. Canel

Canel
21/06/13
 

Yasunari KAWABATALes belles endormies Albin Michel, 1997Un homme, Eguchi, va dormir avec une femme. Il est à la fin de sa vie, elle est jeune, ce pourrait être un récit caricatural mais c’est bien autre chose. Car la jeune fille est une prostituée et travaille avec des règles étranges : elle est endormie artificiellement avant l’arrivée d’Eguchi et ne se réveillera qu’après son départ. Et lui peut la regarder, la toucher, mais ne peut guère faire plus… Le texte de cette histoire de corps, de désir, de vieillesse résonne avec les illustrations de Frédéric Clément en un plaisir partagé. Frédérique Barret

Le récit est celui d’Eguchi, la soixantaine, qui se rend pour la première fois dans ce qui a tout d’une maison close. A l’intérieur, une "tenancière" se charge de placer les clients, pour passer la nuit aux côtés d’une jeune fille nue. Cette dernière, droguée, ne fait que dormir et ne peut en aucun cas être réveillée. Les règles de la maison sont strictes : admiration, esthétisme, beauté, les thèmes chers à l'auteur, pas de sexualité. Eguchi passe une première nuit étrange où se mêlent incompréhension, inquiétude et appréhension. Puis il reviendra plusieurs fois, il passera la nuit avec différentes jeunes filles sans jamais ne rien faire d'autre que de la regarder dormir. Plongé dans la pénombre, accompagné mais seul, il pense. Il pense à sa jeunesse et à la vieillesse, cette maladie qui l’amène vers une fin programmée. Il pense aussi aux vieillards dans les pièces d’à côté et à leurs contraires, ces jeunes filles qui sont loin de la mort mais qui en ont tous les aspects. Avec Les Belles Endormies, Yasunari Kawabata signe un très beau texte qui nous emmène dans les souvenirs d’un vieil homme, son mal d’amour, ses regrets, mais aussi le plaisir et l’envie qui sont toujours là. Le texte possède une certaine tension sexuelle sans jamais être explicite. Le début et la fin de la vie dans le même lit, c’est beau. Et en plus, c’est écrit avec un style parfait. laurence

laurence
06/10/12
 

"Les belles endormies" est un roman magistral de Kawabata. Il s'agit ici de ces jeunes filles qu'on drogue afin qu'elles puissent être plongées dans un profond sommeil. Elles sont ensuite placées, nues dans un lit qu'elle partagera avec un vieillard dont elles ignorent tout de leur existence. A leur réveil, le vieil homme en sera plus là pour les effrayer. C'est un roman écrit en 1961. Il met en exergue la problématique de la décrépitude liée à l'âge. Mais en même temps, Kawabata s'applique à décrire cette déchéance dans des scènes empreintes de perversion et d'érotisme sans tomber pour autant dans la laideur ou dans le voyeurisme. Et si je puis dire, c'est là que réside son absolu talent. Kawabata suggère, Kawabata laisse parler son personnage. Son écriture recueille les réflexions tortueuses et les souvenirs du vieillard. Kawabata s'attarde pour cela sur les détails sans tomber dans le glauque. Chaque détail relevé est retravaillé. Il est orné par des adjectifs et d’adverbes afin d'exacerber le tragique de l’existence. Le travail du détail, de la description à partir d’un motif, d’un objet ou d’une sensation rapproche l’écriture de cet illustre auteur japonais à celle d’une poésie ou encore à la technique d’un peintre impressionniste. Avec beaucoup d’élégance, l’auteur démontre à travers la quête de plaisir du vieux Eguchi, la misère du "mâle" asiatique qui a perdu sa puissance virile et patriarcale (ses filles sont toutes parties de la maison, il n'a plus d'emprise sur sa femme) et qui se contente d'une enfant - femme endormie pour se sentir encore homme. Les phrases sont d'une lucidité corrosive "Dans cette maison venaient des vieillards incapables désormais de traiter une femme en femme, mais dormir paisiblement aux côtés d'une fille pareille était sans doute encore une de leurs consolations illusoires dans leur poursuite des joies de la vie enfuie: voilà ce qu'Eguchi comprit à sa troisième visite dans cette maison". « Les belles endormies » décrit donc le crépuscule d’une vie. Il condense et cristallise dans son écriture les désirs avortés, les amours perdus ainsi que la fuite du temps et de la jeunesse. Son roman me fait penser aux fresques médiévaux mettant en scène ce qu’on appelle « les dits » de la Mort. Il s’agit des peintures murales sur lesquelles on aperçoit la Mort conversé avec un vieillard ou une jeune fille ou encore un chevalier. Cet art a pour dessein, par le choc de l’image violente, d’effrayer le simple croyant lui rappelant sa mortelle condition. Avec plus de poésie et de litote, Kawabata oppose dans un même lit la vieillesse et la jeunesse qui sont réunies dans un simulacre de scène amoureux dans lequel il ne se passe rien. L’un étant le miroir de l’autre. Le vieillard effleure du doigt la peau de cette jeunesse qu’il a perdue. La jeune fille dans l’insouciance du sommeil n’a pas conscience qu’elle est dans les bras de la Mort. C’est le prélude de ce qui lui arrivera plus tard quand l’amour n’aura plus le goût du sucre et du miel.De ce fait, on peut dire que c’est un roman cruel et ironique. A lire absolument. Victoire

tran
19/07/12
 

Format

  • Hauteur : 15.20 cm
  • Largeur : 21.80 cm
  • Poids : 0.76 kg

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