Madame socrate

MESSADIE, GERALD

EDITEUR : LATTES
DATE DE PARUTION : 04/10/00
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Socrate, le plus célèbre des philosophes, n'avait pas peur de la mort mais il avait peur de sa femme, Xanthippe. Sans doute avait-il raison, car voilà qu'un meurtre est commis à Athènes et que, s'étant mis en tête d'en retrouver l'auteur, elle va compromettre toute la société athénienne. Et quelle société ! Rien de moins que celle de l'illustre siècle de Périclès.Socrate, le plus célèbre des philosophes, n'avait pas peur de la mort mais il avait peur de sa femme, Xanthippe. Sans doute avait-il raison, car voilà qu'un meurtre est commis à Athènes et que, s'étant mis en tête d'en retrouver l'auteur, elle va compromettre toute la société athénienne. Et quelle société ! Rien de moins que celle de l'illustre siècle de Périclès.Alcibiade, le favori de Socrate, l'extravagant aventurier, est-il compromis dans ce meurtre ? Et pourquoi le grand Périclès a-t-il quitté sa femme pour les bras d'Aspasie, la maquerelle la plus célèbre de l'Antiquité
? À l'âge d'or de la démocratie et des arts, Athènes est pourtant truffée d'espions et bourdonne de scandales ; un dédale de corruption lardé de superstitions. Le vice et la folie soupent tous les soirs avec le génie, et quand Aspasie donne une fête, quels ne sont pas ses invités ! Sophocle, Phidias, Aristote, Anaxagore... Lorsque Xanthippe retrouve l'inspirateur du crime, c'est la main même de l'histoire qui s'abat sur lui et clôt le chapitre le plus célèbre de l'Antiquité. D'une plume insolente et inspirée mêlant la réalité et la fiction, Gerald Messadié Arrache la Grèce aux plâtres compassés de l'histoire. Il en restitue le quotidien sans fards, mais avec des couleurs que nul n'imaginait. Gerald Messadié développe depuis des années une oeuvre puissante et originale qui va de ses essais, best-sellers internationaux, L'Homme qui devint Dieu, Histoire générale de l'antisémitisme, à ses derniers romans bibliques, Moïse et David.
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Un roman historique, pas un roman policier !D'après la quatrième de couverture, nous aurions affaire à un meurtre suivi d'une enquête policière : Xanthippe, c'est-à-dire madame Socrate, découvre le cadavre d'un homme sur le pas de sa porte et décide de mener l'enquête pour retrouver le meurtrier. Jusque là, tout va bien, sauf que l'enquête est vite résolue : on connaît l'identité du coupable au bout de quelques pages et celui-ci meurt quelques pages plus loin. Quid du roman policier ? Très indécise, très circonspecte, un peu décontenancée, j'ai poursuivi ma lecture sur quelques pages et, passée cette déception, je suis entrée dans un roman historique très intéressant. Je dois dire que je ne comprends pas pourquoi l'éditeur a mis en avant l'intrigue policière qui n'est qu'un prétexte pour nous introduire dans la société grecque du Ve siècle avant Jésus-Christ.Un roman qui porte mal son nomAvec un titre pareil, je m'attendais à découvrir une biographie romancée de Xanthippe. Que nenni ! C'est tout aussi intéressant, mais cela n'a aucun rapport : Xanthippe ne joue qu'un rôle presque secondaire dans ce roman, un peu comme les femmes à cette époque d'ailleurs. Elle est un peu le poil à gratter de Socrate et permet de faire rebondir l'histoire dès qu'elle risque de devenir trop pédagogique. Un rôle secondaire certes, mais un rôle intéressant, car nous avons le point de vue d'une femme sur la société et les moeurs grecques. C'est là qu'on voit que le statut de la femme évolue très très lentement.Des protagonistes prestigieuxMais qui sont alors les protagonistes principaux de ce roman ? Socrate, Alcibiade et Périclès ! Nous sommes en plein