Les choses

PEREC, GEORGES

EDITEUR : POCKET
DATE DE PARUTION : 17/10/06
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

Dans ce récit si simple et si uni qu'il convient d'en souligner l'originalité profonde, Georges Perec tente, le premier avec cette rigueur, de mettre au service d'une entreprise romanesque les enseignements de l'analyse sociologique. Il nous décrit la vie quotidienne d'un jeune couple d'aujourd'hui issu des classes moyennes, l'idée que ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inacessible -
car il est lié aux choses que l'on acquiert, il est asservissement aux choses. « C'est qu'il y a [dira Georges Perec] entre les choses du monde moderne et le bonheur, un rapport obligé... Ceux qui se sont imaginé que je condamnais la société de consommation n'ont vraiment rien compris à mon livre. Mais ce bonheur demeure possible ; car, dans notre société capitaliste, c'est : choses promises ne sont pas choses dues. »
4 personnes en parlent

Premier roman de Perec, qui obtiendra le prix Renaudot en 1965.On y suit le parcours de Sylvie et Jérôme, jeune couple des années 60, en proie aux affres de la société de consommation et qui cours après un bonheur matériel qui finalement les laissera insatisfaits.Court roman à la portée sociologique tout autant que littéraire, et dans lequel Perec affiche déjà son goût pour l'énumération. J'avoue avoir été assez déçu par ce livre qui manque selon moi de saveur. Peut-être est-ce que cela est simplement dû au fait que je l'ai lu après avoir lu le reste de l'oeuvre de Perec, notamment ces chefs-d'oeuvre que sont "W ou le souvenir d'enfance", "La disparition" ou encore "La vie mode d'emploi". Maltese

