Les chaussures italiennes

MANKELL, HENNING

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 22/10/09
LES NOTES :

à partir de
7,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l'archipel. Depuis qu'une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s'est isolé des hommes. Pour se prouver qu'il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s'y immerge chaque matin. Au solstice d'hiver, cette routine est interrompue par l'intrusion d'Harriet,
la femme qu'il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer. Le temps de deux solstices d'hiver et d'un superbe solstice d'été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l'amour et la rédemption.
42 personnes en parlent

Calfeutrée, bien au chaud, j'ai adoré me laisser porter par cette singulière ambiance du roman d'Henning Mankell. Celui qu'on décrit comme le "maître du polar" est aussi à mon goût le "maître de l'ambiance"! La nature est omniprésente dans son roman. Les descriptions de cette Suède du bout du bout du monde apaisent, impressionnent, imposent l'humilité mais jamais n'agressent ou n'oppressent le lecteur. Dans le froid et la glace de l'hiver comme dans la canicule de l'été, dans la tempête comme dans les vagues, dans les conditions les plus rudes, il y a encore et toujours de la vie, n'en déplaise à Fredrick Welin, presque ermite qui vit reclus sur son île de la Baltique depuis douze longues années... Si dès le début du roman, l'île apparaît froide, glaciale et le vieil ours mal léché, le Grand Nord est pourtant décrit avec beaucoup d'humanité, on s'y sent en parfaite sécurité. A aucun moment, la rudesse du climat ne m'a donné l'envie d'abandonner ma lecture. L'auteur a parfaitement su instaurer un climat de confiance, intimiste, dans lequel délivrer un récit surprenant et incroyable d'humanité. Car certes, c'est bien une vie singulière que l'auteur nous raconte mais c'est une vie tout de même, celle d'un vieil homme bourru de 66 ans, avec ses défauts, ses erreurs de jeunesse et surtout, ce passé énigmatique que l'on ne comprend pas bien... Avec beaucoup de pudeur et une infinie tendresse, Henning Mankell dissèque la vie et les émotions de cet homme qui a choisi de fuir le bonheur qui lui semblait promis. Il nous explique son parcours et nous guide, pas à pas, sur le chemin de sa rédemption. Les étapes (à moins qu'il ne s'agissent plutôt d'épreuves) sont nombreuses, il y a bien sûr des choix, pas toujours rationnels, que le lecteur a du mal à comprendre, des erreurs lourdes de conséquences et des peines qu'il faut porter mais au bout, et c'est le plus important, il y a le pardon, la reconstruction des rapports aux autres et la vie, qui reprend son cours et son sens... Comme le renouvellement invariable des saisons, comme un voyage initiatique au terme duquel serait révélé enfin le véritable sens de la vie. Emouvant, tout simplement !

ingridfasquelle
10/05/12
 

Fredrik a mis sa vie entre parenthèses pendant douze ans en s'isolant sur une île avec un chien et un chat. Il n'attend plus rien de la vie mais celle-ci lui réserve encore quelques surprises. La visite d'Harriet va être l'élément déclencheur pour que Fredrik fasse le point sur sa vie. Il n'a fait que fuir et mentir et il met les choses au clair. Ce livre est agréable à lire et même si ce n'est pas un coup de coeur j'ai apprécié cette lecture. On finit par s'attacher aux personnages et j'ai beaucoup aimé le lien qui se retisse entre Harriet et Fredrik. J'aurais voulu avoir les images des paysages décrits en même temps que je lisais ce livre, ce doit être magnifique. J'ai été un peu surprise par le titre du livre car s'il y a effectivement une histoire de chaussures italiennes ce n'est pas le thème principal de l'histoire. Sandrine(SD49)

SD49
13/01/11
 

Un roman sur la cinquantaine, ce qui m'a peu touché (enfin, pas encore...) Des personnages tous haut en couleur, mais peut-être un peu trop, dans la grisaille de l'île. Une référence à "Tea-Bag" que j'avais beaucoup aimé par son côté engagé, mais celui-ci l'est beaucoup moins, comme si l'auteur n'osait plus, et que le gris de l'île regnait en maître partout. Ceci dit, j'ai beaucoup appris sur les chaussures et Le Caravage. L'image que je retiendrai : Celle d'une caravane sur un bâteau de pêcheur en route pour l'île grise. Alex-Mot-à-Mots

AlexMotaMots
10/10/10
 

3 heures de TGV, pas de bouquin ! J'ai donc acheté celui-ci, un peu par hasard, parce que fan de la "section" polar de Mankell, je m'étais dit qu'il faudrait que je le découvre dans un autre registre. Un pur bonheur, une ambiance aussi étrange que captivante, des personnages attachants, hauts en couleur qu'on ne voudrait jamais quitter. Et ce décor de bout de nulle part comme Mankell sait si bien nous faire partager.Une bonne idée cette ré-édition, un très bon moment.

guell
09/01/14
 

Un roman qui porte son lecteur tout au long : comme une rédemption, un homme qui a fermer sa porte à sa vie, se la voit forcée par des femmes. Et son monde, sa vision, totalement bouleversée. Entre voyage et immobilisme, froid et chaleur, amour et haine, empli de micro-événements et de détails touchants, le récit nous emmène jusqu'à la renaissance d'un héros usé, imparfait, fautif. Tous ces personnages déjantés et humains, on aimerait les fréquenter encore. laurence

laurence
19/12/13
 

Un roman poignant, très touchant porté par un rythme lent et une atmosphère particulière. Des sujets lourds (l'isolement, le temps qui passe,...), sont exploités et portés par des personnages atypiques et profonds. Beaucoup de poésie se dégage, grâce aux paysages, aux odeurs. Une réussite.

« J'écris la chronique d'une vie qui a tourné court. » chaussures italiennesCette phrase résume à elle seule le destin de Fredrik Welin, un homme de 66 ans qui vit seul sur une île suédoise depuis qu'un drame survenu douze ans plus tôt l'a amené à mettre fin à sa carrière de chirurgien. Il mène donc une vie monotone et grise, consignant chaque jour dans son carnet de bord le temps qu'il fait et la direction du vent qui sont souvent en phase avec l'inertie de sa vie. Il ne reçoit aucune visite, si ce n'est celle du fidèle Jansson, facteur hypocondriaque qui effectue sa distribution par tous les temps, troquant son bateau contre un hydrocoptère lorsque les eaux sont glacées. La passivité de Fredrik et son refus de faire face à ses sentiments s'incarne dans la présence d'une fourmilière dans la maison, qui depuis onze ans grignote peu à peu la nappe et la table du salon. Un jour, ce petit quotidien terne mais parfaitement huilé est bouleversé par l'arrivée d'une femme sur l'île, celle d'Harriet, que Fredrik a aimée presque quarante ans plus tôt mais qu'il a lâchement abandonnée sans explication. Alors qu'il s'attend à un règlement de comptes, il est surpris de découvrir qu'Harriet n'a qu'une exigence, qu'il tienne une promesse formulée plusieurs décennies plus tôt, lui faire découvrir un petit lac perdu au milieu de la forêt dont le narrateur ne connaît pas même le nom :« Il est noir. On dit qu'il n'a pas de fond, et il n'a pas non plus de rivage. Un obscur cousin pauvre des grands et beaux lacs aux eaux claires. On a du mal à croire qu'il existe, que ce n'est pas juste une goutte d'encre gâchée par la nature. » p. 97Le récit est mené à la première personne et est émaillé de nombreux souvenirs d'enfance ; le narrateur rechigne davantage à évoquer sa vie d'adulte, ne nous découvrant que par bribes des éléments peu reluisants. Peu à peu est donc esquissé en creux le portrait d'un vieillard acariâtre, lâche et égocentrique et cependant attachant.J'ai beaucoup apprécié ce roman, pudique et optimiste, sur la vieillesse, les relations familiales et le droit à une deuxième chance. D'un style simple et sobre émane une beauté discrète et poétiqueHenning Mankell est plus connu pour ses polars mais je conseille ce roman à tous ceux qui veulent se plonger dans une atmosphère différente, nordique et fort rafraîchissante pour cet été !

