Mangez-le si vous voulez

TEULE, JEAN

EDITEUR : JULLIARD
DATE DE PARUTION : 07/05/09
LES NOTES :

à partir de
7,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Après le succès du Montespan, Jean Teulé retrace, avec l'humour noir et l'esprit décalé
dont il a le secret, un événement historique extraordinaire et méconnu.
48 personnes en parlent

Un fait divers (en été...) cruel dans la France profonde à la veille de la guerre contre la Prusse, en 1870. L'ennemi est partout, selon l'opinion publique, même dans un village perdu. Un innocent, bien sûr, va payer de sa vie la bêtise humaine. Jean Teulé nous fait vivre les dernières heures, horribles, de la victime dont on peut suivre la course-poursuite grâce aux plans qui sont imprimés au début de chaque chapitre. Un livre remarquable qui ne laisse pas indifférent. Remarquable réflexion sur la foule, l'opinion publique et ses débordements! clodette

clodette
20/10/10
 

Dès le début on sait que le gentil Alain va mourir de terrible façon, mais cette fois-ci j'ai abandonné ma lecture non par ennui mais par horreur. C'est très bien écrit et agréable à lire (au début). Tout commence par une journée paisible, engluée sous la chaleur de l'été, mais la foule va se déchaîner sur ce pauvre Alain suite à un malentendu. Tout ceci pour montrer ce qu'un mouvement de foule peut entraîner. Sur le principe c'est intéressant mais alors c'est vraiment horrible. Après les scènes qui décrivent l'arrachage de ses orteils avec des tenailles et le fer à cheval cloué sur le talon, je me suis sentie très mal à l'aise à l'idée de ce qui allait venir et qui allait sûrement être bien pire. Quelques amis essaient pourtant de sauver Alain mais comment y arriver face à une foule en délire ? Je savais que l'histoire se terminerait mal mais je ne pensais pas que les descriptions me toucheraient autant, je ne suis pourtant pas une hyper sensible d'habitude. C'est vraiment très bien écrit puisque j'ai eu cette sensation de malaise qui allait certainement grandir tout au long du livre, je n'ai pas eu le courage de continuer. Sandrine(SD49)

SD49
06/03/11

Vous pourrez, après lecture, m'accuser de me servir de la tragédie, ô combien prévisible, de manière indécente. Mais l'indécence c'est la décence sans l'assentiment du pouvoir et de ses sujets, c'est un principe de vie. Et puis, je fais ce que je veux.Je choisis toujours en premier lieu mon propos et ensuite je puise dans mes souvenirs afin d'y trouver un livre correspondant.. Là, c'est tombé sur Teulé et son excellent Mangez-le si vous voulez. Il raconte le chemin de croix d'un type tué par le peuple abruti par la foule. Souchon, le plus grand chanteur français vivant, a écrit Foule Sentimentale. Renaud, homme vivant mais artiste mort depuis qu’il fricote avec un unijambiste, lui a répondu en écrivant Sentimentale mon cul. Je suis de l'avis du second. Allons-y.Dimanche matin à Lyon, en hommage aux victimes de l'odieux etc etc, la foule bruissait, beuglait, bavait et copulait dans une immonde partouze compassionnelle. Notons bien que ces même gens étaient, la veille, à mes côtés dans les bars à jouer aux cartes ( j'ai appris la belote, jeu sans intérêt, j'y reviendrai. Dostoïevski et son joueur m'aideront.) ou à faire des photos. Je me suis mêlé à cette grotesque cohorte non sans dégoût, regarder des êtres humains est un supplice, j'ai été contraint de penser à des choses moins moches : un caillou, une canette de bière, le cul d'un chien et un pigeon en train de vomir. Il n'y avait personne à sauver là dedans et aucun propos n'était recevable. « On n'est plus en sécurité nulle part », « Cette fois, c'est la guerre. », « Comme le 11 septembre. », « Le Front National doit être content. », « On va encore taper sur les musulmans. ». Vous avez saisi l'ambiance. Personne n’a osé le sempiternel « Pas d’amalgame ! » ; depuis le 7 janvier, ce dernier est souvent suivi d’un ricanement libérateur. En revanche le « Rien à voir avec l’Islam » résiste toujours au bon sens. Si j’étais cynique je poserais la question suivante : « Comment expliquer que Daesh ne fait l’objet d’aucune Fatwa ? ». Dans le livre de Teulé, la foule tue un honnête gars par mimétisme en oubliant qui il est. Là aussi, la foule pleure des honnêtes gars, par mimétisme, en oubliant qu'elle s'en fout. C'est une sortie comme une autre, un dimanche en plus, génial, soyons rebelles, le repassage attendra ! La foule abrutit des gens qui, soyons sincères, n'en avaient guère besoin. Les sentiments, bienveillants ou malveillants, envers des inconnus, sont vains. Lisez Céline ! Il vous expliquera ce qu'est l'hypocrisie, il vous dira combien les problèmes de gens ne dépassent jamais leurs propres intérêts. « Les gens n’ont rien à se dire, ils ne se parlent que de leurs peines à eux chacun, c’est entendu. »La foule est totalitaire. Pour preuve, le manque de diversité dans ce ramassis d'étrons. Tous venaient des bons quartiers, tous étaient altermondialistes, ça puait l'étudiant en économie, tous en baskets, tous le portable à la main, tous blancs, tous heureux. La foule, surtout lors des rassemblements, est le repaire de ceux qui n'ont pas de problème ou de ceux qui en ont de trop. Privez-les de leur Steak et vous verrez que les morts du Bataclan leur paraîtront aussi intéressants qu'une phrase de Duflot ou que les seins de ma tendre et néanmoins mourante grand-mère. Effet de mode que toute cette comédie. Rappelez-vous tous ces crétins faisant la queue devant les kiosques pour obtenir Charlie Hebdo après l’attentat et souvenez-vous des livres de Cabu, Charb et Wolinski. Tout était introuvable ! Il y a trois semaines j’ai vu un livre dudit Cabu en bibliothèque, à chacun de mes passages je jette un coup d’œil, et il ne bouge pas. Ne me remerciez pas pour cette tranche de vie qui éclaire mon propos.Dans les premières pages du livre ( oui, j'y reviens ), on voit bien que le futur martyr est aimé de tous, on le salue, on l'embrasse etc. Cette fraternité n'a pas empêché la suite. Aujourd'hui, comme le 11 janvier, nous vivons une situation particulière. Les victimes et les bourreaux, la foule empathique et les terroristes sont tous du même moule. En clair, et si on lit la presse, il y a les terroristes barbares d'un côté et la foule civilisée de l'autre. Hérésie ! Il n'y a qu'une seule foule, seulement elle n'accepte que ses semblables. Le manifestant et le terroriste ont ou ont eu les mêmes envies : grandeur, prospérité, reconnaissance, pouvoir d'achat, désir fou de consommation. La foule, donc, pleure et maudit ce qu'elle fabrique.Pour finir, citons feu Philippe Muray : « C'était une touriste qui se voulait rebelle,Lui était terroriste et se rêvait touriste, Ils étaient tous les deux altermondialistes,Leurs différences mêmes n'étaient que virtuelles. »Et puis, pour une fois qu’on bat l’Allemagne…

un flyer
17/11/15

Ce livre est le récit d'un fait divers ayant réellement eu lieu. J'ai un avis un peu plus mitigé que Lisalor sur ce livre.Certes ce qui y est écrit et décrit est tout simplement horrible et révoltant par contre je ne suis jamais réellement rentré dans ce livre. Je n'ai pas eu le temps de m'attacher à Alain, le drame arrive trop vite. Du coup et au risque de vous paraître insensible, j'ose dire que je n'ai pas été touché plus que cela par le crime collectif dont Alain de Moneys a été la victime.Malgré ça il y a au delà de ce fait divers dont la retranscription sous forme romanesque m'a laissé plutôt indifférente, une démonstration globalement complète des ressorts qui vont animer cette foule.Pour moi, c'est un livre qui gagne à être lu au second degré. Bien que basé sur un fait divers historique, je rapprocherai plus ce livre de ses romans « Darling » ou « Le magasin des suicides » plutôt que de ses récits biographiques (« O Verlaine », « Je, François Villon », « Raimbow pour Rimbaud », « Le Montespan »).C'est une demi déception pour moi mais je continuerai à suivre l'actualité de cet auteur en espérant que les textes suivants me plaisent plus...

