Les derniers indiens

LAFON M H

EDITEUR : BUCHET CHASTEL
DATE DE PARUTION : 10/01/08
LES NOTES :

à partir de
4,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

" Les Santoire vivaient sur une île, ils étaient les derniers Indiens, la mère le disait chaque fois que l'on passait en voiture devant les panneaux d'information touristique du Parc régional des volcans d'Auvergne, on est les derniers Indiens. " Les Santoire, le frère et la soeur, sont la quatrième
génération. Ils ne se sont pas mariés, n'ont pas eu d'enfants. En face de chez eux, de l'autre côté de la route, prolifère la tribu des voisins qui ont le goût de devenir. Sentinelles muettes, les Santoire happent les moindres faits et gestes. Et contemplent la vie des autres. Des vrais vivants.
7 personnes en parlent

C’est le premier roman de Marie-Hélène Lafon que j’ai lu, et ce, par le plus grand des hasards. J’ai été happée par ce récit d’une vie paysanne étriquée en moyenne montagne, écrit avec une grande maîtrise de la forme et du style, dans une économie de mots faisant écho à la nature même des personnages du roman. Marie-Hélène Lafon restitue parfaitement l’atmosphère pesante de la tradition familiale, du respect des choses immuables, qui protecteurs, figent dans des schémas surannés l’héroïne, dont on suit chaque pensée, et son frère, côtoyé toute une vie et pourtant tellement inconnu…Disponible dans le réseau des médiathèques de Lille : http://catalogue.bibliotheque.bm-lille.fr/alswww1.dll/APS_ZONES?fn=ViewNotice&q=535683

Marie et Jean sont les derniers descendants de la famille Santoire, ils vivent reclus dans une petite ferme du Cantal où leur famille a longtemps travaillé. Réfractaires aux évolutions technologiques du monde moderne, ils observent d’un mauvais oeil les familles des fermes voisines tout en étant fascinés par leurs modes de vie fantasques. Ecrasés par un héritage familial lourd ( une succession de décès) et obsédés par le meurtre d’une pauvre jeune fille , l’Alice, retrouvée sans vie dans les bois, Marie et Jean vivent une vie d’ennui. Ce livre est raconté du point de vue de Marie, ce sont ses souvenirs pleins de regrets et de rancoeurs qui évoquent un monde paysan en train de mourir ; ce sont les derniers indiens .En parallèle l’évocation des voisins montre un monde paysan qui change , d’autres valeurs morales apparaissent.On retrouve chez Marie-Hélène Lafon un style ciselé et un travail sur la forme signifiant : pas de division en chapitres mais des paragraphes qui alternent récit sur la vie des Santoire et récit sur les voisins. Une écriture comme un souffle , une respiration celle de Marie, comme des versets , d’où un travail exemplaire sur la virgule, la ponctuation.Marie c’est un prénom qui rappelle celui de l’auteur et qui rappelle la dimension autobiographique de ce livre. Elle aurait pu être cette Marie si elle était née 30 ans plus tôt. Cependant , la narratrice ne dit pas «je» , elle prend une certaine distance tout de même avec ce qu’elle raconte. Marie, prénom catholique qui rappelle l’éducation religieuse de MH Lafon.Marie est obsédée par le meurtre de l’Alice, c’est pourquoi dans toute le livre cela revient comme une obsession, la disparition des vêtements, le corps nu et blanc dans les bois. Il y a des ressassements, des répétitions comme dans la mémoire, les souvenirs : Qui a tué l’Alice ? Vous le saurez … peut-être. Catcho

Catcho
15/08/14
 

La quatrième génération de paysans auvergnats. La dernière. Car il ne reste qu'eux, le frère et la sœur Santoire qui mènent une vie de plus en plus étriquée , mécanique, assourdie, tandis qu'en face d'eux une tribu pleine d'énergie,d'esprit d'entreprise, une tribu bruyante, brouillonne et colorée vit pleinement.Avec une grande économie de moyens, Marie-Hélène Lafon nous peint la vie de cette famille qui s'enorgueillit d'être Les derniers Indiens , les derniers survivants d'une époque révolue, qui ont à peine ressenti les soubresauts de l'Histoire et ont su étouffer dans l'oeuf les élans et les frustrations qu'ils s'imposent eux-mêmes. Seul un vêtement bien repassé et soigneusement rangé viendra peut être éclairer d'un jour nouveau tout le roman.. cathulu

cathulu
11/07/12
 

Les Derniers indiens "Les Derniers indiens", voilà ce que disait la mère Santoire devant le panneau du parc régional des volcans d'Auvergne. Seuls Marie et son frère Jean habitent maintenant la maison familiale. Ils sont "parqués" en eux-mêmes dans des ruminations qui les figent hors du temps. En face, "dans la vraie vie" il y a les Lavigne, ceux qui suivent la mode et le progrès. Le lecteur, dans la langue âpre de Marie-Hélène Lafon, suit la confrontation de ces 2 mondes et les évènements passés à travers le regard de Marie. Un roman à rapprocher de celui de Noelle Revaz : Mort aux bêtes".

