Les mots des autres

MORRALL-C

livre les mots des autres
EDITEUR : FAYARD
DATE DE PARUTION : 01/04/09
LES NOTES :

à partir de
23,40 €

SYNOPSIS :

our Jessica Fontaine, le monde est un lieu étrange,parfois effrayant. Enfant, elle n'était heureuse que lorsqu'elle jouait du piano ou circulait seule dans les vastes espaces d'Audlands Hall, le grand manoir délabré de ses parents, ou lorsqu'elle observait, cachée derrière une fenêtre, sa soeur, ses cousins et les enfants du village s'amusant tous ensemble. Vingt-cinq ans plus tard, divorcée, elle vit avec son fils mais continue d'être obsédée par un besoin d'espace physique et émotionnel. L'irruption dans sa vie de son imprévisible ex-mari marque le début d'une série d'événements qui vont transformer
le présent de Jessica et sa vision du passé. Racontée avec verve, compassion et un humour désabusé, l'histoire de cette femme aux prises avec les hauts et les bas d'une existence dont elle ne saisit pas les règles offre un éclairage nouveau sur ce que l'on entend par « normalité ». Née en 1952 dans le Devon, en Angleterre, Clare Morrall enseigne la musique depuis une vingtaine d'années à Birmingham. Ses deux précédents romans, Couleurs (dernière sélection du Booker Prize 2003) et Folles Envolées, sont également parus chez Fayard. Traduit de l'anglais par Françoise du Sorbier
3 personnes en parlent

Il s'agit du troisième roman de Clare Morrall, après Couleurs où déjà on suivait le portrait d'une femme fragile, délicate et émouvante. Cette fois, Jessica Fontaine a également pour dilemme de composer avec les autres, le regard des autres, ou les mots des autres. Depuis toute petite, on aperçoit déjà qu'elle est à part, mutique, réservée et solitaire. Même sa propre mère s'imagine qu'elle n'est pas "normale" et soupçonne un autisme non déclaré qui fait s'esclaffer son époux. Roland a tout compris de sa fille, elle est intelligente, au-delà de la "normale", et cela la rend particulièrement si différente. Mais Jessica ignore ce genre de considérations, la seule manifestation à une quelconque ouverture s'est trouvée dans la musique. Elle n'avait pas dix ans lorsqu'elle a su qu'il fallait qu'elle apprenne le piano. Cette relation sensorielle n'a peut-être pas affiché son plein épanouissement, car il lui faudra beaucoup de temps, de prise de conscience et d'événements qui agissent en électrochoc pour comprendre que Jessica est à part des autres, dans le bon sens du temps. Aucune crainte de la solitude chez elle, c'est d'ailleurs un besoin, son oxygène. Longtemps étouffée par des parasites, Jessica s'est retrouvée dans le monde embroussaillé des autres, comme elle dit. Se contentant de glisser "ses pas dans le sillage épineux de quelqu'un". Construit comme un patchwork, le roman passe du temps présent au temps passé, de l'enfance à la vie estudiantine, la vie conjugale et la maternité frustrée. Ainsi se dresse un portrait de femme qui pourrait paraître extravagant - comme souvent dans les romans de Clare Morrall. Mais personnellement je trouve que c'est le genre de lecture qui confine dans une bulle, en 400 pages l'histoire coule tranquillement, cela se laisse lire, c'est fluide, sympathique. J'aime beaucoup. Et c'est intéressant de suivre "l'accouchement" de cette femme, qui a souffert de n'avoir jamais su communiquer avec les autres et qui vivait sa vie parmi le monde comme un confinement perpétuel. Cela peut paraître étrange, or je peux vous garantir que Clare Morrall possède une capacité admirable de vous raconter tout cela sans susciter le moindre soupçon de perplexité.