Lacazavent
03/09/13
 

Je ne connaissais pas cette triste histoire datée de 1870 où un jeune homme de bonne famille, aimé de tous, se retrouve écorché, brûlé et mangé par ceux qui l'aimaient. Au fil des pages, le lecteur plonge dans la folie collective, où les rancœurs des défaites de l'armée française contre la Prusse vont prendre un tour "fantastiquement" déplorable et ahurissant. pour se défouler, la foule va prendre un des siens pour un Prussien et lui faire subir les outrages les plus choquants.L'hystérie collective prend le dessus si bien que toute forme d'Humanité disparaît au profit du défoulement: un homme à abattre devient le maître mot de tous; la rumeur qu'il est étranger prend le dessus et aveugle les gens les plus censés. Cependant, jusqu'au bout, Teulé fait de sa victime un saint homme qui malgré les souffrances croit encore à ses anciens amis, et pardonne leur comportement. La fin, un peu bâclée, révèle toute l'ampleur de la folie collective, car les honnêtes gens devenus assassins acceptent leurs responsabilités et ne comprennent pas ce qui est arrivé. Une anecdote à connaître, à transmettre, mais qui n'a pas permis d'en faire un grand livre. vivi

vivicroqueusedelivres
17/02/12
 

Un livre épatant et étonnant, cruel et réel. La folie de l’homme atteint son paroxysme quand le patriotisme est en jeu. Jusqu’où iront-ils ? Jusqu’où pourrons-nous lire ce livre ?

Tout est résumé dans la phrase du Point. Le roman est découpé en chapitres tous introduits par une carte retraçant l’itinéraire du chemin de croix effectué par Alain de Monéys. Suite à un triste malentendu, le héros est traité de prussien. Commence alors pour lui une descente en enfer qui va durer deux heures...Récit d’un fait divers, ce roman de Teulé manque d’épaisseur. Moi qui d’habitude suis assez partisane des livres de l’auteur, me voilà bien déçue. Cette "petite leçon de barbarie" me laisse comme une impression de voyeurisme. Outre un manque évident de contextualisation, Mangez-le si vous voulez, peut-être à cause de sa brièveté, demeure un récit quelconque. Et pour une fois, le style de Teulé n’y fait rien. D’ailleurs, on ne comprend pas vraiment pourquoi l’auteur a justement choisi de raconter ce massacre en particulier. Le roman ne répond à aucune question et l’on aurait aussi bien pu lire un banal article de journal relatant cette sinistre mise à mort...Lire Le village des cannibales d’Alain Corbin aurait été sûrement plus intéressant. Mais voyons ce qu’en dit l’auteur. Peut-être y trouvera t-on une raison valable à la rédaction de ce roman? Je n’en suis pas convaincue. A vous de vous faire une idée! Alcapone13

Alcapone
29/09/10
 

Ce n'est pas l'histoire elle même que je retiendrai. C'est l'exercice de style de Jean Teulé. J'ai rarement eu des difficultés à lire un livre. Cela m'est arrivé avec celui ci. Une description rugissante, déferlante de la sauvagerie faite homme. Un livre tuméfiant.

atos
23/09/10
 

Si c'était possible , je donnerais la note de 5,5...un livre époustouflant qui ne peut laisser personne indifférent...un fait divers véridique qui va vous empêcher de dormir...comment un mouvement de foule peut-il aboutir à un crime aussi horrible?

nelson43
02/09/10
 

L'auteur raconte un fait historique sous la forme d'un court roman historique. C'est l'histoire d'une hystérie collective, effroyable et horrible dans le Périgord profond, illettré, pauvre de 1870. La sécheresse, la guerre contre la Prusse, l'alcool, la bêtise humaine et l'effet de groupe a conduit au lynchage d'Alain de Monéys (membre du conseil municipal !), sans aucune raison.

SophieC
23/07/10
 

Nous sommes individuellement des êtres civilisés mais l’histoire criminelle et les faits divers nous prouvent qu’en groupe nous pouvons devenir des monstres. Ce livre raconte un fait divers glaçant survenu 16 août 1870 à la foire de Hautefaye (Périgord), Alain de Monéys, jeune périgourdin d’un village voisin, investi dans la vie de la commune et l’amélioration de la condition de vie paysanne par un projet d’assèchement des marais, se préparant à partir sur le front, va être massacré par une foule en délire pour une phrase qu’il n’a pas prononcé.La guerre de Prusse fait rage, le village a déjà plusieurs hommes au front. Alain de Monéys lit un article de journal relatant l’état des combats, un villageois va croire l’entendre glorifier la Prusse et tout démarre…. Il a été lynché, ferré, massacré, torturé puis brulé vif par une foule qui quelques heures avant le reconnaissait comme un bienfaiteur.Comment cela est-ce possible ? Comment une foule peut-elle unanimement ne plus voir en cet homme un ami mais un prussien ? Comment peut-on durant plusieurs heures faire subir des actes de barbarie sans jamais revenir à la réalité ?Seul quelques personne tenterons de s’interposer mais ne pourrons rien faire face à la rage et la violence de la foule. Dans l’impossibilité de condamner plusieurs centaines de personnes seul une vingtaine de meneur seront jugés. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront envoyés aux travaux forcés. Au moment du jugement ils semblent sortir d’un mauvais rêve et ne pas savoir comment cela a-t-il pu se produire. Tous reconnaîtront qu’Alain de Monéys était quelqu’un de bon et bienveillant. Ce livre n’est pas le premier à relater ce fait-divers sordide. Village des Cannibales d'Alain Corbin semble d’après les critiques que j’ai pu lire plus fouillés. Je n’ai pas vraiment aimé ce livre au delà de son horreur, je n’apprécie pas l’écriture de Teulé. J’avais déjà été déçue à la lecture du Montespan du même auteur. Ce texte par certaines digressions humoristiques m’a semblé parfois léger, plus axé sur les détails des horreurs commises que sur le « pourquoi ». Une fois le récit de l’agonie d’Alain de Monéys fini j’aurais aimé en savoir plus sur le déroulement du procès évoqué en seulement quelques pages. Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie. Montesquieuhttp://mespetitesidees.mabulle.com

Delph83
15/06/10
 

Un chemin de croix, c'est bien ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre, fort heureusement assez court, et accentué encore par les plans du village de Hautefaye figurant en début de chaque chapitre et montrant le chemin du calvaire de Alain de Monéys. Un livre à ne pas mettre entre les mains des coeurs sensibles, car Jean Teulé, dont la verve n'est plus à démontrer, accentue encore le coté sordide et hallucinant de cette histoire vraie par son style direct et cru. Personnellement, j'adoOOOOre, mais je comprends que cela puisse en rebuter plus d'un... d'autant plus que l'auteur en rajoute un peu par des détails qui à mon avis ne font pas partie des sources historiques (d'ailleurs il ne s'en cache pas, c'est un roman qu'il nous propose et non un récit historique).Plus que l'histoire elle-même, pourtant particulièrement ignoble et explicitée avec force descriptions et détails un peu gores, ce qui m'a marqué est le fait qu'un tel évènement pourrait très bien se dérouler aujourd'hui, ici et maintenant. Suite sur Les lectures de Lili Liliba

liliba
21/12/09
 

Boulversante histoire vraie, tant de cruauté au service de l'humain, ça interroge!?Le style simple et léger permet une lecture facile