Maltese
13/05/09

1ère partie.L'œuvre débute sur la description minutieuse d'un intérieur luxueux et élégant : le corridor orné de gravures et de teintures, le séjour et la bibliothèque surchargés de bibelots. Entièrement dans des tonalité ocres et brunes, cette pièce est, malgré la tristesse ambiante, décrite comme un havre de paix. S'ensuit la description de la chambre, puis du bureau, tapissé de livres, gravures ou photographies, le tout connotant un esprit érudit et raffiné. Dans cet appartement rêvé, tous les problèmes de la vie courante seraient résolus par une femme de ménage et des livreurs. On y coulerait des jours paisibles, sans d'autres soucis que de profiter pleinement de la vie ; celle-ci serait en harmonie avec le moindre objet. Mais ce confort ne serait pas considéré comme indispensable, et l'on parviendrait parfois à s'en détacher pour partir à l'aventure.Telles sont les aspirations de ce jeune couple, la richesse représentant pour eux un art de vivre. Mais ils doivent en réalité se contenter d'une position socioprofessionnelle moyenne, assortie d'un appartement exigu. Bien que ce dernier soit plein de charmes, ils ressentent le besoin d'un espace spécifique à chacune de leurs activités, d'autant que les objets s'accumulent dangereusement. Malgré quelques efforts d'aménagement, ils étouffent à présent dans un espace exigu et une vie étriquée par rapport à leurs désirs. L'appartement est décrit minutieusement, ils considèrent ce cadre de vie comme provisoire car il ne correspond pas à la démesure de leurs aspirations : " L'immensité de leurs désirs les paralysait ". Alors qu'ils aspirent à la désinvolture, ils s'agitent sans cesse, voulant tout posséder, cultivant le culte de l'objet : " Ils aimaient la richesse avant d'aimer la vie ". Mais, habitués à un mode de vie estudiantin, ils connaissaient mal les limites du bon goût et du raffinement et mirent quelques temps à se former. Ils étaient aspirés par la mode et maîtrisaient mieux leurs désirs, mais leur vie leur paraissait en stand-by.Jérôme et Sylvie, deux jeunes psychosociologue par nécessité, n'ont pour seule vocation que de vivre dans l'abondance. C'est pour cette raison qu'ils avaient tous deux abandonnés leurs études pour se lancer dans le sondage, en plein essor à l'époque. Le temps passant, ils maîtrisèrent de mieux en mieux les techniques et le vocabulaire des psychologues et sociologues et furent chargés de postes à responsabilités. S'ensuit une longue énumération des questions qu'ils sont chargés de poser, et des produits qu'ils doivent tester. Leur emploi leur fit découvrir les richesses du monde et la coquetterie, l'argent leur créa de nouveaux besoins. Ils hantaient les puces et les boutiques d'antiquaires, en quête d'un idéal nouveau, fruit d'une lente maturation sociale.Ainsi coulaient leurs jours, assortis de quelques furtifs moments de bonheur ; Ils avaient alors le sentiment de vivre pleinement, lors d’une promenade nocturne ou d’un dîner au restaurant. « Simples instants de répit qui les renvoyait avec violence à ce qu’il y avait de plus dangereux, de plus incertain dans leur existence ». Ils ne peuvent se résoudre à se consacrer pleinement à leur travail, mais craignent qu’il leur soit un jour reproché leur instabilité professionnelle ; Ils se sentent en décalage par rapport à la société car ils ne sont pas encore réellement installés, ils aiment trop l’inaction et la liberté pour cela. Cette perpétuelle quête de l’idéal condamne le couple au malheur. La perspective de se former leur paraît angoissante, il la voie comme une entrave au désir de vivre : « L’impatience est une vertu du 20ème siècle ». Ils se sentent marginaux, l’époque augmentant encore leurs maux.Ils vivaient dans le provisoire, dans un équilibre précaire, l’aspect économique conditionnant de plus en plus leur vie de couple : Ils conçoivent le manque d’argent comme une entrave au bonheur, à l’amour même. Ils étaient la proie de réelles angoisses quant à leur avenir.Ils n’ont qu’une conscience floue d’eux-mêmes et du monde, méprisant, en bons publicitaires, les gens et la politique. Ils se laissent porter par leur époque sans être effleurés par des préoccupations telles que la guerre d’Algérie, sauf pour alors se considérer comme des martyrs, fantasme collectif dans ces années là. Le couple finit par prendre position, non grâce à une quelconque conscience politique mais par mimétisme : Ils adhérèrent au Comité antifasciste sans avoir le sentiment d’être utiles à la société.La fin de la guerre semblât marquer la fin de leur jeunesse, mais ils n’ont pas l’impression d’avoir commencé à vivre. Ils ne se sentent concerné que par le luxe dont ils rêvent. Leur vie, leurs amitiés et leur amour s’effritent lentement, chacun aspirant à présent à la stabilité sociale et financière. Le couple se sentait alors trahi, se refusant à entrer dans le système.Le couple aspire à faire fortune, rêvant d’ un héritage, une promotion, l’argent devient bientôt leur obsession. Ils pensèrent même à devenir cambrioleurs, dérobant œuvres d’art et sculptures avant de s’enfuir dans une île. Ils reportaient finalement tous leurs espoirs sur de minables parties de poker.Pour les besoins d’une enquête agricole, ils furent amener à sillonner la France, ils convoitaient l’abondance et la tranquillité des fermes. S’ensuit une longue description de produits du terroir qui se termine en une débauche d’objets de luxe. Ils ont alors le sentiment que le monde leur appartient, qu’ils peuvent tout posséder mais déchantent vite et retombent dans leur frustration initiale : « Ils étaient un petit îlot de pauvreté sur la grande mer d’abondance…Ils se sentaient écrasés ». 2ème partie.Mais cette frénésie ne pouvait pas durer éternellement, ils rêvèrent de vivre à la campagne ou de tout recommencer à zéro. Finalement, il sautèrent la pas en acceptant des postes de professeurs en Tunisie, mais furent déçu par leur affectation, non pas à Tunis mais dans de petits villages relativement éloignés l’un de l’autre. Mais il était trop tard pour reculer, ils partirent donc, dans l’espoir de quitter cette vie qui n’avait été « qu’une espèce de danse incessante sur une corde tendue, qui ne débouchait sur rien ». La bas, Sylvie découvrit son lieu de travail, le Collège Technique, ils trouvèrent un grand et lumineux appartement, dans lequel ils se sentirent bientôt perdus. Ils vécurent ainsi à Sfax pendant huit mois, oppressés par le mal du pays. Jérôme cherchait un emploi en vain, s’étant désisté pour celui d’enseignant ; Il déambulait dans les rues, inactif. Peu à peu, ils se laissèrent happer par la routine et la mélancolie, se sentant seuls au monde.Ils avaient le sentiment d’être dans une ville fantôme, d’être exclus et considérés à jamais comme des étrangers, même par les autres enseignants français. « Plus rien ne les reliait au monde ». Ils avaient perdu tous leurs rêves et aspirations, refusant de s’adapter. « Leur vie était comme une trop longue habitude, comme un ennui presque serein : une vie sans rien. »Bientôt, ils se mirent à faire de petits voyages dans les environs, mais ils n’y trouvaient qu’un néant et une misère similaires. Lors de ces promenades, ils n’arrivaient jamais à retrouver le luxe et le faste qu’ils appréciaient à Paris. Mais un jour, ils découvrirent à Tunis la demeure dont ils avaient toujours rêvé, celle d’un couple d’Anglais. L’habitation est décrite jusque dans les moindres recoins, mais ils sont devenus trop blasés pour en apprécier toute l’élégance. Ils étaient devenus indifférents, sans ambition aucune : « Ils étaient perdus dans les décombres d’un très vieux rêve ». Epilogue.A la fin de l’année scolaires, ils rentreront à Paris et retrouveront leurs amis ; Après un bref sentiment de bonheur, tout redeviendra comme avant, en pire même car les charmes seront rompus. Retrouvant ce sentiment d’étouffement, ils accepteront un poste de responsable à Bordeaux et auront finalement une partie de ce qu’ils convoitaient : un divan Chesterfield, leur appartement… Leur nouvelle vie leur semblera naturelle et parfaite, mais finalement insipide.

sovane
16/04/15
 

ÊTRE & AVOIR.........................."Jérôme et Sylvie ne croyaient guère que l’on pût se battre pour des divans Chesterfield…"Dans les années ‘60, y-avait-il des soldes ?.............................................................................

orelimdz
07/09/14
 

L’histoire juste et vraie d’un couple qui, cherchant le bonheur dans la consommation, va se heurter à l’immensité du désir et de la frustration. Le roman qui a révélé Georges Perec et lui a valu le prix Renaudot. http://ericdarsan.blogspot.fr

Darsan
13/01/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.70 cm
  • Poids : 0.10 kg

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