LeCottagedeMyrtille
25/08/12
 

Fredrik était chirurgien orthopédique, avant. Un jour, il a commis une grave erreur. alors, il a tout plaqué, pour vivre seul sur une petite île. Douze années passent. Il ne se pardonne pas. Il a soixante-six ans. Il ne met pas à profit son existence solitaire pour réfléchir à sa vie. Une petite silhouette aggripée à un déambulateur sur la glace vient tout changer : c'est Harriett. Ils se sont autrefois aimés, et fidèle à lui-même il l'avait abandonnée sans un mot. Avec elle arrive le temps de la vraie introspection, tout autant que celui d'agir, enfin, l'espace de quelques solstices...Un roman magnifique et vibrant, tout en retenue et pureté. Des personnages qui explosent de présence, Louise qui croit en un monde où l'on résiste ou Jansson l'hypocondriaque qui peut prédire la météo grâce à ses pouces, de l'entraide, une douceur qui est tout sauf triste, un univers douillet et précieux que l'on quitte à grand regret.Je ne connaissais pas la plume d'Henning Mankell sous cet aspect, je suis complètement sous le charme. Sylvie Sagnes

SagnesSy
07/07/12
 

Un homme seul, Fredrik, exilé volontaire depuis 12 ans sur une île perdue de la Baltique. Pas de perspectives, pas d’avenir. Une vie entre parenthèses.Tout bascule quand surgit Harriet, en déambulateur sur la glace… Son amour de jeunesse abandonné 37 ans auparavant vient lui demander d’honorer « la seule promesse vraiment belle » qui lui ait été faite.Véritable road movie au pays des glaces, des trolls, des forêts profondes et des lacs pour une quête de la vérité au bout de soi-même.Henning Mankell ménage le suspense tout au long de ce roman incroyablement optimiste malgré son univers glacial. Justesse des analyses psychologiques dans cette observation de l’humanité : la solitude, la culpabilité, la lâcheté, la peur, la mort, l’amour, la paternité, mais aussi les relations hommes / femmes, les rencontres… Les états d’âme sont décortiqués tout en finesse avec pudeur pour une leçon de vie et de rédemption.Un très grand Mankell à savourer au coin du feu !

Iana
06/01/10
 

Fredrik s’est coupé du monde, il vit isolé sur une ile de la Baltique, loin du monde des vivants, avec pour seule compagnie un chat et un chien hors d’âge ainsi qu’une fourmilière installée dans son séjour. Il a abandonné Harriet 40 ans plus tôt sans la moindre explication alors qu’ils avaient des projets d’avenir ensemble. Il est ensuite devenu chirurgien mais il a fait une terrible erreur. Il sait qu’il ne pourra jamais oublier mais semble vouloir se faire oublier, s’oublier lui-même peut-être.Harriet, elle, n’a jamais oublié la promesse faite par Fredrik de lui montrer ce petit lac de montagne près duquel il a passé des vacances enfant. Malgré le mal qui la ronge et le déambulateur sans lequel elle ne peut plus se déplacer, elle est bien décidée à lui faire tenir sa promesse.Après ces douze années d’isolement, ponctuées par les brèves mais régulières visites de l’hypocondriaque Jansson, facteur-transporteur-taxi, il va être confronté à une première incursion pour le moins soudaine et inattendue sur son ile, suivie de quelques autres par la suite…La nature tient un rôle prépondérant dans ce roman avec ses paysages, ses forêts, sa neige et son ile qui renforcent la sensation d’exil. L’ile comme lieu de purgatoire ou comme éden cinglé par les vents, ceinturé par la glace et qui va se révéler lieu de retrouvailles parfois aussi inattendues que pittoresques, aussi heureuses que dramatiques.Une symphonie de personnages dont la rudesse n’a rien à envier à celle du climat. Une fascinante palette d’antihéros rongés par les remords, par la colère, avec leurs défauts, leurs impulsions mais tous attachants à leur manière. Des hommes et des femmes, dans toute leur complexité, abîmés par la vie qui nous offrent une magistrale réflexion sur la tolérance et le pardon.Il se trouve que j’avais très envie de lire ce livre suite à la lecture des nombreuses critiques élogieuses et de découvrir son auteur. Ma première rencontre avec Henning Mankell s’avère totalement convaincante, je ne vais donc pas en rester là. Divine surprise, ce livre est arrivé un beau jour dans ma boite à lettres sans que je m’y attende. Un chaleureux merci à son expéditrice pour cet excellent choix.

manUB
31/08/14
 

Fredrik Welin, 66 ans, ancien chirurgien orthopédiste, vit sur une petite île de la Baltique sur laquelle il règne en maître – pour la bonne raison qu’il en est le seul habitant (excepté sa chatte, sa chienne et ses fourmis qui colonisent tout le salon). Notre homme n’a ni femme ni enfant. Ses longues journées de solitude ne sont interrompues que par la visite quasi quotidienne de Jannson, son facteur hypocondriaque qu’il déteste, qui passe le saluer à bord de son hydroptère même s’il n’a aucun courrier à lui délivrer et par sa baignade journalière dans un trou de glace. En dehors de cela, Fredrik attend la fin de sa vie dans une routine des plus affligeante, tenant son journal de bord, se remémorant son enfance, ses rapports avec son père et la faute professionnelle qui l’a conduit à une retraite anticipéeUn jour de janvier, alors qu’il part creuser son trou dans la glace pour se baigner, il aperçoit une frêle silhouette dans le lointain. Quelle n’est pas sa surprise de découvrir une vieille femme se cramponnant à son déambulateur au milieu du paysage de glace. Le cœur de Fredrik se soulève d’un coup, il vient de reconnaître Harriet, son amour de jeunesse, qu’il a vu pour la dernière fois près de quarante ans plus tôt !Le retour de son amour passé va bien évidemment totalement briser la routine de Fredrik. Il apprend bientôt que les jours d’Harriet sont comptés et il est bien décidé à tenir la promesse réalisées il y a quarante ans : l’emmener auprès d’un lac forestier au bord duquel il se rendait avec son père. A partir de là, la vie de Fredrik va prendre un nouveau départ…Je n’avais pas du tout apprécié le style de Mankell dans La Faille souterraine, trouvant les intrigues policières quelque peu poussives. Un ami m’a convaincue de lire à nouveau cet auteur. Et grand bien m’a pris d’écouter ses conseils ! Ce roman est absolument magnifique ! L’histoire de cet homme qui, se croyant au crépuscule de sa vie, découvre tout un pan de son histoire qui lui a totalement échappé jusqu’alors donne vraiment à réfléchir sur l’existence.J’ai beaucoup apprécié l’entremêlement de tous ces destins de femmes qui viennent croiser le chemin de notre narrateur, lui permettant au passage de réveiller son désir de vie. Alors que l’intrigue pourrait sembler un peu lente, le lecteur ne s’ennuie pas une seconde et attend avec impatience de pouvoir en démêler tous les nœuds. Si on comprend vite que la femme à la caravane que Harriet tient tant à présenter à Fredrik est sa fille qu’il n’a jamais connue et la nature de la faute qui lui a coûté son poste, on se prend d’intérêt pour tenter de déceler la façon dont notre "anti-héros" va bien pouvoir intégrer ces nouvelles données à son quotidien si bien huilé… Quant à l’explication du titre, je vous laisse le plaisir de la découvrir par vous-même ! Un pur délice !