Gigi
06/11/09
 

Bon et bien ce qu'il faut dire en premier lieu c'est que mon homme peu fan de lecture a adoré ce livre et l'a lu en trois soirs.alors déjà je dis bravo.moi qui lis beaucoup je n'ai pas spécialement accroché avec le style.l'histoire vraie est affreuse, boulversante et nous montre la cruauté et la bêtise de l'homme.c'est un ouvrage qui se lit vite et qui marque par son récit.

zingara
12/10/09
 

Encore un fruit de mon escapade à Montpellier. Mais celui-là je l’avais prévu dans ma liste. J’avais adoré Le magasin des suicides et je comptais bien retrouver un jour la plume de Jean Teulé, et ce fut donc l’occasion, car son nouveau livre m’a de suite interpelée dès que j’en ai eu vent.Le récit est court, se lit vite. Le style est toujours aussi agréable et le ton employé délicieux ! Pour les amateurs d’humour et pince-sans-rire comme moi c’est un petit bijou. Comment raconter un événement monstrueux avec humour et détachement, sans pour autant en occulter l’horreur et la barbarie ? Je n’en ai pas la moindre idée, mais Jean Teulé le sait lui, il y arrive même très bien le bougre !J’avoue, j’ai ri quand le pauvre Alain de Monéys échappe momentanément à ses agresseurs en furie, sa fuite m’a fait rigoler, si si, je n’ai pas honte de le dire, c’est carrément poilant.La naïveté de la victime, qui pendant un bon moment continue d’appeler ses agresseurs “ses amis” et tente de leur faire entendre raison, est touchante. La situation est absurde, une phrase mal interprétée, donc le 36ème degré échappe à tout le monde, entraine un déchaînement populaire dont la violence n’a d’égale que la bêtise et l’aveuglement général. De Monéys a malgré tout quelques amis qui ne tombent pas dans la folie ambiante et tentent de le sauver. Je ne tuerai pas le suspens en disant que leurs efforts seront vains et qu’ils devront assister, impuissants et consternés, à sa mise à mort. Situation absurde donc, révoltante, crispante. Ces paysans mal embouchés, on a envie de leur en mettre une. Les dialogues sont redoutables, quasi-surréalistes, les agresseurs ne manquent pas d’humour mais ne le savent pas, leur insistance à refuser d’admettre leur “bévue” est troublante, elle en deviendrait sublime sans ses conséquences tragiques. Plus le pauvre Alain avance dans son chemin de croix, plus on découvre l’étendue de leur abrutissement. Chaque chapitre propose d’ailleurs un plan de son itinéraire, histoire de suivre sa progression à travers le village.Sécheresse, misère et défaite impériale face à l’ennemi prussien, il n’en faut pas plus pour court-circuiter les esprits les plus paisibles. Ce qui frappe dans ce fait divers historico-ethno-socio-psychologique, outre la violence sans borne, c’est le nombre de personnes impliquées. L’effet de masse, l’émulation collective atteignent des sommets d’efficacité. Face à ce raz-de-marée humain Alain de Monéys n’a pas la moindre chance, il doit payer pour tout et tout le monde. Au procès, on ne jugera que quelques meneurs, mais suffisamment pour remplir toutes les cellules de la prison qui n’en compte que vingt-et-une.Une lecture percutante, une écriture fine et intelligente, un maniement de l’humour noir superbement maîtrisé.

un flyer
10/06/09

Foule en folie Cadre historique : 1870, la France est en guerre contre la Prusse.Au cœur d’un petit village français, la foire bat son plein, dans la joie et la bonne humeur. Jusqu’à… Et là commencent les brutalités en tout genre. La violence, la barbarie collective montent crescendo. A tel point qu’on ne peut s’empêcher d’espérer que Jean Teulé est arrivé au summum. Mais non ! De concert, la lecture et les horreurs reprennent !Voici deux conseils pour venir à bout de cette lecture : • Comme pour « La grande bouffe » de Marco Ferreri, ne pas trop manger sous peine de se sentir nauséeux (voire pire)• Lisez à votre rythme

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Ce récit est adapté d'une histoire vraie et j'étais curieuse de voir comment le sujet était traité. Il sort beaucoup de mes lectures habituelles et j'avais un peu peur de ne pas apprécier à cause de ça. Finalement je n'ai pas apprécié plus que ça mais pas à cause du genre. Le livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. C'est une histoire affreuse, horrible, qu'on nous raconte là. Un jeune homme que tout le monde aimait se retrouve être la proie d'une foule qui reporte sur lui tout ses malheurs et en fait son bouc émissaire. Une fois la folie passée, impossible de comprendre le geste des bourreaux qui ne se l'expliquent pas eux même.C'est violent, c'est cru, c'est la réalité de ce qu'un mouvement de foule peut faire dans sa plus grande cruauté. J'ai mis plusieurs jours à m'en remettre, à ne plus avoir cette impression de nausée à chaque fois que j'y pensais. Dans ce sens c'est réussi. Les petites cartes du village à chaque début de chapitre retraçant le parcourt d'Alain rendent encore plus réelle l'horreur qu'il a vécu.Ce que je n'ai pas aimé, c'est le style de l'auteur, qui part dans des envolées lyriques, j'ai trouvé que ça retirait beaucoup de consistance au récit. Du coup j'avais du mal à rentrer dans l'histoire.

Lysandre
03/05/15
 

J’aime l’humour décalé froid et noir de Jean Teulé et son style cru depuis « Le magasin des suicides ». Mangez-le si vous voulez est un court roman d’une centaine de pages, qui décrit assez froidement (comme une caméra suivrait les événements) le calvaire d’un jeune bourgeois, apprécié dans son village et pourtant…Chaque chapitre s’ouvre par un plan du village. Il nous décrit les déplacements d’Alain, des quelques uns qui tentent de prendre sa défense, et de la foule déchaînée qui ne comprend plus vraiment ce qu’il se passe.Le texte est choquant, violent. Comment l’Homme peut-il en arriver là ? Comment de simples villageois sans histoire en viennent-ils à lyncher, torturer, brûler l’un des leurs ? N’attendez pas de réponses dans ce livre, du moins je n’en ai pas trouvé. La fin évoque rapidement un procès. Pas d’explication. Peut-il seulement y en avoir ? Les habitants sont hébétés, « Mais qu’avez-vous donc fait, hier ? Qu’est-ce qui vous a pris ? Le village frémit encore, mal étonné par lui-même : Mais qu’est-ce qui nous a pris ? »Teulé use d’un style journalistique prenant le parti de s’arrêter sur les supplices et les incompréhensions plus que les raisons. J’ai parfois eu envie d’arrêter là le livre tant l’horreur ne cesse de croître au fil des pages. Heureusement le livre est court. Il nous met mal à l’aise.Et nous, de quel bord nous serions nous rangés ? Françoishttps://lequatriemedecouverture.wordpress.com/

hunvalerien
05/02/15
 

Mangez-le si vous voulez Un fait divers réel de folie humaine et d'effet de groupe dont fut victime un jeune périgourdin le 16 août 1870 et dont s'est emparé Jean Teulé.A dévorer sans modération.

