Les faux-monnayeurs

GIDE, ANDRE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 17/01/08
LES NOTES :

à partir de
8,70 €

SYNOPSIS :

« - Depuis quelque temps, des pièces de fausse monnaie circulent. J'en suis averti. Je n'ai pas encore réussi à découvrir leur provenance. Mais je sais que le jeune Georges - tout naïvement je veux le croire - est un de ceux qui s'en servent et les mettent en circulation. Ils sont quelques-uns, de l'âge de votre neveu, qui se prêtent à ce honteux trafic. Je ne mets pas en doute qu'on abuse de leur innocence et que ces enfants sans discernement ne jouent le rôle de dupes entre les mains de quelques
coupables aînés. » Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'oeuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points : - Mouvement littéraire : la crise du roman. - Genre et registre : le roman à l'épreuve du miroir. - L'écrivain à sa table de travail : un roman carrefous. - Groupement de textes : la mise en abyme. - Chronologie : André Gide et son temps. - Fiche : des pistes pour rendre compte de sa lecture.
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"Les faux-monnayeurs" est aux yeux de Gide le seul roman qu'il ait écrit, ses autres fictions relevant de genres différents.Et quel roman puisque le sujet essentiel en est le roman lui-même, fabuleuse mise en abyme qui nous permet à la fois de suivre une intrigue complexe et de s'interroger sur le genre romanesque.Il est difficile de faire un résumé de ce livre tant son déroulement se complexifie au fur et à mesure que de nouveaux personnages apparaissent, créant un maillage de relations assez impressionnant quant à sa construction.Disons qu'il est question d'amitié, d'amour, d'écriture..., que l'on croise un écrivain à succès, un anachiste, des amants éconduits..., et que certains personnages ont des noms aussi évocateurs que Passavant ou Profitendieu.Encore une fois, on retrouve cette problématique chère à Gide qui amène les personnages à hésiter entre leur condition de vie bourgeoise et la révolte.Un roman qui se regarde et qui souligne bien à quel point le genre est bâtard, tout comme un de ces héros, Bernard Profitendieu. Maltese

