Marilyn dernieres seances

SCHNEIDER, MICHEL

livre marilyn dernieres seances
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 31/01/08
LES NOTES :

à partir de
8,80 €

SYNOPSIS :

Trente mois durant, de janvier 1960 au 4 août 1962, ils formèrent le couple le plus improbable : la déesse du sexe et le psychanalyste freudien. Elle lui avait donné comme mission de l'aider à se lever, de l'aider à jouer au cinéma, de l'aider à aimer, de l'aider à ne pas mourir. Il s'était donné comme mission de l'entourer d'amour, de famille, de sens, comme un enfant en détresse. Il voulut
être comme sa peau, mais pour avoir été la dernière personne à l'avoir vue vivante et la première à l'avoir trouvée morte, on l'accusa d'avoir eu sa peau. Telle est l'histoire. Deux personnes qui ne devaient pas se rencontrer et qui ne purent se quitter. Des mots noirs et des souvenirs blancs. Dans la lumière adoucie d'un cabinet de psychanalyste se redit la dernière séance de Marilyn.
6 personnes en parlent

Mythique Marilyn ? J'aime surtout la légéreté de l'actrice, sa féminité exacerbée, sensuelle, sa beauté fragile, son émotivité à fleur de peau ... dommage de ne retenir que sa facette superficielle, ses déboires amoureux, son magnétisme sexuelle sur la gente masculine, sa liste de maris et d'amants incapables d'assumer cette femme charismatique, sa dépendance aux medicaments, alcool, drogues, son desespoir chronique d'en finir avec sa vie. Le psychiatre Michel Schneider relate les séances d'analyse de l'actrice avec son psychanalyste Ralph Greensom, son dernier analyste, qui ne sut la préserver du drame et d'elle même. C'est un roman sur la psychanalyse, et de la relation complexe entre Marilyn et son psychiatre. Entre une patiente et son thérapeute. Lorsqu'ils se rencontrent, Marilyn était déja en analyse avec Marianne Kris à New York, pour chacun de ses films elle avait besoin de séances avec un psychanalyste pour continuer à tourner. Elle fut suivie en Angleterre par Anna Freud, la fille de Freud. Lorsqu'elle rencontre Greensom à Los Angeles en 1961 c'est son 4eme analyste, elle va tourner Les désaxés, son avant dernier film avec Clark Gable. Le roman relate les douze derniers mois de son existence. Les 100 premieres pages permettent de rentrer dans l'ambiance d'Hollywood, la capitale américaine du film (euh non!) de la psychanalyse : Capote (Truman) n'aimait pas la psychanalyse et destestait tout Hollywood. Quant à la psychanalyse à Hollywood, c'était pire qu'une mode "Une maladie". En Californie tout le monde est en psychanalyse, ou psychanalyste ou est un psychanalyste en analyse. Certains passages pourraient être comparés à des potins parus dans la presse people, notamment quand la liste des acteurs consultant un psychanalyste est dévoilée. Cependant, Marilyn ne fut pas la seule actrice à se suicider, Vivien Leigh, la Scarlett d'Autant en emporte le Vent, connut le même destin que Marilyn; Jean Harlow et d'autres actrices américaines furent broyées par ce système hollywoodien. A sa manière l'auteur leur rend hommage - J'ai apprécié les connaissances cinématographique, à travers les films (il y aurait une bonne vingtaine de films à regarder en parallèle de cette lecture), les acteurs et les metteurs en scène également. (Billy Wilder, Mankiewicz, Cukor, Hudson). Plus