Les soldats de salamine

CERCAS, JAVIER

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 01/06/05
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Javier Cercas Les Soldats de Salamine A la fin de la guerre civile espagnole, l'écrivain Rafael Sánchez Mazas, un des fondateurs de la Phalange, réchappe du peloton d'exécution. Un soldat le découvre terré derrière des buissons et pointe son fusil sur lui. Il le regarde longuement dans les yeux et crie à ses supérieurs : « Par ici, il n'y a personne ! » La valeur qu'il entrevoit au-delà de l'apparente anecdote historique pousse un journaliste, soixante ans plus tard, à s'attacher au destin des deux adversaires qui ont joué leur vie dans ce seul regard. Il trace le portrait du gentilhomme suranné rêvant d'instaurer un régime
de poètes et de condottieres renaissants, quand surgit la figure providentielle d'un vieux soldat républicain. L'apprenti tourneur catalan, vétéran de toutes les guerres, raconte : les camps d'Argelès, la Légion étrangère, huit années de combats sans relâche contre la barbarie fasciste. Serait-il le soldat héroïque ? L'homme laisse entendre que les véritables héros sont tous morts, tombés au champ d'honneur, tombés surtout dans l'oubli ; que les guerres ne seraient romanesques que pour ceux qui ne les ont pas vécues. Ce livre, qui a bouleversé l'Espagne, connaît une diffusion internationale sans précédent.
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Comme le dit son auteur, Javier CERCAS, cet ouvrage n’est pas un roman mais un « récit réel », une sorte de roman – document inspiré de trois histoires vraies et également l’histoire de la naissance de ce livre, de ce qui constitue un écrivain… Pourquoi ce titre ?A Salamine, le 29 septembre 480 avant J.-C., les Grecs, commandés par Thémistocle, remportèrent une bataille navale décisive sur l’empire perse de Xerxès. Eschyle, dans sa tragédie Les Perses, a rendu hommage au courage des Grecs et aux « soldats de Salamine » qui combattirent pour la démocratie et la liberté.Est-ce un reportage, une enquête de journaliste, une enquête policière ? Structuré en 3 parties, le livre démarre donc par « Les amis de la forêt ».Javier Cercas, le narrateur, journaliste et homonyme de l’auteur, écrivain à ses heures, met en scène dans ce « récit réel » les protagonistes d’une histoire vraie qu’il recueille de la bouche du fils même de Mazas : l’écrivain fondateur de la Phalange, Rafael Sanchez Mazas arrêté, emprisonné près de Barcelone est fusillé par les républicains dans les dernières semaines de la guerre civile. Il survit et réussit à s’échapper miraculeusement dans la forêt. Découvert par un soldat républicain, il croit sa dernière heure arrivée, mais suite à un échange de regard entre les 2 hommes il entend le soldat déclarer : « Par ici, il n’y a personne » et s’en aller. Il trouvera de l’aide dans la forêt auprès de jeunes déserteurs républicains et deviendra ministre de Franco.Totalement obsédé par cette histoire, Javier CERCAS va donc se lancer dans une enquête minutieuse pour vérifier la véracité de cette histoire. Et petit à petit