90010532
12/11/14
 

Le 16 août 1870, Alain de Moneys est pris à parti par la population venue à Hautefaye pour la foire annuelle. Au bout d'un calvaire de plus de deux heures où il sera molesté, lynché, torturé, il est finalement brûlé vif par la foule qui ira jusqu'à le manger.Comment un tel drame (véridique) a-t-il bien pu se produire ?Jean Teulé restitue dans ce court récit l'histoire vraie du meurtre par une foule de près de 600 personnes déchainées d'un homme quelconque pris par quiproquo pour un Prussien. Évidemment, on ne peut être que révolté et horrifié en lisant les différents supplices que subit Alain de Moneys, qui, malgré ses cris et ses supplications répétées, n'arrivera jamais à se faire comprendre et reconnaître. Tous, du plus âgé au plus jeune, les hommes comme les femmes, vont prendre part à la frénésie ambiante et se venger des désastres militaires français face aux allemands appris le jour même par le biais du journal local. Véritable bouc émissaire dans cette histoire, Alain de Moneys a eu le seul tort de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Et rien, ni les tentatives des métayers de son père pour le soustraire aux assauts de la populace, ni la distribution de vin par le curé pour détourner l'attention n'arriveront à les calmer. Même le maire seradépassé par les évènements et à la question de ses administrés de savoir ce qu'ils devaient faire de ce prussien, il ira jusqu'à sortir l'énormité suivante : "Mangez-le si vous voulez".Ames sensibles s'abstenir !Avec ce récit, Jean Teulé ressort des tréfonds de l'Histoire de France une des pages les plus honteuses et les plus horribles. Aujourd'hui, Hautefaye, village de 200 âmes, existe toujours même si la mémoire d'Alain de Moneys et de ses bourreaux hante encore les lieux.Patricia V.

Encore une fois du grand Teulé !Si j’ai pu lire, ici et là, des remarques négatives sur les détails de la «mise à mort» du pauvre Alain, personnellement, ces énumérations ne m’ont posé aucun problème.A plusieurs reprises, on se demande si cela a vraiment existé et la réponse est oui.Ce crime existe sous le nom d’«Affaire de Hautefaye» qui est décrite ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_HautefayeDe quoi laisser songeur sur la bêtise humaine. Accrobiblio

un flyer
20/08/14

Je sais bien que la barbarie a existé à toutes les époques ; de nos jours, il suffit de regarder le journal télévisé pour s'en assurer malheureusement. Mais en lisant ce roman, j'ai eu de la peine à croire qu'une telle horreur ait pu avoir lieu. Et pourtant, ce roman relate un fait réel atroce, inimaginable, inexplicable...Les faits se déroulent en août 1870, durant la guerre franco-allemande (19 juillet 1870-29 janvier 1871) qui oppose la France à la Prusse et ses alliés (Allemagne). En ce mois d'août, Napoléon III subit coup sur coup plusieurs défaites sur le front de Lorraine. Pendant ce temps, en Dordogne, dans le village de Hautefaye, se prépare la tenue de la foire annuelle aux bestiaux.Alain de Monéys, membre du conseil municipal et premier adjoint de la commune, gère le domaine du château de Brétanges situé entre Hautefaye et Beaussac. Avant de partir pour le front et de quitter ses parents, ce jeune homme décide de se rendre à la foire pour régler quelques affaires liées au domaine : il doit notamment trouver un charpentier pour refaire le toit d'une grange qui a brûlé.Alors qu'il arrive à Hautefaye, il entend son cousin, Camille de Maillard, lire les dépêches consacrées à la bataille de Reichshoffen et annoncer aux villageois présents que l'armée française est obligée de reculer. Accusé par les habitants de diffuser de fausses nouvelles et d'être partisan des Prussiens, il réussit malgré tout à prendre la fuite alors qu'on l'accuse d'avoir crié "Vive la Prusse !". Alain de Monéys s'approche des poursuivants et tente de défendre son cousin, mais il est rapidement pris à partie par le groupe, de plus en plus hostile. Il est accusé à son tour d'avoir crié "À bas la France !" et d'être à la solde des Prussiens.Malgré ses tentatives pour dissiper le malentendu et démontrer sa bonne foi, Alain de Monéys se retrouve entouré par des villageois, de plus en plus hargneux. Les premiers coups sont portés. Malgré l'aide de plusieurs habitants, Alain de Monéys va subir un véritable calvaire durant deux heures : après avoir reçu de multiples coups de bâtons, de sabots, etc., il est torturé. Alors que l'aide du maire est requise, celui-ci s'approche et dit : "Ôtez cet homme de là. Il gêne la circulation. Emmenez-le plus loin." Les habitants lui demandent alors : "Pour en faire quoi plus loin ?..." Et là intervient la réponse du maire qui a donné son titre au livre : "Ce que vous voudrez ! Mangez-le si vous le voulez." Les villageois décident alors de le brûler vif. Quelques habitants recueillent alors la graisse bouillante qui émane de son corps et l'étalent sur des tranches de pain...Lors du procès qui eut lieu en décembre 1870, 20 villageois furent condamnés, dont 4 à la peine de mort, 9 aux travaux forcés, 6 à de la prison. En raison de leurs âges, un adolescent fut enfermé dans une maison de correction et un enfant de 5 ans fut acquitté.Jean Teulé retrace minutieusement chaque étape de cet atroce chemin de croix subi par Alain de Monéys en autant de chapitres rythmés par un petit plan du village qui nous permet de suivre pas à pas les protagonistes. Loin de se complaire dans la description des actes abominables commis par les villageois, l'auteur a pris le parti d'en faire au fur et à mesure l'inventaire dans un style simple et direct tout en faisant intervenir la victime par moment. Telle une personne en train de se noyer, on le voit revenir à la surface, tenter de s'en sortir, reprendre son souffle, mais il disparaît de nouveau. On garde l'espoir qu'il va s'en sortir, que ces hommes et ces femmes aveuglés par la colère vont retrouver la raison, que quelqu'un va intervenir, mais non, la violence va crescendo... Je peux vous assurer que cette forme de récit est bien suffisante pour imaginer l'horreur de la situation et vous donner la nausée. Cependant, c'est un mal pour un bien, car il est impossible de ne pas penser à certains faits contemporains et de les voir sous un jour différent après la lecture de ce roman.Comment expliquer une telle horreur ? La sécheresse, la guerre, la peur de l'invasion, les difficultés économiques, les rumeurs concernant la présence d'espions prussiens dans la région... ? Il est humain d'essayer de trouver des réponses à un acte aussi abject, aussi je vous recommande la bibliographie proposée par Jean Teulé à la fin de son roman, et notamment la lecture de deux ouvrages : Hautefaye, l'année terrible de Georges Marbeck et Le Village cannibale d'Alain Corbin.Pour résumer : un roman historique dur, qui ne peut pas laisser indifférent, mais passionnant et qui permet de percevoir les événements contemporains sous un autre angle. Certes, on aimerait en savoir plus, on aimerait avoir des réponses à nos questions, mais ceci est un roman et c'est la raison pour laquelle Jean Teulé a pris soin de nous indiquer une bibliographie.

