Lcf mme bovary

FAUCARD-MARTINEZ B.

livre lcf mme bovary
EDITEUR : CLE INTERNATIONAL
DATE DE PARUTION : 08/03/99
LES NOTES :

à partir de
5,20 €
11 personnes en parlent

Histoire d’illusion, histoire d’amour déçu, histoire de vanité, histoire d'ennui, histoire de médiocrité, ce livre qui se propose être un portrait de la vie rurale ce révèle intéressant à lire par les divers portraits qu’il comporte et le réalisme des sentiments décrits. Mais comportant trop de longueur, étant au final trop banal, racontant rien, il s’avère en fin de compte bien pénible à lire.Je sais que ce « rien » que je dénonce est justement la force de ce roman, en effet il n’y aurait pas tout ça, s’il ne se passait "rien" et si l’ennui n’était pas chevillé à l’âme d’Emma, tout comme sa détestation de la médiocrité ; mais même en sachant cela j'ai malgré tout trouvé ce livre assommant. Tellement assommant, qu'en comparaison même ma vie où il ne se passe rien, est plus palpitante que la sienne qui bouge davantage.C’est vous dire à quel point ce portrait fatigue, et ce malgré l’orgueil, le romantisme, l’égoïsme mal placés d’Emma qui dominent et donnent du relief à ce roman.Mais peut-être qu'en fin de compte ce livre est plus à lire pour les caractères des personnages, que pour ce qui s’y déroule ?En résumé ce classique m’a déçue, malgré mon amour pour ce genre. Buena lectura. Florel :)

Florel
26/02/15
 

Mon dieu, quel livre mais quel livre ! J'ai un avis extrêmement bizarre pour ce livre car je l'ai totalement adoré mais aussi à la fois totalement détesté... Tout au long de ma lecture je me disais « oh c'est beau » mais je me disais aussi « que c'est long » ! Pourtant ce livre m'a totalement chamboulé !L'histoire, je crois que tout le monde la connait. Madame Bovary est une jeune femme romanesque, elle aime le grandiose, le romantisme et elle adore les livres d'amour. Bien vite elle commence à s'ennuyer avec son mari qui n'a aucune ambition et qui, lui, est très heureux. Petit à petit elle va tomber dans l'adultère et va être criblée de dettes. Vous vous doutez donc que la fin ne va pas être très joyeuse....Cette histoire ne me donnait pas plus envie que ça et je doute avoir lu ce livre un jour si ma prof de lettres ne nous l'avais pas demandé pour la séquence sur le roman et les personnages (et dieu seul sait qu'il y a énormément de personnage dans ce livre !)Charles Bovary et Emma Bovary sont les protagonistes principaux de ce livre. Charles est un honnête médecin de campagne qui n'a besoin que de peu de chose pour être heureux et aimant sa femme par-dessus tout ! J'ai adoré ce personnage bien que je l'ai trouvé par moment très naif, ce qui lui arrive à la fin m'a beaucoup ému : avoir tant d'amour pour sa femme, c'est si beau ! Emma est une jeune femme rêveuse, soucieuse des ragots et aimant les belles choses. Elle s'ennuie vite avec Charles et tombe rapidement amoureuse de différents hommes : Leon et Rodolphe. J'ai détesté cette Emma qui se fichait de l'amour que lui portait son mari, elle qui en voulait toujours plus à chaque instant. Elle ne sait pas se satisfaire des instants présents et des choses qu'elle a au lieu de penser à ce qu'elle n'a pas ! C'est un comportement qui m'agace au plus haut point ! Rodolphe et Leon sont tous deux de jeunes hommes décrits comme très beau, très élégant et ils m'ont vraiment agacé de par leur frivolité (pour Rodolphe) et leur lâcheté (pour Léon). Il y a énormément d'autres personnages tels Monsieur Homais, Monsieur Lheureux, les parents ....Flaubert m'a vraiment épaté ! Ses descriptions sont vraiment pointilleuses, on a l'impression de voir défilés les paysages décrits, de voir les personnes en chair et en os. De plus avec tous les personnages qui peuplent ce livre on pourrait penser qu'ils ne sont pas « complets » et bien non, tous ont un caractère bien défini ainsi qu'une description très détaillée (parfois trop). Mais justement, parfois j'ai trouvé qu'il y avait trop de description ou tout du moins qu'elles étaient trop nombreuses.Je conseille ce livre aux amoureux des classiques ou à ceux qui veulent essayer ! Même non lu en entier, ce livre apporte beaucoup ne serait-ce que pour la culture générale ! Appelez moi, Love ... Love-of-book :P

