Mauvaise pente

RIDGWAY, KEITH

livre mauvaise pente
EDITEUR : 10/18
DATE DE PARUTION : 19/03/09
LES NOTES :

à partir de
8,10 €

SYNOPSIS :

Sous la pluie battante d'une existence dévastée et brisée, Grace Quinn décide, après des années d'épreuves, de reprendre le contrôle de sa vie. Elle écrase son mari, un pochard brutal et alcoolique, condamne les volets de sa ferme irlandaise et part à la découverte d'elle-même. Mue par le souvenir d'un bonheur fugace et l'espoir d'une seconde chance, c'est
vers son fils Martin, parti refaire sa vie à Dublin, qu'elle se tourne. Mais dans cet exil illusoire, Grace est encore de trop. Déchirée entre l'aveu et la soli-tude, elle apprendra que dire, c'est déjà commencer à revivre... Prix Femina 2001, Mauvaise pente est le magnifique portrait d'une femme en quête d'elle-même, le récit d'une chute libératrice.
8 personnes en parlent

Grace a tué ce mari alcoolique qui la battait comme plâtre. Elle l’a écrasé sur une petite route de campagne, par une nuit glaciale et étoilée, alors qu’il rentrait à pied à la maison. Des années auparavant, Grace a perdu son fils Sean, noyé dans un cours d’eau pendant qu’elle étendait le linge à quelques mètres de lui. Il n’était qu’un enfant. Grace a aussi vu partir pour Dublin son autre fils, Martin, le jour où il a annoncé à ses parents son homosexualité et où son père l’a dérouillé.Après l’enterrement de son « cher époux » et alors que la police mène l’enquête pour retrouver le meurtrier, elle s’installe dans l’appartement de Martin. Mais le jour où elle avoue son forfait à un journaliste, elle brise définitivement le lien ténu qui la reliait encore à lui. Car en apprenant la vérité, le fils décide de la dénoncer aux autorités…Un premier roman d’une force et d’une sobriété incroyables. Aucune flamboyance dans ces pages, aucun pathos. Juste le portrait d’une femme en chute libre, d’une femme née victime, rongée par la culpabilité : « Je l’ai fait parce que je voulais me libérer de lui, et maintenant je suis liée à lui plus indissolublement que je ne l’avais jamais été. […] Je voulais le cracher, je l’ai avalé. Je n’aurais pas dû le faire ». « Elle avait tué. Elle avait fait cela, elle avait accroché ce mot autour de son cou et il l’entraînait inexorablement vers le bas ». Et puis j’ai adoré l’atmosphère de Dublin recouverte en permanence d’un capuchon gris, de cette ville sous la pluie et le vent, de ses rues sombres et froides où les manteaux ne sèchent jamais tout à fait.Le titre anglais (The Long Falling) est bien plus parlant je trouve. Il dit la solitude, la révolte, la résignation. Il dit la misère du cœur et la défaite qui s’annonce, inéluctable. Mauvaise pente est un roman du désastre, terrible et lancinant, qui vous marque au fer rouge. En filigrane, Keith Ridgway, à travers un fait divers véridique lié au droit à l’avortement qui avait défrayé la chronique en 1992, propose la radiographie sans concession d’un peuple irlandais en proie à ses démons, incapable de briser les chaînes le reliant aux siècles passés. C’est tout simplement brillant.

jerome60
14/11/14
 

Une Mauvaise pente irlandaise dans laquelle j'ai été littéralement précipitée à la suite des personnages. Précipitée, gorge serrée, dans ce très beau roman dans lequel se révèlent le trouble d'un magnifique portrait de femme et ceux, de portrait et de trouble, de l'Irlande contemporaine en kaléidoscope." Son visage était figé, vide de toute expression, mais elle voyait bien qu'il avait peine à respirer, qu'il s'était égaré de l'endroit d'où il pouvait comprendre le monde, et que, comme elle, il était maintenant précipité dans un lieu où c'était au monde de le comprendre. "Dans ce premier roman magistral, à la façon d'un roman noir, tout en nuances d'ombres et de sombre, Keith Ridgway nous raconte à la fois les femmes et la marginalité, la liberté de choix, dans une société rigoriste, dans une société qui cherche encore.En creux de l'histoire du crime de Grace, celle de son enfance vers laquelle elle se retourne après lui avoir tourné le dos, celle des heures précieuses de l'enfance de son fils, et une autre histoire tragique au féminin, une histoire vraie de 1992, celle de cette jeune fille de quatorze ans violée à qui la justice irlandaise refusait l'avortement, illégal en Irlande. En postface, l'auteur en rappel les faits, les réactions, les manifestations.Ce roman se déroule en trois temps, trois parties, dont chacun des chapitres porte en titre le nom d'un personnage essentiel de ce temps. Il ne s'agit d'un roman choral au sens strict mais d'un récit polyphonique, ce n'est pas la voix, le Je du personnage mais le Il ou Elle selon son point de vue. On tombe sur ces pages. Les personnages comme les lecteurs. L'atmosphère, les descriptions, y sont saisissantes, pénétrantes, le froid, l'humide, cette confusion, en flou, en brouillé, autour, dedans, cette " noirceur à la lisière de la pensée " et cette douceur chagrine dans les mots pour cette femme; pour cette pluie et cette vie qui s'écoulent, qui coulent. C'est le brouillard de ce temps irlandais, de ces jours et ces nuits à peine en équilibre - " fouillis d'étoiles répandu sur les ténèbres et une lune tronquée et meurtrie " - en questions, en suspens, en apparition de clochers d'églises, de clochards de rue.Quelle finesse de l'écriture dans ces scènes si tragiquement quotidiennes, quelle densité du style, une limpidité et une transparence sur ce clair-obscur, sur cette complexité des personnalités et des sentiments.