difficile fut pour moi la découverte de la psychanalyse à travers la relation de Marilyn et son médecin (moi aussi j'aurais fait une overdose à sa place de le voir ce psychanalyste!!!), personnage que je n'ai pas du tout apprécié, trop manipulateur, trop intéressé, et ne sachant pas dire non à sa patiente assez faiblard face à l'icône Marilyn, et remplissant peu son rôle de soignant. Une relation plus qu'ambigüe, qui repose sur la dépendance affective entre le thérapeute et sa patiente. Persuadé que son enfance désastreuse n'a pas permis à Marilyn sa stabilité affective, Greensom lui offre de faire partie intégrante de sa propre famille, composée de sa femme et son fils et sa fille. Marilyn deviendra proche d'eux au point de confondre cette amitié et sa relation thérapeutique. Elle le rencontrait à certaine période jusqu'à cinq fois par jour pour des séances., et passait souvent soirées et weekend en leur compagnie. Lettre de Greesom à Anna freud au sujet de Marilyn : Avec elle j'improvise. Elle est vraiment tres tres malade. Je ne vois aucune solution, capable d'apporter à Marilyn l'apaisement qu'elle recherche. Je suis effrayé du vide de sa vie en terme de relations d'objet. Fondamentalement, elle est narcissique; tant bien que mal nous progressons, mais je ne parierai rien sur la profondeur du trouble, ni sa durée. Sur le plan clinique, j'ai isolé deux problèmes : sa crainte obsessionnelle de l’homosexualité et son incapacité à endurer les blessures morales. Greensom également profitera de son statut auprès de l'actrice pour imposer à la FOX sa présence sur les plateaux de tournage, le choix du réalisateur et mettra Marilyn en difficulté sur son dernier tournage "Quelque chose doit craquer" de Cukor, titre au combien prémonitoire que l'actrice ne put achever. Elle décéda le 4 Aout 1962, le légiste confirma le suicide probable au nembutal. Le mystère plane toujours sur cette mort, de part les circonstances et de la relation de l'actrice avec les frères Kennedy. L'auteur conclut finement : Les deux pouvoirs, le politique et le psychanalytique, qui ont pesé sur les derniers mois de Marylin, ont voulu effacer tout ce qui dans leurs archives la concernait. Un echec qui fut fatal à l'actrice et au psychanalyste, qui ne se remit jamais de sa négligence et continua à exercer sans réelle motivation. L'auteur a travaillé sur le témoignage de Midner, un officier de policier que Greensom a sollicité pour écouter les dernières bandes sons enregistrées par Marilyn - Maintenu au secret jusqu'à la mort du psychiatre, il est sorti de son silence pour confier qu'à l'écoute de ses bandes sons, il ne croyait pas au suicide de l'actrice et encore moins à la complicité de meurtre de Greensom, qui fut soupçonné lors du décès de Marilyn. A ce jour, toute documentation sur Marilyn et notamment ces bandes son ne sont pas accessibles ou ont disparu. Le sujet est original certes, parfois la narration est assez redondante, ce n'est pas la vie de Marilyn que vous trouverez dans ce roman, juste l'importance de la psychanalyse pour cette femme, convaincue par la théorie de Freud. Elle trouvait dans cette thérapie un moyen de faire taire la souffrance et le manque dans sa vie. Ou cette illusion d'exister ailleurs qu'au cinéma. Mythique Marilyn? Non Malheureuse Marilyn ..