Loveofbook
01/11/14
 

C'est le roman d'une âme sentimentale et romantique, qui cherchera « à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres. »(46)

choukinette
14/10/14
 

Comment vous parler de Madame Bovary ? Et bien, il nous ait autant difficile de vous en parler qu’il nous a été difficile de le lire. Toutes les deux nous avons eu énormément de mal à terminer notre lecture de ce classique de la littérature française.L’histoire est celle d’Emma, une jeune provinciale bercée par ses lectures romantiques. Pleine d’illusions, elle espère vivre une grande histoire d’amour passionné. Mais elle va vite être rattrapée par la réalité, mariée à Charles Bovary, médecin de campagne veuf depuis peu. Désenchantée par la monotonie de son quotidien et dégoûtée par un mari pourtant aimant et attentionné, Emma s’ennuie et s’enfonce chaque jour dans la dépression. Afin de redonner du piment à sa vie, elle va alors avoir des aventures extraconjugales, sous les yeux de son mari qui ne se doute de rien. Marquée par l’insatisfaction, il ne reste qu’une seule issue possible à sa vie : le suicide. J’ai détesté Emma, autant le dire tout de suite ! Flaubert nous livre ici le portrait d’une héroïne dénuée de qualités et de personnalité. Seul son caractère égoïste m’a marquée. Chacune de ses actions dans le récit l’a rendue encore plus détestable à mes yeux, raison pour laquelle je n’ai pas réussi à accrocher. Emma aurait pu avoir une vie heureuse. Malheureusement, elle fait partie de ces gens jamais satisfaits qui ne savent pas se contenter de ce qu’ils ont. Si encore elle faisait le nécessaire pour parvenir à obtenir ce qu’elle souhaite… Mais Emma est une éternelle insatisfaite ! Et les autres personnages, quant à eux, m’ont également paru bien fades.Il est difficile de prendre plaisir à la lecture d’un récit avec une telle héroïne et un style d’écriture aussi lourd. En effet, bien que Flaubert nous montre une maîtrise extraordinaire de la langue française, cela n’empêche pas une écriture très chargée et lourde. Certes, un sujet tabou pour l’époque y est abordé : le suicide et la femme adultère.Malgré une histoire peu prenante aux personnages assez fades dont une héroïne nombriliste, Gustave Flaubert nous livre un roman devenu un classique de la littérature française à juste raison. Tout en mettant brillamment à l’honneur la langue française, l’auteur fait un portrait incroyablement détaillé et réaliste d’une jeune femme romantique désillusionnée par la vie qui lui a été imposée. Madame Bovary mérite donc à ce titre d’être lu au moins une fois dans sa vie. Je n’ai juste pas accroché à l’histoire et lui ai largement préféré L’éducation sentimentale. N'hésitez pas à venir nous rendre une petite visite sur notre blog : http://drunkennessbooks.blogspot.fr

ManonMarie
08/07/14
 

Quelle histoire ! Un départ plutôt correct dans la vie, mais une fin tellement triste. Cette vie qui pourrait presque être banale mais qui est tellement bien embellie (ou dramatisée) qu'elle paraît presque extraordinaire.Le "tempo" est assez lent, permettant de se plonger très facilement dans de paisibles décors normands. J'ai en effet mis du temps le lire par rapport à sa petite épaisseur. J'ai beaucoup apprécié les personnages. Surtout "l'héroïne", la pauvre Félicité d'une nature très simple, d'abord soumise par sa maîtresse, Mme Aubin, jusqu'au moment où les deux sont les seules survivantes. Mme Aubin présente à ce moment là presque de l'affection et de la compassion (j'irai même dire comme mère et fille) jusqu'à ce qu'elle meure à son tour. C'était donc une très belle lecture, douce, fine, lente, et surtout triste.

un flyer
02/07/14

EXTRAIT DE LA CHRONIQUE :Sur le fond, par contre, même si on m'avait prévenue que cette lecture pourrait m'ennuyer, je vous avoue que je reste dubitative. La trame de l'histoire n'est pourtant pas trop mal et on s'attache plus ou moins vite à Emma (parce que je ne reconnais un peu en elle) ainsi qu'à son mari (parce qu'on compatit à la vie qu'il a vécue avec sa précédente femme), certes. Mais, franchement, même avec cette version abrégée, il ne se passe pas grand chose, le rythme est lent, centré sur la psychologie des personnages et notamment celle d'Emma. A la base, j'aime bien étudier la psychologie des personnages, mais, je ne sais pas, je ne l'ai pas trouvée intéressante : c'est devenu si commun de s'ennuyer chez soi et d'aller voir dans un autre lit ce qu'il s'y passe, de nos jours ! Avec les moeurs de l'époque, évidemment, ce n'était pas la même chose, mais j'ai cherché durant tout ce roman ce qui pouvait bien en faire un classique intéressant, une histoire à passer de générations en générations... En vain.

