EDITEUR : FLAMMARION
DATE DE PARUTION : 04/01/99
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Ebook

SYNOPSIS :

«Les Maximes, d'un froid éclat de diamant, sont le carnet secret d'un écrivain qui, comme il le recommande, ne s'est jamais
servi de "paroles plus grandes que les choses". Son style avait mis quinze ans à paraître couler de source.» Paul Morand
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Lorsque j'ai lu pour la première fois les Maximes de Monsieur de La Rochefoucauld, j'étais encore qu'une toute jeune personne. La lecture de cette oeuvre m'a aidé à supporter la maladie qui me tenait alitée et à aimer encore davantage la littérature de l'âge classique.Pour comprendre cette oeuvre, il faut connaître le parcours de cet homme d'exception. Monsieur de La Rochefoucauld appartenait à la noblesse d'épée. Il s'est illustré dans les campagnes militaires avec beaucoup d'habileté. La postérité retiendra en autre de lui sa participation à la Fronde contre Mazarin. On retiendra aussi son génie littéraire mais aussi l'acuité de son esprit. Courtisan mais aussi intriguant contre Mazarin mais aussi contre le cardinal de Retz à qui il consacre un portrait au vitriol, La Rochefoucauld est un homme qui ne connaît que trop bien les arcanes du pouvoir, les fortunes que les puissants accordent et défont au gré de leurs humeurs. Cette observation de la vie de Cour et ses manigances nous donne ici un magnifique ouvrage sur la petitesse et la mesquinerie entre pairs du royaume. Cependant, les Maximes et Réflexions diverses ont selon moi, une portée universelle. L'oeuvre s'adresse à tous car chacun y trouve ses vices et faiblesses dénoncés avec brio et ironie.Tous les thèmes sont abordés. Rien n'échappe à l'oeil de faucon du Duc. Son dessein est de montrer l'être humain tel qu'il est dans sa petitesse et dans sa lâcheté. "On blâme aisément les défauts des autres, mais on s'en sert rarement à corriger les siens" ou encore "La ruine du prochain plaît aux amis et aux ennemis". La Rochefoucauld dissèque l'âme humaine, il la dessine, il l'écorne pour mieux nous faire contempler notre propre finitude et notre vacuité "Il est plus aisé d'être sage pour les autres que de l'être pour soi-même"; "Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne se plaint de son jugement". Lorsque la première édition des Maximes paraît en 1664 , La Rochefoucauld avait 53 ans. Il a déjà une expérience riche et bien remplie. La vie ne l'a pas épargné mais elle ne l'a pas non plus détesté. Le Duc, parvenu au soir de sa vie, acquiert cette gravité qui lui permet de disserter sur la nature humaine et les affres de la mort: "Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement" . Méditant sur ses propres infortunes (il a vu ses châteaux rasés, il a été jeté en prison et exilé) et celle de ses compagnons, il livre ses réflexions comme Marc- Aurèle (mon deuxième de chevet) l'a fait dans son temps sur le pouvoir, la puissance et la condition humaine :" Comme la plus heureuse personne du monde est celle à qui peu de choses suffit, les grands et les ambitieux sont en ce point les plus misérables qu'il leur faut l'assemblage d'une infinité de biens pour les rendre heureux". Tout compte fait, Le Duc exprime ici la vanité de toute chose. Tout passe et l'homme trépasse. Il est tel Hamlet contemplant le crâne d'un mort avec peut-être la sagesse en plus. Une oeuvre magnifique, une pierre noire comme la mélancolie qui traverse l'époque pour venir jusqu'à nous, lecteurs des temps modernes pour nous mettre en garde contre les possessions vaines. Les Maximes sont aussi une leçon de sagesse pour notre temps qui semble se complaire dans la confusion entre l'être et l'avoir. Les Maximes remplissent la même fonction que le serviteur de jadis, placé derrière le général romain triomphant de ses batailles pour lui susurrer sa terrible et misérable condition "N'oublie pas que tu es mortel". Je ne peux que vous le conseiller car la pureté de la langue du 17ème est déjà un bonheur pour ceux qui aime le Français et sa littérature. J'ai eu le bonheur de connaître cette oeuvre avant l'âge de raison. Elle dicte ma conduite et mon action. Pour les critiques, cette oeuvre fait partie de ce qu'ils appellent "la littérature du discontinu". Pour moi, ce discontinu est la vie elle-même et qui mieux que le Duc pour nous en parler? Et si le coeur vous en dit, visitez donc son château dans la Charente. Une pure merveille, un moment d'intense émotion surtout lorsque vous accédez à sa bibliothèque. Victoire

tran
23/11/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.17 kg