nathalia1307
17/03/14
 

Le roman met en scène Marilyn et le psychanalyste, Ralph Greenson, qui l’analysé les trente derniers mois de sa vie.   Le roman n’est pas fondé sur des documents privés qui auraient permis d’apprendre des choses, il se base sur des entretiens, des biographies, des articles professionnels. Comme ceux sont des sources secondaires. Le découpage des chapitres est assez labyrinthique, la chronologie des événements en prend un coup. Il permet juste de découvrir Marylin comme une névrosée, une accro aux médicaments, attendant toujours sa piqûre comme un coureur du tour de France. Il met aussi en lumière les relations entre Hollywood et le monde psy. Quasiment tous les acteurs avaient été ou étaient analysés. Les psys jouaient le rôle de consultant, de scénariste sur les films. J’ai eu l’impression que ce monde avait gangrené le monde du cinéma. C’est la psychanalyse qui se dévoie.Lorsqu’intervient la mort de Marilyn, l’écrit perd de son intérêt. Greenson ne m’intéresse pas et je me fous de savoir ce qu’il est devenu.

Chiwi
04/01/13
 

Roméo, tel est le vrai prénom du docteur Greenson, le dernier psychanalyste de Marilyn ,Monroe, bien sûr. Michel Schneider explore dans Marilyn dernières séances, les liens pour le moins bizarres qui s'étaient établis entre la psychanalyste et sa célèbre patiente. ce faisant, il envisage également les liens qui se sont tissés dans les années 60 aux Etats-Unis entre cinéma et la science mise au point par Freud,( Freud dont la fille ,Anna aura comme patiente épisodiquement la star hollywoodienne): "Chacun avait partagé la folie de l'autre"...Mêlant dialogues réels et inventés, chahutant la chronologie , c'est un portrait sensible et d'une intelligence aiguë qui se donne à lire ici.Même si comme moi on n'est pas spécialement fan de l'actrice, on ne peut qu'être touché par l'intelligence et la fragilité de la femme : "Je vous dirais ce que je peux. Comment répondre à ce qui vous engloutit.", "vous savez, dit-elle à Greenson venu le soir chez elle, j'ai trouvé ma définition de la mort. Un corps dont il faut de débarrasser." ou bien encore: "Quand on se dit qu'on est soi même une erreur, on n'a pas envie de s'entendre dire qu'on fait des fautes."Avoir une patiente aussi célèbre ne pouvait que flatter le narcissisme de Greenson, qui lui intima : "Laissez-moi faire et décider ce dont vous avez besoin.", essaya de lui donner une place au sein d'une ambiance familiale mais échoua dans son traitement et ne s'en remit pas. Les dernières pages du roman , consacrées à la manière dont Grennson vécut cet échec après la mort de Marilyn m'ont paru un peu longuettes mais je n'ai pour autant pas boudé mon plaisir tant est passionnante cette vision fouillée et attachante. cathulu

cathulu
17/11/12
 

Pas grande admiratrice de Marilyn à la base, ce livre m'a pourtant bouleversée.On y découvre la relation trouble que Marilyn a entretenu avec Ralph Greenson , son dernier psychanalyste. Tantôt touchante, parfois pathétique et clairement névrosée Marylin apparaît dans ce roman bien documenté, telle qu'elle n'est pas sur papier glacé. Les commentaires glaçants et parfois cruels de Greenson la fragilise d'autant et font naître chez le lecteur une grande compassion.

warhola
28/05/12
 

Un complément de quoi me direz vous? Eh bien le complément d' un autre livre sur Marilyn Monroe: "BLONDE" de JC OATES, à la différence que l'oeuvre de Schneider se veut moins romancée que son binome, quoique? Cette actrice est terriblement attachante, son vécu est opaque, déstabilisant. Elle était tiraillée entre ce qu'elle représentait et ce qu'elle était, et elle ne se sentait pas capable d'affronter ses deux faces de front..... Quant à la mise en page,le retour en arrière de certains chapitres est parfois fastidieux; et la fin reste confuse, ce qui n'enlève pas les qualités réelles du livre. vivi

vivicroqueusedelivres
17/02/12
 

Il faut tout de suite dire que ce livre ne se lit pas comme les autres. Ce n'est pas une histoire en continu, linéaire. On peut donc en lire quelques pages au hasard, revenir en arrière ou aller en avant sans vraiment être perdu et en éprouvant le même plaisir. Le livre phantasme sur Marilyn à sa manière : en l'analysant. Ou plus exactement en analysant le rapport qu'elle entretenait avec son psychiatre hollywoodien, star lui aussi, à sa manière, Ralph Greenson. C'est donc un livre sur Marilyn, mais aussi le portrait d'un homme, d'un docteur, aussi fascinant (et névrosé) que sa célèbre patiente. Le tout se déroule en chapitres courts, autant de vignettes qui nous font passer d'un lieu à un autre, d'un moment à un autre - pour démontrer que lieu et place n'ont aucune importance : les névroses sont permanentes, dans ce cas précis, elles s'enracinent même. Ce qui fascine, c'est la passion de Schneider pour son (ses) sujet(s) : Marilyn, Greenson, et aussi Los Angeles du début des années 60. Et cette passion, il n'a aucune difficulté à nous la transmettre. On est avec lui dans ces ambiances brumeuses, pacifiques, crépusculaires. Gros point fort : la cohabitation réalité/fiction (M. Schneider mélange les phrases vraiment dites par Marilyn et des phrases inventées) fonctionne parfaitement, ce qui est bon signe. Une grande réussite.

mtalence
06/06/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.26 kg

Dans la même catégorie