Lireoumourir
09/09/13

C'est un grand classique que j'avais depuis longtemps dans ma bibliothèque mais que je n'avais jamais lu avant de l'étudier en cours. Ce livre est donc à la fois une lecture personnelle et une lecture pour les cours. Je dois dire que j'ai beaucoup aimé ce livre malgré toute la description que l'on y retrouve durant tout le roman. J'ai eu beaucoup de peine pour Charles, mari d'Emma qui fait tout son possible pour elle mais ne se doute pas une seule seconde de ce que fait sa femme derrière son dos. En revanche, je n'ai absolument pas aimé le personnage d'Emma qui est une femme adultère, jamais contente et très hautaine... C'est une bonne lecture que je conseille, c'est un classique que j'ai bien aimé. Stories-of-books

storiesofbooks
15/09/12

Le monde est cruel, Emma.Ah, Emma.C'est la seule chose vraie que t'aura jamais dite Rodolphe, "Le monde est cruel, Emma.". Tu t'ennuies à périr et brodes sur les improbables figures masculines qui traversent ta vie. Charles, en premier lieu. Il est rustique et lourdaud, mais il t'aime pourtant, et ta mort aura raison de lui. Léon, ensuite, mais c'est trop tôt encore, tu n'es pas prête. Rodolphe alors, qui s'y trempe sans s'égarer, savourant pourtant ta beauté et tes élans fougueux."... et, au milieu du silence, il y avait des paroles dites tout bas qui tombaient sur leur âme avec une sonorité cristalline et qui s'y répercutaient en vibrations multipliées."Quand il t'abandonne si lâchement, tu es même prête à t'enflammer pour n'importe quel pantin :"Un bel organe, un imperturbable aplomb, plus de tempérament que d'intelligence et plus d'emphase que de lyrisme, achevaient de rehausser cette admirable nature de charlatan, où il y avait du coiffeur et du toréador."C'est pourtant Léon que le destin replace sur ta route, et il te donne son coeur, ébloui, si jeune."Souvent, en la regardant, il lui semblait que son âme, s'échappant vers elle, se répandait comme une onde sur le contour de sa tête, et descendait entraînée dans la blancheur de sa poitrine."Mais tu les effraies tous, Emma, tu es trop exaltée, trop pressante, trop envahissante. Tu calomnies ce que tu as adoré :"Mais le dénigrement de ceux que nous aimons nous en détache quelque peu. Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains."Tu t'emballes, tu exagères, tu ne comprends plus rien."- Je l'aime, pourtant ! se disait-elle.N'importe ! elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantannée des choses où elle s'appuyait ?... Mais il y avait quelque part un être fort et beau, une nature valeureuse, pleine à la fois d'exaltation et de raffinements, un coeur de poète sous une forme d'ange, lyre aux cordes d'airain, sonnant vers le ciel des épithalames élégiaques, pourquoi, par hasard, ne le trouverait-elle pas ? Oh ! quelle impossibilité ! Rien, d'ailleurs, ne valait la peine d'une recherche; tout mentait ! Chaque sourire cachait un bâillement d'ennui, chaque joie une malédiction, tout plaisir a son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissent sur la lèvre q'une irréalisable envie d'une volupté plus haute."Tu t'obstines, pourtant. Léon n'est pas celui que tu croyais, tu ne sais pas ce que tu croyais. Tu n'as aucune pensée pour ta fille, ton mari, ton père, ta belle-mère. Tu n'habites pas ta vie, tu n'es pas même présente dans tes rêveries, tu es une demande permanente et impérieuse d'un autre chose indéfini, d'un sens à ce qui n'est pas ta vie, mais ton néant."Mais comment pouvoir s'en débarrasser ? Puis, elle avait beau se sentir humiliée de la bassesse d'un tel bonheur, elle y tenait par habitude ou par corruption; et, chaque jour, elle s'y acharnait davantage, tarissant toute félicité à la vouloir trop grande. Elle accusait Léon de ses espoirs déçus, comme s'il l'avait trahie; et même elle souhaitait une catastrophe qui amenât leur séparation, puisqu'elle n'avait pas le courage de s'y décider.Elle n'en continuait pas moins à lui écrire des lettres amoureuses, en vertu de cette idée, qu'une femme doit toujours écrire à son amant.Mais, en écrivant, elle percevait un autre homme, un fantôme fait de ses plus ardents souvenirs, de ses lectures les plus belles, de ses convoitises les plus fortes; et il devenait à la fin si véritable, et accessible, qu'elle en palpitait émerveillée, sans pouvoir néanmoins le nettement imaginer, tant il se perdait, comme un dieu, sous l'abondance de ses attributs."Et tout finit mal, Emma, très mal, sauf pour le pharmacien qui incarne si bien la provincialité. Emma, ma soeur, ma triste amie, mon abusée, tu existes à présent pour l'éternité, par la grâce d'un magicien du nom de Gustave Flaubert."Toute la valeur de mon livre, s'il en a une, sera d'avoir su marcher droit sur un cheveu, suspendu entre le double abîme du lyrisme et du vulgaire." Sylvie Sagnes

