Les possessions transparentes

SALAZAR-FERRER, OLIVIER

livre les possessions transparentes
EDITEUR : CORLEVOUR
DATE DE PARUTION : 21/08/14
LES NOTES :

à partir de
17,00 €

SYNOPSIS :

Le narrateur est un professeur de philosophie qui se rend à un colloque consacré aux écrivains voyageurs. Il traverse en train un paysage de montagnes enneigées. Il est mythomane et s'invente des identités lors de ses conversations avec les passagers. Tandis qu'il accumule les notes pour sa conférence, les intempéries retardent son arrivée. Bloqué dans une ville de montagne, il est confronté aux pensionnaires de l'Hôtel des Glycines : les étudiants représentés par le jeune Frédéric Berlioz et l'anglais Graham Barker, enthousiaste et fantasque, le Docteur Arenberg, philosophe juif américain, le professeur Alexander, rationaliste ironique, la japonaise Mlle Kyoubou qui se singularise par un comportement sadomasochiste, le poète violoncelliste aveugle Umberto Baldi et sa charmante fille Clara dont la présence va bouleverser la paix apparente de l'hôtel, la serveuse du Café du Théâtre, prénommée Madame de Warrens à cause de sa ressemblance avec la protectrice de Rousseau. Le narrateur prend l'habitude d'errer la nuit dans la ville, découvrant le théâtre, le domaine des Charmettes envahi par la neige,
où flotte l'ombre de Rousseau... Le lecteur découvre peu à peu que les personnages sont en lutte, à des degrés divers, pour une quête du réel. Le narrateur est déchiré par un conflit entre possessions matérielles et aspirations spirituelles qui affrontent tous les jeux de l'illusion. Seul le poète aveugle Umberto Baldi invite les autres personnages à voir ce que l'on ne voit pas, mais il sera rapidement expulsé de l'Hôtel par les autres invités. Le voyage représente donc une série de dépossessions, mais aussi une reprise de la vérité à travers une série d'expériences spirituelles. Le narrateur, tombé amoureux de Clara au cours d'une promenade avec elle et son père, prendra la fuite la veille de sa conférence, hanté par la nature indicible de ce qu'il veut dire, pour se réfugier dans un hôtel désert, dans une petite ville de montagne encore plus isolée en altitude. Est-il sur les traces du vieux poète italien et de sa fille Clara ? C'est dans cet hôtel fantôme qu'il fait l'expérience d'un repas mystique qui va clore le récit, avec la vision d'une petite fille qui joue avec l'invisible.
2 personnes en parlent
Entretien d’Olivier Salazar-Ferrer avec Sylvie Aragnac (extraits) Dans Les Possessions transparentes, plusieurs personnages sont des philosophes, souvent étrangers, et tous semblent à la recherche du réel ? Mon livre est avant tout un livre à la poursuite de Kierkegaard, je veux dire qu’il s’intéresse à la reprise et à l’avènement du réel dans le singulier, non au réel en lui-même, lequel est menacé par le texte, c’est-à-dire par le langage, mais à l’unicité de l’instant, qui est dévoré par le temps dans son déploiement même. Rien ne nous dit que le narrateur, mythomane, ne nous offre pas un récit fantomatique, spectral, qui ne serait que sa propre construction imaginaire. Le lecteur est averti. Les personnages qui évoquent ces jeux d’illusions, sont eux-mêmes menacés. J’ai voulu m’installer dans ce danger. Mais vous pouvez aussi bien dire qu’il s’agit d’un livre sur le voyage, ou sur le temps ou sur la crise contemporaine du sens dans la déconstruction, parce que les catégories sémantiques ne sont que de simples guides dans le labyrinthe du texte. On a l’impression que vous avancez dans l’espace de la littérature tout autant dans l’espace géographique de l’intrigue … C’est inévitable, mais ce n’est pas la décision du narrateur. Il avance dans l’espace spectral de la littérature et du mythe pour comprendre ce que la grande blancheur ne peut lui donner, le