Les joyeuses

QUINT-M

EDITEUR : STOCK
DATE DE PARUTION : 22/04/09
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Federico Peres, dit Rico, est un jeune homme timide qui bégaie horriblement. L'arrivée de Jean-Pierre Bernier, metteur en scène haut en couleurs, véritable Falstaff, venu monter à Sablet Les Joyeuses Commères de Windsor, bouleverse sa vie. L'homme, autrefois inséparable du père de Rico et d'Edwige, la propriétaire viticole qui finance la pièce, réapparaît pour trois représentations d'adieux. Nommé régisseur et intendant des menus plaisirs, Rico a pour mission d'approvisionner la troupe en nourriture et vin. Chaque jour il se met en quête de joyeuses bouteilles pour une communauté festive où se mêlent
techniciens, acteurs et actrices, anciens et nouveaux amants. L'année de ses vingt ans, Rico découvre que le vin libère les mots si longtemps emprisonnés et entre en ivresse le temps d'un été. Dans la chaleur du village de Sablet, entouré de vignes, il s'initie au vin et à l'amour. Il devient lui-même le personnage d'une pièce de théâtre, tragique et païenne, pleine de péripéties, où les répliques fusent, les secrets se dévoilent, faisant resurgir un passé douloureux. Servi par la langue truculente et poétique de Michel Quint, Les Joyeuses est un roman d'apprentissage joyeux, une ode à la vie.
5 personnes en parlent

Un metteur en scène de théâtre sur le déclin revient dans le village de son enfance, à l'invitation de la propriétaire d'un domaine viticole (Vacqueyras, Gigondas, Sablet) pour y monter Les joyeuses commères de Windsor de William Shakespeare. Là, il trouvera des comédiens amateurs, dont Rico, fils du responsable des ventes du domaine, pour compléter les acteurs professionnels, mais plus vraiment en haut de l'affiche qu'il amène avec lui. Ce responsable des ventes du domaine est aussi un ancien ami du metteur en scène, jadis tous deux rivaux dans le coeur de celle qui est devenue la propriétaire du domaine. Bon vivant, aimant le vin et les femmes, Jean-Pierre Bernier, le metteur en scène va mener tout ce petit monde à son rythme de buveur et de coureur de jupons.Le narrateur est Rico, jeune homme de 20 ans, handicapé par un bégaiement qui jusque là l'a empêché d'aller vers les filles. Cet été-là, il remarque que boire et atteindre un certain niveau d'ébriété lui délie la langue. Il passera toute la saison dans cet état, d'abord pour pouvoir jouer dans la pièce et ensuite pour se rapprocher des filles et des femmes présentes, toutes aussi désirables les unes que les autres.Sous l'impulsion de Jean-Pierre Bernier, tous vont se parler, se révéler, les uns hâbleurs, les autres timides, et pour certains totalement différents de ce qu'ils pensaient être.Truculent, dionysiaque, ce livre est d'une part un éloge du théâtre, et d'autre part, un hymne à la vie et à tous ses plaisirs. Ça baguenaude, ça drague, ça apprend son texte, ça batifole, ça répète, ça s'embrasse, ça se touche, ...Je n'avais lu jusqu'ici de Michel Quint qu'Effroyable jardin, dont je n'ai pas gardé souvenir de lecture, puisque j'avais vu le très beau film avant et que le film a phagocyté le livre. Là, je répare donc cette inculture et je tombe dans une écriture formidable, totalement libre et maîtrisée. J'aime beaucoup les phrases de M. Quint dans lesquelles la ponctuation prend tout son sens : faire une pose après la virgule, bien faire attention aux accords des adjectifs pour bien comprendre les subtilités de sa langue. Voici un extrait assez représentatif du livre : "Ce jour-là, j'ai été ivre très tôt. Et chaque soir suivant, flacon après flacon, je pénétrais plus loin dans mes excès, mes explorations de la parole et du monde, je me sentais à ma taille véritable, conforme aux constellations régissant mon destin, l'égal de ces comédiens burinés de mille vies, de ces femmes dorées, le livre universel à moi seul, je suivais Shakespeare et Marlowe au long des docks de Londres, je me préparais aux servantes à tétons magnifiques, aux rixes de bouge et à la mort qui vient tôt. Ce qu'il me fallait c'était de l'hypocras à boire avec Richard III, du gros, de la vinasse à poilus versée par Cendrars, le pinard des soudards de Hugo, du rouge sombre, sang-de-boeuf ! J'aurais bouffé cru mes compagnons de ripaillerie, ribaudé les dames. Et toutes ces démesures je les hurlais, j'emmerdais tout le monde." (p.104/105)Voilà, tout le livre est écrit comme cela, de la belle langue française avec parfois des mots désuets ou plus guère usités, qui donnent au roman de Michel Quint un charme et une élégance fous, et de la joie de vivre : on ressort de cette lecture joyeux. Yv