Marilire
14/11/14
 

Une belle histoire de femme très émouvante. Grace vit en Irlande dans les années 90, au fin fond du pays. Elle a épousé son mari contre l’avis de ses parents car celui-ci est Irlandais, elle quitte l’Angleterre pour une ferme perdue au milieu de nulle part. Elle perdra un enfant, son mari lui reprochera ce décès, son manque de vigilance. Le mari se mettra à boire et à battre Grace, il sera responsable de la mort d’une jeune fille qu’il renverse avec sa voiture. A partir de là, Grace ne le supporte plus et décide de passer à l’acte, elle l’écrase avec son véhicule et le tue. Elle veut reprendre sa vie en main et part rejoindre son autre fils à Dublin, peu à peu elle finira par avouer son crime et son fils malgré la haine qu’il portait à son père va dénoncer sa mère. A vous de découvrir la suite, va-t-elle réussir à fuir ou au contraire va-t-elle assumer son acte ?. Un très bon livre. Un bon moment de lecture malgré une ambiance pesante. Un pays pris entre la tradition et la modernité.Ce roman est une fiction, mais les faits relatifs à l’affaire X…sont bien réels. Une jeune fille de 14 ans enceinte après un viol voulait aller en Angleterre se faire avorter, mais celui-ci étant interdit en Irlande, l’autorisation lui avait été refusée de quitter le pays. Il s’en suivit de nombreuses manifestations tant en Irlande qu’à l’étranger, un jugement fut rendu autorisant l’avortement dans certaines circonstances bien précises. Nena

nena1
23/03/13
 

En dépit d'inégalités (c'était le premier roman de l'auteur), ce livre est très fort. Il est aussi typiquement irlandais.Grace est une femme battue par son mari depuis des années. Elle décide un jour de prendre son destin en main : elle se débarrasse de son mari et part retrouver son fils Martin à Dublin où elle espère démarrer une nouvelle vie. Martin est homosexuel, ce qui n'est pas nécessairement facile à vivre dans une Irlande encore très conservatrice. Bien qu'il ait été en conflit avec son père, il n'arrive pas à surmonter ses propres démons pour accepter la libération que vit sa mère et, entre déni et non-dits, les relations entre ces deux êtres ne seront jamais simples.En parallèle, l'auteur évoque un fait divers qui secoua le pays et qui, comme la volonté de renaître de Grace, témoigne des sursauts d'un pays qui ne pourra peut-être pas continuer longtemps sur cette voie. Un bien beau roman.

mycupoftea
02/09/12
 

Grace Quinn a volontairement écrasé son mari (une pure ordure) , pour mettre fin à une vie de soumission. Elle part rejoindre son fils, Martin, qui fuyant une atmosphère étouffante, s'était réfugié quelques années auparavant à Dublin.Là, elle va jouer à cache cache avec un policer compréhensif et ,de rencontre en rencontre, aussi essayer d'échapper à la confusion qui l'habite. Son chemin croisera d'une façon fugitive celui d'une autre très jeune femme que la société irlandaise veut contraindre à subir son destin.Premier roman paru en France en 2001, Mauvaise pente est un récit tout en nuances et sensibilité qui nous épargne toute réflexion attendue sur le remords. Grace prend son destin en mains pour la première fois et elle est prête à en payer le prix, si élevé soit-il. Un magnifique portrait de femme qui vient d'être adapté au cinéma sous le titre Où va la nuit. cathulu