vide de toute signification, qui constitue le fond du paysage de neige qui entoure et qui recouvre cette ville énigmatique. En réalité, les apparences sensibles qui s’élèvent devant lui, pendant son errance nocturne dans la ville de Chambéry ou d’Annecy, s’effondrent dans les jeux éphémères du sens. Les figures de Rousseau, de Casanova, de Joseph de Maistre ou encore celle de Yannis Ritsos, qui représente l’antithèse de cette ville du Nord, sont autant de questions métaphysiques sur leurs œuvres sans réponses. Si le cœur de ce récit se passe dans le jardin des Charmettes, c’est, secrètement, pour donner raison à Rousseau contre les Philosophes des Lumières. Mais vous approchez d’une histoire d’amour ! Au fond les discussions des personnages au sujet de la signification du voyage semblent parfois masquer une réalité essentielle, qui est celle de la théâtralité du monde. Lorsque vous racontez l’histoire du magicien Le Grand Lafayette, c’est une histoire tragique car l’illusion se dissout dans l’effondrement, le désastre, l’incendie et ce qui reste est misérable. On dirait que vous n’arrêtez pas de provoquer votre lecteur en lui disant : « arrêtez de croire à ce que vous êtes en train de lire » Pour un auteur, n’est-ce pas un geste suicidaire ? C’est tout à fait ça. Je ne vois guère d’intérêt à écrire si ce n’est pour apporter du danger au lecteur. Lorsque vous suivez des alpinistes sur les pentes du Mont Blanc, vous savez qu’ils ont choisi pour vous de se risquer jusqu’au bord le plus extrême, eh bien, on peut dire que mes personnages se risquent au plus extrême du langage. Cette histoire d’amour, comme toutes les histoires d’amour, c’est celle d’une renaissance du visible. Mais c’est aussi celle d’un sacrifice, celui de Clara, celui du féminin en tant que tel au masculin. Beaucoup de lecteurs seront indignés par le comportement de Mlle Kyoubou et par ceux des personnages de la « réaction », mais rien ne dit qu’elle n’ait pas raison, au fond, sur les personnages lumineux… Pourtant votre écriture reste classique, avec des percées vers l’expression poétique, des sortes d’envol qui brisent les conventions littéraires. On n’a pas l’impression que vous vous risquez très loin dans des expériences formelles en littérature. Absolument pas, au contraire, car tous mes personnages luttent, de l’intérieur, contre la puissance de dissolution du langage. Le narrateur lui-même, lutte pour faire valoir ce qui reste l’essentiel, pour lui, pour une parole de vérité, qui se tient au plus près du souffle et de la chair. Si vous relisez la promenade du narrateur avec Clara et son père, le vieil aveugle Umberto Baldi, vous apercevrez que le narrateur est amoureux fou de la puissance créatrice qui réside en Clara, mais aussi, par une sorte d’écho, par celle de son père, le poète italien qui récite Leopardi et Ungaretti dans la neige. Dans la virginité ontologique de la neige, dans cette sorte d’anéantissement du temps, qui pour eux, est proche de celle du cinéma, la voix est pour eux une sorte d’absolu, en laquelle précisément il faut que le narrateur et la belle Clara se rencontrent. Il y a dans cette rencontre une sorte de folie pour la source du visible. Alors justement, le narrateur et Clara vivent une sorte de coup de foudre, là, dans le jardin des Charmettes, sous la neige, mais rien ne semble être dit de la suite des événements. J’ai une sainte horreur de l’accompli et de l’explicite en littérature. Au lieu d’expliquer ou d’achever une trame narrative, une intrigue si vous voulez, je préfère qu’elle soit maintenue dans toute sa puissance blanche, dans sa virtualité. C’est ce qui se passe ici entre Clara et le narrateur. Pour moi, c’est une scène d’amour d’un érotisme insoutenable. La puissance de ce qui se joue dans cette rencontre est considérable. C’est