Desarrois de l'eleve torless (les)

MUSIL, ROBERT

livre desarrois de l'eleve torless (les)
EDITEUR : POINTS
DATE DE PARUTION : 21/02/95
LES NOTES :

à partir de
6,90 €

SYNOPSIS :

Ce roman qui est d'abord, une admirable analyse de l'adolescence, relate l'éveil d'une conscience à travers les désarrois intellectuels, moraux et charnels de torless, élève dans un collège très huppé de la vieille autriche à la fin du siècle dernier. La cruauté et la brutalité qui les
suscitent et dont les " amitiés particulières " ne sont que l'exutoire, prophétisent les aberrations de l'ère nazie. Musil n'avait que 25 ans lorsqu'il écrivit ce premier roman et préfigure, par la lucidité et la description des " aspects nocturnes " de l'homme toue l'oeuvre à venir.
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Robert Musil, auteur autrichien contemporain de Zweig, a laissé deux grands ouvrages. Les désarrois de l'élève Törless est son premier roman, et l'oeuvre qui l'a révélé. Quant au second, L'homme sans qualités, il y a passé trente ans sans parvenir à le terminer. Pour aborder l'oeuvre de Musil, j'ai donc commencé par le commencement.Les désarrois de l'élève Törless raconte les mésaventures de Törless, jeune autrichien, dans un internat huppé du pays. Mis là par ses parents fonctionnaires qui ont beaucoup d'espoir pour lui, il fait les découvertes de tout adolescent, mais dans un cadre austère et souvent hostile : l'adversité, l'admiration pour un professeur, la plongée maniaque dans une matière qu'on estime essentielle. Mais il fait la connaissance de matières très peu scolaires : les émois, hétéro comme homosexuels, mais aussi le sentiment de domination, et celui de honte. Comme entraîné par deux camarades, Reiting et Beineberg, la vie de Törless à l'internat prend des chemins très aventureux.Musil signe avec son premier ouvrage un véritable roman d'apprentissage. On y retrouve non seulement la séparation d'avec les parents et la découverte d'un monde inconnu, mais aussi tous les doutes qui assaillent le jeune homme dans cette école a priori très austère. Si les premières aventures se font à l'extérieur, à l'étage d'une auberge avec une jeune fille, ce sont très vite le grenier et les moindres recoins de l'internat qui deviennent les lieux de jeu de Törless. En particulier cette petite pièce sous les combles, tendues de tapisseries, où les trois amis se livrent à tous les jeux, y compris les plus barbares.L'autre force du roman est la très belle écriture du traducteur, Philippe Jaccottet. Pas question ici de juger de la fidélité à l'ouvrage initial, même si on peut penser que Musil n'est pas manchot dans ce domaine. L'écriture est soignée, recherchée, poétique, et nous emmène dans les méandres qu'on peut penser être ceux de l'esprit de Törless. Une plongée parfois exigeante mais souvent exaltante dans cette oeuvre de jeunesse qui lui d'être un brouillon, est une grande oeuvre littéraire.