Hypatia
02/02/14
 

C'est le premier roman que j'ai lu de cet auteur. Ce n'est pas un gros livre, il se lit en quelques heures, mais quelles heures....C'est un roman dont on sort différent. On comprend comment un effet de foule peut aboutir à la barbarie la plus primaire. Comment un homme va devenir l'exutoire pour une population frustrée par la défaite de 1870 et les aléas climatiques. Tout au long du roman, on suit le "chemin de croix" de cet homme. On vit réellement son agoni. Je n'ai pas réussi à lâcher le livre avant la fin. C'est ce que j'aime dans les livres... Oublier le monde dans lequel on est pour partir à la découverte d'un autre univers. Chose que j'ai également apprécié dans cet ouvrage, c'est le travail d'historien de l'auteur. Je l'avais vu dans une émission où il avait expliqué sa démarche. Il est allé consulter les archives, s'est renseigné, il a mené une véritable enquête... Tout cela donne un roman vivant, emprunt de vérités...Alors tentés?

Miloupio
25/01/14
 

Jean Teulé nous raconte à sa manière un fait divers incroyable. On est dans l’horrible puisqu’il s’agit du lynchage d’un jeune noble qui sera torturé avant d’être brulé vif et mangé ! Cela se passe dans le Périgord en aout 1870 à l’époque de la série de défaites de Napoléon III et où on voyait des espions prussiens partout.Tout commence bien tranquillement, même si les nouvelles de la guerre ne sont pas bonnes, par une belle journée d’été pour se poursuivre dans un récit hallucinant du chemin de croix d’un homme et qui se terminera dans l’horreur. Chaque chapitre est une étape de ce chemin de croix.Tout part d’un malentendu qui va enfler jusqu’à la folie collective d’un village de 600 habitants.C’est tout l’art de Jean Teulé de nous rapporter des faits réels (cf. Fleur de Tonnerre) tellement extraordinaires qu’on a de la peine à les croire. La rumeur de cannibalisme viendrait d’une phrase du maire du village, dépassé par les événements, qui répondit à ceux qui lui demandaient que faire du corps du supplicié : Mange-le si vous voulez.Histoire de bouc émissaire ou révolte de paysans contre la noblesse locale ? Quoiqu’il en soit, même romancée, cet acte de barbarie collective a bel et bien existé !

Ludeca
24/01/14
 

Un malentendu, une phrase mal interprétée, une foule. Les esprits échauffés par l'alcool et le contexte de la guerre franco-allemande de 1870 aidant, cela dégénère rapidement en violence, en lynchage d'un individu jusqu'à ce que mort s'ensuive.Avec ce roman, je me suis demandée si je n'étais pas tout simplement lassée de l'auteur. Sa plume aux accents rabelaisiens que j'apprécie habituellement m'a ici agacée du début à la fin, j'ai tout trouvé outrancier. J'ai eu l'impression qu'il reprenait une bonne recette qui a fait ses preuves : des descriptions sordides et écoeurantes, des personnages vulgaires, et même, contre toute attente, une scène de sexe... servez grillé, et voilà ! eh bien, non merci pour cette fois... Canel

Canel
19/01/14
 

Aie , aie , aie...Oserais-je dire qu'à l'instar de ce « tendre et savoureux« Alain de Moneys , la rédaction de cette critique me met au supplice , à la torture...Et bien oui , j'ose...De Teulé , je ne connaissais que ses agréables prestations télévisuelles ( Assiette Anglaise et Nulle Part Ailleurs ) et l'une de ses adaptations cinématographiques , Darling , offrant à Marina Fois un puissant rôle à mille lieues de ses habituelles facéties drolatiques au sein de la troupe des Robins des Bois . Teulé l'écrivain , premier contact mitigé...Comment expliquer l'inexplicable , tenter de justifier une multitude d'actes de barbarie sans nom commis par tout un village devenu dément ? La concordance d'évènements tragiques ( sécheresse , faim , guerre ) suffit-elle à légitimer la folie meurtrière , les pires exactions qui soient ? La justice a tranché ( juridiquement et physiquement ) , non ! 16 Aout 1870 , la foire de Hautefaye bat son plein . Alain de Moneys , jeune Périgourdin affable , s'y rend alors afin de régler de menues affaires avant de partir , comme tant d'autres , sur le front guerroyer contre la Prusse . Il y cristallisera , sur la base d'incroyables malentendus , la haine sadique et funeste de toute une populace à l'irritation exacerbée par un contexte politique et social explosifs . Malheureux bouc émissaire , livré à la vindicte populaire , se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment .Sur la base d'un surréaliste évènement historique alors méconnu du plus grand nombre , Teulé dresse le calvaire d'Alain de Moneys , calvaire d'autant plus pénible que totalement illégitime ( si tant est qu'un acte de barbarie puisse être justifié même s'il le fut souvent en cas de guerre,,,) . 130 pages relatant deux heures de cruauté pure , de sadisme délirant débouchant , en point d'orgue , sur un barbecue improvisé rappelant furieusement la triste fin du non moins tristement célèbre Grenouille . Teulé sait raconter , c'est indéniable . Il parvient même à faire sourire dans les moments les plus tragiques , m'interpellant furieusement sur le ratio véracité historique / fiction . Mais le ton et la plume alerte , malgré la délicatesse du propos , restent légers et agréables . Le parcours dantesque , au travers tout un village , de ce jeune sursitaire , est retranscrit scrupuleusement , par un petit dessin , en amorce de chaque chapitre , rappelant ce jeu des points à relier ou le personnage final à découvrir n'est autre que la mort ! Ludique...Ce qui m'a le plus gêné , tout d'abord , c'est le manque d'empathie ressenti face à ce gentil gentilhomme visiblement exempt de tout défaut : poli , serviable , honnête , droit...n'en jetez plus , la coupe est pleine ! Beaucoup trop lisse pour m'attacher à quelqu'un qui le sera , hélas , un peu plus tard...Et que dire de cette succession endiablée d'atrocités immorales , véritable petit musée des horreurs , égrenées sans véritable temps mort . L'on trouve cela forcément révoltant , injuste mais bizarrement , l'on s'y fait , misant déja sur les prochains tourments de ces paysans en veine d'inspiration pour le coup ! Sorte de terrible lassitude , de triste fatalité face à cette hydre humaine protéiforme qui nous inculque que l'acharnement bestial n'est l'apanage d'aucun sexe , d'aucune tranche d'age , d'aucune caste ! La litanie des tortionnaires manque de personnalisation , frustrant .Certains surnagent comme le bon abbé Saint-Pasteur qui , pensant calmer les esprits en offrant une tournée générale , ne fera que les échauffer et les exciter un peu plus...Les vignes du seigneur sont impénétrables . Que dire des rares protecteurs encore lucides mais totalement impuissants face au plus grand nombre...J'ai peu gouté aux divers propos se voulant , j'imagine , aussi drôles que décalés : étonnant ce garçon qui , souffrant mille morts , parvient encore à voir en ses bourreaux ses amis d'hier ; ridicule ce « dites à ma mère que je serai en retard « alors que le dénouement fatal est proche...je trouvai ces réflexions plus décredibilisantes qu'autre chose . Dernier reproche et non des moindres , ce procès final expédié en deux coups de cuiller à pot ! Je suis bien conscient que l'auteur se soit focalisé sur l'évènement propre et non sur les tenants et les aboutissants d'ou ce sentiment d'inachevé ! Un récit plus explicite m'eut plus plu... Qu'en retiendrais-je au final ? Le souvenir choquant d'un acte inoubliable . La démonstration éclatante de la dangerosité d'une foule au sein de laquelle tout individu pense pouvoir se fondre , s'identifier jusqu'à se perdre , donnant alors libre cours à une licite sauvagerie puisque pratiquée par la majorité...Un atroce fait réel relaté dans un bouquin , certes concis , mais qui m'aura , cependant , peu touché de par sa pénurie d'informations annexes . Le moment de lecture fut agréable à défaut d'être mémorable...Mangez-le si vous voulez . Non merci , j'essaye d'arrêter....