un noyau d’énergie énorme qui se déploie par vagues successives dans la lecture et au-delà de la lecture. Si j’avais défini cette énergie, si je l’avais arrêtée dans des images, elle se serait éteinte, elle se serait consumée en langage. Tout mon livre en aurait été détruit ! Vous semblez être obsédé dans ce livre par le visible : un personnage aveugle, un narrateur qui embrasse les paupières d’une jeune femme aimée, la prépondérance de la nuit, ou encore le fait de ne rien voir chez les protagonistes qui semblent spirituellement aveugles tandis que le poète aveugle « voit » si l’on peut dire… Vous avez raison. Ce qui se joue dans la nuit, c’est le mythe. C’est-à-dire la puissance créatrice du visible qui se joue dans la poésie. Si vous considérez la japonaise sadomasochiste Mlle Kyoubou, elle apparaît dans un rêve du narrateur comme un verbe noir, une production purement sexuelle du sens, sous la forme d’une domination, bref d’une possession opaque. Ces personnages négatifs sont dans la nuit du sens, mais celui-ci leur est fermé par une sorte de malédiction inhérente à leur propre appétit de puissance sociale. C’est pourquoi le narrateur est fasciné par toutes les figures de la reconnaissance. Ici, je dois avouer que mon récit est un commentaire très précis d’un livre de Paul Ricoeur, pour lequel j’ai beaucoup d’admiration et dont nous avons parfois discuté avant sa disparition, avec beaucoup d’émotion. L’évocation d’Ulysse lui rend hommage de plusieurs façons, c’est-à-dire littéralement, et dans tous les sens, comme disait Rimbaud. Si vous me poussez dans cette direction, je vous dirai que lorsqu’étais enfant, j’ai fait une chute dans la cour de mon école, en cherchant à attraper une corde que d’autres enfants tiraient en courant. Mon pied s’est pris et j’ai effectué un vol plané, heurtant de plein fouet une fontaine de fer de la tempe. Lorsque je suis revenu à moi, j’étais aveugle. J’entendais les voix, vous comprenez, de la communauté autour de moi, chuchotant, comme une espèce d’océan de voix bruissantes, mais je n’étais soudain que cet approfondissement de sensations dans la renaissance du monde qui revenait de mon évanouissement. Au lieu d’en être effrayé, j’ai eu une sorte de révélation de la matière du monde, privée de l’intentionnalité de la vision, comme le dirait Michel Henry. Lorsque j’ai recouvré la vision, d’un seul œil, l’autre œil restant aveugle, j’ai gardé la nostalgie de cet effacement somptueux du visible. Néanmoins, je me suis souvent demandé à moi-même comment j’aurais vécu si j’étais resté aveugle. C’est probablement pour exorciser cette question que j’ai eu recours à ce personnage… Alors Umberto Baldi, c’est un peu vous ? A la fin du récit, le narrateur semble vouloir s’identifier avec lui puisqu’il écrit son nom sur le registre du Grand Hôtel des Alpes ? Sans doute. Mais il est vrai également de dire que l’auteur est tous les personnages à la fois, et pris individuellement, avec leurs voix singulières. Le moi est toujours polyphonique et ouvert sur l’infini et l’auteur ne fait que redoubler cette puissance pour que nous prenions conscience de ce grand théâtre du moi. La grande erreur serait de vouloir identifier l’auteur avec l’une de ces voix qui erre dans le récit. Umberto Baldi entre dans ce récit, comme Clara, pour rendre visible toute la puissance de la fragilité. Aveugle, il est incapable de faire valoir les puissances sociales qui s’organisent hiérarchiquement dans le visible, mais dans cette invisibilité, il fait surgir la seule puissance véritable, celle du langage de la poésie, dans sa vérité obscure. Vous aurez remarqué que le poète Umberto est également violoncelliste et que c’est le moment musical qui provoque la catastrophe. [...] Entretien avec Sylvie Aragnac enregistré le 12 septembre 2014.
