Les mains nues

GREGGIO, SIMONETTA

EDITEUR : STOCK
DATE DE PARUTION : 04/02/09
LES NOTES :

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5,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Emma est vétérinaire de campagne. À quarante-trois ans, au beau milieu d'une vie rude, autarcique et solitaire, elle voit débarquer le jeune Giovanni, adolescent fugueur de quatorze ans, dont elle a autrefois connu les parents, Micol et Raphaël. Ce qui s'est joué entre elle et les parents de Giovanni, elle a voulu l'oublier, l'enfouir au plus profond. Elle souhaiterait que Giovanni parte, mais il reste. Et s'installe peu à peu entre eux une histoire tendre, fiévreuse et maladroite. Lorsque Micol
revient chercher son fils, elle croit comprendre l'irréparable, la liaison entre Emma et Gio. Il y aura procès. Il y aura vengeance. Mais de quoi, et de qui, se venge-ton ? D'un amour qui reste tabou ? Ou d'un passé dont les blessures ne se sont pas refermées ? Sur un sujet délicat, Simonetta Greggio livre un roman subtil autant qu'âpre et inattendu, porté de bout en bout par la voix d'Emma. Portait d'une femme aux mains nues et rugueuses dont la vie se trouve soudainement bousculée.
8 personnes en parlent

Emma, à l’aube de la cinquantaine, est vétérinaire. Femme solitaire qui a perdu son amour. Il l’a abandonné il y a de cela 20 ans, pour une autre femme. Elle s’est alors donnée corps et âme à son métier, initiée par Thomas d’Aurevilly, devenu son vieil ami. Annie est proche d’elle aussi, sa seule amie depuis, qui a elle-même vécu un amour douloureux. Et un jour, Giovanni, dit Gio, débarque. Elle ne l’a pas vu depuis une dizaine d’année. Il a bientôt 15 ans, a fugué et est venu se réfugier chez elle. C’est alors que le passé resurgit, rouvrant les plaies qui ne furent pas tout à fait cicatrisées. Elle repense à Raphaël, à Micol, à Gio qu’elle a connu bébé et petit enfant, et aux jumelles. Des beaux souvenirs, mais des souvenirs douloureux, la mélancolie et la nostalgie. Les regrets. Un rapprochement équivoque se profile entre Gio et Emma. Ils passeront tout l’été ensemble, avec l’accord cette fois des parents de Gio après qu’il soit retourné les voir.Quatre ans après, Emma se remémore la venue de Gio, les conséquences sur son avenir ainsi que les années passées depuis qu’elle avait rencontré Raphaël. Un va-et-vient du présent au passé, de ses souvenirs avec Raphaël, à ses souvenirs auprès de D’Aurevilly "Le patron", à son enfance auprès de ses parents, la maladie de sa mère…. De vraiment belles évocations de son passé. Et puis un voile levé sur la dureté du métier de vétérinaire à la campagne, la solitude, la disponibilité, la dureté de certaines décisions etc.Un court roman (152 pages en format poche) qui nous parle d’amour, d’enfance, de souvenirs, de trahison, de regret, de passion, d’amitié, de la vieillesse, de vengeance, de perte et de tabou. La plume de Simonetta Greggio m’apparaît toujours aussi belle, délicate et fluide. C’est une auteure que j’aime vraiment. Une histoire toute en pudeur, en poésie, en douceur et aussi en douleur. La douleur du passé, la douleur aussi des choses qu’on ne maîtrise pas. L’amertume. Le passé se mêle au présent, les sentiments se confondent.J’avais eu un coup ce coeur pour Col de l’ange de Simonetta Greggio, je pourrais en avoir eu un pour celui-ci également mais je dirais seulement que je l’ai beaucoup aimé (même si quelque part c’est sans réelle importance). J’attends de lire encore ses autres romans. Ce qui me plait profondément chez cette auteure, c’est sa facilité à parler de choses lourdes toute en finesse, en délicatesse et en pudeur. La poésie de ses mots, les souvenirs doux de l’enfance d’Emma, ses amitiés profondes et rassurantes, tout cela concourt à apporter de la légèreté qui fait une lecture agréable bien que les sujets abordés puissent être dérangeants ou douloureux.Je vous recommande chaleureusement ce très beau roman !

lauredanse
27/05/13
 

Voilà un roman qui ne parle pas que d'un amour interdit, mais qui aborde également toutes les nuances chez une femme qui vieillit et qui assume sans complexes sa sensualité et ses rides, « être trop jeune pour être vieille, un peu trop vieille pourtant pour être encore jeune » reconnaît Emma. Elle est dans la fleur de l'âge et elle n'a pas honte de son corps de femme qui réclame encore d'être caressé et aimé. Elle s'émeut de la tendresse offerte sur un plateau par un gamin plus jeune qu'elle. Elle va en payer le prix. Son histoire avec l'adolescent reste très pudique, tout est chuchoté, pas du tout racoleur. Aucun détail n'est d'ailleurs donné. On n'en retient que les cris, une gifle, l'impuissance et la jalousie. Pas besoin d'en dire trop, car tout ceci repose aussi sur un écheveau d'intrigues et de liaisons secrètes. De vengeance aussi. Simonetta Greggio signe un bon roman, écrit avec beaucoup de sensibilité et qui met en avant une femme remarquable, qui accuse et s'accuse (pas de quoi soulever les ligues de la bienséance, je vous rassure !). Toutefois je n'ai pas retrouvé ce qui avait su me séduire et m'enchanter lorsque j'avais lu La Douceur des hommes, son premier roman publié en 2005.

