livre depossedes (les)
EDITEUR : CHRISTIAN BOURGOIS
DATE DE PARUTION : 09/09/05
LES NOTES :

à partir de
23,35 €

SYNOPSIS :

Essai-journal sur les « dépossédés » de Londres, Glasgow et Belfast publié en 1990 en Angleterre, ce livre témoigne des souffrances engendrées par la pauvreté. Robert McLiam Wilson affirme très vite qu'il a entrepris ce livre pour se débarrasser des idées reçues sur la pauvreté et pour battre en brèche la politique thatchérienne et ses effets catastrophiques sur ce que l'on appelle pudiquement « les classes défavorisées » anglaises à la fin des années 80 et au début des années 90. Construit en trois parties (une par ville) et écrit à la première personne, ce livre décrit une succession de rencontres dans des centres d'hébergement ou d'accueil ou des cités habitées par les «dépossédés». Ces rencontres donnent lieu aux réflexions de Robert McLiam Wilson qui a lui aussi fait cette expérience de la misère. D'ailleurs il ne prétend à aucune objectivité : il adopte l'attitude du « nouveau journaliste » à l'américaine où le point de vue subjectif est toujours revendiqué. Robert McLiam Wilson démonte l'un après l'autre tous les préjugés « moraux » qui s'attachent aux « pauvres » et critique l'aspect mensonger et anesthésiant des statistiques. Les nouveaux barèmes mis en place par les économistes thatchériens sont un écran de fumée fallacieux, conçus
pour faire croire à une baisse de la pauvreté alors que cette dernière n'a fait qu'augmenter au Royaume -Uni pendant l'ère Thatcher. Mieux, les chiffres ont en eux-mêmes un côté déshumanisant, rassurant, abstrait qui permet d'oublier la réalité brutale de la pauvreté que McLiam Wilson s'attache à décrire avec compassion, humanité, intelligence. Si aucune conclusion ni aucune découverte majeure d'ordre sociologique ou autre ne conclut ce livre, toutes les idées et les théories reçues sont passées à la corbeille : la déconstruction est souvent source de mélancolie. Mais la colère de l'auteur devant la théorie thatchérienne du « trickling down » est tout sauf mélancolique. Cette théorie particulièrement cynique affirmait contre toute évidence que la richesse des très riches finirait bien par rejaillir, magiquement et au bout d'un temps indéterminé, sur les pauvres et les très pauvres. La réalité a prouvé le contraire : les riches se sont enrichis sous Thatcher, les pauvres appauvris. Cet essai a en plus le mérite d'éclairer le personnage de Robert McLiam Wilson. On pourrait presque y lire un fascinant autoportrait involontaire, donné en sus, en contrebande, derrière une enquête minutieuse et éreintante qui met à nu les conditions matérielles de la misère.
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Il est difficile d'apposer un qualificatif à ce livre : Ce n'est ni un roman, ni un essai pur, pas que un récit, pas complètement un reportage ou une oeuvre journalistique, loin d'être un seul recueil de photos, mais c'est tout cela à la fois en même temps. A la vingtaine, Robert McLiam Wilson et Donovan Wylie entreprennent de rédiger un constat de la pauvreté en Angleterre, d'aller à la rencontre de ces gens, leurs pairs, qui ont perdu ce minimum requis pour garder une certaine insouciance, ceux pour qui les dés sont pipés et de qui on détourne le regard, comme s'ils étaient une fatalité à ignorer. De portraits en exposé politique, de conclusions défaites en prose littéraire, on sent bien comme tout cela a construit, nourri l'oeuvre de Robert Mcliam Wilson, la partie autobiographique. Mais c'est difficile de ne pas se laisser emporter par l'empathie, de ne pas se heurter soi-même à l'inextricable de la spirale décrite. En même temps ce n'est pas parce que c'est difficile qu'il faut détourner le regard.

SagnesSy
20/07/12
 

Format

  • Hauteur : 20.10 cm
  • Largeur : 13.10 cm
  • Poids : 0.40 kg
  • Langage original : ANGLAIS