Les fous de bassan

HEBERT, ANNE

livre les fous de bassan
EDITEUR : POINTS
DATE DE PARUTION : 19/03/98
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

Le vent, la pluie, la rumeur de la mer et la pesanteur du passé font de griffin creek, petit village du québec, un lieu étrange et presque hors du monde. Un soir de l'été 1936, deux adolescentes vives et lumineuses, enviées ou désirées pour leur beauté par toute la petite communauté
protestante du village, disparaissent près du rivage. a travers la voix ou les lettres de différents personnages, on assiste à la tragédie qui commence à se jouer, bouleversant ce village figé dans la tradition et le respect des commandements. Prix femina 1982.
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D’abord c’est le pasteur qui fait entendre sa voix, quarante-six ans après le drame qui a bouleversé à jamais la vie de ce petit village campé sur l’Océan, entre cap Sec et cap Sauvagine. Un vieil homme au coeur sec et à l’âme sans doute aussi noire que sa tenue de clergyman, dont la voix subjuguait pourtant ses ouailles au temps de sa splendeur, jusqu’à cet été 1936 qui vit disparaître Olivia et Nora. Le pasteur nous fait comprendre les liens étroits qui existent entre les quatre familles principales de Griffin Creek, la domination des hommes sur des femmes, mères, filles, soeurs courbées sur les travaux ménagers, dont la voix et le désir comptent pour si peu…C’est au tour de Stevens Brown de conter sous forme épistolaire son retour à Griffin Creek à l’été 36. Stevens, le mal aimé, le rebelle, plein d’une sauvagerie animale, animé d’une vengeance mal exprimée. Homme construit sur une violence larvée, force de la nature mais d’un naturel mal accordé à la beauté des lieux. Déjà nous sentons qu’l n’y aura pas de fin heureuse…Et voici Nora, qui raconte son enfance et cet été 36 où elle et Olivia sont devenues des jeunes filles gonflées de sève, à la « sauvage innocence ». Et puis Perceval, le frère simple d’esprit de Stevens, celui qui voit tout, ressent tout mais ne peut souvent s’exprimer qu’en larmes et en cris. Et Olivia qui raconte sa version des faits ou plutôt nous la fait ressentir dans une poignante symphonie d’eau salée et de vent… Jusqu’à la finale découverte en apnée (et ce n’est pas un mauvais jeu de mots de ma part).Dans ce magnifique roman, Anne Hébert dépeint un village et des habitants figés dans des traditions religieuses, des interdits, des décrets souvent imposés par des hommes secrets, ambivalents. Face à eux, des femmes maltraitées, réduites au rôle de mère dans leur âge adulte, livrées à elles-mêmes quand elles découvrent leur corps et leur désir et repoussées, méprisées quand « elles ne sont plus des femmes ». Et enveloppant ces hommes, ces femmes et ces enfants, la mer et le vent qui offrent une présence (oserais-je dire féminine et masculine, père et mère de substitution), une force et une beauté qui dépassent de bien loin les petits arrangements malsains des hommes…La langue d’Anne Hébert est belle, poétique, brûlante, puissante, accordée à chacun des personnages à qui elle donne successivement la parole. Elle magnifie le cadre de la baie du Saint-Laurent dont elle a marié rive sud et rive nord dans le village imaginaire de Griffin Creek. La métaphore du titre est symbolique : les fous de Bassan sont des oiseaux libres, dont le bec fend et fouille la mer après un vol en piqué. Son roman m’a captivée et déchirée à la fois. Anne

Anne7500
11/11/15
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.15 kg

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