TurnThePage
02/11/13
 

Ce roman est, pour l'instant, le plus court mais aussi le plus percutant que j'ai pu lire de l'auteur mais j'en ressors encore une fois contente de ma lecture malgré le thème quelque peu dégoûtant !Il met à jour la nature humaine telle que l'on essaie de cacher : violence, cruauté, ignorance et bêtise.

RizDeuxZzZ
07/08/13
 

Euh... Que dire face à à tout cela... Meme si cette histoire s'est passée il y a presque 150 ans (1870) ! C'est effrayant !!!! Cela me rappelle la chanson de JJ GOLDMAN : On saura jamais c'qu'on a vraiment dans nos ventresCaché derrière nos apparencesL'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau?Ou le pire ou plus beau ?Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeauS'il fallait plus que des mots ? Du temps pour lire

sybelline
12/07/13
 

16 août 1870, quelques jours avant la défaite de Sedan, un jeune homme du village, issu d'une famille connue, est sauvagement assassiné par tout un village, par ses amis, après 2 heures de supplices horribles. Les agresseurs seront soit guillotinés, soit condamnés au bagne, soit emprisonnés, lors du procès qui se tiendra 6 mois plus tard.Jean Teulé, écrivain que j'apprécie particulièrement pour son humour et la qualité de sa documentation présente dans ce livre une nouvelle facette de ses compétences. Il a écrit un livre horrible, dérangeant, dont on a parfois envie de tourner les pages très vite, tant l'horreur est décrite avec force détails.Mais cette horreur n'est pas le fait de Jean Teulé, mais le fait d'un village devenu fou, un jour de foire, en pleine guerre, un village qui a cru entendre Alain de Monéys dire "À bas la France".Un massacre, un lynchage, qui nous dérange : ça s'est passé en France !!!Pour ma part, j'ai "dévoré" ce livreÂmes sensibles s'abstenir. JPV

JPV11
29/05/13
 

Mangez le si vous voulez, de Jean Teulé : dévorez le bouquin si vous le voulez : le style et la vitalité de la plume de l'auteur ne sont pas à blâmer. Avec l'humour noir et la verve de Teulé on revit le calvaire d'Alain de Moneys au premier rang... Mais à l'anecdote de Hautefaye, c'est un haut le coeur qui vient : un livre à cauchemarder ! C'est cruel et glaçant : tout pourrait recommencer. La barbarie vient se loger au coeur même de chaque individu, on ne peut s'empêcher de sentir un sursaut animal à la lecture de cet épisode : qu'aurais je fais au milieu de la foule ? A ne pas recommander aux agoraphobes, âmes sensible s'abstenir ! Virgule,...

Meandnothim
05/04/13
 

On souffre avec le personnage et ses amis surtout quand on connait sa bonté, sa gentillesse. L'auteur n'hésite pas à dévoiler toutes les horreurs que le personnage vit. Pour les personnes sensibles, le livre peut paraître dur, cru. Mais c'est ce qui en fait aussi sa beauté. Comment à partir d'un quiproquo peut on en arrivé là? J'ai adoré

cloclo85
10/03/13
 

Ce roman possède une intrigue formidablement construite. le lecteur revit la pire des journées que peut vivre tout homme sur cette planète, et ce comme si nous étions spectateurs de cette effroyable torture. L'effet frisson (le mot est faible) est renforcé par la richesse des descriptions de chaque élément de scène : du faciès et des mouvements de la foule acharnée, à l'état du corps détruit d'Alain de Monéys. Un tour d'écriture de Jean Teulé hautement louable d'autant plus qu'il relate l'une des anecdotes les plus terrifiantes de l'histoire de France au XIXè siècle. La lecture se fait rapidement, le lecteur est emmené parmi la foule à suivre le calvaire de ce pauvre Alain de Monéys. L'intérêt de ce roman réside justement dans le fait qu'il permet de révéler une partie sombre de l'Histoire de France, que peu d'entre nous connaissent réellement… Je le recommande, mais avis aux âmes sensibles : certains passages sont très explicites tant dans la violence verbale que physique. Mel (Lis-moi si tu veux)

un flyer
28/02/13

Jean Teulé s'empare d'un fait divers réel, et en tire un court roman très efficace. Avec assez peu d'effets, mais non sans quelques touches de fictions, il parvient à rendre l'hystérie collective qui s'est emparée des participants de la foire de Hautefaye, de sa naissance à ses issues variables.Alain de Monéys est un jeune homme bien sous tous rapports, et non suspect d'hostilité à la nation en guerre. Alors qu'il a les moyens de laisser sa place dans l'armée à un plus pauvre ou de prétexter son léger handicap, il décide de s'engager sur le front. Homme en vue, il se rend en ami dans le village voisin. Mais l'ambiance est électrique : la guerre, où les enfants tombent comme les mouches, mais aussi la sécheresse qui laisse sur la paille les paysans mettent les nerfs à vif. Alors, quand Alain défend un de ses amis accusé de soutenir les prussiens, il voit la foule se retourner contre lui.Malgré les appels à la clémence, personne ne le reconnaît, chacun voyant dans ses traits un prussien à abattre. Le curé, averti, tente de créer une diversion, mais le bar improvisé qu'il ouvre dans l'église aura l'effet inverse de celui prévu, l'alcool favorisant l'euphorie collective. Chacun tente d'enfoncer le présumé prussien, refusant d'admettre les relations passées, car le but est d'être plus violent que le voisin.Teulé n'épargne pas grand chose au lecteur, que ce soit de la torture dont est victime de Monéys ou des pensées abjectes qui s'emparent de la foule. Il tente bien d'apporter un peu de fiction en introduisant le personnage de la serveuse, qui se donne entièrement pour donner un peu de répit à Alain. Mais l'ensemble est tellement vif, décrit de manière tellement incisive, que l'horreur happe le spectateur, et l'entraîne dans les rues de Hautefaye. Rues d'ailleurs bien visibles dans l'esprit du lecteur, puisque chaque chapitre débute par un plan de hameau, avec la description du trajet effectué par Alain de Monéys.Ce fait divers sanglant est assez instructif et inquiétant sur l'effet moutonnant d'une foule qui prend un individu comme bouc-émissaire. Plus aucune limite n'existe, aucun argument ne trouve grâce aux yeux des assaillants, qui deviennent des assassins. Les condamnations sont d'ailleurs à ce titre exemplaires, puisque quatre des protagonistes seront guillotinés sur la place du village. Exemplaire, car il est rare que la guillotine soit déplacé sur les lieux du crime.Avec un style acéré, Jean Teulé donne une nouvelle vie à cet événement, édifiant sur le fond et entrainant sur la forme.