Naurile
09/06/14
 

Fredrik Welin, soixante six ans, vit en quasi ermite sur une île de la Baltique. C'est un ancien chirurgien qui a abandonné le métier suite à une tragique erreur. Lui, habitué à la seule visite quotidienne et brève de Jansson, le facteur, voit un jour apparaître sur le sol glacé de son île, une vieille femme s'accrochant à un déambulateur. Il reconnaît en elle Harriet, la femme qu'il a aimée et abandonnée presque quarante ans plus tôt. Sa vie alors prend un tour nouveau qu'il ne soupçonnait pas.Lorsque le site de vente Alapage m'a demandé si j'étais intéressé par un partenanriat, j'ai d'abord hésité, et, voyant qu'il proposait ce livre, j'ai alors accepté. Bien m'en a pris ! Quel beau roman ! Très loin des romans policiers du même auteur. Ici, tout est lent, comme figé dans la glace qui recouvre l'île. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Harriet apparait le jour du solstice d'hiver, c'est à dire la nuit la plus longue de l'année. A partir de cette date, les jours allongent et l'espoir en la belle saison et en un renouveau peut germer.Comme toujours chez Mankell, les paysages et climats suédois, durs, rigoureux sont un décor fabuleux du livre.Les personnages sont tous en quête d'un sens à leur vie, qu'ils soient jeunes ou âgés. Henning Mankell ne verse pas dans le larmoyant, mais sait décrire des hommes et des femmes fatigués, seuls, attendant la fin avec crainte et angoisse. Fredrik Welin et les femmes qui l'entourent suscitent de la tendresse, de la sympathie et une sacrée envie de notre part qu'ils réussissent à sortir de ces états léthargiques que sont leurs vies.C'est un livre très à part dans la bibliographie de cet écrivain : "Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l'amour et la rédemption." (4ème de couverture) Que dire de plus, si ce n'est qu'ayant déjà beaucoup aimé Tea-Bag, qui reste pour moi l'un de ses meilleurs romans, je crois avoir encore préféré celui-ci ?(Mankell glisse d'ailleurs une petite allusion à Tea-Bag (p185).Si comme moi, vous avez un (gros) faible pour les livres d'Henning Mankell, ou si vous ne le connaissez pas encore, un seul conseil : précipitez-vous sur Les chaussures italiennes ! Yv

Lyvres
25/03/14
 

Coup de coeur Les descriptions de son île m'ont fait voyager. J'y ai rencontré des personnages attachants, tant par leur diversité, leur joie et leur souffrance que dans leurs réactions empreintes d'émotion.

Depuis plus de dix ans, Fredrik Welin joue les autruches misanthropes (est-ce possible ?) sur son île au bord de la Baltique et, le climat n’est pas propice à ces oiseaux, tout le monde le sait. Chaque matin, Monsieur Bougon prend son bain de mer après avoir creusé son trou dans la glace, puis vaque à quelques occupations. Bien qu’il rudoie le facteur, son seul interlocuteur, il l’attend à chaque passage, sur son ponton « Je l’attends, je me demande pourquoi et je sais que je n’aurais jamais de réponse »…. La vie pourrait continuer ainsi à écrire sa chronique d’une vie qui a tourné court, sauf que, un matin, « Il y avait quelqu’un sur la glace. Une silhouette noire sur fond de blancheur immense. » « C’était une femme. On aurait dit qu’elle marchait appuyée contre un vélo. Puis j’ai compris : c’était un déambulateur ». En y regardant de plus près, avec ses jumelles, il reconnait Harriet « la femme que j’avais aimée autrefois plus que n’importe quelle autre ». C’est le début de la fin ou la fin de l’ermite ? Toujours est-il que sa vie va changer radicalement. Il va faire de sacrés découvertes familiales et oser se retourner sur son passé, ne plus fuir ce pourquoi il a joué les autruches gelées pendant si longtemps. Petit à petit, la forteresse qu’est devenue son île, la carapace qu’il l’encombre va tomber, en respectant simplement « la seule promesse vraiment belle » que l’on n’ait jamais faite à Harriet. Le vieux bougon misanthrope qui s’isole et voit sa vie radicalement changer suite à un évènement extérieur est un thème souvent « exploité ». Le charme de l’écriture précise, teinté d’humour, de Henning Mankell, la description des couchers de soleil, du froid que l’on sent arriver, la neige qui tombe, les pas qui crissent dans la neige, le bruit des oiseaux, du vent…. les ambiances qu’il a créées font de ce livre un délicieux moment de lecture.Ce que j’ai aimé dans ce livre : tous ces personnages à la dérive qui se réinventent un monde. L’amour, ou pour le moins, la solidarité, le soin de l’autre qui les unit en ces terres, pour nous, hostiles, même Fredrik y succombe en sauvant un chien. Henning Mankell prend son temps pour nous amener au mot fin. Le temps qu’il faut à Monsieur Bougon pour récupérer le fil de sa vie, là où tout a basculé, le temps d’envisager un possible avec les autres, le temps d’envisager donner un sens à sa vie.Un livre que beaucoup ont lu donc voici quelques liens vers leurs blogues :Mimi – Asphodèle - Lilliba – Métaphore – sur la plateforme Libfly –

zazy
31/05/13
 

Il y a déjà un bon moment que j'ai lu ce roman. C'était d'ailleurs la première fois que je me plongeais dans une histoire d'Henning Mankell. Je devrais peut-être dire dans son univers, mais je sais que ce livre était un peu différent puisque cet auteur nous a surtout habitués aux romans policiers grâce à la série policière des enquêtes de Kurt Wallander. J'ai aimé parcourir ces grandes étendues froides et blanches avec le personnage principal qui s'astreint à y vivre, quasiment en solitaire, pour expier ses erreurs (l'abandon d'une femme aimée par peur et lâcheté, un échec chirurgical ayant très chèrement coûté à sa patiente). J'ai adoré le voir face à ce passé qui le rattrape quand son ancienne maîtresse, en fin de vie, le rejoint et qu'elle l'oblige à se confronter aux promesses non tenues, qu'elle lui impose la connaissance de tout ce qu'il a raté à cause de sa fuite déloyale.Si aujourd'hui l'impression reste si forte dans mon souvenir, c'est que non seulement ma lecture a été agréable sur le moment mais qu'elle a aussi gravé des ressentis en moi. Cela valait bien une critique, sans doute ; pour moi, sans hésitation, cela vaut l'envie d'une relecture, peut-être pour voir ce que les années ajoutées à ma vie peuvent avoir éventuellement changé en moi face à cette histoire.

manureva7
20/03/13
 

Ce roman me laisse une impression étrange, un peu à l'image du personne central. Je m'y suis promené sans déplaisir, loin de là, mais avec une nonchalance un peu blasée. Je n'ai pas été surpris par ce qui s'y passe, alors que les rencontres de Fredrik sont au final assez étonnantes, comme celle de cette jeune fille étrangère qui se promène presque constamment avec un sabre.Fredrk Welin a une forme de constante indécision qui ne m'a pas aidé à entrer dans le roman. Basculé dans ses habitudes par les arrivées inopinées de nombreux personnages de son passé, il ne sait comment les intégrer à son monde actuel. Son ouverture vers les autres, symbolisée notamment par une fête d'été sur l'île, constraste avec la mort qui plane tout au long du roman au travers de plusieurs personnages. D'ailleurs, Fredrik lui même ressent les effets de l'âge.Ma première rencontre avec Mankell est donc mitigée. J'ai apprécié ce voyage suédois, mais le rythme assez lent du roman m'a déconcerté. Je crois que le manque d'empathie avec les différents protagonistes (Welin est tout de même parfois antipathique) ne m'a pas aidé à entrer de plein pied dans l'ouvrage.

