Les verites inavouables de jean genet

JABLONKA, IVAN

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 01/10/04
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SYNOPSIS :

Délinquant et homosexuel revendiqué, thuriféraire de toutes les figures du mal, haï par Mauriac et la droite, encensé par Sartre, Foucault et Derrida, le personnage de Genet a toujours fasciné. Ne disait-il pas lui-même qu'il voulait élever le vol, l'homosexualité et la trahison au rang de « vertus théologales » ? Aujourd'hui, le personnage de Genet est devenu un symbole de résistance contre l'injustice et l'oppression ; mais cette vision escamote totalement l'« autre Genet », un déclassé aigri et antisémite, fasciné par les crimes de la Milice, qui compare Auschwitz à une rose merveilleuse. Aujourd'hui, une nouvelle approche s'impose. Les Vérités inavouables de Jean Genet se propose de déconstruire l'interprétation bien-pensante de l'oeuvre de Genet, fondée sur deux mythes : celui du bâtard proscrit dès l'enfance par la société et celui du rebelle engagé à gauche contre l'ordre établi. Cette présentation de Genet en victime totale est orientée parce qu'incomplète : aucun biographe à ce jour n'a eu accès à son dossier personnel à l'Assistance publique. La première partie de l'ouvrage s'appuie sur ce dossier, source exceptionnellement riche et restée inédite à ce jour (lettres autographes de Genet, lettres de sa mère, rapports de gendarmerie, expertises psychiatriques). Ces archives contredisent toutes les biographies existantes : loin d'avoir été un enfant martyr relégué vers la délinquance, Genet a été choyé par ses nourriciers et l'Assistance publique a plutôt bien fait son travail. La découverte de ces documents et leur exploitation scientifique permettent de reconsidérer tout le parcours de Genet sans être tributaire, comme les autres biographes, de préjugés misérabilistes. Le deuxième mythe qui s'attache à Genet a trait à ses engagements politiques aux côtés des opprimés et des peuples en lutte. Cette vision n'est peut-être pas fausse pour le dernier Genet, mais elle occulte le fait qu'il a été fasciné par les nazis, la figure de Hitler et les camps d'extermination depuis les années 1940 jusqu'à sa mort. Cette adhésion ne procède pas seulement d'une provocation ou d'une empathie
pour les vaincus de l'histoire : l'esthétique de Genet est très proche de celle, agonistique, néo-archaïque et amorale, du nazisme hitlérien. En outre, il partage de nombreux thèmes avec les écrivains fascistes français comme Drieu La Rochelle : le besoin de l'abjection, le plaisir de la trahison, l'érotisme des troupes nazies. Non seulement les accointances de Genet avec l'idéal hitlérien sont nombreuses, mais elles ont été systématiquement niées et euphémisées par ses amis après la Libération. Le soutien inconditionnel de Sartre a permis de dénazifier Genet aux yeux du monde et surtout de lui attribuer le monopole de l'exclusion et de l'opprobre légitimes, au moment où les collaborateurs menaçaient de prendre sa place dans l'exécration générale. La seule subversion que ses amis autorisent alors à Genet est la glorification d'un mal expurgé de toute référence nazie et centré sur l'éloge du vol et de l'homosexualité, un mal symboliquement lucratif et politiquement inoffensif. En 1966, la bataille des Paravents met aux prises Genet et les légionnaires français ; les critiques marxistes rendent hommage au héraut des peuples en lutte. En vingt ans, Genet est passé de la révolution nazie à la révolution prolétarienne. Fondée sur les travaux de Bourdieu, Ricoeur et Jauss, Les Vérités inavouables de Jean Genet est une tentative d'histoire-problème dans la tradition de l'école des Annales, mais rapportée au domaine de la littérature qu'elle a beaucoup négligé. Pour cette raison, Les Vérités inavouables de Jean Genet n'est pas seulement une biographie démystificatrice ; c'est aussi un essai d'histoire sur un grand écrivain français et la réception de son oeuvre, propre à éclairer non seulement sa vie et son univers littéraire, mais plus généralement l'histoire culturelle de la France au XXe siècle. En apportant un éclairage totalement nouveau sur la carrière et l'oeuvre de Genet, en révélant les allégeances nazies d'un homme marqué jusqu'ici à l'extrême gauche, en adoptant une démarche originale à cheval sur plusieurs disciplines, cet ouvrage souligne bien des vérités dérangeantes.
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Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.43 kg

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