cathulu
04/08/12
 

Grace, épouse d’un ivrogne irlandais, ne cesse de payer « sa faute », la mort accidentelle de son fils ainé Sean, noyé dans un ruisseau un soir alors qu’elle rentrait son linge sec. Elle paie le prix fort : battue par son ivrogne de mari qui redoublera de violence après le départ du second fils Martin. Il avait osé avouer à ses parents son homosexualité. Puis ce même mari tue une petite fille alors qu’il conduisait ivre mort. A son retour de prison, les coups ne cessent de pleuvoir et, un soir par comme les autres, Grace passe à l’acte. Elle prend la voiture et va à la rencontre de ce monstre, qu’elle trouve en train de prier à l’endroit de l’accident et…. Va le tuer en lui roulant dessus. Après l’enterrement, elle se réfugie à Dublin chez Martin qui vit en couple avec Henry.Pour Grace la mauvaise pente a commencé par son mariage contracté en opposition à son père. La vie ne lui a rien épargné, elle a tout enduré, tout endossé jusqu’à l’explosion fatale. Elle pensait se défaire de son ivrogne de mari en le tuant et c’est le contraire qui est arrivé.Dans un Dublin pluvieux et froid, nous assistons au face à face souvent laborieux, sans parole entre la mère et le fils. Grace, toute engluée dans sa culpabilité car, enfin, elle a tué ! ne peut parler à ce fils tendrement aimé, chassé de la maison par son père, empêtré dans une jalousie malsaine. Ils se frôlent, mais ne peuvent se toucher, se retrouver. Sean, un ami de Martin, jouera un rôle important car Grace lui racontera le meurtre et, incapable de se taire, il transmettra ce lourd secret à Martin. Alors là, se passe une chose inouïe : il ne peut accepter le meurtre de son père, lui qui l’a tant haï, et sa haine se retournera contre sa mère. Il ira jusqu’au bout de cette « folie » en avertissant la police.Le seul moment de douceur de ce livre est l’arrivée de Grace dans une pension de famille où elle va poser sa valise et essayer de se retrouver. L’imposante Mrs Talbot saura lui donner un peu d’humanité et son amitié.Grace, tout comme X, jeune fille de 14 ans violée à qui la justice refuse le droit de se faire avorter, sont les victimes et, en même temps, le symbole d’une Irlande qui essaie de se libérer du joug de la religion.C’est un très beau roman aussi lourd que les manteaux mouillés par la pluie de Dublin, très prenant que l’on ne peut lâcher. Cette atmosphère pesante ira jusqu’à la double chute de Grace.Un très beau prix Femina étranger. Par sa profondeur, je le déclare coup de cœur

zazy
16/08/11
 

Un superbe roman qui pose frontalement le grave problème des femmes battues, du combat pour le froit à l'avortement dans le société irlandaise.Il fallait du courage pour le crier. Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux.Jules Renard

lucky44
07/06/11
 

Irlande, début des années 1990, Grace Quinn ne supporte plus son mari, un homme violent et alcoolique. Quelques années auparavant, son mari a renversé et tué une jeune fille au volant de sa voiture alors qu’il était ivre. Depuis il s’adonne encore plus à la boisson. Grace n’en peut plus de cette vie. Un soir, elle prend les clefs de la voiture et le voit sur la route. Elle accélère sans remords et le tue. Elle ne dit rien à la police, maquille les preuves et décide de partir à Dublin chez son fils Martin. Partir pour recommencer une nouvelle vie, mais est ce possible ? Je voulais lire un portait de femme qui me marque et découvrir un nouvel auteur. Mes vœux ont été exaucés avec ce livre ! Oui, j’ai été comblée ! Déjà, il y a l’histoire principale. Cette femme qui décide sur un coup de tête d’en finir. Grace n’a rien prémédité. Elle est juste au bout du rouleau. Elle tue son mari qui la bat et qui boit. Quand son fils Martin vient pour l’enterrement, elle décide de partir avec lui à Dublin. Pleine d’illusions, Grace croit que Martin sera content qu’elle quitte la campagne pour la ville. Au début, elle n’éprouve pas de remords mais petit à petit, la culpabilité la gagne. Elle sait que si elle se confie à quiconque, elle sera arrêtée. Elle tente se rapprocher de Martin et de lui parler. En vain. Ce poids sur la conscience l’empêche d’être heureuse. Et l'ombre d’une arrestation est toujours possible si la police enquête. Grace rencontrera des personnes prêtes à l’écouter. On suit le parcours de Grace et on ressent l’envie de Grace de parler, de se confier. Je me suis prise de sympathie pour elle malgré son acte. Même si elle semble fragile, c’est une femme déterminée qui ira au bout de son chemin. Sans raconter tout le livre, la réaction de son fils sera surprenante et inattendue. En toile de fond, il y a l’Irlande et ses lois avec une autre histoire inspirée d’un fait réel. Celle d’une jeune fille de 14 ans qui été violée et qui est enceinte de son agresseur. La loi Irlandaise l’interdit de se faire avorter. L’opinion publique prend part à ce débat et se mobilise.Un portait de femme d’une richesse étonnante, très bien décrit et desservi par une belle écriture. Que du bonheur… http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
30/11/10
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.25 kg