Maltese
13/10/09
 

L'âge "déraison"..."Sincérité et confusion des sentiments. Gide propose une conception de l'amitié comme idéal de formation qui reste bien **rastique et tributaire de la relation amoureuse. Initiant, éduquant, l'amitié gidienne mêle le plaisir des sens aux plaisirs de l'esprit." - Stephan FerrariTout est dit..."Journal d'Edouard - 18 octobre."Laura ne semble pas se douter de sa puissance ; pour moi qui pénètre dans le secret de mon cœur, je sais bien que jusqu'à ce jour, je n'ai pas écrit une ligne qu'elle n'ait indirectement inspirée. Près de moi, je la sens enfantine encore, et toute l'habileté de mon discours, je ne la dois qu'à mon désir constant de l'instruire, de la convaincre, de la séduire. Je ne vois rien, je n'entends rien, sans penser aussitôt : qu'en dirait-elle? J'abandonne mon émotion et ne connais plus que la sienne. Il me paraît même que si elle n'était pas là pour me préciser, ma propre personnalité s'éperdrait en contours trop vagues ; je ne me rassemble et ne me définis qu'autour d'elle. Par quelle illusion ai-je pu croire jusqu'à ce jour que je la façonnais à ma ressemblance? Tandis qu'au contraire c'est moi qui me pliais à la sienne ; et je ne le remarquais pas ! Ou plutôt : par un étrange croisement d'influences amoureuses, nos deux êtres, réciproquement, se déformaient. Involontairement, inconsciemment, chacun des deux êtres qui s'aiment se façonne à cette idole qu'il contemple dans le coeur de l'autre... Quiconque aime vraiment renonce à la sincérité. [...] "Que cette question de la sincérité est irritante! Sincérité ! Quand j'en parle, je ne songe qu'à sa sincérité à elle. Si je me retourne vers moi, je cesse de comprendre ce que ce mot veut dire. Je ne suis jamais que ce que je crois que je suis - et cela varie sans cesse, de sorte que souvent, si je n'étais là pour les accointer, mon être du matin ne reconnaîtrait pas celui du soir. Rien ne saurait être plus différent de moi, que moi-même. Ce n'est que dans la solitude que parfois le substrat m'apparaît et que j'atteins à une certaine continuité foncière ; mais alors il me semble que ma vie s'alentit, s'arrête et que je vais proprement cesser d'être. Mon cœur ne bat que par sympathie ; je ne vis que par autrui ; par procuration, pourrais-je dire, par épousailles, et je ne me sens jamais vivre plus intensément que quand je m'échappe à moi-même pour devenir n'importe qui."Cette force anti-égoïste de décentralisation est telle qu'elle volatilise en moi le sens de la propriété. Un tel être n'est pas de ceux qu'on épouse. Comment faire comprendre cela à Laura?"Edouard se connaît bien, il sait qu'on n'est jamais tant sincère que lorqu'on est seul face à soi-même et, qu'à partir du moment où l'on aime et où l'on veut briller aux yeux de l'autre, tout n'est que faux-semblants, apparats. J'ai personnellement le sentiment que l'on pourrait dans ce passage remplacer le nom de Laura par celui d'Olivier, ou par n'importe quel autre nom de garçon qui serait susceptible d'attiser sa curiosité, viendrait sublimer son être.Edouard se nourrit des autres pour vibrer (Laura fut un temps, Olivier maintenant), pour donner un sens "honorable" à sa vie (Bernard, le vieux La Pérouse, Boris), pour écrire son roman "les faux monnayeurs" (Georges et sa "contrebande" de fausse monnaie, Olivier encore).L'homosexualité qui se devine est initiatique : Edouard pour Olivier. La rastie se lit dans le sens étymologique grec : Edouard pour Bernard. Ou encore, l'attrait pour les jeunes garçons : Edouard pour Georges voir pour Caloub le jeune frère de Bernard vers qui, en fin de roman, il semble vouloir porter son attention "Je suis bien curieux de connaître Caloub". L'homosexualité ou la **rastie prennent aussi forme sous les traits détestables du Comte de Passavant, moins reconnues, plus pernicieuses.L'amitié flirte avec cela.Gide est magistrale dans ce roman pour nous décrire - par le biais d'un narrateur que jamais nous ne parvenons à identifier - les sentiments, la fascination qui s'exerce, les ratés générés par les silences gênés, par la trop grande envie d'épater, de plaire que ce soit à un ami ou à l'être aimé.Bref...Je n'avais gardé de ma 1ère lecture (vers 19/20 ans) qu'un vague souvenir du contenu de ce roman, l'histoire d'une très forte amitié entre Olivier et Bernard. De la relation entre Edouard et Olivier, non. Des noms oui. J'avais la conviction de l'avoir beaucoup aimé et le voir ressurgir entre les mains d'une amie m'a donné l'envie de le relire.Je pensais que je sortirais tout aussi exaltée de cette relecture, mais pas vraiment. C'est en en discutant donc avec cette amie qui l'avait elle-même fraîchement lu que j'ai compris pourquoi. A l'époque, qu'avais-je pu éprouver d'autre que cette adéquation de sentiments contrariants et contrariés que nos personnages éprouvent, que cette exubérance de la jeunesse qui s'emporte et qui porte en elle malgré tout un front soucieux.Oh je ne me sens pas vieille, loin de là ^^ Mais, aujourd'hui, je poserais à l'instar d'Edouard, un regard amusé, tendre, curieux et inquiet à la fois sur nos protagonistes.Dans Les faux-monnayeurs, on est à un âge où l'on se prend au sérieux, où tout n'est ressenti que pleinement, où briller aux yeux des autres, d'un ou d'une en particulier importe tellement, au point parfois de fausser ce que l'on est, de nous éloigner plus que de nous rapprocher.Mais que faire de ces regards à l'envie s'ils ne nous apportent pas la reconnaissance, s'ils ne nous font pas briller aux yeux de qui l'on voudrait? Alors la vie, les amis sincères sont là pour nous signifier que paraître ne vaut rien, que ce qui importe c'est d'être soi-même encore un peu enfant, pas tout à fait adulte et rester indulgents toujours les uns envers les autres.Olivier à Bernard - "Nous avons, à notre âge, une fâcheuse tendance à juger les gens trop sévèrement et à condamner sans appel. Bien des actes nous apparaissent répréhensibles, odieux même, simplement parce que nous n'en pénétrons pas suffisamment les motifs."

Cera1volta
11/11/12
 

Les faux monnayeurs, un roman trop complexe pour être résumé est assez difficile à faire partager, néanmoins, essayons. Tout d'abord conseiller de se méfier du titre, pour ceux qui goûtent peu à ces affaires, il n'est pas tant question ici de blanchiment d'argent que de littérature (les faux monnayeurs est un titre qui joue sur la mise en abyme d'un autre roman) et de rapports humains. Dans ce roman, le style et la construction narrative sont absolument admirables. Mais le parti pris de l'auteur qui prend la parole à plusieurs moment du roman, et juge ses personnages n'est pas sans me gêner. En effet, ces interventions pour le moins moralistes qui explique et choisissent de se centrer sur tels ou tels personnages jugé plus intéressants entre parfois en contradiction avec mes envies de lecteurs. Ainsi j'ai été déçu après avoir été curieux de personnages comme Vincent ou le comte de Passavant de les voir presque passé sous silence quand d'autres épisodes réellement narré touche à la mièvrerie. Mais ces derniers points sont assez personnels et je reste malgré tout impressionné par cette "performance" d'auteur. Virgule,...

Meandnothim
02/03/11

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.31 kg

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