Lumiere d'aout

FAULKNER, WILLIAM

livre lumiere d'aout
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 09/12/74
LES NOTES :

à partir de
9,70 €
3 personnes en parlent

C'est la première fois que je lisais un livre de William Faulkner et quelle découverte rare sont les auteurs à m'avoir autant marqué et séduite dès la première lecture. C'est une lecture exigeante l'écriture est complexe et très belle, le roman se construit lentement autour de plusieurs personnages. On passe d' une histoire à l'autre et les chapitres alternent sujets et rythmes, certains regorgent d'actions, d'autres sont presque exclusivement descriptifs en résulte parfois une impression de lenteur excessive. Cependant je suis tombée sous le charme, peut-être l'effet première découverte. Il faudrait que je relise ce texte dans quelques années en attendant je vais continuer à découvrir l' œuvre de William Faulkner.

Lacazavent
16/04/13
 

Critique"Lumière d'août" est un roman psychologique de même envergure que "Crime et châtiment" de Dostoïevski. C'est un roman-analyse des profondeurs de l'âme de Faulkner, auteur sublime et ambigu mais peut-être sublime parce qu'ambigu... "Lumière d'août" est la matérialisation du puritanisme, de la violence et de la question Noire de Faulkner. Selon moi, c'est un roman-confession dans lequel l'auteur nous livre le portrait du Sud plus que jamais complexe, sans réel jugement. C'est à nous de nous arranger avec ces détails, ces informations et ces personnages. Lumière d'août est cette lumière qui caractérise le Sud lorsque l'été commence à toucher à sa fin. La chaleur est plus que jamais suffocante et pour le corps et pour l'esprit: est-ce la chaleur, le soleil qui ont fait basculer l'équilibre du jour chez Christmas? Mais Christmas n'est pas Meursault. Les coups de pistolet de Meursault le campent dans le geste gratuit propre à un héros absurde dans le sens philosophique et camusien du terme. Le rasoir de Christmas qui tranche la gorge de Joan Burden suit une trajectoire précise, définie et préméditée. Comme je l'ai dit, cette chaleur rend l'oeil torve et le geste lent. D'ailleurs le film "Dans la chaleur de la nuit" la restitue admirablement. Cette chaleur réveille la moiteur des marais et amène moustiques et maladies. C'est à ce moment là que Léna, la femme trompée arrive dans l'éclatante soleil et elle va servir de lien avec les autres personnages. Le rideau se lève sur l'incendie de la maison de Miss Burden. On découvre son cadavre, égorgée et l'assassin, en fuite. C'est, si je puis dire, le premier acte du roman: le crime. Mais ce n'est pas pour autant un roman policier. Quelque chose transcende le crime car "(...) c'était certainement un crime de nègre, commis non par un nègre, mais Le Nègre; et ils savaient, ils croyaient et espéraient qu'elle avait également été violée, au moins une fois avant d'avoir la gorge tranchée et au moins une fois après". La haine de ce "Nègre Blanc" (Cf: ma chronique concernant "Absalon! Absalon!) se concentre sur Christmas. Il est comme le dit le roman 'Le Nègre". Dans la citation ci dessus, suinte toute la peur du Sud pour l'homme Noir et pour son sexe. Il doit sûrement la "violer" avant car elle est Blanche. C'est une équation logique dans le fantasme des hommes blancs du Sud: tout homme Noir, "mulâtre" ou "Nègre Blanc" est diabolique, lubrique et incube en puissance. Il obéit à une seule règle: dépraver la femme blanche, la rendre impure par sa semence noire et éradiquer la race blanche par le métissage. Il ne faut pas oublier que les Etats du Sud ont adopté une loi contre tout mariage mixte pendant la Ségrégation. On ne peut qu'aboutir à un dénouement tragique qui constitue le troisième acte de cette tragédie: la traque, la capture et l'émasculation de Christmas. Je vous livre ici la scène :"Quand les autres arrivèrent dans la cuisine, ils virent la table rejetée de côté et Grimm penché sur le corps. (...) ils virent que l'homme n'était pas encore mort et, quand ils virent ce que Grimm était en train de faire, un des hommes (...) se mit à vomir. (...) Grimm se releva d'un bond et lança derrière lui le couteau de boucher tout sanglant. "Maintenant, tu laisseras les femmes blanches tranquilles, même en enfer!" dit il." Mais le lecteur n'aurait pas pu sonder le profil de Christmas si Faulkner avait fait l'économie d'un deuxième acte: celui de l'histoire de ce dernier. Son abandon l'a très tôt révélé à son identité de métisse. Mais le passé de Christmas est aussi lié à son adoption par les McEachern et par une éducation puritaine stricte le poussant à haïr les femme et le sexe (l'épisode avec le tube de dentifrice l'atteste). La morbidité érotique et la cruauté de Christmas sont exacerbées par Joan Burden, nymphomane avec qui il couche. Elle cristallise tous ses phobies: sa haine de la femme, son dégoût pour le sexe et l'esprit de charité et de bienfaisance qu'elle incarne (comme pour expier la faute de ses pères comme elle l'explique à Christmas car le terme "Burden" ne renvoie-t-il pas au "fardeau" qui nous incombe et qui nous encombre?) et qui le culpabilise. Le lecteur reconstruit le puzzle de la narration et suit mieux la trajectoire du crime et son mobile. Il comprend dès lors que la mort est l'issue inexorable pour Christmas :" Mais l'homme (Christmas) par terre, n'avait pas bougé. Il gisait là, les yeux ouverts, vides de tout sauf de connaissance. Quelque chose, une ombre, entourait sa bouche. Pendant un long moment, il les regarda avec des yeux tranquilles, insondables, intolérables. Puis, son visage, son corps, semblent s'effondrer, se ramasser et, des vêtements lacérés autour des hanches et des reins, le flots comprimé de sang noir." Roman superbe dans toute la splendeur de sa noirceur. Bonne lecture. Victoire