Clarabel
08/04/09
 

Est-ce vraiment de cet amour réprouvé par la morale dont parle le livre ou n'est-ce pas plutôt d'une déception amoureuse, dont le temps n'a toujours pas amoindri la douleur, ni le ressentiment envers cette femme amie et néanmoins rivale, dont on nous parle dans cette 'histoire?On peut voir la vengeance du coté de Micol à travers le procès qu'elle fait à Emma (pour avoir aimé Raphaël et l'aimer encore).On peut aussi voir la vengeance du coté d'Emma envers Micol (pour lui avoir enlevé son unique amour(Raphaël)).Mais il n'y a pas le procès de Raphaël, véritable enjeu du récit, qui est fait. C'est pourtant lui le plus faible des personnages!La liaison entre Emma et Gio n'était-elle pas la revanche (insconsciente) de l'héroïne envers raphaël et Micol? Elle prend le fils à défaut du père? C'est cependant louable d'avoir abordé le sujet de l'amour tabou entre une femme de 43 ans et un jeune homme de 15 ans dans la littérature, d'autant plus que le livre est bien écrit et se lit avec grand plaisir.Néanmoins je me demande si l'amour d'Emma pour Gio est véritablement sincère...

Zhayah
30/03/09
 

"Il y a des corps sans tête, des têtes sans coeur, des corps sans coeur, des coeurs sans tête et sans corps. Nous avions tout. J'ai payé cher le deuil de l'enfance de Gio, mais je serai prête à recommencer."Retrouver la plume sensuelle de Simonetta Greggio dans Les Mains nues, publié en 2009.C'est à mains nues qu'Emma, la quarantaine, aide les bêtes à mettre bas, soigne les animaux depuis sa campagne isolée. Tout passe par les mains dans ce roman. Les mots décrivent habilement le mouvement des mains, la tâche à accomplir, le sang sur les mains à laver, les mains dans l'utérus de la vache...les mains tendres qui accueillent avec bienveillance Gio. L'adolescent fugueur vient se réfugier chez Emma. Les mains seront tour à tour réconfortantes, apaisantes...mais aussi sensuelles. L'histoire devient fiévreuse tant par la force des sentiments qui unit Emma et Gio que dans sa non-conformité. L'anormalité est partout ou nulle part. Simonetta Greggio crée une atmosphère de bonheur simple dans la gestuelle des mains. Les mains nues sont les mains libres, sans bagues ni entraves. La vie d'Emma, recluse au bord des champs est un cadre agréable pour cet amour sacrilège. La plume est pudique sur cet Oedipe inversé. Ce roman transcende la question du jugement tant la présence permanente des corps et du toucher est la plus simple des manières d'approcher l'âme de l'autre.

Mirontaine
22/05/13
 

"Je n'avais pas joué le jeu, n'avais respecté aucune règle", se dit Emma après coup. La quarantaine, vétérinaire de campagne bien installée et appréciée, elle n'a pas pu échapper à l'opprobre lorsque son histoire a fait scandale. En effet, célibataire, sans enfant, pas le moindre fiancé attitré, alors une histoire d'amour interdite avec un adolescent de 14 ans, c'est du pain béni pour la rumeur...Le "daguet" tel que l'appelle un de ses proches, c'est Giovanny (Gio) l'aîné d'un couple qu'elle a bien connu, Micol et Raphael, et qu'elle a fui pour se préserver. En fugue, il a rejoint Emma pour un peu de tranquillité, sauf qu'au fil du temps, l'amitié se transforme:"Tout ce que je peux dire à ma décharge, c'est qu'à un moment donné c'était devenu moins impudique, moins malhonnête de coucher ensemble que de se regarder dans les yeux."La narratrice a bien conscience qu'il y a détournement de mineur; elle se pose même la question de savoir si, à travers "ça", il n'y aurait pas non plus de la vengeance vis à vis de ses anciens amis. Finalement, "notre âge à tous les deux n'était qu'un élément de cette course à la collision", pense-t-elle. Le tabou est enfreint, Micol les a surpris, la justice prend l'affaire en main...C'est tout en pudeur que Simonetta Greggio raconte l'histoire d'amour entre un tout jeune homme et une femme qui pourrait être sa mère. Elle ne porte aucun jugement. Son héroïne n'est ni une victime, ni une prédatrice. Il s'agit simplement du récit d'une collision entre deux être esseulés et mis de côté par les mêmes personnes...Gio et Emma sont lucides mais assument:"Gio jonglait. Il négociait son quotidien entre l'enfant et l'âge adulte, conscient que si les ennuis ne manquaient pas d'un côté, de l'autre il allait falloir les assumer."Avec des mots simples, l'auteur raconte un tabou vécu de l'intérieur, sans scènes crues, sans provocation, comme pour faire oublier l'âge des protagonistes. vivi