Yohan59
27/01/13
 

Ce livre se dévore très rapidement ... Il relate un fais divers en Dordogne au temps de la guerre avec les prussiens. Un homme va être accusé et pris à parti par la foule. "Âmes sensibles" s'abstenir ...

rpfab
15/12/12
 

Ce livre de Jean Teulé est très bien mené comme souvent d'ailleurs. On en sort avec un sentiment étrange : comment cela a pu se passer?L'auteur arrive à nous faire comprendre comment sur un malentendu on en arrive à de tels extrémités.Il nous montre la bêtise humaine dans toute sa splendeur. Et quand la furia est partie, il est impossible de l'arrêter et de raisonner ces personnages. Le roman est très factuel! Il est court et est à lire absolument..

fabloo
18/09/12
 

Ce livre m'avait interpelée sur les hystéries collectives comme la Bouche pleine de terre et Un juif pour l'exemple.: les trois étaient parus à la même période et donnent froid dans le dos, surtout qu'ils sont inspiré par des faits réels berthe

afbf
17/09/12
 

Foule en folie Cadre historique : 1870, la France est en guerre contre la Prusse.Au cœur d’un petit village français, la foire bat son plein, dans la joie et la bonne humeur. Jusqu’à… Et là commencent les brutalités en tout genre. La violence, la barbarie collective montent crescendo. A tel point qu’on ne peut s’empêcher d’espérer que Jean Teulé est arrivé au summum. Mais non ! De concert, la lecture et les horreurs reprennent !Voici deux conseils pour venir à bout de cette lecture : • Comme pour « La grande bouffe » de Marco Ferreri, ne pas trop manger sous peine de se sentir nauséeux (voire pire)• Lisez à votre rythme

Si je n'ai pas aimé la majeure partie des oeuvres de Teulé, j'avoue que ce roman ci m'a intéressée. En effet, le style est proche du reportage. Il est distant ce qui rend l'événement encore plus atroce pour la raison humaine. Teulé revient en effet, sur un fait divers réel qui s'est passé dans le Périgord, plus exactement à Nontron. Il décrit avec justesse la cristallisation de haine qui a conduit une populace à massacrer à coups de pioche un homme sans défense mais doté d'intelligence et de raison (contrairement à cette foule, préoccupée seulement à remplir son ventre et à haïr ceux qui en ont plus qu'elle à ce qu'elle croit). Non contente de le massacrer, ils ont aussi pratiquer de l'anthropophagie. "Mangez le si vous voulez" est une parodie de la parole christique (ceci est mon corps, mangez le en mémoire de moi!). La victime a une dimension christique car il expie tel un agneau innocent. Un récit choc qui décrit l'animalité de la foule érigée en meute. Une intéressante étude anthropologique et ethnologique de l'homme qui en fin de compte perd très vite son vernis de culture dès lors qu'il est placé devant une situation extrême. Encore une preuve contre la thèse de Rousseau... Victoire

tran
06/05/12
 

Comment un être humain peut il être à ce point cruel ? Voila la question qu'on ne cesse de se poser en lisant ce livre. Jean Teulé nous raconte un fait réel, celui d'un homme pris comme bouc émissaire en 1870 pendant la guerre franco-allemande. D'ailleurs, sa façon d'écrire avec détachement. Un peu comme un spectateur décrirait ce qu'il a devant les yeux, est assez troublante, car elle nous pose nous même en spectateur.Alain de Moneys est un citoyen charmant, toujours prêt à aider. Mais en cette période difficile, le village de Hautefaye est au plus mal. Il y a ces jeunes hommes tour à tour envoyés au combat qui ne reviendront jamais, et cette sècheresse qui n'en finit pas. Alain, qui a été élu au conseil, a élaboré un projet d'assainissement censé aider les villageois. Tout le monde l'aime, il faut dire que la plupart des habitants de Hautefaye ont au moins une fois été aidés par Alain.Mais en ce 16 aout 1870 tout s’effondre. Parti d'un malentendu, les villageois accusent Alain d'être un prussien. Il commence par l'insulter, ignorant ces explications, puis le bâtent. S'en suit une tentative de pendaison, et encore des coups. Alain résiste. Mais cette survie ne fait que faire durer son calvaire. Il est tout simplement tabassé, on lui crève un œil, ses articulations sont disloquées, son cerveau est à vif.Tout fini par l'immolation. Brulé vif, on croit assister au pire, lorsqu'une habitante pousse la foules à tremper son pain dans la graisse chaude d'Alain. Ce passage de cannibalisme clôture un drame qui laisse sans mot, mis à part un : comment ? D'ailleurs, lorsque la justice prend cette affaire en main, les accusés eux-mêmes ne comprennent pas ce qu'il leur à pris. Mais les remords et l’incompréhension ne suffiront pas à les innocenter. Certains finissent pendus, d'autres emprisonnés. Et plus de cent ans après, le village, qu'on avait pensé un temps raser, reste toujours taché par ce drame. Le 16 août 1970, une messe de pardon fut célébrée dans l'église du village en présence des descendants de la victime et de ceux des condamnés. JACOBINETTE

Jacobinette
05/04/12
 

Quel talent d'écriture pour rendre vivant et cohérent un lynchage qui abouti à l'horreur absolu. Alain un agneau sacrificiel, un bouc émissaire, un exutoire... ça fait peur d'autant plus qu'on se dit que ça peut arriver il suffit de stigmatiser une personne et que des meneurs dirigent une foule.

ramettes
30/12/11
 

Ce récit tient en haleine par l'horreur et l'incompréhension qu'il suscite. A chaque épisode de cette sorte de chemin de croix, alors que l'on sait dès le début quel est le dénouement, on est abasourdi d'incompréhension devant la dynamique de groupe, l'effet de foule, la bêtise, même si sont évoqués la chaleur, la misère, la guerre, le manque d'information. Il faut avoir l'estomac bien accroché, et la lecture se fait d'un coup, dans la stupéfaction. Bel effet d'écriture. laurence

laurence
24/12/11
 

Tirez d'une histoire vraie, cette histoire raconte le massacre d'un homme de 28 ans qui n'a rien à se reprocher dans un village de france en 1870 ! Et quand je dis "massacre" c'est peu de mots face à ce que le pauvre a subit. Et pour rien en plus, les villageois sont devenus fous et lui ont fait subir des tortures immondes. Et voilà 600 personnes qui s'acharnent sur lui, en le traitant de Prussien. Enfin bref, ce livre est affreux, c'est tout le long un massacre, et on assiste impuissant à la folie des gens du village. Il ya bien quelques personnes qui essaient de le défendre, mais peine perdu. Le pire c'est que l'homme était hyper gentil, il avait fait pleins de choses pour le village, il était même venu aider des gens ! Le fait que ce soit une histoire vraie rajoute bien entendu de l'horreur dans ce massacre. Je veux dire, comment des gens peuvent tout à coup faire ça? Et je veux dire, même s'il avait été effectivement Prussien, personne ne mérite de subir une telle chose. Bref, je vais pas trop en dire pour pas spoiler tout le bouquin, mais c'est 100 pages en enfer.

lasurvolte
30/10/11
 

Jean Teulé nous fait découvrir un événement historique bien cruel. Grâce à ses talents d'écrivain il nous dépeint l'histoire affreuse d'un jeune homme victime de la folie humaine. On sait tout de suite que les événements vont s'enchaîner de manière édifiante et que rien ne pourra arrêter la frénésie de ces villageois. L'histoire est folle et incompréhensible de nos jours! Jean Teulé fait la lumière sur une histoire extraordinaire oubliée de l'Histoire avec un grand H... Un roman dérangeant qui ne peut pas laisser le lecteur indifférent...