Un style froid, épuré, qui pourtant ne peut laisser insensible le lecteur. Un frère une soeur, et des souvenirs. Il y a dans ce livre quelque chose de beckettien pour moi, l'attente du temps imperturbable pour arriver à la fin. Et pour combler cette attente, les souvenirs, douloureux pour la plupart, mais aussi l'observation, la fascination vouée aux voisins. Les deux personnages seuls, abandonnés par leur famille, mais aussi par le reste du monde. Reste du monde qui n'attend lui aussi qu'une chose, la fin de la soeur et du frère pour pouvoir s'approprier les terres et la maison. Une maison devenue bien trop grande pour Marie et Jean qui ne se servent plus de toutes les pièces, parce qu'ils n'en ont pas besoin, mais aussi parce que certaines sont trop chargées de leur vie d'avant, une vie qui pourtant n'est pas encore tout à fait finie.Voilà ce que l'on peut voir dans ce roman de Marie-Hélène Lafon.une histoire peut être banale, mais racontée avec beaucoup de finesse et de style.

gaut
14/05/11
 

« Les Santoire vivaient sur une île, ils étaient les derniers Indiens, la mère le disait chaque fois que l'on passait en voiture devant les panneaux d'information touristique du Parc régional des volcans d'Auvergne, on est les derniers Indiens. » Ils ne sont plus que deux, désormais, à vivre dans la maison familiale, Marie et son frère Jean. La mère est décédée, laissant un trou béant. Elle était tout, directive et intransigeante, menait le foyer à la baguette, et ne voyait que par Pierre, l'aîné. Ce dernier n'était pas du même moule, il aimait partir, vivre et menait une vie en dehors du cocon. Un jour, il est revenu et s'est éteint doucement, épuisé par la maladie. La maison des Santoire est une demeure remplie de fantômes et de spectres, une maison de souvenirs qui écrasent et engloutissent les vivants. « Les morts étaient dans la maison, dans ses murs et dans son air, ils respiraient avec les vivants, à leur côté, ils avaient leurs aises, leurs usages, même les morts de peu de conséquence, comme le père. Tous habitaient, demeuraient, ceux que l'on avait connus et les autres, nombreux et patients, à leur place, sans acrimonie, et c'était simple de glisser avec eux d'une heure à l'autre chaque jour. On n'avait plus de tristesse comme on avait eu pour Pierre à en être déchirés de folie en attendant la suite, c'était derrière, la tristesse les larmes chaudes la peur. On restait, on, les deux, avec les choses formidables qui grouillaient silencieusement et proprement dans l'ombre des pièces fermées. »Marie vit aujourd'hui dans l'attente de l'instant où les voisins d'en face, les Lavigne, viendront et prendront tout. C'étaient des incapables, selon la mère, des brutaux en agriculture, mais ils sont devenus « plus gros, plus visibles, plus enviables et plus enviés ». Toutefois, un malheur les a frappés avec le meurtre de l'Alice, la drôlette de la famille. Et ce crime est resté irrésolu.Ce qui fascine le personnage de Marie intrigue le lecteur, bien forcé de suivre les pensées de cette femme, et de connaître son monde à travers son regard. Le milieu est reculé, agricole et rural. Le cadre familial est sec comme du bois ; la figure de la mère est omniprésente, omnisciente. Longtemps Marie s'est tue pour suivre les préceptes de celle-ci, maintenant elle se permet des entorses aux règles de la mère, elle agit à sa guise et commence même à nourrir quelques rancunes, en plus des regrets. « Marie comprenait que ses propres ruminations répondaient à celles de la mère, étaient du même sang, faisaient pendant, muettes, gratuites, incongrues. » Marie-Hélène Lafon nous plonge une nouvelle fois dans une ambiance âpre, mais pas douloureuse, un peu inquiétante et sourde au progrès (et aux modes). Cette façon de raconter l'histoire est son empreinte, et cela ne cesse de me séduire à chaque fois !

Clarabel
20/02/09

C'est l'histoire de deux irréductibles gaulois, les Santoire frère et sœur, restés célibataires et qui vivent depuis leur naissance dans une silencieuse promiscuité. Marie et Jean habitent la maison familiale, ils sont les derniers survivants de cette lignée de paysans et de propriétaire terriens. Ils n'occupent plus que quelques pièces de cette grande demeure difficile à chauffer et passent leur temps libre à espionner la famille voisine, monstre toujours en mouvement et en expansion, dont la maison s'emplit un peu plus à chaque génération... Marie, les voyant vivre, a conscience de la platitude de sa morne existence, mais elle accepte sa condition ; elle se souvient des mots maternels la mettant en garde contre une possible mésalliance au point qu'elle n'approchera jamais un homme... Elle se souvient aussi de cette jeune fille, retrouvée morte aux abord du bois quelques années auparavant, ce meurtre est resté un mystère dans cette petite communauté ou chacun se connaît sans se parler.Un petit bijou de réalisme et d'humour noir, Marie-Hélène Lafon est décidément inimitable et à mille lieux de l'image d'écrivain du terroir un peu triste que je m'en était faite avant de découvrir ses textes !

sovane
10/10/13
 

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 11.50 cm
  • Poids : 0.20 kg

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