Jean M
Description du roman : Le récit est livré par un narrateur central, un professeur de philosophie qui se rend à un colloque consacré aux écrivains voyageurs, traversant en train un paysage de montagnes enneigées. Le lecteur s’aperçoit rapidement que ce narrateur est mythomane et se plaît à s’inventer des identités variables au fil de ses conversations avec d’autres passagers. Tandis qu’il accumule les notes pour sa conférence intitulée « La quête ontologique du voyageur du divers », une série d’obstacles imprévus liés aux intempéries retarde son arrivée. Bloqué avec les autres invités dans une petite ville de montagne envahie par la neige, le narrateur est confronté aux autres pensionnaires de l’Hôtel des Glycines : les étudiants représentés par le jeune Frédéric Berlioz et l’anglais Graham Barker, enthousiaste et fantasque, le Docteur Arenberg, philosophe juif américain auteur d’une œuvre décisive sur la métaphysique de l’errance, le professeur Ferguson de l’université de Saint Andrews, rationaliste ironique, la japonaise Mlle Kyoubou qui se singularise par un comportement sadomasochiste, le poète violoncelliste aveugle Umberto Baldi et sa charmante fille Clara dont la présence va bouleverser la paix apparente qui règne dans l’hôtel, la serveuse du Café du Théâtre, prénommée Madame de Warrens à cause de sa ressemblance avec un portrait de la protectrice de J.J. Rousseau. Accumulant les notes dans son carnet de cuir, le narrateur prend l’habitude d’errer la nuit dans cette ville, découvrant des lieux mystérieux : le théâtre Charles Dullin, le domaine des Charmettes envahi sous la neige, où flotte l’ombre de Jean Jacques Rousseau, une ville proche où il a vécu une vingtaine d’années auparavant. Le lecteur découvre peu à peu que tous les personnages sont en lutte pour une quête du réel à des degrés divers. Obsédé par le retour, le narrateur est déchiré par un conflit entre des possessions matérielles (le retour) et des possessions spirituelles (transparentes) qui affrontent tous les jeux de l’illusion. Seul le poète aveugle Umberto Baldi invite le narrateur (et le lecteur) à voir ce que l’on ne voit pas mais sera rapidement expulsé avec l’assentiment quasi-unanime des invités. Le voyage du narrateur représente donc une série de dépossessions, mais aussi une reprise de la vérité à travers une série d’expériences spirituelles. Le narrateur, tombé amoureux de Clara au cours d’une promenade avec elle et son père dans le domaine enneigé des Charmettes, prendra la fuite la veille de sa conférence, hanté par la nature indicible de ce qu’il veut dire pour se réfugier dans un hôtel désert, dans une petite ville de montagne encore plus isolée en altitude. Est-il sur les traces du vieux poète italien et de sa fille Clara ? C’est dans cet hôtel fantôme qu’il fait l’expérience d’un repas mystique qui va clore le récit avec la vision d’une petite fille qui joue avec l'invisible. Commentaire : Le train est une métaphore du temps – il s'agit de mettre le narrateur dans une situation d'observateur plongeant régulièrement dans sa mémoire, de telle façon que le voyage dans le temps double le voyage dans l’espace. La conférence sur le voyage que doit faire le narrateur devrait être une révélation, issue de ce voyage qu'il fait dans un paysage de neige (un effacement symbolique du temps), mais justement elle n'aura jamais lieu, parce qu’il a vécu ce qu’il voulait dire. La fuite du narrateur mythomane est une forme de révélation seconde qui n'apparaît que dans le dernier chapitre sous la forme d'un repas mystique. Les extraits des carnets du narrateur montrent qu’il vit une crise de réalité qui affecte aussi tous les personnages, sauf le poète aveugle Umberto Baldi et sa fille Clara dont la parole est une parole de