Madame bovary ; moeurs de province

FLAUBERT, GUSTAVE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 25/11/04
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable : le style. Pour
ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle. Aucun roman n'est innocent : celui-lâ moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une oeuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise.
6 personnes en parlent

Livre qui trainait depuis un moment dans ma pal et l'occasion de le lire pour les cours s'est enfin présentée. Je ne peux pas dire que j'ai vraiment apprécié, en fait c'est plutôt le contraire, ma lecture a été rendue assez ardue à cause d'une héroïne insupportable ! J'ai été surprise par le début où on suit d'abord Charles Bovary à partir de son enfance jusqu'à ce qu'il devienne médecin puis rencontre Emma et en devienne amoureux. C'était un bon début auquel je ne m'attendais pas, mais la suite m'a refroidie. Le fait qu'il n'y ait pas d'action couplé à mon envie d'étrangler Madame Bovary a fait que j'ai un peu galéré à lire ce roman. Son comportement, ses réflexions, le fait qu'elle se fasse des illusions, tout cela m'a insupporté chez elle. Certains passages me faisaient carrément lever les yeux au ciel. La fin est assez étrange mais je dois dire que je l'ai bien aimé (étrange je sais, pour ceux qui ont lu le roman). Malgré cela, l'écriture de l'auteur (très ironique) m'a plu, et peut-être lirai-je d'autres de ses œuvres, mais sur un sujet moins épineux... Elle m'a un peu aidé à supporter Emma Bovary, et malgré les longues descriptions j'ai réussi à l'apprécier. Une critique un peu désordre pour un roman qui a eu du mal à passer, ce qui arrive assez rarement avec moi. Madame Bovary est clairement un classique à connaître, mais je le conseille aux courageux... Ninon !

nilale
31/01/15
 

Tout abord, un mot sur la collection la Bibliothèque du Collectionneur des éditions Archipoche. En un mot comme en cent : c'est la raison de mon achat du célèbre roman de Flaubert. Petit, léger, rouge et doré, ce petit volume est simplement ravissant. Les pages sont fines et agréables au toucher et la couverture est comme tissée, douce et velouteuse. Bref, je suis tombée sous le charme...Mais venons-en au fait. Madame Bovary raconte l'histoire tortueuse de... Madame Bovary ! (enfonçons les portes ouvertes...). La jeune et jolie Emma se marie avec un médecin de la région de Rouen nommé Monsieur Bovary. Mais très vite, elle se noie dans l'ennui. Même la naissance de sa fille ne ranime pas la flamme dans ses yeux sombres. La seule distraction qu'elle s'accorde est l'amour qu'elle porte à son nouvel amant, le charmant Rodolphe Boulanger. Mais hélas, l'amour univoque n'est jamais la solution. Dès lors, elle se perd dans la dépression et le non-sens. Un second amant la fait renaître de ses cendres pour mieux la détruire quelques mois plus tard.Pourtant culte, ce roman n'avait jamais atterri entre mes mains (grossière erreur de ma part!). La plume moderne et les chapitres courts en font un roman singulier et plaisant. Le style particulier de Flaubert raviront les amateurs du genre : peu de dialogues, des descriptions longues, une passion pour les listes, bref, un concentré de réalisme. Le lecteur n'échappe à aucune description, aucun détail, aucune situation susceptible de faire évoluer l'intrigue. Même si ce style est au départ très accrocheur, j'avoue m'en être un peu lassée par moments. Trop de descriptions, trop de lenteur, pour au final, peu d'avancées dans le temps et l'histoire.Le point fort de ce roman (comme souvent) est le grand nombre de détails sur les personnages et leur caractère. Emma est une héroïne fascinante, difficile à cerner, mais fascinante. La pauvre dame s'ennuie dans son château de cartes ; faux-semblants et discorde règnent dans son coeur. Il est très intéressant de voir comment une romantique, amoureuse d'histoire romanesque, libre d'esprit, peut se consumer et finalement s'éteindre dans l'ennui.Madame Bovary a fait beaucoup de bruit au moment de sa parution en 1857 (procès, outrage aux bonnes moeurs... vous connaissez la chanson), et je reste persuadée qu'aujourd'hui encore, ce roman singulier est un modèle en la matière, inspirant bon nombre d'auteurs et de jeunes égaré(e)s.