Ve siècle avant Jésus-Christ alors que la Grèce est constituée de cités-États rivales et fait face dans le même temps à la menace perse. C'est aussi la période qui voit s'affronter partisans de l'oligarchie (système politique dans lequel le pouvoir est détenu par un petit groupe d'individus qui forment une classe dominante) et partisans de la démocratie. Entrent alors en scène nos trois protagonistes, entourés de quelques autres personnages (Critias, Sophocle, Lysandre…). Ce roman déroule alors sous nos yeux l'histoire riche et complexe de ce "siècle de Périclès" à travers ces personnages : guerre du Péloponnèse, expédition désastreuse en Sicile, épidémie à Athènes, mutilation des hermès en 415 avant Jésus-Christ (énorme scandale religieux à l'époque), oligarchie des Quatre-Cents, accusation de détournement de fonds contre Périclès, exil de Phidias…Socrate sous un autre jourEh oui, Socrate, réputé pour ses pensées philosophiques tournées vers la sagesse, la morale et la politique, a enseigné à moult disciples : Xénophon, Platon, Antisthène, Euclide de Mégare, mais aussi Charmide, Critias et Alcibiade, considérés tous trois comme ayant trahi la démocratie athénienne (de là peut-être l'origine de la condamnation de Socrate ?). Socrate, également conseiller de Périclès, a du mal à comprendre comment son enseignement a pu conduire ces jeunes gens à mal se conduire. Au fil du roman, on sent ses appréhensions, son angoisse et son incompréhension grandir jusqu'à sa condamnation à mort. Le roman se termine sur un portrait sans concession dressé par Diogène ; s'adressant à Platon :"Tu consacres désormais ta vie à écrire ce que disait Socrate, n'est-ce pas ? Tu crois que tu as connu Socrate. Mais non, tu as cru connaître ce que tu voulais connaître ! Comme lui ! Tu sais ce que c'était, Socrate ? Non, tu ne le sais pas. C'était un gamin intelligent, laid et pauvre qui est tombé amoureux d'un garçon très beau, très riche et très aristocratique, Alcibiade, et qui a bâti là-dessus tout un système de représentation du monde ! L'amour révélé par les dieux et tout ça ! Et il a construit là-dessus tout un système de séduction […] oui, de séduction, reprit Diogène. Il donnait aux gens l'impression qu'ils étaient, eux, intelligents ! Antisthène l'a connu. Antisthène, c'est mon vrai maître. Lui aussi, il a été séduit par Socrate. C'était un type formidable, Antisthène. […] Il avait compris Socrate, enfin, je crois. Il m'a dit un jour : « Tu sais, c'était un sophiste sentimental. » Socrate était tellement baigné d'amour qu'il a imaginé un monde surnaturel dont la réalité terrestre ne serait qu'un reflet confus […] Puis il a compris qu'Alcibiade était un voyou et il s'est laissé condamner…" Un Socrate bien égratigné, dépoussiéré et vu à travers le prisme de l'histoire.Deux mots-clés : philosophie et démocratieÀ travers ce roman, on découvre la Grèce antique à l'âge classique, la vie quotidienne, la démocratie, son histoire, les moeurs, la pensée philosophique (Protagoras, Socrate, Platon, Antisthène), les grands auteurs (Sophocle, Euripide, Aristophane…), les personnalités politiques (Périclès, Alcibiade…), les mentalités, le rôle de la femme dans la société grecque… Car tout est lié ! La philosophie était partout et était à la base de la société grecque, mais ses bases étaient loin d'être solides. Après la lecture de ce roman, j'ai vraiment envie de me replonger dans l'histoire grecque et dans l'oeuvre des auteurs et philosophes cités dans ce roman.Une postface bienvenueDans cette postface intéressante, l'auteur indique ses partis pris et précise où s'arrête la réalité et où commence la fiction.

Hypatia
13/09/14
 

Format

  • Hauteur : 24.00 cm
  • Largeur : 15.30 cm
  • Poids : 0.54 kg