livre liturgie
EDITEUR : BUCHET CHASTEL
DATE DE PARUTION : 23/02/02
LES NOTES :

à partir de
10,15 €

SYNOPSIS :

Jeanne tint dans ses mains des livres dont nul, avant elle, dans la litanie paysanne des siens, n'avait su, soupçonné, ou espéré l'existence. Quelques-uns, ou quelques-unes, sans doute, avaient, avant elle, mâchonné des lettres indécises, vaguement apprises, lentement dégluties
et oubliées, tombées dans la désuétude certaine de ce qui ne nourrit pas. Les livres n'étaient pas dans la mémoire des siens, pas du côté de son sang. Livre, plutôt que recueil de nouvelles, Liturgie est un bloc, un corps, un seul, taillé dans la chair des mots.
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Comme le suggère la citation de Robert Bresson en exergue du roman, Marie-Hélène Lafon est de ces auteurs qui "creusent sur place" ("Creuse sur place, ne glisse pas ailleurs", in. Notes sur le cinématographe), qui forent la nature humaine... Toutes les nouvelles s'inscrivent dans un environnement rural, un monde féroce, formaté et segmenté, dans lequel les hommes doivent travailler la terre et les femmes "faire maison". Un monde dans lequel "chaque chose est à sa place", ou doit l'être, un monde dans lequel on "ne fait pas n'importe quoi". Entre le poids des préjugés et celui de la tradition, Marie-Hélène Lafon propose cinq petites histoires de révoltes intérieures, cinq petites remises en cause de l'héritage...Le recueil commence par une nouvelle intitulée "Liturgie", dans laquelle la narratrice évoque un rituel familial, celui du dimanche matin, lorsque ses sœurs et elles devaient, à tour de rôle, frotter le dos du père et effleurer la verrue, objet de fascination et de dégout, à l'image du patriarche.La seconde nouvelle, "Alphonse" est consacrée à l'histoire d'un garçon doux et un peu "retardé", qui préfère les travaux de filles et fait le désespoir de son père. La solitude du jeune homme va trouver écho dans celle d'une jeune bonne, leurs différences devenant motif d'élection, source de réconfort. La troisième nouvelle, intitulée Jeanne, du nom de l’héroïne. Fille de paysan la jeune femme va sortir de sa condition en devenant institutrice ; le fantôme d'une sœur morte, figée dans sa perfection vient sans cesse se rappeler à son souvenir . "C'était facile. La morte diaphane, labile, rendue aux eaux profondes, ne portait pas de gants pour éplucher les légumes et ne dépensait pas tout son argent. Elle ne sentirait pas le tabac de femme. Elle ne ferait pas honte à sa mère, la morte première-née, si douce d'avoir été impuissante à vivre, si épuisée den'avoir rien voulu. C'était facile." (p. 72)Préférant les études et le célibat, au contraire de son frère Joseph qui "rentre dans le rang", elle devient une bête curieuse pour les siens. "Jeanne tint dans ses mains des livres dont nul, avant elle, dans la litanie paysanne des siens, n'avait su, soupconné, ou espéré l'existence. Quelques-uns, ou quelques unes, sans doute, avaient, avant elle, machonné des lettres indécises, vaguement apprises, lentement dégluties et oubliées, tombées dans la désuétude certaine de ce qui ne nourrit pas. Les livres n'étaient pas dans la mémoire des siens, pas du côté de son sang." (p. 65)"Elle étudia avec application, sans curiosité ni passion, élans autorisés aux seuls enfants légitimes du savoir, enfants de familles. Elle étudia comme on laboure, pour manger. Elle eut son brevet, un brevet d'institutrice. Elle était la première, la première et seule." (p. 66)Marie-Hélène Lafon parle d'un temps où les hommes et les femmes ne devaient rien avoir en commun, chacun figé dans un rôle de composition, femmes au foyer et hommes aux champs..."Ce qui avait été, très tôt, une question de survie, était devenu une façon de vivre. (p. 72)

sovane
07/07/12
 

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 11.50 cm
  • Poids : 0.14 kg

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