SEcriture
20/10/13
 

L'histoire est intéressante, bien rédigée, les personnages sont complexes, travaillés, humains, et rien que pour ça, cela mérite d'être lu. Mais j'avoue avoir mis un bon moment à le finir. Je lisais un chapitre par un chapitre, et comme il n'y avait pas de suspense donnant une réelle envie de savoir la suite, j'ai traîné. Le film doit être bien plus accessible (comme pour les Balzac).

Myaou
13/09/13
 

Le monde est cruel, Emma.Ah, Emma.C'est la seule chose vraie que t'aura jamais dite Rodolphe, "Le monde est cruel, Emma.". Tu t'ennuies à périr et brodes sur les improbables figures masculines qui traversent ta vie. Charles, en premier lieu. Il est rustique et lourdaud, mais il t'aime pourtant, et ta mort aura raison de lui. Léon, ensuite, mais c'est trop tôt encore, tu n'es pas prête. Rodolphe alors, qui s'y trempe sans s'égarer, savourant pourtant ta beauté et tes élans fougueux."... et, au milieu du silence, il y avait des paroles dites tout bas qui tombaient sur leur âme avec une sonorité cristalline et qui s'y répercutaient en vibrations multipliées."Quand il t'abandonne si lâchement, tu es même prête à t'enflammer pour n'importe quel pantin :"Un bel organe, un imperturbable aplomb, plus de tempérament que d'intelligence et plus d'emphase que de lyrisme, achevaient de rehausser cette admirable nature de charlatan, où il y avait du coiffeur et du toréador."C'est pourtant Léon que le destin replace sur ta route, et il te donne son coeur, ébloui, si jeune."Souvent, en la regardant, il lui semblait que son âme, s'échappant vers elle, se répandait comme une onde sur le contour de sa tête, et descendait entraînée dans la blancheur de sa poitrine."Mais tu les effraies tous, Emma, tu es trop exaltée, trop pressante, trop envahissante. Tu calomnies ce que tu as adoré :"Mais le dénigrement de ceux que nous aimons nous en détache quelque peu. Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains."Tu t'emballes, tu exagères, tu ne comprends plus rien."- Je l'aime, pourtant ! se disait-elle.N'importe ! elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantannée des choses où elle s'appuyait ?... Mais il y avait quelque part un être fort et beau, une nature valeureuse, pleine à la fois d'exaltation et de raffinements, un coeur de poète sous une forme d'ange, lyre aux cordes d'airain, sonnant vers le ciel des épithalames élégiaques, pourquoi, par hasard, ne le trouverait-elle pas ? Oh ! quelle impossibilité ! Rien, d'ailleurs, ne valait la peine d'une recherche; tout mentait ! Chaque sourire cachait un bâillement d'ennui, chaque joie une malédiction, tout plaisir a son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissent sur la lèvre q'une irréalisable envie d'une volupté plus haute."Tu t'obstines, pourtant. Léon n'est pas celui que tu croyais, tu ne sais pas ce que tu croyais. Tu n'as aucune pensée pour ta fille, ton mari, ton père, ta belle-mère. Tu n'habites pas ta vie, tu n'es pas même présente dans tes rêveries, tu es une demande permanente et impérieuse d'un autre chose indéfini, d'un sens à ce qui n'est pas ta vie, mais ton néant."Mais comment pouvoir s'en débarrasser ? Puis, elle avait beau se sentir humiliée de la bassesse d'un tel bonheur, elle y tenait par habitude ou par corruption; et, chaque jour, elle s'y acharnait davantage, tarissant toute félicité à la vouloir trop grande. Elle accusait Léon de ses espoirs déçus, comme s'il l'avait trahie; et même elle souhaitait une catastrophe qui amenât leur séparation, puisqu'elle n'avait pas le courage de s'y décider.Elle n'en continuait pas moins à lui écrire des lettres amoureuses, en vertu de cette idée, qu'une femme doit toujours écrire à son amant.Mais, en écrivant, elle percevait un autre homme, un fantôme fait de ses plus ardents souvenirs, de ses lectures les plus belles, de ses convoitises les plus fortes; et il devenait à la fin si véritable, et accessible, qu'elle en palpitait émerveillée, sans pouvoir néanmoins le nettement imaginer, tant il se perdait, comme un dieu, sous l'abondance de ses attributs."Et tout finit mal, Emma, très mal, sauf pour le pharmacien qui incarne si bien la provincialité. Emma, ma soeur, ma triste amie, mon abusée, tu existes à présent pour l'éternité, par la grâce d'un magicien du nom de Gustave Flaubert."Toute la valeur de mon livre, s'il en a une, sera d'avoir su marcher droit sur un cheveu, suspendu entre le double abîme du lyrisme et du vulgaire." Sylvie Sagnes

SagnesSy
07/07/12
 

Ce fut un énorme plaisir de lire pour la première fois ce classique incontournable de la littérature française. J'ai essayé de me détacher des préjugés qui entourent ces livres qui ont paraît-il fait souffrir beaucoup de collégiens/lycéens. Et tant mieux car cet ouvrage que j'ai lu en quelques jours m'a vraiment passionnée! Je pense réellement qu'il est important aujourd'hui de faire l'effort de lire ce livre qui est resté malgré les siècles, terriblement actuel. Mais je ne nie pas pour autant qu'il faille une certaine maturité pour apprécier toute la subtilité de l’écriture de Flaubert.Certains critiques parlent à postériori de "bovarysme" concernant le mal qui atteint le personnage d'Emma. Cette notion est définie par J. de Gaultier comme la capacité "qu'a l'homme de se concevoir autre qu'il n'est". Emma Bovary qui appartient au milieu de la petite bourgeoisie se rêve sous les traits d'une châtelaine qui contemple sur le chemin son chevalier qui vient la retrouver ou encore sous ceux d'une comtesse aux riches toilettes entourée de prétendants. Cette incessante projection d'elle-même l'empêche de mener une vie satisfaisante et la plonge sans cesse dans un état de neurasthénie. L'épisode du bal à la Vaubyessard qui la sort le temps d'une soirée de son cadre habituel de vie, illustre parfaitement cette tendance du personnage. Pour se détacher de son quotidien elle multiplie les amants et de déceptions en déceptions s'enferme dans une spirale infernale.Il y a deux personnages clé dans le récit de Flaubert il s'agit de Homais le pharmacien et de monsieur Lheureux, usurier et commerçant. L'un comme l'autre participent à la fin tragique du couple Bovary et ressortent comme "grands vainqueurs" du récit. Homais est une figure typique du ridicule, il se considère comme un intellectuel et prend bien soin d'introduire dans ses phrases quelques mots de latin pour appuyer encore le pédant de son discours. On remarque ici la subtilité de l'écriture de Flaubert qui manie l'onomastique en donnant à "Homais" la même racine que "Homo" c'est à dire l'homme. Sur ce point très intéressant je vous renvoie à l'article de Michel Crouzet "Ecce Homais" (Revue d'histoire littéraire de France, nov-sept, 1989) dont voici un extrait parlant : "La bêtise pour Flaubert est infinie : ainsi il est bien difficile de "finir", de définir Monsieur Homais, sur lequel la critique a le tort de ne pas beaucoup s'interroger. Est-ce justement parce que sa définition est d'être indéfinissable? Il est intelligent, c'est indéniable, et la bêtise fait partie de l'intelligence et se loge en elle; dans Madame Bovary, il est voué à l'expansion, à la conquête, à l'ubiquité, à la métamorphose : indéterminé et éclaté. Sans doute ce qui l'éclairé le mieux, c'est son nom explicitement rattaché à "homo" par Flaubert. Homais, c'est l'homme : soit l'homme du général, l'Homme en soi, et Monsieur Homais accomplit avec méthode l'Idée d'Homme telle que les philosophes des Lumières l'ont établie. L'homme philosophique se prend pour la mesure de toutes choses : c'est son grotesque. Mais sous l'Homme en Soi, demeure l'homme, l'homme plus vrai, qui est l'objet d'une dérision qui est le comique absolu. Sous l'homme de la raison, il y a l'homme du comique, l'homme des vices, l'égoïste, le peureux, le paillard, l'imposteur, le truqueur éhonté, et en dernière analyse un être problématique qui peut-être n'existe pas; il y a donc l'Homo-Homais et l'Ego-Homais, qui n'est pas sûr de sa propre existence et en cherche vainement des preuves." Ainsi Homais