vérité. Tandis que le narrateur est hanté par le thème du retour et de la nuit dont il va trouver une illustration sur le célèbre rideau de scène du Théâtre Charles Dullin représentant Orphée aux enfers et dans ses conversations avec Madame de Warrens, il va faire l’expérience du sens spirituel du voyage qui est justement le thème de son allocution. Il ne s’aperçoit pas qu’il est en train de vivre ce dont il devrait parler. C’est pourquoi son allocution finale n’aura finalement pas lieu, comme dévorée par la réalité de ce qu’il vit. Au lieu de se dire, le sens du voyage s’incarnera dans l’expérience d’un repas mystique et solitaire, véritable eucharistie amoureuse. De la sorte, chaque chapitre est un commentaire progressif du titre du livre dont le sens n'apparaît que dans le dernier chapitre (le repas mystique) où l'Absente (l'invitée possible qui n'arrivera jamais) engendre la plus haute présence possible à travers le partage charnel de la musicalité du Stabat Mater de Pergolese. Dans ce dernier chapitre, l'Absente (qui est finalement incarnée par une petite fille) est la Musique. C'est un condensé du temps de la grande nature (automne, hiver, printemps, été) qui s’incarne dans un repas et dans l'ivresse sacrée du narrateur. Ce repas d'absences fait écho aux mythes orphiques. Dans ce dernier chapitre, le lecteur est volontairement confronté à l'inaccompli et à l'intensité du possible. Au cours de ce voyage, chaque expérience, qu’elle soit vécue sur le mode tragique ou sur le mode ironique, transforme le narrateur. Dans la structure polyphonique du récit, plusieurs thèmes s’entrecroisent avec leurs contrepoints : celui de l'enfance magique, celui de la trace, celui de la reconnaissance ou encore celui du retour impossible. En lutte contre des fantômes surgis de ses lectures (ceux d’Ulysse ou encore ceux de J. J. Rousseau et de Casanova qui ont réellement vécu à Chambéry) le narrateur s’efforce de retrouver une réalité à travers des rencontres révélatrices (celles de la jeune italienne Clara et de son père Umberto Baldi, du clochard de la rue de Ducis, de la cantatrice Véra) ou destructrices (la comportementaliste littéraire, le sinistre percepteur rencontré dans un café, la japonaise Kyoubou). Les autres personnages : l’enchanteur, vieux professeur que l’on ne connaît que par son surnom, le docteur Arenberg, le jeune Graham Barker, Madame de Warens, le vieux capitaine parvenu au terme de sa vie ou le passant de Bruxelles qui évoque les marionnettes de Toone) sont des témoins ou des artisans de l'illusion qui font de ce récit une exploration onirique marquée par le surréalisme. Les personnages se plaisent eux-mêmes à évoquer la puissance de l’illusion, par exemple à travers l’histoire du fameux comte de Boigne, dit « le comte perché » ou encore l’évocation du fameux magicien le Grand Lafayette, mort dans l’incendie du théâtre d’Edimbourg. Les écrivains snobs réunis dans une fête littéraire dans une péniche sur la scène offrent eux-aussi un contrepoint au thème de la recherche du narrateur (une quête du réel à travers la mémoire) en mettant en scène un monde creux où chacun apparaît être réduit à sa représentation sociale. Dans le paysage de la littérature contemporaine, ce récit joue avec les jeux de miroirs et les mises en abymes de l’intertextualité. Il répond aux thèmes de la postmodernité de la déconstruction et de la dissémination du sens en mettant en scène des personnages qui luttent pour conquérir leur réalité. En dernier ressort, c’est la puissance d’illusion et de vérité de la littérature qui est interrogée et renvoyée sous forme de question vers le lecteur.
Jean Lazaris

Format

  • Hauteur : 20.00 cm
  • Largeur : 14.50 cm
  • Poids : 0.17 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition