Les kangourous

BARBERIS, DOMINIQUE

livre les kangourous
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 25/08/02
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13,50 €

SYNOPSIS :

" je revoyais aussi les kangourous. Ils ne regardaient pas en face - une manie qu'ils ont de se présenter de profil, comme les lapins. je n'en avais jamais vu d'aussi près. je ne savais pas de quel animal les rapprocher ; ils avaient des oreilles écartées, des yeux sombres et inquiets, moins veloutés que ceux des biches ; leur museau était plus ingrat et plus court. en fait, c'était à l'homme qu'ils faisaient penser davantage (je me le suis dit tout à coup). On aurait dit qu'ils n'osaient pas me regarder. (c'était curieux parce que je m'étais tenue devant eux ; je les avais observés à travers les trous du grillage. ) et tout à coup je me suis dit qu'ils n'avaient pas non plus dû regarder le meurtrier
en face ; mais certainement, ils l'avaient vu. aussi nettement qu'ils me voyaient. le crime s'était passé tout près. ils avaient entendu les cris. ils étaient prudemment restés posés sur leur pelouse, un peu maladifs et tremblants. Lorsque la femme avait crié, ils n'avaient pas dû bouger davantage. mais ils sentaient, avec ce flair des animaux, ils avaient bien senti qu'il se passait quelque chose de contre-nature. et ils se cachaient le museau. et depuis, ils restaient assis dans cette position tellement inconfortable, ils n'osaient pas nous regarder, leurs mains d'infirmes pressées contre leur ventre, dans le geste impuissant que font certains vieillards quand ils se rappellent le passé. ".
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L'histoire de la narratrice est banale et vide de signification. Elle est installée à Paris, après avoir quitté la région de Nantes. Elle travaille dans les assurances, au service des contentieux. Elle est seule, elle traîne derrière elle une relation avec un homme prénommé Philippe. Autour d'une tasse de thé, elle écoute distraitement les fantasmes sentimentaux de sa collègue Maryse. Seules sa mère et sa tante Louise semblent être ses pôles d'amarrage dans cette existence terne et creuse.Pourtant cette femme a peur et tremble comme une feuille, car dans son immeuble, puis son quartier, ont été retrouvés des corps de femmes sauvagement meurtris. Elle a peur aussi de la perte : sa propre vie, son corps, mais aussi perdre sa mère, atteinte d'une grave maladie. Très fragile donc, cette femme est aussi vivante qu'une plante verte ! Un midi, à la cafétaria, elle rencontre un homme aux cheveux blonds et aux yeux clairs. Il lui propose de se revoir, elle accepte. Dominique Barbéris est un vrai prodige dans ce roman ! Elle parvient à créer une réelle tension à partir de rien ou pas grand-chose. Le lecteur est accroché à son histoire, à cette femme dont la vie n'est nullement passionnante. Il y a dans le Jardin des Plantes des kangourous qui ne bougent jamais et regardent les promeneurs du coin de l'oeil. Ce sont des créatures amorphes, un peu comme les personnages du roman. Pourtant, ils en savent plus long qu'on ne leur prête car ils ont été témoins d'un meurtre commis dans les environs. Mais bon... "Ils n'avaient aucun espoir d'être jamais libérés, de revoir leur pays. Leur vie s'arrêtait là. Et nous étions comme eux, j'en étais sûre. Nous non plus nous n'avions aucun espoir d'être un jour libérés de l'angoisse, du temps, du souvenir". Ce roman est un miracle d'une tension psychologique qui s'entortille dans la banalité, chez une femme ordinaire. Et ça marche ! C'est honnêtement excitant et captivant, jamais lassant. A conseiller, vivement !

Clarabel
23/02/09

Format

  • Hauteur : 21.50 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.21 kg

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