sera celui qui "vient de recevoir la croix d'honneur" : ces derniers mots du roman sont remarquables notamment par l'utilisation d'un présent. Homais c'est l'éternel imbécile qui triomphe, à jamais. De même Monsieur Lheureux, hypocrite de tous les hypocrites se fait également fossoyeur d'Emma, il engrange l'implacable mécanique de la dette grâce à la perversion de l'argent. Sa manœuvre abouti carrément au déclassement de la famille Bovary puisque la tante de la petite Berthe la fille du couple "l'envoie, pour gagner sa vie, dans une filature de coton". Le présent intervient une seconde fois ici d'où l'idée que Berthe sera l'éternelle déclassée devenue prolétaire à l'inverse de Homais. Ainsi alors que Homais présente l'arsenic sous le nez d'Emma, Lheureux enfouie cette femme sous une pyramide de dettes et précipite la malheureuse à sa fin.Madame Bovary a subi à sa publication, un succès de scandale grandement dû au procès intenté au livre pour outrage aux bonnes mœurs. Il est intéressant de considérer aujourd'hui les différents accueils dont a bénéficié l’œuvre. Si l'on passe sur la lecture qu'en fit Ernest Pinard sur laquelle ce procureur appuya son réquisitoire, on remarque tout de même que les critiques et même certains auteurs ne perçurent pas le livre selon l'idée que s'en faisait Flaubert. La Revue de Paris pensait pouvoir rendre Madame Bovary moral en supprimant quelques extraits mais c'était sans compter sur l'architecture précise que Flaubert donne à son roman. En effet l'auteur, face à de telles coupures (notamment la scène du fiacre qui était considérée comme "impossible") se fait un devoir de prévenir le lecteur en ces mots : "Des considérations que je n'ai pas à apprécier ont contraint La Revue de Paris à faire une suppression dans le numéro du 1er décembre. Ses scrupules s'étant renouvelés à l'occasion du présent numéro, elle a jugé convenable d'enlever encore plusieurs passages. En conséquence, je déclare dénier la responsabilité des lignes qui suivent ; le lecteur est donc prié de n'y voir que des fragments et non pas un ensemble. Gustave Flaubert". (Je rappelle que le roman a d'abord été publié en feuilleton dans cette même revue en plusieurs livraisons). "Des fragments et non pas un ensemble" cette phrase clé nous permet de considérer le récit comme un tout éminemment ciselé qui forme dans son entièreté seulement cette "forme-sens" qui caractérise tout texte. Seul Baudelaire (qui aura à subir la même année les assauts répétés du procureur Pinard à propos des Fleurs du Mal, notons qu'il utilisera l'argument de l'architecture complexe de l’œuvre qui seule donne au recueil toute sa portée, malheureusement contrairement à Flaubert il perdra son procès) a perçu dans sa lecture cet ensemble qui fait sens et permet la mise en place d'un certain fatum. Sainte-Beuve par exemple déplore l’inexistence dans le texte d'un personnage moral sur lequel le lecteur puisse s'appuyer. Baudelaire lui répond implicitement en ces termes : "Plusieurs critiques avaient dit : cette œuvre, vraiment belle par la minutie et la vivacité des descriptions, ne contient pas un seul personnage qui représente la morale, qui parle la conscience de l'auteur. Où est-il, le personnage proverbial et légendaire, chargé d'expliquer la fable et de diriger l'intelligence du lecteur? En d'autre termes, où est le réquisitoire? Absurdité! Éternelle et incorrigible confusion des fonctions et des genres! - Une véritable œuvre d'art n'a pas besoin de réquisitoire. La logique d'une œuvre suffit à toute les postulations de la morale, et