il va décider d’en faire un livre. C’est la deuxième partie du livre intitulée « les soldats de Salamine ». Cercas raconte par le menu ses réflexions, ses hésitations et nous livre par là-même les affres du travail de l’écrivain. Il va rencontrer quelques survivants de cette histoire ou leurs descendants, se plonger dans les écrits de Mazas, les chroniques d’époque pour arriver à brosser un portrait complexe de Mazas. A partir de 1929, il se consacra à écrire nombre d’articles, puis créa en 1933 El Fascio, un hebdomadaire, qui fut de suite interdit mais fut en fait l’acte fondateur de la Phalange, célébré en octobre 1929. Et pourtant cet homme, responsable de la barbarie fasciste, n’a pas hésité à aider les jeunes républicains qui lui étaient venus en aide à sortir de prison. Qui est le vrai Mazas ? Une question reste, lancinante : qui était ce soldat républicain qui l’a épargné ? Et c’est la troisième partie du livre intitulée « Rendez-vous à Stockton » ( allusion au film Fat city de John Houston – la dernière chance).Insatisfait par son livre à la fois biographie de Mazas, interprétation du Phalangisme, encouragé par son amie Conchi, Cercas reprend son métier de journaliste. Au cours d’un entretien avec un écrivain chilien exilé, Bolano, arrive la question « Qu’est ce qu’un héros ? ». Et, signe du destin, Bolano va lui confier l’histoire de Miralles : jeune apprenti tourneur catalan de 18 ans, enrôlé par l’armée républicaine à l’automne 1936. Il fait toute la guerre civile sous le commandement de Lister, passe en France en 1939, se retrouve dans le camp de concentration d’Argelès, s’engage dans la Légion Etrangère et part au Maghreb, d’où il rejoindra les forces de Leclerc. A partir de là, sa vie ressemble à des tribulations orchestrées par le destin… jusqu’à ses blessures en Autriche. Il survit et devient citoyen français. Cercas, le sent, il tient là son milicien républicain qui a épargné Mazas. La boucle est bouclée. Mais Miralles est il vraiment celui-là ?Professeur de littérature à l’Université de Gerone, quadragénaire (il est né en 1962 à Caceres), Javier CERCAS est l’auteur de plusieurs romans, chroniques et récits et celui-ci a obtenu une reconnaissance internationale. Il jongle constamment entre le réel et la fiction. On n’arrive pas à déjouer les « pièges » qu’il nous tend : quelle part accorde-t-il à la mise en scène ? Dans une interview il tient à préciser qu’il n’est « pas sûr que ce roman porte sur la guerre civile, mais que c’est plutôt le regard que porte un homme de quarante ans aujourd’hui sur la guerre civile (…) Le sujet réel du roman c’est une réflexion sur l’héroïsme…».Dans ce roman à la fois roman d’aventure, roman policier, roman d’investigation, écrit dans un style simple et facile à suivre, l’écrivain laisse le lecteur trouver sa propre vérité et dévoile la construction de l’histoire, ses hésitations, sa propre surprise. Mais c’est aussi un formidable hommage sans aucun manichéisme à tous les héros ordinaires, les exilés oubliés de l’Histoire, qui ont lutté pour la liberté et sans doute un plaidoyer pour la réconciliation. Iana

