Les yeux bleus les cheveux noirs

DURAS, MARGUERITE

EDITEUR : MINUIT
DATE DE PARUTION : 01/11/86
LES NOTES :

à partir de
6,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Une jeune femme au corps long et souple, un homme élégant, grand lui aussi. Ils se rencontrent ce soir-là dans un café de la station balnéaire. Il est désespéré, à cause de quelqu'un qu'il a vu par hasard le jour même, qui était celui qu'il attendait depuis toujours et qu'il voulait revoir coûte que coûte : un jeune étranger
aux yeux bleus cheveux noirs. « Quelle coïncidence », dit-elle. Il demande à la jeune femme de venir dormir à son côté, dans la chambre nue qu'il habite face à la mer ; il la paiera. Elle accepte. S'ouvre alors une aventure intense et déchirante qui va les conduire l'un et l'autre au bord de la folie et de la mort.
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Elle aura soutenu cette parole jusqu'au bout . Cela a du être à la limite du supportable d'écrire ça. Aussi nettement que ça. Avec cette clairvoyance là, sous ce lustre jaune.L'autopsie du désir. La réalité qui enveloppe le corps. L’incommutabilité de nos jouissances. Mécanique phénoménale qui règle ou dérègle le cadran astral de l'amour.Cette folie qui maintient l'être au déséquilibre de lui même.Il faut se couvrir de larmes pour se voir nu, et couvrir ses yeux pour ouvrir son regard.L'amour clos, carcéral. Imprononçable, illisible, incontrôlable, irrépressible.Un jardin fou qui se joue de l'humain.Dans une chambre, l'homme, la femme.Et puis ce désir que ces deux corps appellent, ce désir aux yeux bleus- cheveux noirs.C'est là dans cet univers là que Duras dresse le théâtre de l'histoire. Une cloche de verre posée sur le sable. Elle observe et nous dit l'asphyxie de ce désir qui s'enchevêtre, se dresse, se presse, se réfugie, s'effraie, se tétanise, s'interdit, se violente, et se confie.L'histoire d'un peuple égaré, au désespoir des jours.C'est une écriture minérale, de celles qui sont venues d'un lointain dedans.De celles qui n'ont pu être portées que par le ventre des millénaires.L'écho éblouissant de nos plus secrètes profondeurs.Suivez le conseil de l'auteure : « Lisez le livre .»,Ce livre, « comme une fenêtre qui donnerait sur la mer. » Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
08/04/14
 

Lors d'une soirée d'été, un homme "élégant, mince et grand", aperçoit, dans le hall d'un hôtel, un jeune étranger qui a "le teint blanc des amants. Les cheveux noirs.". Ce dernier rejoint une femme, les cheveux noirs aussi. Tous deux disparaissent sur la plage, sous les yeux de l'homme, qui se met à pleurer "comme les gens désespérés dans le cinéma triste". Plus tard dans la soirée, cet homme retrouve dans un café la même jeune femme, sans la reconnaître. Il lui propose de la payer pour qu'elle vienne chez lui, dormir à ses côtés mais sans la toucher. Elle accepte et chaque soir à la même heure, vient se coucher auprès de l'homme. Dans cette chambre, tous deux vont pleurer le même homme, celui qu'elle a aimé quelques temps, celui qu'il a aimé en un instant fugace.Les yeux bleus cheveux noirs, publié en 1986 aux éditions de Minuit, est une adaptation théâtrale de La Maladie de la mort, paru en 1982. Comme une pièce de théâtre, il est parsemé d'indications scéniques, dans lesquelles des acteurs lisent le texte, regardent tour à tour les deux héros et le public. L'action se déroule principalement dans une chambre, dans la maison de l'homme, où trône un lit, dans lequel les héros passeront plusieurs nuits à dormir, parler, se regarder... Dans ce huis-clos, deux solitudes se rencontrent et remplissent la scène de leur désespoir, leurs cris, leurs états-d'âme, leurs caresses sensuelles."La salle serait dans le noir, dirait l'acteur. La pièce commencerait sans cesse. A chaque phrase, à chaque mot.Les acteurs pourraient ne pas être des acteurs de théâtre. Ils devraient toujours lire le livre à voix haute et claire, se tenir de toutes leurs forces exempts de toute mémoire de l'avoir jamais lu, dans la conviction de n'en connaître rien, et cela chaque soir.Les deux héros de l'histoire occuperaient la place centrale de la scène près de la rampe. Il ferait toujours une lumière indécise, sauf à cet endroit du lieu des héros où la lumière serait violente et égale. Autour, les formes vêtues de blanc qui tournent." (p.49-50)Il est question de trois personnages : l'homme, la femme et l'étranger aux yeux bleus et cheveux noirs. Depuis qu'il l'a aperçu, l'homme se consume de désir pour le jeune étranger et retrouve chez la jeune femme, les mêmes yeux. Mais il est incapable de la désirer, incapable de désirer une femme. Alors, elle se désespère d'amour et se donne à un autre homme la journée. De retour dans la chambre, elle raconte à celui qu'elle désire, les jouissances que lui a procurées cet autre homme. Au delà du désir que tous deux partagent pour le jeune étranger, c'est aussi l'histoire d'un amour impossible entre cet homme et cette femme, d'un désir contraire à la nature de l'homme qui n'aime pas les femmes."Je suis allé le chercher sur la plage, je ne savais plus ce que je faisais. Puis je suis revenu dans le parc. J'ai attendu l'arrivée de la nuit. Je suis parti quand on a éteint le hall. Je suis allé à ce café au bord de la mer. D'habitude nos histoires sont courtes, je n'ai jamais connu ça. L'image est là - il montre sa tête, son cœur -, fixe. Je me suis enfermé avec vous dans cette maison pour ne pas l'oublier. Maintenant vous savez la vérité." (p.36)J'ai bien aimé l'écriture de Marguerite Duras, très particulière. Au premier abord, elle paraît très simple, avec ses petites phrases successives. J'avais peur d'être lassée par ses "il dit ça, il fait ça, il demande ça" etc. Mais, la beauté du texte se révèle dans certains paragraphes, où la sonorité accompagne les images avec volupté. La force du texte se situe dans les mots de Duras, dans les lignes sur lesquelles on s'arrête, celles que l'on relit à haute voix pour en saisir toute la poésie. Plus qu'un texte, c'est une voix que Duras donne à entendre."Elle est dans l'ombre, séparée de la lumière. Le lustre gainé de noir n'éclaire que l'endroit des corps. L'ombre du lustre fait les ombres différentes. Le bleu des yeux et le blanc des draps, le bleu du bandeau et la pâleur de la peau se sont couverts de l'ombre de la chambre, celle du vert des plantes du fond des mers. Elle est là, mélangée avec les couleurs, et l'ombre, toujours triste de quelque mal qu'elle ne sait pas. Née comme ça. Avec ce bleu dans les yeux. Cette beauté." (p.48) http://leschroniquesassidues.blogspot.com/

chroniquesassidues
02/09/11
 

Format

  • Hauteur : 18.20 cm
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