Lyvres
23/03/14
 

Disons le tout de suite, c'est un roman qui me "parle", divers éléments sont entrés en résonance avec ma vie. Sans parler du premier paragraphe que j'ai adoré. Si je savais je le mémoriserais. On dit souvent que la première phrase est la plus importante, il me semble que dans ce paragraphe Michel Quint nous donne les pistes pour la suite.Parlons du titre : "les joyeuses" : pour "Les joyeuses commères de Windsor" de Shakespeare, pour les attributs masculin, et enfin le surnom des bouteilles de vin. Théâtre, sexe, et le vin qui coule à flot... cohérent puisque nous sommes dans le thème des bacchanales tout au long.Décidément Shakespeare est entré dans mes lectures de ses derniers temps. Je n'ai pas lu la pièce mais Michel Quint nous en donne son interprétation et donne très envie de la lire.Michel Quint a su trouver les mots pour retranscrire la Provence du Comtat Venaissin. Lorsque je lisais les passages sur la lumière, la chaleur, la vie, j'ai retrouvé des sensations que j'ai connu car j'ai vécu dans cette région il y a quelques années.Le passé qui refait surface, des secrets inavoués, des fausses confessions, on se demande si tout n'est pas qu'illusion ?Des vies ont basculé en 1968, d'autres en 2008 qui vont former la boucle.Ce roman est un conte cruel comme parfois la passion en réserve. Quand tout est dit, que la vérité est mise à nue que reste t-il?Dans un vignoble calme une troupe de théâtre va créer un chaos, bouleverser le cours tranquille où chacun cache ses failles. On tombe dans la démesure. Va t-on retrouver la paix?Le champs lexical de la voix et de la parole est prépondérant. Nous avons le bégaiement, la langue que le vin délit, la voix cristalline, la voix d'argent etc.Nous avons l'écrit qui comble le manque de parole.Le mensonge qui comble les secrets du passé. Le chagrin qui masque la souffrance de l'humiliation de l'adultère.On a aussi l'éveil amoureux avec ses balbutiements, ses maladresses, ses cruautés... [...] http://ramettes.canalblog

ramettes
02/01/14
 

L’histoire est plutôt simple, mais l’on s’attache pourtant très vite à Rico qui tente de se délivrer de son bégayement. Chaque passage nous fait entrer un peu plus dans la vie de ce petit village au milieu des vignes, avec sa troupe de théâtre et ses autres habitants, pleins d’ivresse et poussés vers les plaisirs de la chair. Une véritable « ode à la vie » comme l’indique si bien la présentation sur la quatrième de couverture … cependant quelque peu gâchée par un style littéraire parfois bien trop lourd, avec des phrases parfois trop longues pour rester compréhensibles. Ce style me laisse ainsi perplexe : cette façon d’écrire de l’auteur a rendu ma lecture presque pénible par moments, et a sans aucun doute diminué mon plaisir pour la lecture de cette histoire pourtant intéressante et sympathique.

