Les enfants des autres ; la souffrance des enfants meurtris

HAYDEN, TOREY L.

livre les enfants des autres ; la souffrance des enfants meurtris
EDITEUR : J'AI LU
DATE DE PARUTION : 16/09/99
LES NOTES :

à partir de
6,90 €

SYNOPSIS :

«Ces gosses n'étaient pas tous attirants. Mais j'avais beau essayer de les voir comme ils étaient en réalité, ils me semblaient toujours indiciblement beaux. L'étaient-ils à ce point ? Ou était-ce mon regard qui les transfigurait ?» Il y a Boo, âgé de sept ans, avec ses yeux d'un vert étrange. Il ne parle pas, mais reste des heures en conversation
avec un serpent. Lori, du même âge, qui n'arrive pas à lire mais devine les coeurs. Et Tomaso, dix ans, qui ne sait plus s'adresser aux autres sans les insulter. Enfin, Claudia, qui a douze ans. Qui est enceinte. Ensemble, ils forment une classe unique avec une singulière institutrice qui leur enseigne ce qui n'existe dans aucun manuel : l'amour.
3 personnes en parlent

Je vais faire de mon mieux pour écrire cet avis, parce que ce livre mérite une critique qui donne envie de le lire.Commençons. Torey Hayden nous livre ici un témoignage autobiographique, sur une année scolaire entière dans laquelle, elle s'occupe de quatre enfants qui sont tous différents, mais liés par une chose : Ils sont trop différents des autres pour pouvoir intégrer une classe "normale". Entre Boo, qui est autiste, qui parle en faisant soit des onomatopées soit en répétant ce qu'il a déjà entendu, puis Lori qui ne peux pas lire suite à des lésions aux cerveaux, Tomaso, qui s'énerve tout le temps et qui ne dit presque que des insultes envers les autres et enfin Claudia, qui déjà à douze ans est enceinte, on est servi. Et puis au centre de tout ça il y a Torey. La "maitresse", celle qui essaiera d'améliorer leur condition et de les aider.Les personnages sont charmants. Et réellement vivants (heureusement vu que c'est une autobiographie). Torey, bien qu'à certains moments m'a énervé un peu pour son manque de courage, est géniale. Elle fait tout au feeling quasiment, et se débrouille avec tendresse et amour. Elle se préoccupe vraiment du sort des quatre gamins dont elle s'occupe, et j'adore comment elle les décrit. Comment elle les aime. C'est tendre, vrai et pur. Et à la fois tout innocent.Ensuite il y a Boo. Je l'ai trouvé tout adorable et dans le fond assez drôle, même si c'est vraiment triste qu'il soit autiste et que finalement il parle pas vraiment. La façon dont Torey le décrit, m'a donné envie de le serrer très fort contre moi. Et chaque fois qu'il lui arrivait quelque chose de mal, j'avais le coeur tout gros et rempli de tristesse.Puis, il y a Lori. Cette gamine est tout aussi adorable (et sa jumelle aussi bien qu'au début je ne l'aimais pas trop), même si elle ne peux pas lire, elle peux deviner les coeurs, elle arrive à comprendre les gens avec innocence alors qu'elle n'a que sept ans, et puis j'ai aimé ce qu'elle disait, ce qu'elle pensait.Après, il y a Tomaso. Dès le début je l'ai trouvé tout mignon, et c'est sûrement parce que j'ai tendance à aimer les vilains petits garçons. Et puis, finalement, quand on découvre qu'il est pas si méchant que ça, on l'aime plus encore. Ce garçon a un coeur gros comme ça et il est tout aussi adorable que les autres.Pour finir il y a Claudia. Bon, je reste stoïque face à elle, peut-être parce que dans le fond c'était la moins différente, et même si je l'ai trouvé mignonne, bah, elle m'a pas plus intéressée que ça, limite elle aurait pas été là je m'en serais moqué (mais finalement non, parce que j'adore comment elle est avec Boo)Même après avoir fini ce livre, je ne sais pas qui je préfère entre les trois premiers. Ils sont trop différents et trop géniaux.Aussi, je n'ai pas aimé tous les personnages, il ne faut pas croire ça (même si j'ai adoré les parents de Boo et le père de Lori), il y en a que j'ai eut envie de secouer, de lancer sous une voiture, et qui me donnait envie de crier. Par exemple, la maitresse de Lori, qui est trop stricte, trop conservatrice des traditions de l'école et qui ne comprend pas que Lori ne puisse pas lire. Il y a quelqu'un d'autre que je n'ai pas apprécié, même s'il apparait durant un seul passage. Ces personnages que j'ai détesté, finalement, étaient à deux extrèmes. Jugeant que tel enfant est trop dérangé donc qu'il n'est pas comme "nous" et donc qu'il ne ressens aucune émotion, ou l'inverse, jugeant que si cet enfant n'est pas assez dérangé, alors il est capable de tout faire comme nous, et rien que de penser à tout ça ça m'a donner envie de taper du pied.Et puis, ce livre contient aussi des merveilleuses relations entre personnages. Surtout entre Torey et les enfants qui est juste magnifique, comment elle les apprivoise un par un et comment ils l'aiment. Certains passages m'ont donnés envie de pleurer tellement c'était beau. Ensuite, une relation que j'ai encore plus aimée, c'est celle qu'il y a entre Lori et Tomaso. Parce que finalement, on peut pas détester Lori, et Tomaso s'en rend bien compte et décide un peu d'être son pote. Et c'est trooop chou. Comment il lui parle, comment il réagit avec elle et tout. Après, j'ai trouvé que la relation de Boo et Claudia était aussi mignonne. Et surtout, celle de Libby (la soeur jumelle de Lori) et Lori est vraiment forte. Et puis bien sûr, celle du père des jumelles avec ces filles, et celle des parents de Boo, surtout la mère, parce qu'ils espèrent encore et encore et c'est beau.Après, le livre se divise en plusieurs parties. Généralement Torey Hayden décrit un moment merveilleux qui s'est déroulé, puis ensuite les progrès de ces quatre petits élèves et après elle enchaine avec un évènement plus mauvais, et ainsi de suite jusqu'à la fin, tout en bizarrement partant souvent des fêtes qu'il y a tout le long de l'année. Ce style bien que répétitif, ne m'a pas dérangé.Ensuite, je tiens à dire que tout ce que j'ai écris là, n'est pas assez descriptif de mes sentiments. Je n'arrive pas à placer les bons mots pour décrire ce que j'ai ressenti face à ces quatre enfants et leur maitresse, à part "c'est beau".Et puis aussi, je voudrais parler de la couverture, qui finalement, pour moi, représente le mélange des quatre enfants. La bouille de Boo, le doux visage de Lori, l'atmosphère coloré de Claudia et la tristesse de Tomaso.Et vu que je viens de parler du début (la couverture), autant parler de la fin. Je dois avouer que je ne voulais pas que ça se finisse et j'étais prête à rajouter des pages avec du scotch juste pour qu'il y aie encore une suite, mais finalement, l'épilogue est aussi beau que le reste du livre.Bref, même si Les Enfants des Autres n'est pas devenu un de mes livres préférés, il reste un coup de coeur, parce que c'est juste trop magnifique et que je n'en ressors pas déçu du tout, et que je pense vraiment, que ce livre vaut la peine d'être lu.