Yohan59
14/12/12
 

Fredrik ,66ans, ancien médecin vit reclus depuis 12 ans sur une île de la Baltique avec une chatte et une chienne.Seul, le facteur lui rend visite. Une tragique erreur a brisé sa carrière: il a amputé une jeune nageuse prometteuse de 20 ans du mauvais bras: Agnès est manchotte. Retiré du monde F a sa routine: chaque matin, il creuse un trou dans la glace pour se baigner mais tout va basculer quand Harriet qu'il a aimée puis abandonnée quarante ans plus tôt, débarque.Elle se meurt d'un cancer e(t avoue à F qu'il a une fille, Louise qu'il va apprendre à connaître; en même temps, il se met à la recherche d'Agnès: celle-ci ne lui en veut plus; elle gère une maison pour ados difficiles, l'une d'elles débarque dans l'île et s'y suicide...Lecture prenante écoutée dans un long trajet de voiture, vive le livre audio! berthe

afbf
08/10/12
 

J'ai emprunté ce livre à ma marraine, depuis un petit moment, et je dois dire qu'il me tentait depuis tout ce temps là. Le résumé me paraissait bien alléchant et me donnait incroyablement envie. Je ne vais pas vous le cacher, et si vous avez vu mon bilan de février vous le savez déjà, j'ai été plutôt déçue. Je m'attendais à autre chose, et je dois dire que le résumé m'a bien trompé. Ceci dit, je le précise dors et déjà, le fond est très intéressant, et je pense relire ce livre d'ici quelques années, voire quelques mois, quand je serais dans une phase optimale. Ayant plus eut envie de jeunesse ces derniers temps, je suis sûre et certaine de ne pas l'avoir lu au bon moment, puisqu'il donne pas mal matière à réfléchir.Néanmoins, lors de cette première lecture, je dois dire que je me suis plutôt ennuyée à certains moments, et je l'ai trouvé relativement long à démarrer en fin de compte. Du coup, j'ai dû m'accrocher, et l'envie n'y était pas toujours. J'ai d'ailleurs mis, je crois, une semaine pour le lire, donc bon, je crois que ça veut tout dire. Par contre, le fond en vaut vraiment la peine. L'auteur nous peint ici le portrait d'un personnage entouré par la solitude, qu'il le soit réellement ou non. De plus, la mort l'entoure. C'est assez troublant quand on y pense. On trouve ici aussi pas mal de mensonges, de secrets, ce qui est intéressant. Le personnage de Frederik ne m'a pas plus emballé que cela, pour être franche. Je ne m'y suis pas grandement attaché. Harriet, quant à elle, ne m'a plu qu'à moitié. Louise - je croit qu'elle s'appelle comme ça- la fille de Frederik, ne m'a pas totalement convaincue non plus. Par contre, j'ai eu un énorme coup de coeur pour Sima, une adolescente à la vie difficile, qui m'a profondément touchée.Cette chronique est relativement petite, pour la simple et bonne raison, qu'ayant dû me "forcer" pour le lire, n'aimant pas abandonner des livres, et surtout quand ils ne sont pas à moi, je n'ai pas noté grand chose sur ma petite fiche bristol - oui je fais des fiches en notant tout ce que j'ai à dire sur ledit roman, histoire de ne pas oublier, ce qui me permet en fin de compte de poster mes chroniques X temps après.En somme : pas franchement emballée pour le coup, malgré un fond intéressant. Une relecture s'imposera, un jour. Ne vous arrêtez surtout pas à mon avis. Askmetoread

askmetoread
18/09/12
 

Ancien chirurgien orthopédique, Frédérick, 70 ans, vit seul sur son île. Un chat, un chien, et la visite quotidienne de Jansson, le facteur, voilà son quotidien depuis 12 ans. Après avoir fait une erreur médicale gravissime, il a décidé de se retirer du monde. Mais tout ne va pas se passer comme prévu.Un soir d'hiver, il aperçoit sur la mer gelée, une femme qui se déplace vers lui, accrochée à son déambulateur. C'est Harriet, la femme qu'il a plaqué il y a plus de 40 ans. Elle ne lui reproche rien, elle voudrait juste qu'il tienne une promesse évoquée avant son départ : l'emmener au bord du lac qu'il fréquentait enfant. Ce sera sa seule demande, Harriet est gravement malade. La rencontre avec cette femme qui va lui faire quitter son île va alors être le début d'un autre regard de Frédérik sur sa vie ou plutôt sa non-vie.Je connaissais Henning Mankell pour ses romans policiers et je le redécouvre avec un roman bien différent. Ici, nous découvrons des personnages hauts en couleur, ancrés dans leur solitude, leur douleur ou leur passé. Je me suis laissée porter par la sobriété et la finesse de l'écriture de Mankell qui dresse le portrait de personnages complexes, à la recherche du bonheur et de la rédemption et ce dans la cadre magique de cette île polaire.

floaimelesmots
20/08/12
 

En un peu plus d'un an, la vie de de Fredrik Welin , soixante-six ans, va être totalement bouleversée.Lui qui vivait reclus en compagnie d'une chatte et d'une chienne âgées sur une île suédoise voit un jour arriver une femme qu'il a autrefois aimée et abandonnée.mais Harriet "...était porteuse de nouvelles de la vie-pas seulement de la mort qui viendrait bientôt la cueillir."Et Fredrik va devoir revenir sur les erreurs commises, se plonger dans ce qu'il avait fui avec obstination en se limitant à une vie quasi mécanique: lui-même. En effet, comme le lui confiera le vieux cordonnier de génie qui lui confectionnera ses Chaussures iltaliennes : "Il est aussi facile de se perdre à l'intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes."Roman sur la vieillesse, la solitude, le temps et l'amour, cet opus de Mankell est aussi l'occasion de se pencher sur le désarroi de certains jeunes, qu'il soient suédois ou étrangers ayant du mal à s'insérer dans la société(l'auteur adresse même un clin d'oeil à un de ses personnages , héroïne d'un autre roman, Tea-bag), nous montrant bien qu'il est possible d'établir des liens entre ces deux pôles de la vie.Une psychologie fouillée mais sans pathos qui réussit tout en délicatesse à nous amener parfois au bord des larmes sans pour autant être déprimante, un roman chaleureux qui nous prend par la main et qu'on ne lâche plus. cathulu

cathulu
16/07/12
 

Voici un roman que l'on m'a prêté. Et la personne en question a bien fait les choses. Voici un roman suédois, où l'on suit Fredrik dans sa vie on ne peut plus banale. Tous les matins, il part se baigner sous la glace et Fredrik vit sa vie avec son chien, son chat, le facteur et les saisons qui défilent. Sous nos yeux se déroulent une vie commune et se met en scène un personnage commun, un monsieur "tout le monde" anciennement chirurgien. Les noms de villes suédoises sont imprononçables mais les prénoms sont plutôt communs, et heureusement. Parce que j'en ai lu des livres où les prénoms sont imprononçables et ce n'est vraiment pas plaisant... Le titre est très intriguant je trouve et il prend tout son sens à un moment de l'histoire et à la fin... Dans la vie de Fredrik il y a eu une catastrophe dont je ne dirais rien car ça nous tient en haleine. A chaque fois qu'il l'évoque, on a l'impression qu'il va nous en dire plus, qu'il va enfin nous dévoiler son histoire mais non... jusqu'au moment où... Je ne m'attendais pas du tout à ça. J'ai été un peu déçue mais pour être une catastrophe, s'en est une ! Les personnages ont vraiment chacun leur caractère. On les découvre au fil des pages. Des fois ils nous agacent et parfois, on compatit. La vie du personnage principal prend une tournure tellement, non pas hors du commun, mais... sa vie change radicalement. Il se découvre de nouvelles choses plus ou moins concrètes. Et c'est très plaisant de les découvrir avec lui. Je n'ai pas ressenti de longueurs dans ce roman qui dresse un tableau de la Suède dans son ensemble. Quelques fois j'ai eu froid, non pas dans le dos, mais partout. Comme il a l'air de faire froid par là-bas. Ce pays et ces îles où le facteur arrive en hydrocoptère avec de multiples couches de vêtements, bonnets, gants... Brr ! Non pas un coup de cœur mais une très bonne découverte suédoise, le style de l'écrivain m'a plut. Certain(e)s peuvent ne pas apprécier car on ne peut pas dire qu'il y ait énormément d'actions. Mais ça peut plaire et ça m'a plut donc je pense renouveler mon expérience avec Henning Mankell. Si vous souhaitez donc découvrir ce qui va changer la vie de cet homme commun dont la découverte au fond est commune. Et si vous souhaitez découvrir ce qui se cache derrière ce titre, lisez-le!