c'est au lecteur à tirer les conclusions de la conclusion." On retient également aujourd'hui la lecture si pleinement juste de cette lectrice passionnée de romans qui adressa en 1856 une lettre à Flaubert que je reproduis ici:"Abonnée et lectrice assidue de la Revue de Paris, j’y lis depuis sa première publication votre drame si saisissant de vérité, intitulé Madame Bovary. J’ai vu d’abord que vous aviez écrit un chef-d'oeuvre de naturel et de vérité. Oui, ce sont bien là les mœurs de cette province où je suis née, où j’ai passé ma vie.[...]Non, cette histoire n’est point une fiction, c’est une vérité, cette femme a existé, vous avez dû assister à sa vie, à sa mort, à ses souffrances. Pour moi, monsieur, vous m’avez fait voir, je dirais presque souffrir tout cela. Il y a trente ans que je lis, toutes les productions écrites dans cet espace de temps par les meilleurs auteurs me sont connues. Eh ! bien, je ne crains pas d’affirmer qu’aucun livre ne m’a laissé une impression aussi profonde que celle que je viens d’éprouver à la lecture de Madame Bovary. J’ai moi-même écrit plusieurs romans, je vous en enverrai un exemplaire si vous voulez, je lis beaucoup; et j’ai trop souffert en ma vie pour ne pas pleurer difficilement, et seulement dans les cas extrêmes. Eh ! bien, depuis hier je n’ai cessé de pleurer sur cette pauvre dame Bovary, de la nuit je n’ai fermé l’oeil, je la voyais toujours, et je ne puis me consoler, ni me remettre de la commotion violente que m’a causée votre drame. Ceci est peut-être le plus bel éloge que je puisse vous faire, nul auteur ne m’a fait tant de mal, et je regrette d’avoir achevé cette lecture, je crois que j’en deviendrai folle. Ah ! monsieur, où donc avez-vous pris cette parfaite connaissance de la nature humaine, c’est le scalpel appliqué au cœur, à l’âme, c’est, hélas ! le monde dans toute sa hideur. Les caractères sont vrais, trop vrais, car aucun d’eux ne relève l’âme, rien ne console dans ce drame qui ne laisse qu’un immense désespoir mais aussi un sévère avertissement.[...]J’avais besoin, monsieur, de vous exprimer ce que j’ai ressenti en vous lisant ; recevez donc le faible tribut de mon admiration, et croyez à la profonde sympathie avec laquelle je suis, monsieur, votre dévouée."Marie-S. LEROYER DE CHANTEPIEPour terminer je laisse le mot de la fin à Flaubert : "Vous vous attaquez à des détails, c'est à l'ensemble qu'il faut s'en prendre. L'élément brutal est au fond et non à la surface. On ne blanchit pas les nègres et on ne change pas le sang d'un livre. On peut que l'appauvrir, voilà tout." (Flaubert dans une lettre à Léon Laurent-Pichat le 7 décembre 1856). Joyce Middleway de l'Enlivrée

JoyceMiddleway
16/05/12
 

Pour sa première publication, il faut bien avouer que Flaubert a frappé fort: un procès pour outrage à la morale et à la religion et le portrait d'une femme qui deviendra rapidement une sorte d'icône du romanesque.Emma Bovary, figure frustrée, qui donna ce terme, "bovarysme", état quasi pathologique décrit par le comportement de l'héroïne de Flaubert.L'auteur partira d'un fait divers pour écrire ce drame d'un destin qui en attendait trop, sans cesse déçu, par le mariage, la petite vie de province, l'adultère, la médiocrité... Une vie qui manquera douloureusement de romanesque.Un des grands livres de la littérature française, oeuvre moderne, qui finalement brode très finement une histoire où il ne se passe quasi rien. Maltese

Maltese
28/10/09
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.29 kg

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