Livre4Ever
17/06/11
 

« … partager le quotidien d’une troupe de comédie délurés. » Le rêve; un voyage magnifique pour ceux qui aiment le théâtre, les planches, le jeu. Moi, je fais partie de ces personnes, et ce que me proposait Michel Quint me plaisait, m’attirait tellement. Mon enthousiasme est cependant bien vite retombé. Le verre s’est brisé, les spots ont lâchés : la scène est vide.Tout se passe à Sablet, dans un petit village désert. Tout se passe à la Tuilerie, un domaine viticole, où les répétitions vont commencer. L’histoire se met en place tranquillement, d’abord connaître puis comprendre. Michel Quint nous plonge dans la peau de Rico, un bègue – une position déroutante – mais qui arrivera, au fil de l’histoire, à surmonter son handicap : grâce au Vin. Ce vin, salvateur, destructeur, riche de sens, qui ponctue le récit, qui tranche, qui saigne, qui fait remonter les souvenirs. D’ailleurs Les Joyeuses ne sont autres que les bouteilles. Toutes ces bouteilles, bues, achetées, produites, enterrées. Puis on commence à suivre les répétitions, les brouillons d’un pièce. Chacun à sa place, chacun son rôle – sur scène, ou dans le domaine. Ce qui est étonnant dans ce roman, c’est ça, le débordement des rôles, les personnages ne jouent plus deux rôles, ils brisent la mise en abyme et se fondent dans leurs personnages. Les noms qui reviennent; noms réels, noms fictifs. Et puis les liens qui peu à peu apparaissent entre les acteurs – liens profonds, liens naissants. Rico est dépassé, ce séjour à la Tuilerie va le bouleverser – femmes et Vin, un mélange fort de sens et de mots. Puis les fêtes, les jeux ivres qui vont vite finir en drame. Mais la représentation approche, on s’affaire, les passions se déchaînent. « J’ai envie que ce soit fini. » dit l’un des personnages. Le théâtre : l’épreuve de la scène, l’épreuve des coulisses; un théâtre qui dépasse de la scène. Michel Quint, ici, utilise le prétexte du théâtre pour nous livrer son histoire. Les personnages plus que personnages, le vin, la scène. Ce théâtre, que je connais de l’intérieur, est ici sans vie, morne, triste. Les acteurs sont bloqués, les mots ne se déversent pas, au contraire, on les ravale, et on les crache une fois descendu. Il y a quelque chose de troublant, qui met mal-à-l’aise, comme Rico, qui sent les évènements lui glisser entre les doigts. L’histoire glisse, coule, mais ne laisse aucune trace. Une langue originale mais parfois difficile, incompréhensible. Fermer le livre avec une envie de m’égosiller, de retrouver les mots qui permettent de s’exprimer, d’enfin sortir le trop-plein que tous ces personnages ont en eux. Et le théâtre – il est où ? L’essence n’est pas là, le théâtre, ce sont les mots, puis les rôles. L’un ne va pas sans l’autre. Comme à choisir entre lire ce roman et boire un bon verre de rouge; aucune hésitation. J’aime que les phrases me laissent un goût amer, fruité, sucré, et acide. Le vin rouge s’est transformé en eau, et m’a juste désaltéré. Les aliments n’ont plus de saveurs, les mots non plus.

Loach
23/05/11
 

Jusqu'à présent, je ne connaissais Michel Quint que pour ses Effroyables Jardins et ce que j'avais pu en entendre dire.Aujourd'hui, je le connais pour ses Joyeuses, n'y voyez là aucune vulgarité de ma part, puisqu'on parle ici de bouteilles de vin mais pas seulement. Le roman de Michel Quint évoque également Les Joyeuses Commères de Windsor, pièce de théâtre écrite par Shakespeare à la fin du 16ème siècle.Si parfois, à la lecture d'un roman, on se demande quel est le lien entre son titre et son contenu, ici, nul doute n'est permis. Les deux thèmes sont utilisés à leur maximum.Tout d'abord, l'histoire se déroule au sein d'une production viticole au coeur du Vaucluse et le vin y coule à flots. Ce breuvage a d'ailleurs un rôle primordial tout au long du roman. Il regroupe, il sépare, il révèle...L'exploitation viticole accueille de vieux (et plus jeunes) amis autour de Jean-Pierre Bernier, metteur en scène et comédien qui souhaite monter et jouer une dernière pièce avant de mettre un terme à sa carrière. Cette pièce, c'est Les Joyeuses Commères de Windsor. Ni enchantée, ni déçue, ce roman ne m'aura pas vraiment marqué. Je dois avouer que je ne suis pas particulièrement sensible aux charmes régionaux et que le cadre dans lequel se situe cette histoire, sûrement évocateur pour certains, m'a laissée un peu indifférente. Je n'ai pas particulièrement accroché avec le style très jovial et familier de Michel Quint dans ce roman, trop de truculence tue la truculence! Par contre, ce que j'ai apprécié c'est la manière dont se déroule l'intrigue. On sent assez rapidement qu'il s'est passé quelque chose de dramatique dans la vie de ces personnages et cela va crescendo. On nous mène sur de fausses pistes et le mystère reste entier jusqu'à la fin (enfin pour moi en tout cas).

liliwenn
14/03/11
 

Format

  • Hauteur : 20.00 cm
  • Largeur : 10.60 cm
  • Poids : 0.17 kg