seriephile
10/10/11
 

Ce court récit raconte l'histoire vraie et stupéfiante d'Alain de Monéys, un jeune homme qui, à cause d'une phrase mal interprétée, va mourir sous les coups des villageois de Hautefaye. Je ne connaissais pas ce fait divers mais il est effrayant. Cela s'est passé en 1870, pendant la guerre contre la Prusse. Ce conflit fait beaucoup de morts, aussi les individus sont désespérés et sont ravis de proclamer Alain de Monéys "le prussien" afin d'assouvir tous les désirs de vengeance pour un frère, un fils, un mari tué par l'ennemi.L'écriture de Jean Teulé est assez spéciale, mais dans un livre de moins de 130 pages, cela ne m'a pas gêné. Les courts chapitres détaillent les souffrances d'Alain, à en faire froid dans le dos. Toute cette violence, dont les protagonistes eux-mêmes, lors de leur procès, seront stupéfiés par leurs propres agissements. Car pour la plupart, ils étaient des amis d'enfance d'Alain. Qu'est-ce qui peut donc bien se passer dans la tête de ces hommes, femmes et enfants ? Une folie collective, l'odeur du sang qui échauffe les esprits, le sadisme ?Je pense que ce roman mérite d'être lu, car il est court et il nous apprend un bout de notre histoire, très peu connu. Marylin

marylinm
11/05/11
 

Puisque ce livre n'est pas une fiction mais une histoire vraie racontée avec précision par l'auteur, je le vois plus comme un récit que comme un roman ! Je trouve que le mot 'roman' sur la couverture est même malvenu...« Une bien belle journée !... » (page 7). Voici pourtant le dernier jour de la courte vie d'Alain de Monéys qui se réveille dans la demeure de ses parents bien-aimés à Bretanges.Élu à l'unanimité premier adjoint de Beaussac, ce jeune homme brillant de 28 ans, aimé et respecté de tous, vient de mettre au point un excellent projet d'assainissement de la Nizonne. Son seul point faible : il a une constitution fragile mais, ayant refusé la décision du conseil de révision, il va quand même partir au front, en Lorraine, se battre contre les Prussiens.En ce 16 août 1870, il se rend comme chaque année à la frairie annuelle de Hautefaye, le village voisin. Ce sera l'occasion de voir tous ses amis avant son départ et, toujours prêt à rendre service, il veut aussi acheter une vache pour une voisine indigente, commander un charpentier pour réparer le toit brûlé d'une grange et rencontrer le notaire pour régler certaines affaires du domaine familial. Bref, c'est un bon fils et un bon gars (et on se demande pourquoi il n'est pas encore marié ! Peut-être parce qu'il boite...).Sur les 3 kilomètres de route entre Bretanges et Hautefaye, qu'il fait à dos de cheval, il croise beaucoup de connaissances. « Il arrive paisiblement à la foire » (page 19), il est 14 h et il aperçoit son cousin, Camille de Maillard, fuyant un groupe d'hommes mécontents car il leur a lu le journal. Il faut dire que c'est la sécheresse depuis des semaines, qu'une comète est passée (ah, les superstitions...), que les nouvelles de la guerre ne sont pas bonnes et que certains ont déjà bien bu.Alain de Monéys va alors être pris à parti par des hommes qui ne savent pas lire et qui refusant d'entendre raison, le prennent pour... un Prussien ! Il va vivre l'enfer jusqu'au soir lorsque les gendarmes arriveront de Nontron et que le médecin le déclarera mort.[...] Catherine de La culture se partage

Catherine2
06/05/11
 

En 1870, la France est en guerre contre la Prusse et pour tout dire, on sent venir Sedan depuis le début. Mais avant que ne sonne le glas de l'empire, les jeunes gens de Hautefaye veulent bien en découdre avec l'ennemi. Un mot mal compris du jeune Alain de Monéys suffit à déclencher une fureur populaire incompréhensible : tout le village se jette sur ce jeune homme, ami des uns, aimable avec les autres et surtout élu par tous quelques temps plus tôt. Rien ne peut enrayer cette folie meurtrière et le jeune homme est traîné dans le village, frappé, découpé, torturé, écartelé, brûlé... et mangé ! Une horreur !Et Teulé à son habitude ne nous épargne rien. On suit le véritable martyre d'Alain et la folie des foules (témoignage effrayant mais toujours d'actualité... Méfiance avec les phénomènes de groupe, c'est rarement contrôlable). Bref, un roman dont on préférerait savoir qu'il ne découle pas d'un fait réel, documenté à chaque chapitre par une petite carte qui montre les déplacements de la foule dans le village.

Praline
27/04/11
 

Ce roman de Jean Teulé "Mangez le si vous voulez" est de ceux qui font froid dans le dos et qui en disent long sur la barbarie dont est capable l'homme."Nous sommes tous capables du pire. Nul n'est à l'abri de l'abominable".Si encore les faits relatés n'avaient fait que germer dans la tête de l'auteur et n'avaient été couchés sur le papier qu'en pure fiction, nous pourrions souffler comme après un bon film avec des vampires ou d'horribles monstres. Mais non, il s'agit d'un fait réel !!!Cette sombre histoire a eu lieu le 16 août 1870 dans un village du Périgord, Hautefaye. C'est jour de foire et Jean de Monéys, adjoint au maire de la commune voisine, décide de s'y rendre avant de partir guerroyer contre la Prusse aux couleurs de la France.Il est accueilli à bras ouverts par des habitants qui pour la plupart ont été ses camarades de jeu autrefois. Tous ont un mot pour lui.Toutefois, la tension est palpable. La guerre que mène Napoléon contre Bismarck est loin mais les enfants y meurent et certains vont devoir partir combattre. L'effondrement du commerce, la sécheresse et la peur de l'invasion s'ajoutent pour créer un climat délétère. Et c'est ainsi qu'en un instant tout bascule. L'ami retrouvé devient ennemi à abattre, les esprits s'échauffent et deux heures après, il auront lynché Alain,l'auront torturé, brûlé vif et même... mangé ! Tous semblent avoir perdu la tête, les seuls qui essayent de faire entendre raison à la multitude s'opposent à une foule bien trop virulente pour qu'elle les écoute. Le maire refuse de s'en mêler (courage , fuyons) . Le pire c'est que le lendemain, cette même foule, se réveille, hébétée, comme si elle avait la gueule de bois et se demande "pourquoi a t-on fait ça ?"Jean Teulé reconstitue, avec force détails (âmes sensibles s'abstenir), cette journée durant laquelle eut lieu ce crime affreux. Jean Teulé aborde ce thème de la violence collective avec l'humour noir dont il sait toujours faire preuve et nous donne à réfléchir. En période sombre, c'est une foule qui trouve un bouc émissaire sur qui passer ses nerfs et sa colère et qui ne sait plus très bien le lendemain pourquoi elle a fait ça. A tout moment, on se dit, ce n'est pas possible, ils vont s'arrêter et revenir à la raison, mais non. On a du mal à comprendre comment cela a pu arriver et en même temps on sait que les hommes sont capables des pires atrocités... Pour la liseuse un roman qui en dit long sur la nature humaine, pour Mustango ce roman est trop barbare et trop peu de place est faite au procès, Madame Charlotte a aimé alors allez donc lire son excellent billet, lecture agréable mais trop courte pour In cold Blog qui aurait aimé en savoir plus sur la psychologie des personnages, la vie après le drame,etc.

lucie38
27/03/11
 

Bon, pourtant je suis une lectrice assidue de Jean Teulé (j'ai adoré Les lois de la gravité et Monsieur de Montespan, apprécié O Verlaine et Le magasin des suicides) mais là, ce n'est tout simplement pas possible. L'auteur nous narre la fin de vie d'un homme bon, complètement happé par une foule illettrée, furieuse et en délire, tout cela en temps de guerre (l'époque joue un rôle important dans cette histoire). Entre les scènes insoutenables de torture (à la rigueur), les rebondissements qui se ressemblent (et s'assemblent...vilain jeu de mots, je le conçois), rien dans le récit n'apporte la raison du basculement vers la folie de cette foule........cette étape est tout simplement omise ou bâclée et pourtant me paraît si fondamentale ! Bref je n'ai pas aimé et je ne le conseille pas du tout.

Cave
12/03/11
 

Format

  • Hauteur : 20.70 cm
  • Largeur : 13.30 cm
  • Poids : 0.18 kg

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