Yohan59
04/01/13
 

Les désarrois de l'élève Törless de Robert Musil est un roman que j'envisageais de lire depuis près de dix ans sans savoir de quoi il s'agissait, découvert par hasard le week-end dernier et sauvé d'une pile de livres destinée à un troc dont nous sommes revenus les bras chargés de présents. Parmi les ouvrages retenus se trouvaient Personne ne sortira d'ici vivant, biographie de référence de Jim Morrison, Parle-leur de rois, de batailles et d'éléphants de Mathias Enard et, fort à propos, Le voleur dans la maison vide de Jean-François Revel dans lequel celui-ci se plaint de n'entendre jamais personne évoquer la découverte d'un classique qui aurait pu lui échapper quand chacun a son mot à dire sur les ouvrages qui font l'actualité sans toujours les avoir lus vraiment.Comme pour m'amender d'avoir commis Ma rentrée littéraire au lance-pierres, (« en dépit de l'assurance du jugement » pour reprendre l'expression des auteurs de The LP Collection) j'ai dévoré en vingt-quatre heure plus une, décalage horaire aidant, le Törless et rédigé cette chronique. Et ce d'autant plus qu'elle fait curieusement écho à quelques ouvrages de fonds précédemment chroniqués parmi lesquels : L'Age d'homme de Leiris dont l'angle est relativement proche, le roman de Georges Perec W, qui est aussi le nom de l'école dans le roman de Musil, ou encore le Ferdydurke de Witold Gombrovicz. A la question abordée dans ceux-ci, de savoir ce qui se cache derrière la réalité objective des choses, subjective des conventions sociales, de l'identité et de savoir si l'on est fait par les autres ou par soi-même, l'élève Törless, pensionnaire d'une prestigieuse université, va tenter de répondre de diverses façons, de l'ennui à la philosophie en passant par les mathématiques tout en se liant, sensiblement malgré sa répulsion, à deux brutes illuminées et à celui qu'ils prennent plaisir à maltraiter.A travers sa quête et ses rebondissements apparaît toute la palette des sentiments propres à cet âge mais aussi et surtout l'entier panel des rapports de pouvoir, de domination, de séduction, d'humiliations, de perversions qui sont l'apanage d'un milieu physique et social particulier : celui de ces pensionnats de jeunes garçons aristocrates du début du siècle dernier. Toute une expérience et une littérature encore communes néanmoins aux milieux universitaires anglo-saxons et que l'on retrouve avec ses thèmes (hypnose comprise) dans Le complexe d'Eden Bellwether qui figure parmi les belles surprises de cette rentrée littéraire dont je vous parlais ici. Dans le même temps Les désarrois de l'élève Törless aborde également le sujet plus universel de la recherche métaphysique, le feu brûlant et maladroit des premières convictions, des premiers écrits, l'influence des premières lectures et des humanités, toutes choses aujourd'hui étrangères à de nombreux lecteurs.Il s'agit donc d'un roman d'apprentissage qui atteint largement ses objectifs, non seulement parce qu'il retrace les premiers émois intellectuels, spirituels et sensuels du personnage, mais également parce qu'il permet à l'auteur de se faire la main à l'âge de vingt-cinq ans et d'obtenir un succès rapide, quoique fondé selon lui sur une série de malentendu. Car ce n'est pas tant le sujet, pas tant « de faire comprendre », que la manière, que « faire sentir » qui intéresse alors le jeune Musil, au risque de perdre maladroitement son lecteur las des méandres et circonvolutions empruntées par l'esprit tordu du plus jeune Törless. Souvent obscur dans le fond comme dans la forme, peut-être également en raison d'une certaine auto-censure, l'on retrouve ainsi, bien qu'encore prisonnières de Kant que son héros adore et abhorre tout à la fois, les prémices des études sur la phénoménologie entreprises par Sartre en 1936 à la suite de Husserl dans La Transcendance de l'Ego. L'on y découvre également, de façon à la fois plus classique, plus lyrique et plus brouillonne, le ferment des thèmes et d'un style développés avec une redoutable efficacité dans le chef-d'oeuvre inachevé que demeurera L'homme sans qualités paru à la veille de la seconde guerre mondiale.Pour aller plus loin, le « problème du désarroi intellectuel et moral » de Törless que tente de cerner Musil caractérise en vérité et paradoxalement si bien et si tôt la génération, le milieu, l'époque à laquelle il appartient que l'ouvrage sera vu - nous dit-on dans la postface de cette édition de 1972 - comme une « prophétie du nazisme ». Or celui-ci n'est rien d'autre que l'extrême conséquence du lent « ensauvagement de l'occident » - pour reprendre les mots de Césaire dans son Discours sur le colonialisme – qui se structure alors au travers d'une Geopolitik nationale allemande et, devenue aujourd'hui libérale et mondiale, prend sa source dans l'exploitation de l'homme par l'homme. De ce point de vue, si Les désarrois de l'élève Törless peut apparaître aujourd'hui comme un premier roman étrange et étranger, il demeure de la même façon très actuel, ainsi que nous le verrons très prochainement avec Il est de retour de Timur Virmes. http://ericdarsan.blogspot.fr

Darsan
08/12/14
 

Un grand moment de lecture, peut-être le livre le plus abordable de Musil.

ASHURBANIPAL
23/06/09
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.13 kg

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