searchxme
01/06/12
 

J'ai mis cent pages à rentrer dans l'histoire. J'ai même pensé abandonner mais heureusement, j'ai persévéré et je me suis prise d'affection pour ces êtres atypiques qui ont décidé de vivre en marge de la société, sur une île ou dans une forêt. Mais vivre en marge ne signifie pas vivre seul et c'est l'expérience de la resocialisation (même limitée) que va vivre notre anti-héros, médecin qui a tout quitté suite à une grave erreur médicale. En apprenant qu'il a une fille de 37 ans, il va aller à la rencontre de la vie et se reconstruire. Ce roman est un réquisitoire contre la majorité bien pensante qui n'accepte pas que l'on sorte du lot, contre le gouvernement suédois qui ne met pas l'argent là où il le faudrait mais c'est surtout un hymne à la vie et à la famille, celles qui nous est léguée ou celles qu'on se trouve. Peut-être pourrait-on reprocher à Mankell d'avoir parsemé son histoire de plus de morts que nécéssaires mais il nous faut, à l'opposé, lui rendre hommage pour son choix des symboles: les chaussures italiennes en sont un exemple mais la fourmilière reste celui que je préfère.

cocalight
21/04/12
 

« Vivre, au fait, ce n’est jamais qu’avancer dans son petit bateau au milieu d’un flot de promesses variées à l’infini. »« Les promesses trahies sont comme des ombres qui dansent autour de toi au crépuscule. »Après Profondeurs, c’est le second roman non policier de Henning Mankell que je lis, et je suis toujours sous le charme de cette écriture à la fois simple, imagée, efficace, et touchante.Toujours sous le charme d’un style épuré, linéaire, mais qui ne rend pas ennuyeuse du tout cette histoire.Toujours sous le charme d’une ambiance, d’une atmosphère si particulière, sans trop pouvoir vous dire en quoi et pourquoi. Nous passerons une année entière sur les bords de la Baltique, à vivre au grès des saisons, de la lumière si particulière sous ces latitudes. Nous appréhendons un mode de vie auquel les nordiques sont habitués, mais qui peut, à nous plus méridionaux paraître bien rude et spartiate. La nature est omniprésente ; on sentirait presque le froid venir nous titiller la peau. La solitude de cet homme convient parfaitement à la solitude des lieux ; elle est bien retranscrite.Toujours sous le charme de ses personnages travaillés, énigmatiques, qui aux premiers abords n’apparaissent pas forcément sous leur meilleurs jours ; et pourtant… Au fil des pages, nous apprendront à connaitre Frederik, nous en saurons un peu un plus sur les casseroles qu’il traine depuis quelques années, et qui font qu’il est ce qu’il est : un homme tout simplement, avec sa part un peu moins belle, mais aussi sa part, encore intacte de bonté, d’humanisme, et d’ouverture à l’autre. Un homme qui enfin, se regarde tel qu’il est, et s’autorise à laisser parler et agir cet autre enfoui en lui ; un autre qui dans une autre vie fut un médecin, probablement un très bon médecin, s’il n’y avait pas eu ce jour maudit…Trois abandons jalonnent cette vie. Frederik va mettre un point d’honneur à les "réparer ", pour solder ses dettes. Une renaissance, en quelque sorte, pour gagner 3 êtres chers à son cœur.Un retour sur soi, sur ses erreurs, pour les transcender, et cesser de se faire du mal sans s’en rendre compte.« A l’âge de soixante-six ans, tout ce que je croyais réglé et figé une bonne fois pour toutes commençait soudain à bouger et à se transformer. »Une preuve d’amour tardive… mais comme on le dit, il n’est jamais trop tard pour bien faire. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
12/03/12
 

Des chaussures italiennes ? Chouette, j’adore les chaussures ! Pourtant, celles-ci n’ont pas vraiment été à ma pointure puisque je n’ai pas réussi à me passionner pour ce roman, malgré tous les éloges lus ici ou là sur la blogosphère (et il y en avait beaucoup !).L’écriture est belle, pourtant, et superbes les descriptions des paysages de cette île de la Baltique, perdue entre ciel et eau, avec les arbres en contrepoint (paysage qui m’a un peu fait penser à Sukkwan Island, sauf que l’atmosphère ici, bien que pas très gaie, est tout de même moins pesante et glauque).C’est sur une petite île que vit, seul avec un chat et un chien, Frédric Welin. Il a soixante six ans, a arrêté de pratiquer son métier de chirurgien à la suite d’un problème grave et s’est littéralement retiré de la société, loin du monde du travail, des médias et surtout des hommes. Il a par contre toujours du mal à se faire à ce repli volontaire sur lui-même, comme s’il s’auto-punissait, ou bien comme s’il fuyait la vie, les responsabilités, le fait de devoir rendre compte de ses mots et de ses actes aux autres. Enterré vivant. Et il se plonge donc chaque matin dans l’océan glacé (en ayant creusé un trou dans la glace) comme s’il voulait se prouver à lui-même qu’il est encore vivant, que le froid qui lui mord les chairs atteste que son esprit et son âme sont encore là, dans le monde.Un jour, croyant voir un mirage, il découvre sur la glace une femme qui, descendue de l’avion qui fait escale chez lui pour le courrier, marche à petits pas avec un déambulateur. Il reconnait tant bien que mal Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée il y a quarante ans.L’arrivée de la vieille femme le dérange, le tourmente même d’autant plus qu’avec elle le passé afflue, lui remonte à la figure dans tous ses détails, alors qu’il avait tout fait ces dernières années pour l’occulter. Harriet, au seuil de la mort, lui demande de respecter une promesse faite il y a des années, qu’elle n’a jamais oubliée.Cette arrivée inopinée va transformer sa vie à un point qu’il n’aurait pu imaginer. Harriet, son ancienne amante, va bousculer toutes les certitudes, et tous les rituels échafaudés pour échapper au passé, et surtout au remord. Elle va le faire sortir de son île, d’abord physiquement puis moralement, puisqu’il va devoir enfin faire un pas vers le monde, se resociabiliser, parler, laisser les autres aller vers lui, au lieu de fuir comme il en a l’habitude. La vie qui quitte celle qu’il a aimée des années plus tôt l’assaille bientôt de toutes part, et l’énergie de ces femmes autour de lui va se propager jusqu’à lui insuffler bientôt une envie de regarder à nouveau l’avenir en face, la vie tout simplement.On parle donc dans ce roman d’amour, mais aussi de repli sur soi, d’incompréhension, de rupture avec la vie sociale, de solitude extrême, et puis de mort. On y parle de souffrance aussi : celle de la maladie et celle du cœur, celle de l’absence et celle du mensonge… Des thèmes forts, qui sont d’ailleurs très bien traités, par petites touches discrètes, mais qui donnent à réfléchir au lecteur. Dommage, et c’est là que le bât pour moi a blessé, que cet homme soit si peu aimable. Je n’ai pas un instant été touchée par son aventure, par sa situation et l’ai juste jugé égoïste, mesquin, lâche et pour tout dire pas très intéressant. Par contre, les personnages de femmes décrits dans le roman, Harriet tout d’abord et puis ensuite les autres femmes rencontrées en chemin, sur le chemin de la promesse faite et que Frédric se sent tenu d’honorer malgré sa répugnance à quitter son cocon, sont absolument magnifiques, poignants dans leur détresse, leur souffrance et leur détermination.Lecture en demi-teinte pour moi, qui ait adoré le style de l’auteur, ses magnifiques descriptions aussi bien des paysages que des caractères, mais pas du tout sympathisé avec cet homme qui ne m’a pas touchée du tout…Un grand merci malgré tout à mon amie Isabelle pour m’avoir offert ce roman ! Liliba

liliba
04/12/11
 

Henning Mankell, habitué des romans policiers, aborde ici un genre tout à fait différent et il le fait avec brio. Un médecin, reclus sur son île, suite à une bavure médicale, est tout à coup dérangé par son amour de jeunesse qu'il avait lachement abandonnée trente sept ans auparavant sans explication. A travers cette "nouvelle" rencontre, une superbe réflexion sur la solitude, le poids du passé, le pardon, le mensonge.... L'écriture est sobre et profonde, l'ambiance est habilement retranscrite. Un excellent moment de lecture.