Clarabel
03/07/09
 

Les personnages de Clare Morrall sont souvent un brin décalés par rapport à la réalité . C'est aussi le cas de Jessica dans Les mots des autres. Jessica qui mettra longtemps avant de mettre des mots sur son attitude par rapport aux autres .Jessica que la musique, sa rigueur, son aspect mathématique va d'une certaine manière sauver mais aussi perdre car c'est principalement à cause d'elle que la jeune femme épousera Andrew et ira ainsi droit à la catastrophe que chacun pressentait...Alternant passé et présent, Clare Morrall nous peint ici le portrait tout en finesse d'une femme qui ressent un besoin vital d'espace physique et émotionnel mais parvient néanmoins , tant bien que mal, à s'insérer dans la société: "Il y a des années , le doute n'aurait pas été possible, je tenais toujours ma parole, quelles que fussent les difficultés, car il ne me venait même pas à l'idée de faire autrement. mais j'ai peu à peu compris que le monde ne fonctionne pas comme je l'avais cru. les gens font les choses à moitié, dérivent, refusent d'entrer dans le moule des autres. cela m'intéresse. Je me suis efforcée de cultiver l'art d'être imprévisible."Qu'elle soit en butte aux agissements d'un mari dépressif et harceleur ou à l'attitude bizarre de son fils, Jessica s'est longtemps efforcée d'absorber leurs émotions , "je pouvais les leur restituer, raffinée et agrandies, cirées et astiquées. S'ils étaient heureux, je l'étais aussi." mais vingt-cinq ans après son divorce quand Andrew réapparaît dans sa vie, Jessica n'entend plus agir ainsi..."Faire semblant: cela permet de contourner les obstacles sans les toucher et donne le recul nécessaire pour voir que les gens ont d'autres facettes, pas seulement l'attitude abrasive et provocatrice qu'on a du mal à supporter. Il faut voir les gens sous un nouveau jour, remarquer où tombe la lumière, découvrir quels angles ont été usés, et adoucis par le temps. Sinon, on se laisse à ce point obnubiler par les aspects négatifs qu'on ne voit plus rien d'autre."Clare Morrall ne juge jamais ses personnages mais éprouve au contraire beaucoup d'empathie pour eux, son style lumineux et si personnel éclaire d'une manière originale leur évolution (j'ai beaucoup aimé par exemple le point de vue de la famille de Jessica sur l'enfance de celle-ci, point de vue dont elle ne prendra connaissance que bien plus tard), évolution qui suivra une courbe inverse à celle de la maison de famille, véritable personnage à elle toute seule.Si vous aimez les vieilles demeures anglaises pleine de charme, l'excentricité si typiquement british, l'humour teinté de désenchantement, ce livre est pour vous !

cathulu
06/08/12
 

C'est l'histoire de Jess, à la quarantaine. Elle s'est concoctée une petite vie tranquille, remplie selon ses critères. Et au hasard des chapitres, on revient sur son enfance et sur les évènements marquants qui l'ont emmenée jusqu'à cet équilibre qu'elle semble avoir atteint.Dis comme ça, évidemment, c'est d'un vague absolu. Mais c'est que je crois qu'entrer dans les détails ne rend pas service au roman, dans le sens où ils sont nombreux et tous importants. Cela ne donnerait qu'une accumulation de choses qui, exprimées par une plume maladroite (la mienne) feraient vous dire oh bof, ça a l'air chiant.Or, ça ne l'est pas, mais alors pas du tout. C'est une ambiance ouatée, feutrée, et on sent tout du long que la narratrice interprète selon des critères qui ne sont pas communs : la "révélation" finale est décelée très tôt par le lecteur, et participe à ce léger décalage que l'on constate mais que l'on aime, et ça change tout.On est loin de Lisbeth Salander, mais on est dans cet ordre-là. Et on se passionne pour Jess, son fils Joël, sa grande amie Mary, le cousin Philip ce monstre (même charmant une fois adulte, je le déteste !), la superbe demeure familiale et sa décrépitude, et la musique, que l'on ressent dans la moindre de nos fibres de lecteur absolument séduit.Comment vit-on quand le monde vous reste étranger en permanence ? Les bons petits soldats ont à un moment droit au repos, et on savoure avec l'héroïne sa jouissance du silence final. Sylvie Sagnes

SagnesSy
06/07/12
 

Format

  • Hauteur : 23.50 cm
  • Largeur : 15.30 cm
  • Poids : 0.66 kg

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