vivicroqueusedelivres
18/05/13
 

Une jeune femme, Emma(nuelle) -elle cumule!-célibataire , vétérinaire à la campagne accueille, un peu malgré elle, Giovanni adolescent fugueur dont elle a bien connu les parents dans une autre vie. S'instaure alors entre eux une histoire tendre et cahotique dont Emma devra subir les conséquences judiciaires.Autant l'avouer d'entrée de jeu, je freinais un peu des quatre fers devant le thème apparemment sulfureux-voyeurs passez votre chemin, vous en serez pour vos frais-et ce bandeau maladroit "La diable au corps " n'arrangeait pas mon humeur.Au final, j'y ai trouvé mon compte dans les descriptions de la nature, des animaux et de cette communauté qui va faire bloc contre cette femme qui ne respecte pas les schémas habituels: elle se devait "d'être accompagnée d'un homme, d'avoir des enfants-ou de [se] plaindre de ne pas en avoir". Par contre, la relation entre cette femme adulte et cet ado rebelle n'est qu'effleurée, on se demande bien pourquoi ils en arrivent là, les personnages secondaires sont caricaturaux, on a l'impression de les avoir déjà rencontrés au détour d'un téléfilm sirupeux.Pour les gens de ma génération, tout cela semble bien léger si l'on songe au film"Mourir d'aimer " et à l'histoire vraie dont il était inspiré...Simona Greggio donne l'impression de rester à la surface, de ne pas s'impliquer dans ce qu'elle écrit.Ce n'est pas désagréable à lire mais reste léger ,bien trop léger... cathulu

cathulu
14/08/12
 

L'histoire de cette Emma qui a vécu une histoire d'amour bouleversifiante (il était beau, il était sensible, il était bon amant, il sentait bon le sable chaud) qui s'est mal terminée et qui regrette, presque vingt ans après, de n'avoir pas su retenir cet homme, Raphaël (qui l'a quand même quittée pour une autre le coco), est d'une affligeante banalité. Rien ne nous sera épargné du côté des clichés romanesques : la vie solitaire et bien réglée de cette femme qui souffre au-dedans d'elle-même, les personnages marginaux qui l'entourent (le Patron, dont on ne sait pas bien s'il faut voir quelque chose de symbolique dans son histoire d'amour jamais commencée puis entamée quarante ans après, Alice, qui a tout abandonné (carrière, argent, position sociale) parce qu'un homme l'a quittée et qui élève des chèvres avec pour seule compagnie son ordinateur portable, car décidément l'amour fait faire n'importe quoi, c'est bien connu) (mais des chèvres, quand même, c'est terrifiant, non ?) et, cerise sur l'indigeste gâteau, l'histoire d'amour avec cet adolescent, dont on ne sait pas bien pourquoi elle a lieu. Emma le trouve-t-elle émouvant ce jeune garçon à la nuque tatouée, revoit-elle en lui son père, on n'en saura rien, et Dieu sait pourtant que dans cette narration à la première personne, on nous en raconte des choses inutiles (ah, sa mère, ah, le piano, ah, la fausse perversité de ce faux triangle amoureux et j'en passe). Bref, il n'y a pas là de quoi fouetter un chat errant.

fashiongeronimo
12/08/12
 

On entre dans ce livre à pas feutrés et on ressort de même, silencieusement, comme si on avait vu, entendu, lu une histoire qui n’aurait jamais dû arriver jusqu’à nous.Tout est dit à mots couverts, parfois à mots cachés et il nous faut écouter attentivement les silences de l’auteur pour aller au fond de l’âme d’Emma.Emma raconte, se confie, se tait, écoute, observe, vit, fait des choix ….«J’essaie de comprendre ce qui nous a poussés à agir comme nous l’avons fait. A quel moment la vie nous a donné le choix, et pourquoi nous l’avons dédaigné. »Mais choisit-on vraiment ou parfois la vie nous entraîne là où on n’aurait jamais pensé aller ?Il suffit de si peu de choses, un regard, un geste, un silence, un mot, une pluie battante …. Pour que tout bascule ….On se retrouve alors face à l’indicible, dans le langage de l’âme et on ne sait plus …. alors on vit ….« On ne peut pas tout comprendre ni tout maîtriser. »Simonetta Greggio manie la langue française avec douceur, pudeur, « féminité », elle ne va jamais trop loin dans ce qui n’a pas besoin d’être exprimé pour être compris, ressenti …Les phrases sont le plus souvent courtes, parlant au cœur, parfois, un mot suffit ou trois, voire quatre sans verbe, simplement là, pour dire ce qui est, ce qui n’est pas, ce qui sera ou pas. Le choix d’aimer. Ou pas. Celui de choisir au risque de se perdre …. La liberté ?

Cassiopea
30/10/11
 

Format

  • Hauteur : 21.50 cm
  • Largeur : 13.50 cm
  • Poids : 0.25 kg