SagnesSy
13/09/12
 

[Extrait]Qu'on se le dise : je ne suis pas particulièrement fan des livres classiques français. Autant les classiques anglais me rendent gaga (Jane Austen, les soeurs Brontë, Shakespeare... ils me parlent ! ), autant je crains comme la peste les classiques français que l'on nous a forcé à lire à l'école (Victor Hugo, Honoré de Balzac, Saint-Exupéry, Théophile Gauthier...). Mais quand Livre de poche jeunesse nous livre des classiques abrégés avec d'aussi belles couvertures, il est difficile de rester de marbre. J'ai donc accepté de découvrir "Madame Bovary" de Gustave Flaubert, peut-être attirée par l'histoire de cette Emma qui s'ennuit à la campagne et rêve de vivre en ville...Sur la forme, je n'ai rien à redire car ce livre est très pratique à lire de part son format poche, la police de ses caractères et sa mise en page. Il est d'excellente qualité et n'a pas pris une seule ride depuis que je l'ai reçu. Rédactrice du blog féminin http://apologie-d-une-shopping-addicte.over-blog.com.

platinegirl
03/09/12
 

Ce fut un énorme plaisir de lire pour la première fois ce classique incontournable de la littérature française. J'ai essayé de me détacher des préjugés qui entourent ces livres qui ont paraît-il fait souffrir beaucoup de collégiens/lycéens. Et tant mieux car cet ouvrage que j'ai lu en quelques jours m'a vraiment passionnée! Je pense réellement qu'il est important aujourd'hui de faire l'effort de lire ce livre qui est resté malgré les siècles, terriblement actuel. Mais je ne nie pas pour autant qu'il faille une certaine maturité pour apprécier toute la subtilité de l’écriture de Flaubert.Certains critiques parlent à postériori de "bovarysme" concernant le mal qui atteint le personnage d'Emma. Cette notion est définie par J. de Gaultier comme la capacité "qu'a l'homme de se concevoir autre qu'il n'est". Emma Bovary qui appartient au milieu de la petite bourgeoisie se rêve sous les traits d'une châtelaine qui contemple sur le chemin son chevalier qui vient la retrouver ou encore sous ceux d'une comtesse aux riches toilettes entourée de prétendants. Cette incessante projection d'elle-même l'empêche de mener une vie satisfaisante et la plonge sans cesse dans un état de neurasthénie. L'épisode du bal à la Vaubyessard qui la sort le temps d'une soirée de son cadre habituel de vie, illustre parfaitement cette tendance du personnage. Pour se détacher de son quotidien elle multiplie les amants et de déceptions en déceptions s'enferme dans une spirale infernale.Il y a deux personnages clé dans le récit de Flaubert il s'agit de Homais le pharmacien et de monsieur Lheureux, usurier et commerçant. L'un comme l'autre participent à la fin tragique du couple Bovary et ressortent comme "grands vainqueurs" du récit. Homais est une figure typique du ridicule, il se considère comme un intellectuel et prend bien soin d'introduire dans ses phrases quelques mots de latin pour appuyer encore le pédant de son discours. On remarque ici la subtilité de l'écriture de Flaubert qui manie l'onomastique en donnant à "Homais" la même racine que "Homo" c'est à dire l'homme. Sur ce point très intéressant je vous renvoie à l'article de Michel Crouzet "Ecce Homais" (Revue d'histoire littéraire de France, nov-sept, 1989) dont voici un extrait parlant : "La bêtise pour Flaubert est infinie : ainsi il est bien difficile de "finir", de définir Monsieur Homais, sur lequel la critique a le tort de ne pas beaucoup s'interroger. Est-ce justement parce que sa définition est d'être indéfinissable? Il est intelligent, c'est indéniable, et la bêtise fait partie de l'intelligence et se loge en elle; dans Madame Bovary, il est voué à l'expansion, à la conquête, à l'ubiquité, à la métamorphose : indéterminé et éclaté. Sans doute ce qui l'éclairé le mieux, c'est son nom explicitement rattaché à "homo" par Flaubert. Homais, c'est l'homme : soit l'homme du général, l'Homme en