Les jours fragiles

BESSON, PHILIPPE

EDITEUR : JULLIARD
DATE DE PARUTION : 19/08/04
LES NOTES :

à partir de
12,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Elle a grandi dans l'ombre de son frère aîné, surdoué scandaleux. Lorsqu'il a choisi de s'enfuir, elle a appris l'absence et le manque. aujourd'hui, l'exilé volontaire est de retour de ses lointains voyages et il la réclame. il ne lui propose
que des jours fragiles, fébriles. elle accepte sans réfléchir. empêtrée dans ses frayeurs, guidée par un infatigable espoir, isabelle rimbaud est enfin prête, à trente ans, à cheminer aux côtés d'arthur vers l'irréparable.
7 personnes en parlent

Les jours fragiles ce sont ces jours que l'on essaie désespérément de retenir, de faire durer encore un peu quand on sait un être cher sur le point de nous quitter. Ces jours fragiles ce sont ceux qu'Isabelle consigne dans son journal intime, les jours d'agonie de son frère adulé, Arthur Rimbaud. Car en mai 1891, après 10 ans d'exil volontaire en Abyssinie, Arthur est revenu dans les Ardennes. Jeune vieillard de 37 ans, malade, épuisé, amputé, il est venu vivre ses derniers jours au côté de sa sœur Isabelle, seul membre chéri d'une famille rigide.Alors, jour après jour, Isabelle soigne et soutient son frère chancelant, son corps souffrant et défaillant. Elle surveille chacun de ses pas, l'accompagne partout ou il veut, l'aide à rentrer, à monter, à descendre, prépare son siège, son lit, sa table. Bouchée à bouchée, elle lui fait prendre quelque nourriture, lui donne ses potions. Elle emploie ses journées à essayer de le distraire de ses pensées et de ses peines, passe les nuits à son chevet. Quant il se met à dormir, elle reste encore près de lui, à le regarder, à l'aimer, à prier, à pleurer.Et jour après jour, dans son journal, la jeune femme écrit ses impressions, rappelle ses souvenirs, dissèque un univers familial éprouvant, raconte la longue agonie, essaie de retenir ce frère méconnu mais bien-aimé. Elle en devient la confidente, bouleversée par ses souvenirs tourmentés (homosexualité, drogues, athéisme...) qu'elle essaie de comprendre à défaut d'approuver. Elle est le témoin de sa splendeur passée et celui de ses tourments. Elle est le dépositaire de ses dernières fulgurances. Et en filigrane, elle trace le portrait de l'homme avant celui du poète.« Je sais qu'évoquer cette tocade adolescente, c'est soulever un tabou dans notre famille. Cependant, comment ignorer tout à fait qu'Arthur a fait, un jour, de la poésie ? Il allait sur des routes incertaines, sur des chemins boueux, dans le froid et la faim au ventre, mais il voyait le soleil. Il allait crotté et misérable, ses poches étaient crevées mais il se prétendait le plus riche des hommes. Il allait, insouciant et léger, au hasard, il cherchait l'extase dans la fugue et, dans le même temps, portait des deuils écrasants, éblouissants. Il allait, guidait par des fulgurances, où nul autre n'était allé avant lui, et il flottait au-dessus des abîmes. Les mots lui venaient sans qu'il les commande. C'est lui qui l'assure, et, moi, je le crois. Que reste-t-il de tout cela ? Des cendres froides. »Ces jours fragiles sont à la fois terribles et émouvants, empreints de douleur, de désarroi, de peur et d'amour. Ce filet de vie qui s'épuise donne lieu à un récit intense, âpre et maîtrisé. Philippe Besson nous bouleverse par la simplicité de l'approche et la sobriété du style, par cette voix si pure qui interroge l'existence de Rimbaud, par ce regard profond et pourtant pudique d'une petite sœur sur son géant de frère.

Kara
14/01/09
 

C’est un très bon Besson, fin et émouvant, qui plaira sans conteste à tous les amateurs de Rimbaud. L’auteur a imaginé ces derniers mois, cette lente agonie, ce dernier été qui ressemble à l’hiver et il a réussi à redonner vie à « l’homme au semelles de vent ». Cela, à tel point, que je me suis mise à espérer, que la fin ne serait pas la mort, incapable de quitter Rimbaud.Le style de Besson s’adapte très bien au contexte : sobre, un brin classique, pudique. Il se sort de cet exercice avec panache, ce qui n’était pas gagné d’avance, la vie de Rimbaud étant un sujet sur lequel une pléthore d’ouvrages a déjà été produite et il semblait a priori difficile de faire neuf. Le pari est réussi.

