Les marecages

LANSDALE, JOE R.

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 23/03/06
LES NOTES :

à partir de
8,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Début des années trente, Texas. Rien ne semble avoir bougé depuis la guerre de Sécession. Le Klan domine. Les lynchages demeurent. Harry, treize ans, fils du représentant local de la loi, s'émancipe de ce monde qui le choque en s'isolant dans les marais. Il y croise, dans les méandres endormis, celui que tout le monde dit être un monstre insaisissable, un esprit de la nuit. Harry est fasciné.
Il a trouvé, près des traces de cet Homme-Chèvre, le cadavre d'une femme noire bâillonnée avec des barbelés. On parle d'un « ambulant », serial killer d'une époque démunie devant ce type de crimes imputés au Mal sans qu'il n'y ait de véritable enquête. La population blanche ne s'inquiète pas. N'importe quel Noir fera l'affaire. Jusqu'à ce que les cadavres changent de couleur de peau...
3 personnes en parlent

Si ce n'était la découverte assez rapide du cadavre par les enfants du constable, Harry et Tom, j'aurais eu le sentiment de lire le script d'un épisode de "La petite maison dans la prairie", Carrie qui se ramasse en moins.Si ce n'était les anecdotes qui deviennent légendes, les mystères qui rôdent dans les marécages et le fantastique "homme-chèvre", j'aurais bien pu croire que je regardais un épisode de Tom Sawyer.Oui, si ce n'était certains éléments, j'aurais cru lire un roman initiatique d'un jeune adolescent dans les années 30. Mais il y a trop de cadavres. Noirs. Et puis blancs. Des femmes. Mutilées pire q'un écureuil déchiqueté par une balle. Retrouvées toujours dans ou non loin des marécages. La première, une "négresse", à peine humaine, une prostituée, à peine une âme. "C'est un nègre qui a fait ça, un qui pouvait pas payer...", ou alors "c'est un sanglier, c'est dingue les dégâts que ça peut faire". Un sanglier, ça sait attacher un corps avec des barbelés, c'est bien connu.Le Klan rôde, défile, presque ridicule, mais terriblement présent, enraciné plus profond que ces arbres dans les marais. Les Ambulants, des "non-blancs", sont suspectés aussi. Tout ce qui est impur est concerné. Noir. Animal. Qui des deux est le plus inhumain...Donc, si ce n'était ces atrocités, j'aurais pris ce thriller pour un simple récit, celui d'un village enclavé dans son ignorance, sa haine, qu'il ne s'explique même plus, ses préjugés, combattus par la guerre de Sécession quelques décennies auparavant, mais vous savez comme moi comment l'information circulait à l'époque.. Aussi rapidement que les idées.L'histoire, enfin devrais-je dire l'intrigue, puisqu'il y en a bien une, progresse lentement, comme les mentalités. J'ai cru parfois que l'auteur digressait, se désintéressait de ces femmes assassinées. Mais non, il n'a rien fait au hasard. Il ne s'est pas arrêté dans la bicoque de Miss Maggie, vieille Noire ridée d'une centaine d'années simplement pour le plaisir d'écouter ces histoires à dormir debout. Bah non.Harry, du haut de ses 12 ans, bientôt un homme, selon son père, découvre trois justices. Celle des Blancs, celle entre les Noirs, et celle de la mort, la plus impartiale. et ça n'est pas parce que c'est lui qui nous raconte l'histoire, qu'elle en paraît moins horrible. Au contraire, peut-être...

absolu
09/03/09
 

Y en a qui trouvent des œufs de Pâques et puis y en a qui trouvent des cadavres. Harry et sa petite sœur se situeraient plutôt dans la deuxième catégorie. Jamais bon d'aller trainer dans les marais. La mauvaise nouvelle, ce corps mutilé qui fait un peu tâche dans le paysage. La bonne, il est noir. Et dans cette région du Texas où le KKK sévit majoritairement, ce serait même plutôt Noël avant l'heure. Le père de Harry est coiffeur de métier, constable à temps partiel. Pas de shérif à déclarer dans cette petite bourgade, trop de responsabilités. Son défaut, vouloir faire la lumière sur ce qui apparaît être le crime d'un «  ambulant «  alors que n'importe quel nègre ferait l'affaire et occasionnerait ainsi une pendaison digne de ce nom. C'est qu'on sait s'amuser dans le coin.La chance, ça va un temps. Aussi, dès que les macchabées commenceront à tirer sur le clair, les joyeux encagoulés et leur clique débilitante, paradoxalement, verront noir au point de réclamer enfin un coupable digne de ce nom !Chacun connait l'univers impitoyable de Dallas, mais ça, c'était avant de percuter frontalement celui de Lansdale.Un racisme pleinement reconnu et assumé, des crimes en série, des marais tout plein de gens qui font rarement marrer, amis de la gaudriole et de la dérision, bonsoir !En ce début des années trente, Lansdale y décrit magistralement la délicate condition de noir perçu bien moins qu'une bête et tout juste bon à se balancer au bout d'une corde. Qu'y a t-il de plus détestable qu'un noir, un blanc qui épouse leur cause. Jacob, devenu shérif à temps plein et moderniste avant l'heure, s'y brûlera les ailes.Le contexte est étouffant, la région n'incite pas au tourisme. L'auteur fait de ces marécages un personnage incontournable de ce grand roman, ajoutant encore un peu plus à ce sentiment d'oppression diffus au fil des pages.Lansdale s'attache également à la perte de l'innocence. A ce virage attaqué pleine bourre par un gamin insouciant qui vit là ses premières désillusions.Attaquer Les Marécages, c'est se préparer à une sale apnée et une remontée sans paliers de décompression.Quelques rares personnages viendront cependant apporter un peu de douceur dans ce monde de brutes mais de façon bien trop sporadique pour éprouver finalement la moindre empathie en un genre humain en-dessous de tout.Le constat est sans appel, noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir...4,5/5

TurnThePage
12/09/14
 

J' adore, dès les premières pages j' ai été totalement embarqués dans ce récit.Nous sommes dans les années 1930 en pleine dépression dans une région de l' est du Texas, une région de marécages où les hommes sont pauvres, fermiers pour la plus part une région où domine encore la Ségrégation et les exactions menées par le Ku Klux Klan.Le père de Harry mène de front la petite exploitation familiale, son salon de coiffure et son boulot de représentant de loi. Aussi lorsque ses deux enfants découvrent au bord de la rivière un cadavre de femme mutilée attaché à un arbre par des barbelés, il se retrouve en première ligne. Peu après une seconde victime est retrouvée, ses femmes étaient « noires » et connus pour leurs moeurs légères, l' histoire en serait resté là si d'autres femmes n'avait pas été retrouvé mortes par la suite, d'autres femmes blanches. Le narrateur de cette intrigue c'est Harry, un enfant d' une dizaine d'année c'est à travers ses yeux que se dessine cette histoire captivante. Difficile de reposer cet ouvrage avant sa toute fin, le rythme est très réussi, les descriptions, l'atmosphère, l'ambiance rien n'est laisser sur le carreau. Les personnages prennent vie, on voit les décors et les situations se créer au fil de la lecture. C'est un ouvrage auquel on peut trouver quelques défauts qui s'effacent devant le plaisir de cette lecture.

Lacazavent
12/12/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.20 kg

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