soi, et Monsieur Homais accomplit avec méthode l'Idée d'Homme telle que les philosophes des Lumières l'ont établie. L'homme philosophique se prend pour la mesure de toutes choses : c'est son grotesque. Mais sous l'Homme en Soi, demeure l'homme, l'homme plus vrai, qui est l'objet d'une dérision qui est le comique absolu. Sous l'homme de la raison, il y a l'homme du comique, l'homme des vices, l'égoïste, le peureux, le paillard, l'imposteur, le truqueur éhonté, et en dernière analyse un être problématique qui peut-être n'existe pas; il y a donc l'Homo-Homais et l'Ego-Homais, qui n'est pas sûr de sa propre existence et en cherche vainement des preuves." Ainsi Homais sera celui qui "vient de recevoir la croix d'honneur" : ces derniers mots du roman sont remarquables notamment par l'utilisation d'un présent. Homais c'est l'éternel imbécile qui triomphe, à jamais. De même Monsieur Lheureux, hypocrite de tous les hypocrites se fait également fossoyeur d'Emma, il engrange l'implacable mécanique de la dette grâce à la perversion de l'argent. Sa manœuvre abouti carrément au déclassement de la famille Bovary puisque la tante de la petite Berthe la fille du couple "l'envoie, pour gagner sa vie, dans une filature de coton". Le présent intervient une seconde fois ici d'où l'idée que Berthe sera l'éternelle déclassée devenue prolétaire à l'inverse de Homais. Ainsi alors que Homais présente l'arsenic sous le nez d'Emma, Lheureux enfouie cette femme sous une pyramide de dettes et précipite la malheureuse à sa fin.Madame Bovary a subi à sa publication, un succès de scandale grandement dû au procès intenté au livre pour outrage aux bonnes mœurs. Il est intéressant de considérer aujourd'hui les différents accueils dont a bénéficié l’œuvre. Si l'on passe sur la lecture qu'en fit Ernest Pinard sur laquelle ce procureur appuya son réquisitoire, on remarque tout de même que les critiques et même certains auteurs ne perçurent pas le livre selon l'idée que s'en faisait Flaubert. La Revue de Paris pensait pouvoir rendre Madame Bovary moral en supprimant quelques extraits mais c'était sans compter sur l'architecture précise que Flaubert donne à son roman. En effet l'auteur, face à de telles coupures (notamment la scène du fiacre qui était considérée comme "impossible") se fait un devoir de prévenir le lecteur en ces mots : "Des considérations que je n'ai pas à apprécier ont contraint La Revue de Paris à faire une suppression dans le numéro du 1er décembre. Ses scrupules s'étant renouvelés à l'occasion du présent numéro, elle a jugé convenable d'enlever encore plusieurs passages. En conséquence, je déclare dénier la responsabilité des lignes qui suivent ; le lecteur est donc prié de n'y voir que des fragments et non pas un ensemble. Gustave Flaubert". (Je rappelle que le roman a d'abord été publié en feuilleton dans cette même revue en plusieurs livraisons). "Des fragments et non pas un ensemble" cette phrase clé nous permet de considérer le récit comme un tout éminemment ciselé qui forme dans son entièreté seulement cette "forme-sens" qui caractérise tout texte. Seul Baudelaire (qui aura à subir la même année les assauts répétés du procureur Pinard à propos des Fleurs du Mal, notons qu'il utilisera l'argument de l'architecture complexe de l’œuvre qui seule donne au recueil toute sa portée, malheureusement contrairement à Flaubert il perdra son procès) a perçu dans sa lecture cet ensemble qui fait sens et permet la mise en place d'un certain fatum. Sainte-Beuve par exemple déplore l’inexistence dans le texte d'un personnage moral sur lequel le lecteur puisse s'appuyer. Baudelaire lui répond implicitement en ces termes : "Plusieurs critiques avaient dit : cette œuvre, vraiment belle par la minutie et la vivacité des descriptions, ne contient pas un seul personnage qui représente la morale, qui parle la conscience de l'auteur. Où est-il, le personnage proverbial et légendaire, chargé