mycupoftea
11/01/13
 

Nouvelle déception avec ce roman de Philippe Besson, qui est pourtant l’auteur qui m’a offert l’un de mes plus merveilleux coups de cœur littéraires. Peut-être est-ce pour cette raison que j’ai toujours l’impression d’un manque de quelque chose lors que je lis un de ses livres. Ils ne sont pas celui que j’ai tant aimé.L’histoire nous est racontée par Isabelle Rimbaud. Son nom vous résonnera forcément aux oreilles, elle est la sœur du célèbre Arthur Rimbaud. Artiste à l’âme torturée et qui fond, se complait dans ses blessures.Quand débute le roman, Isabelle vit seule avec sa mère, une femme froide et distante qui semble ne ressentir aucune émotion. Arthur est loin. Il est commerçant en Afrique. Malheureusement, à la suite d’une blessure, il est rapatrié en France où les médecins sont obligés de lui amputer la jambe. Il revient alors sur sa terre natale, à son grand désespoir.On pourrait croire qu’à partir de ce moment, tout commence et pourtant non ! Si on prend cette famille au premier degré, on se retrouve avec une mère acariâtre incapable d’éprouver le moindre sentiment, un fils ingrat et arrogant et une fille naïve. Mais si on creuse un peu plus profondément, on se rend compte qu’Isabelle est la plus forte de tous. Elle n’a jamais connu d’homme, elle n’est jamais sortie de sa campagne mais elle a en elle la force d’affronter les obstacles. Surtout lorsqu’il s’agit de son frère.Malgré le respect et l’attachement que l’on peut ressentir pour ce personnage, ce livre est plat. Non pas que l’histoire soit monotone mais aucune émotion ne ressort de l’écriture.

ManonLivresque
13/03/12
 

Il existe des livres qui vous hantent longtemps: celui-ci est de cela. On retrouve le thème cher aux livres de Philippe Besson: l'homosexualité, mais à la limite on le sait déjà si on connait un peu la vie tumultueuse de Rimbaud. Besson nous présente le journal intime d'Isabelle Rimbaud où elle y explique avec force les derniers jours de vie du poète, son accompagnement vers la mort, les souffrances de sa vie éclatée, et ses peurs. Isabelle a "oublié" de vivre pour se consacre à son frère qui, lui, l'a oublié parfois..... Un très beau livre, terriblement humain qui vous amène à relire les poésies du poète de génie. vivi

vivicroqueusedelivres
18/02/12
 

C'est avec la modestie et l'humilité des filles de la campagne et en bonne chrétienne qu'Isabelle Rimbaud décrit les dernières semaines de la vie de son frère aîné, Arthur. Un frère qu'elle n'a pas vu depuis 10 ans, un frère au passé sulfureux qui revient d'Abyssinie (Afrique) gravement malade. Le journal que tient Isabelle pour la première fois de sa vie commence le 22 mai (le jour où Arthur débarque à Marseille pour se faire amputer une jambe gangrenée), continue pendant l'été alors qu'Arthur revient convalescent dans les Ardennes (c'est-à-dire à la ferme familiale), puis se poursuit à l'automne à Marseille à l'hôpital de la Conception où elle a raccompagné Arthur en fin de vie. Ces phrases, courtes et désespérées, du 11 octobre qu'Isabelle écrit en sachant qu'elle soigne son frère en pure perte.[...] Catherine de La culture se partage

Catherine2
06/05/11
 

Arthur Rimbaud est un personnage fascinant et pourtant obscure. Beaucoup d'entre nous se contenteraient d'être capable d'écrire l'un de ses poêmes pour que notre vie soit épanouissante. Pas lui. En lutte continuelle avec sa famille, il choisit la vie de bohême (ou de débauche). De poète il devint commerçant (aux manières contestables d'ailleurs).Philippe Besson choisit de se loger dans la tête de la sœur d'Arthur Rimbaud, Isabelle lire la suite, la seule personne qui l'accompagna durant son agonie. Amertume, dégoût, incompréhension côtoient admiration et jalousie.Ce roman sans être exceptionnel est intéressant.

milca
13/03/10
 

Beaucoup de sensibilité Isabelle, la soeur d'Arthur Rimbaud, raconte le retour au bercail de l'enfant prodigue. Après avoir mené une vie de bohème, Rimbaud rentre dans ses Ardennes natales, très malade. Isabelle l'accompagne avec dévouement dans ses derniers jours fragiles.

Format

  • Hauteur : 20.60 cm
  • Largeur : 13.40 cm
  • Poids : 0.25 kg