tran
30/04/12
 

Ma première lecture de ce livre date de 1984 et le challenge des Nobel a été l’occasion de le ressortir de la bibliothèque pour le relire avec quelques ( !) années en plus de lectrice à mon actif.C’est une bonne chose.En 1984, je m’étais attachée à comprendre l’histoire malgré sa déstructuration et sa complexité apparente d’organisation, quitte à lire les chapitres dans le désordre pour qu’ils soient échelonnés dans le temps et que la lecture me semble plus linéaire.Je faisais une lecture en diagonale des premières pages de chaque chapitre pour savoir le lieu, de qui on parlait et quand et j’avais remis tout ça dans le bon sens (ou ce qui s’y apparentait à mon idée).Pour cette seconde lecture, j’ai pris le temps de lire comme l’avait décidé l’auteur et je me suis plus penchée sur l’écriture et la construction du récit que sur la trame elle-même que je connaissais déjà.Dans ce roman, pas de bons, ni de méchants, pas vraiment. Beaucoup tour à tour, auront une part d’ombre, un tourment secret qui les poussera à agir pas forcément comme on s’y attendrait. Seule Léna, reste sereine au milieu de cette agitation, des événements, posant son regard calme sur les uns et les autres et ne dérogeant pas du but qu’elle s’est fixé.Elle représente la « fatalité », cette fatalité en laquelle croyait Faulkner.Léna, enceinte, recherche le père de son enfant qui lui a fait des promesses.De rencontres en rencontres sur la longue route, de flash back en flash back, de plus en plus loin, de plus en plus profond et douloureux au cœur même de l’humain, nous comprendrons les faits, le meurtre …Les retours en arrière n’ont pas d’ordre, en fonction d’une évocation dans le chapitre précédent, on peut aller à l’une ou l’autre des périodes de la vie, adolescence, enfance, sans qu’il y ait de « suite ». C’est en ça que le récit est totalement surprenant, désorganisé et peut troubler au premier abord.Les pensées des personnages, par bribes parfois, apportent un plus, nous montrant ce que chacun ressent …. Chacun étant à la fois observateur et observé….L’écriture est lumineuse, sensuelle, murmurée ….« Elle semble, tant son avance est infime, suspendue à mi-chemin, pour toujours, comme une perle défraîchie sur le fil rougeâtre de la route. Et cela est si vrai que, tout en la surveillant, l’œil la perd quand la vue et les sens lentement s’embuent et s’estompent, comme la route elle-même, avec la succession paisible des nuits et des jours, comme un fil déjà mesuré qu’on peloterait à nouveau sur une bobine. »Et parfois aussi, douloureuse car dans ce livre, la violence est présente.Violence physique mais également mentale, à travers les humiliations, les harcèlements, les moqueries, les regards ….Racisme, avilissement de la femme, puritanisme, homosexualité, solitude, adultère etc…. sont abordés dans ces six cent trente pages qui ne peuvent pas laisser indifférent et qui apporte une lumière (en août) sur les problèmes raciaux au Sud des Etats-Unis Avis écrit en août 2011

Cassiopea
14/08/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.31 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)
  • Traducteur : MAURICE-EDGAR COINDREAU

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