Cassiopea
28/11/11
 

Fredrik Welin vit en ermite sur une petite île de la Baltique, bien tranquille et habitué par son bain quotidien dans la glace. Cet ancien médecin de 66 ans voit débouler un jour un ancien amour Harriet, très remontée et motivée à lui faire tenir une promesse de longue date. Alors notre héros chéri (loin d'être angélique) va voir sa vie chambouler de rencontres toutes féminines (Agnes, Louise, Sima et Harriet bien sûr) qui vont abattre ses derniers retranchements et lui permettent de revenir à la vie, la sienne... sous l’œil amusé mais néanmoins indiscret du «facteur» Jansson. Une jolie histoire, une quête toute personnelle de rédemption malgré la violence et un titre bien évocateur (les chaussures sont faites pour nous aider à aller de l'avant) Henning Mankell change de registre avec brio. Toutefois, le style (le sien ou celui de la traductrice) mériterait plus de fluidité et de poésie.

Cave
12/10/11
 

D'abord c'était ma première découverte de l'auteur Henning Mankell. J'ai, paraît-il, la chance d'être "vierge" de Wallander, que j'espère bien, désormais, rencontrer un jour ! J'ai déjà lu des auteurs nordiques, mais je suis chaque fois épatée par cette proximité avec une nature rude, les hivers longs, la mer prise dans la glace, les rochers, l'isolement. Je suis dépaysée aussi par le naturel des personnages, leur côté direct, sans chichis. Harriet qui débarque sans crier gare, Louise qui dort entre ses deux parents sans complexe, des gens qui se saoûlent tranquillement tout en fêtant la vie (et pourtant Dieu sait que je suis allergique aux alcooliques)... Nature + naturel, c'était déjà un régal ! Mais surtout "c'était un long hiver". Cette petite phrase soufflée par Fredrik à la page 223 est une métaphore de sa propre existence, de son propre coeur gelé depuis l'erreur médicale qu'il a commise. Il en a eu de l'audace, Henning Mankell, de faire entrer sur la glace une femme en fin de vie qui va réveiller ce "coeur en hiver"... Une île, un lac, une caravane, une forêt, quatre femmes "révélantes" et "réveillantes" : le roman dévoile peu à peu ses richesses, des failles, des peurs, des brisures, des désirs... J'ai beaucoup aimé le personnage de Louise, tellement attachante. Il me faut avouer aussi que je me suis reconnue dans certains traits de la personnalité de Fredrik (une lectrice qui s'identifie à un héros masculin ??) Comme je n'ai pas lu aussi vite que je l'espérais, j'ai eu peur de passer à côté, mais finalement, non. Moi aussi, je suis "arrivée jusque là. Pas plus loin. Mais jusque là." C'est difficile de parler de ce livre car il touche aux émotions, à la vérité de soi, à notre relation aux autres... Se contenter de dire : Merci, Monsieur Mankell. Je reviendrai. "Peut-être pendant toutes ces années étais-tu en route sans le savoir ? Il est aussi facile de se perdre à l'intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes." (p. 155-156) Anne

Anne7500
23/09/11
 

N'ayant jamais lu de polar de Mankell, il m'est difficile de comparer le de l'auteur et de voir si ce livre est effectivement son plus brillant, comme la citation de L'Express au dos du livre peut le sous-entendre. Une chose est sûre, il ne fait pas dans la dentelle et n'est guère complaisant avec ses personnages : impossible de ressentir la moindre empathie pour Fredrick... Mankell brosse le portrait d'un homme lâche, qui se sait lâche et le reconnaît, mais ne fait strictement rien pour ne plus l'être... Fredrick m'est apparu comme un homme maladroit et sûr de lui en même temps, trop imbu de lui même pour m'être sympathique et pour que je puisse m'attacher un tant soit peu à lui...Or, si vous me connaissez un peu, vous savez désormais que si un personnage ne me plaît pas, si je ne me sens pas d'atômes crochus avec lui, si je ne ressens pas un peu de sympathie pour lui, il m'est alors fort difficile d'apprécier le livre que je lis... Et je reconnais que c'est là quelque chose de fort dommage, car je crois que je suis passée en grande partie à côté de ce roman...En nous embarquant à la suite de Fredrick, Henning Mankell nous propose une réflexion sur le sens de la vie, sur les racines et sur la lâcheté, tout en pudeur et en délicatesse, dans un univers suédois neigeux et isolé... Peut-être trop pour moi... Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
21/09/11
 

La pudeur et la délicatesse nordique ne sont plus à démontrer : lorsqu’il s’agit de sentiments, tout est dans la suggestion, chaque mot compte. Il y a dans le style de Henning Mankell une retenue et une dignité apaisantes. L‘humour décalé, la délicatesse dans l’expression des émotions, la finesse et la concision de l’écriture contribuent au succès de ce roman.Mais le trait est poussé à l’extrême chez le héros dont la froideur et l’incapacité (qui n’est certainement qu’apparente?) à faire preuve d’humanité sont déroutantes. Les expériences les plus troublantes n’ébranlent pas longtemps ce cœur de pierre qui reprend aussi vite que possible ses habitudes et rituels immuables. Apprivoiser ce personnage rigide et engoncé dans son passé n’est pas chose facile. Mais au fond, le narrateur a-t-il vraiment envie qu’on aime ses personnages? Rien n’est moins sûr et c’est peut-être là que réside la clé de ce roman.L’atmosphère du livre s’en ressent et on peut trouver le temps long bien que l’ensemble reste divertissant. Littérature et Chocolathttp://litteratureetchocolat.wordpress.com/

Litteratureetchocolat
13/09/11
 

Titre incongru pour un roman qui se passe sur une île en Suède. On se demande en effet ce que viennent faire ces "chaussures italiennes" dans ces contrées gelées huit mois sur douze. Il faudra attendre d’arriver à la moitié du roman pour avoir un début d’explication !Sur cette île, un ex chirurgien vit à l'écart du monde, ayant fui la compagnie des hommes suite à une erreur médicale qui lui a couté sa carrière. Cette solitude il l’a sans doute recherchée par lâcheté. Mais au bout de douze ans son passé ressurgit sous les traits de son ancienne maîtresse qui est venue pour solder leur histoire commune. Suite à cette visite, il va aller de surprise en surprise.Ce roman envoûtant nous fait réfléchir avec beaucoup d’intelligence sur la vie, l’amour, la paternité, la maladie et la mort. L’histoire se passe sur un peu plus d’un an, rythmée par deux solstices d’hiver et un solstice d’été.Quant aux chaussures italiennes, je trouve qu’elles ont une place très anecdotique dans l’histoire à moins qu’il n’y ait dans leur présence un sens caché qui m’a échappé !

Ludeca
13/09/11
 

Après Tea Bag, c'est le deuxième livre que je lis d'Henning Mankell. Je croyais me lancer dans la lecture d'un polar, puisque cet auteur est surtout célèbre pour ses romans policiers avec l'inspecteur Wallander. Mais je me suis rapidement aperçue que ce livre était un roman. Je crois pouvoir dire que j'ai eu un vrai coup de cœur pour ce livre. Fredrik Welin est un homme blessé, il s'est isolé des autres en vivant depuis douze ans, seul avec son chien et son chat dans une île de la Baltique avec comme seul contact, le facteur. Un jour d'hiver, il voit apparaître sur la glace, Harriet, la femme qu'il a abandonnée sans explication, il y a trente-sept ans. Elle est très malade et elle lui demande de tenir une promesse qu'il lui avait faite autrefois : aller voir un lac aux eaux noirs. Ils vont partir tous les deux pour un voyage en voiture dans la forêt suédoise enneigée et silencieuse à la recherche de ce lac. Durant ce voyage, Fredrik va rencontrer au fond des bois Louise, puis Giaconelli, un vieux cordonnier de génie qui lui confectionnera ses chaussures italiennes. L'homme solitaire est alors rattrapé par son passé et il décide enfin de l'affronter plutôt que de s'enfermer sur lui-même. Il rencontrera alors Agnes, Sima et je n'en dirai pas plus... Un récit sensible, écrit tout en délicatesse et avec beaucoup de justesse, les personnages sont terriblement attachants. Un livre magnifique et poignant. Un grand coup de cœur !