yuukichanbaka
06/06/12
 

Poignant. Bouleversant. Touchant. Ce livre m'a mis dans tous mes états, il m'a fait rire, m'a émue, m'a fait pleurer, et m'a foutu dans des colères noires contre la plupart des adultes de ce livre (notamment la vieille prof au cœur de pierre et complètement arriérée et le médecin qui recoud le gamin sans faire d'anesthésie parce que ‘"ce genre de gosses ça ressent pas la douleur").Bon cela peut aussi s'expliquer parce que ce livre date des années 1980, mais c'est frustrant de voir que des gens ont pu penser "ça ne sert à rien de dépenser notre argent pour des gosses retardés". BREF.Hormis ça, les gamins sont hyper attachants, les quatre m'ont touché, leurs souffrances m'ont pris aux tripes, leurs joies m'ont ému, et j'avais envie de les prendre dans mes bras. Boo le gosse autiste difficile à cerner mais tellement attachant, Lori qui n'arrive pas à lire mais qui comprends très bien les autres, qui va leur parler, les aimer même s'ils sont différents, elle est adorable cette gosse, et j'ai eu envie de frapper plus d'une fois son institutrice. Il y a Claudia également, enceinte à 12 ans, et qu'on a un peu mis dans cette classe pour "la cacher", ses parents m'ont rendu dingue. Finalement il y a Tomaso, qui pique des grosses colères, qui se montrent menaçant parfois, colérique, mais qui a en fait le cœur sur le main.Ce qu'il y a de plus beaux avec ces quatre gamins c'est qu'ils vont se soutenir, s'entraider, qu'ils vont être là les uns pour les autres, et ça c'était magnifique. L'amour que leur donne Torey est aussi sublime, même quand elle se retrouve face à un mur, elle va les aimer sans condition et essayer de leur apporter tout ce qu'elle peut pour les aider et qu'ils soient heureux. Torey se remet énormément en question, parfois elle manque vraiment de confiance en elle, et pourtant elle leur apporte beaucoup. Elle n'hésite pas à s'excuser quand elle se sent en tort, à leur faire confiance, à leur parler d'elle s'il elle sent qu'ils en ont besoin, à essayer de les comprendre, à les défendre et à les protéger.Torey va parfois se confronter au système, à ce qui fait du mal aux gosses finalement, et c'est hyper dur de voir ce que les gens peuvent penser à cette époque des enfants handicapés (bon à notre époque on peut aussi entendre des trucs stupides).Elle nous parle aussi de sa vie privée, on la voit moins présente mais quand même bien là et ça nous permet aussi de mieux connaître Torey, ses difficultés, ses angoisses, ses envies etc.Ce livre est très humain finalement, Torey ne se pose pas comme "une guérisseuse", elle dit juste ce qu'elle fait, les résultats que ça donne (bon ou mauvais), comment elle se sent quand quelque chose arrive à un des gamins, ce qui la rend fier, ce qui la rend triste, ce qu'elle espère. En tout cas elle est admirable et se bat vraiment pour les quatre enfants, et ce livre est très beau.La fin m'a émue et j'ai encore une fois fondue en larmes.Un livre magnifique.

lasurvolte
17/06/14
 

Une très belle lecture. Avec ses 370 pages, c'est un livre qui se croque très rapidement!L'auteure est une psychologue américaine spécialiste des problèmes de l'enfance inadaptée. Dans cet ouvrage, apparemment elle nous raconte une de ses histoires, puisque le narrateur s'appelle Torey.On se prend d'affection pour ces petits êtres que la vie n'a pas épargné, et qui pourtant débordent d'une envie de s'en sortir sans faille.Le roman soulève le problème de l'acceptation des problèmes psychologiques de ces enfants: à cette époque (le livre est écrit en 1980) il est difficile de les placer dans des structures adaptées. On ne sait pas trop quoi en faire.La Torey de l'histoire est très attachante. Elle nous montre une institutrice aimant passionnément son travail mais qui doute souvent, qui tremble face à un élève violent, qui ne sait pas toujours s'y prendre. Elle nous révèle ses faiblesse avec une grande humilité qui nous émeut quand on referme ce livre. Marylin

marylinm
08/12/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.18 kg