Iana
15/11/11
 

Quête initiatique en Espagne Qu'est-ce qu'un héros ? Celui qui comprend que ce n'est pas celui qui tue, mais celui qui se laisse tuer...

Fort roman du récit qui se fait, de la quête erronée et du secours qui rétablit la fiction.Désormais sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/02/14/note-de-lecture-les-soldats-de-salamine-javier-cercas/

Charybde2
14/02/14

Javier Cercas brouille les cartes avec ce roman de 2001, objet inhabituel qui raconte une histoire tout autant que sa genèse, le destin de Rafael Sanchez Mazas à la fin de la guerre d’Espagne, un récit historique fondé sur des faits réels, tandis que sa genèse est elle, au moins en partie, une fiction.L’auteur se dépeint en écrivain reconverti en journaliste, qui devient obsédé par Rafael Sanchez Mazas, poète et théoricien des phalangistes espagnols. Il imagine la personnalité de l’homme, enquête sur sa vie, et en particulier sur cet épisode où il réchappe par miracle à son exécution par des soldats républicains en déroute en Catalogne, à Collell, en 1939.Au moment où il doit être fusillé, Rafael Sanchez Mazas réussit à s’enfuir ; il croise dans sa fuite un soldat républicain anonyme qui le fixe un moment et lui laisse la vie sauve. L’histoire se cristallise donc autour de ce moment, du regard du soldat au bord de la défaite mais qui tient encore le sort de Mazas entre ses mains, autour du renversement du sort du vaincu qui redevient le vainqueur. «-Il y a quelqu’un par là ?Le soldat regarde Sánchez Mazas ; celui-ci fait de même, mais ses yeux embués ne comprennent pas ce qu’ils voient : sous les cheveux mouillés, le large front et les sourcils perlés de gouttes, le regard du soldat n’exprime ni compassion ni haine, pas même de mépris, mais une espèce de joie secrète et insondable. Il y a en lui quelque chose qui confine à la cruauté et résiste à la raison mais qui n’est pas pour autant l’instinct, quelque chose qui vit là avec la même persévérance aveugle que le sang qui s’obstine dans ses veines ou que la terre dans son immuable orbite ou tous les êtres dans leur immuable condition d’êtres, quelque chose qui échappe aux mots de la même manière que l’eau du ruisseau esquive la pierre, car les mots ne sont faits que pour se dire eux-mêmes, que pour dire le dicible, c'est-à-dire tout hormis ce qui nous gouverne ou nous fait vivre ou nous touche ou ce que nous sommes ou ce qu’est ce soldat anonyme et vaincu qui regarde à présent cet homme dont le corps se confond presque avec la terre et l’eau brune du fossé, et qui crie en l’air avec force sans le quitter des yeux :-Par ici, il n’y a personne !» "Les soldats de Salamine" c’est le renversement du sort des deux camps en cette fin de guerre d’Espagne, à l’instar de celui des Perses et des Grecs à Salamine, mais aussi celui de la narration : le livre ne prend forme finalement, que lorsque le narrateur, suite à une rencontre providentielle avec Roberto Bolaño, réussit enfin à l’écrire en donnant un nom, un corps et une voix – bref une mémoire - au soldat anonyme."Il est plus difficile d'honorer la mémoire des sans-noms que celle des gens reconnus. À la mémoire des sans-noms est dédiée la construction historique". (Walter Benjamin, 1940). «Sanchez Mazas gagna la guerre, mais perdit une place dans l’histoire de la littérature.» Le soldat républicain a perdu la guerre mais gagné l’immortalité dans un grand roman.

MarianneL
30/12/13
 

Un roman qui m'aura déçu, à lire la quatrième de couverture et certains avis, je m' attendais à un grand roman sur la Guerre civile espagnole, je m' attendais à apprendre, découvrir, et peut-être mieux comprendre. La mémoire et le souvenir de la guerre tient finalement plus de place que le conflit en lui-même. Divisé en trois grandes parties, l' histoire commence sur un journaliste aux ambitions d' écrivains, son sujet trouvé, il écrit nous racontant (brièvement) la vie de Rafael Sanchez Mazas et de quelques uns de ses compagnons c'est l' objet de la seconde partie. Pour clore l' histoire retour au présent et à notre journaliste. La construction est très académique le présent servant d' introduction à un passé qui nous ramera finalement au présent; pour moi elle apporte peu, noyant presque totalement la seconde partie, la plus intéressante, sous des considérions de peu d' intérêt.Peu familière de la guerre civile espagnole, je me suis bien vite perdue et ai peu appris.À oublier.

Lacazavent
05/09/13
 

Passée la surprise de ne pas avoir un roman sous les yeux, mais un récit journalistique, j’ai pu apprécier de découvrir un évènement particulier ayant eu lieu lors de la guerre civile espagnole, dont je ne connaissais hélas pas grand-chose.Nous suivons donc Rafael Sanchez Mazas, phalangiste (donc plutôt du côté des franquistes), dont le destin bascula dans une forêt.C’est grâce au travail d’un journaliste-écrivain que nous devons la mise en lumière de ces faits. Ces derniers ne sont en fait réellement abordés que dans la seconde partie du récit. Le début étant consacré à la genèse de ce travail, et au long cheminement du journaliste. Cette partie, bien que nécessaire, reste, à mes yeux la plus fastidieuse, et la plus poussive.Mon intérêt ne s’est véritablement épanoui que dans la troisième partie du livre, lorsque le journaliste s’attache à retrouver un membre du camp adverse, Miralles le Républicain, et à lui donner la parole. Le récit prend soudain une autre forme, acquiert autre légitimité qui jusque-là lui faisait quelque peu défaut.Il faut également souligner la qualité de la traduction, donnant ainsi un récit historique une dimension assez romanesque, et permettant une lecture agréable. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
11/10/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.14 kg

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