Madame bovary

FLAUBERT, GUSTAVE

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 25/01/72
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Madame Bovary Une jeune femme romanesque qui s'était construit un monde romantiquement rêvé tente d'échapper - dans un vertige grandissant - à l'ennui de sa province, la médiocrité de son mariage et la platitude de sa vie. Mais quand Flaubert publie Madame Bovary, en 1857, toute la nouveauté du roman réside dans le contraste entre un art si hautement accompli et la peinture d'un univers si ordinaire. L'écriture transfigure la vie, mais s'y adapte si étroitement qu'elle la fait
naître sous nos yeux. « Ce n'était plus du roman comme l'avaient fait les plus grands », dira Maupassant : « C'était la vie elle-même apparue. On eût dit que les personnages se dressaient sous les yeux en tournant les pages, que les paysages se déroulaient avec leurs tristesses et leur gaieté, leurs odeurs, leur charme, que les objets aussi surgissaient devant le lecteur à mesure que les évoquait une puissance invisible, cachée on ne sait où. » Edition de Jacques Neefs.
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Histoire d’illusion, histoire d’amour déçu, histoire de vanité, histoire d'ennui, histoire de médiocrité, ce livre qui se propose être un portrait de la vie rurale ce révèle intéressant à lire par les divers portraits qu’il comporte et le réalisme des sentiments décrits. Mais comportant trop de longueur, étant au final trop banal, racontant rien, il s’avère en fin de compte bien pénible à lire.Je sais que ce « rien » que je dénonce est justement la force de ce roman, en effet il n’y aurait pas tout ça, s’il ne se passait "rien" et si l’ennui n’était pas chevillé à l’âme d’Emma, tout comme sa détestation de la médiocrité ; mais même en sachant cela j'ai malgré tout trouvé ce livre assommant. Tellement assommant, qu'en comparaison même ma vie où il ne se passe rien, est plus palpitante que la sienne qui bouge davantage.C’est vous dire à quel point ce portrait fatigue, et ce malgré l’orgueil, le romantisme, l’égoïsme mal placés d’Emma qui dominent et donnent du relief à ce roman.Mais peut-être qu'en fin de compte ce livre est plus à lire pour les caractères des personnages, que pour ce qui s’y déroule ?En résumé ce classique m’a déçue, malgré mon amour pour ce genre. Buena lectura. Florel :)

Florel
26/02/15
 

Le monde est cruel, Emma.Ah, Emma.C'est la seule chose vraie que t'aura jamais dite Rodolphe, "Le monde est cruel, Emma.". Tu t'ennuies à périr et brodes sur les improbables figures masculines qui traversent ta vie. Charles, en premier lieu. Il est rustique et lourdaud, mais il t'aime pourtant, et ta mort aura raison de lui. Léon, ensuite, mais c'est trop tôt encore, tu n'es pas prête. Rodolphe alors, qui s'y trempe sans s'égarer, savourant pourtant ta beauté et tes élans fougueux."... et, au milieu du silence, il y avait des paroles dites tout bas qui tombaient sur leur âme avec une sonorité cristalline et qui s'y répercutaient en vibrations multipliées."Quand il t'abandonne si lâchement, tu es même prête à t'enflammer pour n'importe quel pantin :"Un bel organe, un imperturbable aplomb, plus de tempérament que d'intelligence et plus d'emphase que de lyrisme, achevaient de rehausser cette admirable nature de charlatan, où il y avait du coiffeur et du toréador."C'est pourtant Léon que le destin replace sur ta route, et il te donne son coeur, ébloui, si jeune."Souvent, en la regardant, il lui semblait que son âme, s'échappant vers elle, se répandait comme une onde sur le contour de sa tête, et descendait entraînée dans la blancheur de sa poitrine."Mais tu les effraies tous, Emma, tu es trop exaltée, trop pressante, trop envahissante. Tu calomnies ce que tu as adoré :"Mais le dénigrement de ceux que nous aimons nous en détache quelque peu. Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains."Tu t'emballes, tu exagères, tu ne comprends plus rien."- Je l'aime, pourtant ! se disait-elle.N'importe ! elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantannée des choses où elle s'appuyait ?... Mais il y avait quelque part un être fort et beau, une nature valeureuse, pleine à la fois d'exaltation et de raffinements, un coeur de poète sous une forme d'ange, lyre aux cordes d'airain, sonnant vers le ciel des épithalames élégiaques, pourquoi, par hasard, ne le trouverait-elle pas ? Oh ! quelle impossibilité ! Rien, d'ailleurs, ne valait la peine d'une recherche; tout mentait ! Chaque sourire cachait un bâillement d'ennui, chaque joie une malédiction, tout plaisir a son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissent sur la lèvre q'une irréalisable envie d'une volupté plus haute."Tu t'obstines, pourtant. Léon n'est pas celui que tu croyais, tu ne sais pas ce que tu croyais. Tu n'as aucune pensée pour ta fille, ton mari, ton père, ta belle-mère. Tu n'habites pas ta vie, tu n'es pas même présente dans tes rêveries, tu es une demande permanente et impérieuse d'un autre chose indéfini, d'un sens à ce qui n'est pas ta vie, mais ton néant."Mais comment pouvoir s'en débarrasser ? Puis, elle avait beau se sentir humiliée de la bassesse d'un tel bonheur, elle y tenait par habitude ou par corruption; et, chaque jour, elle s'y acharnait davantage, tarissant toute félicité à la vouloir trop grande. Elle accusait Léon de ses espoirs déçus, comme s'il l'avait trahie; et même elle souhaitait une catastrophe qui amenât leur séparation, puisqu'elle n'avait pas le courage de s'y décider.Elle n'en continuait pas moins à lui écrire des lettres amoureuses, en vertu de cette idée, qu'une femme doit toujours écrire à son amant.Mais, en écrivant, elle percevait un autre homme, un fantôme fait de ses plus ardents souvenirs, de ses lectures les plus belles, de ses convoitises les plus fortes; et il devenait à la fin si véritable, et accessible, qu'elle en palpitait émerveillée, sans pouvoir néanmoins le nettement imaginer, tant il se perdait, comme un dieu, sous l'abondance de ses attributs."Et tout finit mal, Emma, très mal, sauf pour le pharmacien qui incarne si bien la provincialité. Emma, ma soeur, ma triste amie, mon abusée, tu existes à présent pour l'éternité, par la grâce d'un magicien du nom de Gustave Flaubert."Toute la valeur de mon livre, s'il en a une, sera d'avoir su marcher droit sur un cheveu, suspendu entre le double abîme du lyrisme et du vulgaire." Sylvie Sagnes

SagnesSy
13/09/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.29 kg