Aproposdelivres
07/09/11
 

Henning Mankell est un auteur que j’affectionne beaucoup. D’abord parce que c’est avec lui que j’ai fait mes premiers pas dans la littérature scandinave et parce que j’ai beaucoup aimé, les quelques polars que j’ai pu lire. Voilà presque 3 ans que je n’avais pas lu cet auteur et c’est avec joie que j’ai accueilli cette sortie poche qui nous montrait une autre facette de cet auteur talentueux.J’ai beaucoup aimé Les chaussures italiennes, c’est un livre très bien écrit et qui donne envie de passer quelques semaines sur une île de la Baltique. Même si je suis très loin d’avoir l’âge de Fredrik, je me suis attachée à lui ainsi qu’aux autres personnages.Je n’ai pas vraiment envie de vous en dire plus à propos de l’histoire, le plus important pour moi étant de se laisser porter par les évènements et par la plume de Mankell. Mais je peux déjà vous dire que c’est un beau livre sur la solitude, la vieilesse, la vie, la mort, le pardon …Voilà un livre qui confirme encore une fois qu’Henning Mankell est un excellent auteur. Je vois que cet avis est très court, c’est à cause du fait que j’ai lu ce livre il y a plusieurs jours sans prendre de notes. Moi qui a une mémoire courte, j’admire vraiment ceux ou celles qui attendent plusieurs jours avant de rédiger leur chronique.En fin de compte, je vous conseille vraiment de lire ce livre émouvant.

BambiSlaughter
27/05/11
 

Fredrik Welin vit reclus sur une île de la Baltique depuis douze ans. A soixante-six ans, cet ancien chirurgien sans femme ni amis a pour seule activité une baignade quotidienne dans un trou de glace. Un homme bourru, solitaire que la visite régulière du facteur gêne. Fredrik préfère la compagnie de son chien et de son chat. Il tient un journal où il consigne la météo. Fredrik voit son ancien amour de jeunesse arrivé sur son île. Harriet munie de son déambulateur, Harriet, son cancer et la demande d’honorer une promesse qu’il lui avait faite il y a bien longtemps. Dire que j’ai aimé ce livre est incomplet car je l’ai ressenti, j’ai tourné chaque page en étant imprégnée de chaque mot ! J’ai eu la gorge serrée à la lecture de certaines phrases. Des phrases qui font mouche par leur sens profond et qui interpellent. Je les ai relues à voix hautes et transcrites précieusement dans un carnet le cœur vibrant d’émotions. Car les chaussures italiennes fait partie de ces livres qui vous laissent une marque indélébile. Avec la venue d’Harriet, Fredrik se retrouve face à son passé, à ses actes manqués, aux portes dérobées qu’il a ouvertes et empruntées. La fuite, le mensonge dont on rougit et qui finalement conforte et sert de nid douillet. Personne n’est totalement blanc ou noir, chacun a ses secrets, ses fautes inavouées. Fredrik et Harriet vont peu à peu oser se dire la vérité. Et comme toutes les vérités, ça fait mal, ça réjouit ou ça donne envie de crier et de regretter tout ce temps passé. Harriet est mourante. Fredrik acceptera sa demande qui le conduira à se remettre en question et à changer de vie. Progressivement, il enlèvera ses œillères, lèvera le voile sur ses erreurs et commencera une nouvelle vie tournée vers les autres. Un livre magnifique où les personnages sont criants d’humanité et de cette quête de la vie. Je reste volontairement avare en détails pour que cette histoire vous transporte, vous colle à la peau et vous fasse vibrer. L’écriture fait ressortir et s’accorde comme un instrument de musique à la partition des sentiments. Et dans ce décor presque surréaliste de cette île perdue, la tristesse, la gaieté ou la mélancolie n’en sont que plus beaux. Le silence conféré aux paysages de cette nature de lacs, de forêts amplifie la portée des mots. Un gros coup de cœur ! http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
20/03/11
 

Ce roman d'Henning Mankell est moins noir et moins profond que ceux que j'ai pu lire auparavant ("Le retour du professeur de danse" et " Profondeurs").Fredrik a perdu de son intensité à force de vivre seul sur son île. Lorsqu'il retrouve Harriet, il est certes étonné de la revoir, mais on ne ressent pas d'amour. Il regrette de l'avoir abandonnée sans la prévenir, il est touché par sa maladie, il va donc réaliser ses moindres désirs mais il ne semble pas avoir de sentiment profond.De même, quand il découvre sa fille, il y a peu d'émotion et il les quittera toutes deux à la prmière dispute.Avec Agnès, une patiente dont il a gâché la vie suite à une opération, l'impression est identique. Il a un grand sentiment de culpabilité mais son égoïsme est plus fort. On a l'impression qu'il cherche simplement à faire la paix avec lui-même.Sa fille, elle aussi, fait preuve d'égoïsme quand elle pense être spoliée de son héritage.Les personnages ne sont donc pas très attachants.Par contre le livre est très intéressant pour ses réflexions sur l'amour, surtout d'ailleurs la difficulté d'aimer, et aussi sur la vieillesse et la mort. Harriett a de très belles tirades sur la rupture, la haine et le pardon.On retrouve aussi dans ce livre l'importance de la nature et du paysage suédois.C'est donc une très belle oeuvre, bien écrite évidemment mais que j'ai trouvé beaucoup plus sobre que les autres romans du même auteur.

jostein
29/09/10
 

Les critiques étaient dithyrambiques autour de cet ouvrage et je ne comprends pas trop cet engouement. Certes, le sujet est assez original (la vie d’un ermite bouleversée par le retour de sa fiancée quarante ans après) mais son traitement reste toutefois assez banal, et la trame narrative est un peu trop prévisible. L’écriture est bonne sans être transcendante. J’ai l’impression d’avoir entendu beaucoup de bruit pour rien ou pas grand-chose autour de ce roman : c’est un récit honnête de l’auteur suédois le plus en vue du moment.

SophieC
27/07/10
 

La vie, l'amour, la mort Un roman dépaysant. Un homme retiré sur une île de Suède, seul avec ses chien et chat, voit sa vie bouleversée par l'arrivée d'une femme qu'il a aimée. Belle réflexion sur la nature, l'amour conjugal ou parental, l'amitié, la mort, etc.

Adepte de Henning Mankel ce livre m'a un peu décu, je l' ai trouvé moins passionnant avec des longueurs et des répétitions, Ceci dit cela reste un bon moment de lecture et la fantaisie des personnage ainsi que la description des paysages nous emportent.

Gigi
28/12/09
 

Un homme, un peu bourru, vit replié sur lui-même sur une île suédoise. Fredrik Welin, ancien médecin, a quitté la profession suite à une erreur professionnel. Les jours passent sans qu'il attende quoi que ce soit de la vie. Puis, par un matin d'hiver, débarque sur la glace devant chez lui, une femme qui pousse un déambulateur. A partir de ce moment là, sa vie va basculer, et le passé le rattraper.Des femmes apparaitront, qui tour à tour vont l'obliger à se révéler. Personnages insolites, étranges, parfois fascinant.L'amour, la vie, la mort, la solitude, le mensonge, la fuite, la rédemption sont autant de thèmes dans ce roman.