d'expliquer la fable et de diriger l'intelligence du lecteur? En d'autre termes, où est le réquisitoire? Absurdité! Éternelle et incorrigible confusion des fonctions et des genres! - Une véritable œuvre d'art n'a pas besoin de réquisitoire. La logique d'une œuvre suffit à toute les postulations de la morale, et c'est au lecteur à tirer les conclusions de la conclusion." On retient également aujourd'hui la lecture si pleinement juste de cette lectrice passionnée de romans qui adressa en 1856 une lettre à Flaubert que je reproduis ici:"Abonnée et lectrice assidue de la Revue de Paris, j’y lis depuis sa première publication votre drame si saisissant de vérité, intitulé Madame Bovary. J’ai vu d’abord que vous aviez écrit un chef-d'oeuvre de naturel et de vérité. Oui, ce sont bien là les mœurs de cette province où je suis née, où j’ai passé ma vie.[...]Non, cette histoire n’est point une fiction, c’est une vérité, cette femme a existé, vous avez dû assister à sa vie, à sa mort, à ses souffrances. Pour moi, monsieur, vous m’avez fait voir, je dirais presque souffrir tout cela. Il y a trente ans que je lis, toutes les productions écrites dans cet espace de temps par les meilleurs auteurs me sont connues. Eh ! bien, je ne crains pas d’affirmer qu’aucun livre ne m’a laissé une impression aussi profonde que celle que je viens d’éprouver à la lecture de Madame Bovary. J’ai moi-même écrit plusieurs romans, je vous en enverrai un exemplaire si vous voulez, je lis beaucoup; et j’ai trop souffert en ma vie pour ne pas pleurer difficilement, et seulement dans les cas extrêmes. Eh ! bien, depuis hier je n’ai cessé de pleurer sur cette pauvre dame Bovary, de la nuit je n’ai fermé l’oeil, je la voyais toujours, et je ne puis me consoler, ni me remettre de la commotion violente que m’a causée votre drame. Ceci est peut-être le plus bel éloge que je puisse vous faire, nul auteur ne m’a fait tant de mal, et je regrette d’avoir achevé cette lecture, je crois que j’en deviendrai folle. Ah ! monsieur, où donc avez-vous pris cette parfaite connaissance de la nature humaine, c’est le scalpel appliqué au cœur, à l’âme, c’est, hélas ! le monde dans toute sa hideur. Les caractères sont vrais, trop vrais, car aucun d’eux ne relève l’âme, rien ne console dans ce drame qui ne laisse qu’un immense désespoir mais aussi un sévère avertissement.[...]J’avais besoin, monsieur, de vous exprimer ce que j’ai ressenti en vous lisant ; recevez donc le faible tribut de mon admiration, et croyez à la profonde sympathie avec laquelle je suis, monsieur, votre dévouée."Marie-S. LEROYER DE CHANTEPIEPour terminer je laisse le mot de la fin à Flaubert : "Vous vous attaquez à des détails, c'est à l'ensemble qu'il faut s'en prendre. L'élément brutal est au fond et non à la surface. On ne blanchit pas les nègres et on ne change pas le sang d'un livre. On peut que l'appauvrir, voilà tout." (Flaubert dans une lettre à Léon Laurent-Pichat le 7 décembre 1856). Joyce Middleway de l'Enlivrée

JoyceMiddleway
16/05/12
 

Pour sa première publication, il faut bien avouer que Flaubert a frappé fort: un procès pour outrage à la morale et à la religion et le portrait d'une femme qui deviendra rapidement une sorte d'icône du romanesque.Emma Bovary, figure frustrée, qui donna ce terme, "bovarysme", état quasi pathologique décrit par le comportement de l'héroïne de Flaubert.L'auteur partira d'un fait divers pour écrire ce drame d'un destin qui en attendait trop, sans cesse déçu, par le mariage, la petite vie de province, l'adultère, la médiocrité... Une vie qui manquera douloureusement de romanesque.Un des grands livres de la littérature française, oeuvre moderne, qui finalement brode très finement une histoire où il ne se passe quasi rien. Maltese

Maltese
28/10/09
 

Format

  • Hauteur : 17.20 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.07 kg

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