Zhayah
13/11/09
 

Mankell excelle en polars ! Mankell excelle en romans ! Mankell , un auteur XXL ! Une fois de plus , je me suis régalé...Fredrik Welin , 66 printemps au compteur , vit en véritable ermite sur une ile de la Baltique . Véritable naufragé volontaire , il n'aspire désormais qu'à une seule chose , subsister en total retrait de tout et de tous et ressasser à l'envie cette tragique erreur qu'il commis , il y a de cela 12 ans , alors qu'il exerçait son métier de chirurgien . Son désormais seul et unique patient : Jansson , facteur hypocondriaque qui le gratifie de ses visites aussi régulieres que ses lassants maux illusoires . Flanqué d'un chien , d'un chat et d'une fourmilliere envahissante qu'il a laissé proliferer en plein milieu de son salon , Fredrik nourrit deux passions journalieres , véritables reperes dans ses interminables journées hivernales . Une totale immersion dans l'eau glacée et la rédaction de son journal sont désormais les rituels incontournables de son répétitif et morne quotidien . Il n'attend plus rien ni personne...Jusqu'à la surprise du chef ! C'est d'un oeil plus que circonspect qu'il revoit débouler ( en déambulateur donc piano piano le déboulé...) dans sa vie son premier amour qu'il abandonna il y a pres de 40 ans : Harriet . Rongée par un cancer qu'elle sait incurable , cette derniere n'aspire qu'à une seule chose avant de s'éteindre , découvrir ce lac forestier qu'il lui promit à l'époque ou leur avenir se conjuguait au pluriel . Deux avenirs diametralement opposés vont désormais devoir coexister , se redécouvrir , se supporter pour nous offrir un récit crépusculaire , ciment pourtant fondateur d'une renaissance inattendue...Etonnant non ?Une envie de poilade ? Un irrésistible besoin de muscler vos zygomatiques ? Alors circulez , y a rien à lire ! Ce récit est le long cheminement de deux etres rongés par le remord et voués à se perdre le coeur lourd de regrets , l'ame meurtrie à jamais . Ce dont je suis sur , c'est que Mankell possede une plume incroyablement évocatrice vous prenant méchamment à la gorge...Solitude , hiver , cancer...Y a de quoi se tirer une balle et pourtant l'histoire est aussi prenante que surprenante ! Un road movie ténébreux de haut vol sous tendu par le plus beau des présents offert de la part d'une sursitaire à un déserteur : la vie ! Les cadavres ( humains ou animaliers ) pullulent . Le paysage froid et glacé est à l'unisson . La nature , le corps et les ames sont soumis à rude épreuve ! Cependant , Mankell ne fait jamais dans la surrenchere et c'est fort de servir un récit à la noirceur d'ébene qu'il se fend d'autant de funestes et funebres tranches de vie . Rien à regretter , rien à jeter car chaque macabre découverte y trouve sa légitimité ! L'on suit donc , le coeur serré , une Harriet déclinante portée par la seule et unique volonté d'insuffler le peu de vie qui lui reste en cet amoureux fugitif qu'elle n'a jamais oubliée...De rebondissements en révélations , Mankell construit un récit touchant empreint d'une humanité bouleversante ! L'auteur vous prend dans sa toile et vous laisse étendu pour le compte , ivre de sentiments aussi contradictoires que complémentaires , tristesse et joie étant bien souvent de mise en ce bas monde...Les Chaussures Italiennes , du sur mesure !!!

TurnThePage
31/10/13
 

Depuis que sa carrière de chirurgien s'est achevé sur une erreur médicale, Fredrik Welin vit solitairement sur une île, avec pour seule compagnie, un chien, un chat et des fourmis. Un jour, il aperçoit une silhouette au loin qui avance vers lui. Cette silhouette c'est Harriet, une femme qu'il a aimé et qu'il a pourtant quitté du jour au lendemain sans donné d'explications... Est venu le temps où le passé frappe à sa porte ! Henning Mankell est très connu dans la littérature policière et pourtant je dois avouer que je n'ai jamais lu aucun de ses livres. Alors quand le succès de son roman contemporain "Les chaussures italiennes" arrivent à mes oreilles, je me dis qu'il faut absolument que je le lise. Mais voilà, par moment la sauce ne prend pas, malgré le fait que beaucoup ont aimé... Tout d'abord, malgré les descriptions que nous livre l'auteur, je n'ai pas réussi à planter le décor. Pas moyen de me représenter cette île, cette maison et même ses habitants. Impossible pour moi de m'attacher au personnage de Fredrik, je l'ai trouvé distant, froid et même antipathique. Bien sûr ces adjectifs lui correspondent assez bien vu les actions qu'il a pu faire autrefois... On découvre petit à petit son histoire, sa vie, son passé. Lorsqu'Harriet débarque à nouveau dans sa vie, il est obligé de replonger dans son passé parfois nuancé de noirceur. Que ce soit sa manière de l'avoir quitté ou encore son erreur médicale que l'on peut qualifié d'inhumaine, il est vraiment difficile de ressentir de l'empathie pour lui. Il m'a donc était difficile de m'attacher à ce roman dont le personnage principal ne m'a pas touché du tout. Quant aux autres personnages, j'ai eu autant de mal avec eux. Harriet ne m'a pas semblé crédible (arrivé en déambulateur sur la glace en étant gravement malade !!!) et je ne parle pas de Louise qui m'a semblé complètement loufoque... J'ai mis d'ailleurs beaucoup de temps à le lire. Peut-être est-ce dû au style lent et froid des auteurs nordiques qui ne me sied guère ?! Bref, je ressors assez déçue de ce livre dont j'attendais beaucoup (trop peut-être ?!)

lizou59
28/08/13
 

Comme d’habitude, je n’ai pas lu la 4e de couverture avant de lire ce livre. Je n’aime pas manquer de surprise. Il m’avait été recommandé plusieurs fois et j’ai fait confiance. Le problème est que malgré toutes mes précautions, j’ai eu une attente ! En effet, je connais Mankell de nom comme étant excellent auteur de policiers, je ne vous dis pas ma surprise. Ce n’est pas un policier !En plus de cette perspective non assouvie, je me suis retrouvée avec un récit d’une lenteur impitoyable, je n’ai rien contre ce style, mais comment vous dire… la première moitié du livre m’a plongé dans de nombreuses somnolences voire un sommeil avéré ! (si cela n’avait pas été une LC, j’aurais remis à une autre fois cette lecture).Pour autant, cette inaction retranscrit bien, la solitude, l’ile désertique où habite le héros, la dépression et le froid de l’hiver suédois.La deuxième partie où de nombreux personnages féminins viennent mettre à mal la solitude de Fredrik Welin, je me suis réveillée et j’ai suivi avec plus d’intérêt les interactions et les rebondissements.En somme, un livre où livre où l’introspection est au premier plan, un bilan de vie professionnel, familial, humain.Un beau livre, si on est préparé :)

Metaphore
25/05/13
 

C'est par le biais de ses romans policiers mettant en scène le commissaire Wallander que Henning Mankell s'est fait connaitre du grand public. Ici il délaisse Wallander pour écrire un récit sur un homme qui s'est presque arrêté de vivre pour des raisons peut-être pas forcément valables.Fredrik fait face à des situations que l'on pourrait trouver étranges. Mais elles sont juste étranges, il n'y a pas le petit truc qui permettrait de ne pas trouver fades certains passages du récit.Autour de Fredrik gravitent des personnages qui sont tous ou trop sérieux ou trop tragiques. Ceux-ci font relativiser la situation de Fredrik par le pire. Même le personnage du facteur hypocondriaque, qui pourrait amener un peu de légèreté, est déprimant.Peut-être qu'en raison du contexte, j'ai été plus touché par le récit d'Harriet qui attend sa mort, car elle est atteinte d'un cancer et qui essaye de donner du sens et du contenu à ce qui lui reste à vivre.

Chiwi
16/04/13
 

Format

  • Hauteur : 22.00 cm
  • Largeur : 14.50 cm
  • Poids : 0.41 kg
  • Langage original : SUEDOIS
  • Traducteur : ANNA GIBSON