Memoires d'une jeune fille rangee

BEAUVOIR, SIMONE DE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 06/10/58
LES NOTES :

à partir de
25,40 €

SYNOPSIS :

«Je rêvais d'être ma propre cause et ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrait de réaliser ce voeu. Elle m'assurerait une immortalité qui compenserait l'éternité perdue ; il n'y avait plus de Dieu pour m'aimer, mais je brûlerais dans des millions de coeurs. En écrivant une oeuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je
justifierais mon existence. En même temps, je servirais l'humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres? Je m'intéressais à la fois à moi et aux autres ; j'acceptais mon "incarnation" mais je ne voulais pas renoncer à l'universel : ce projet conciliait tout ; il flattait toutes les aspirations qui s'étaient développées en moi au cours de ces quinze années.»
8 personnes en parlent

J'ai été passionnée par ce roman, cette autobiographie de Simone De Beauvoir qui "trainaît" dans ma bibliothèque depuis quelques années. Mémoires d'une jeune fille rangée est le premier tome de son autobiographie, elle y parle de son enfance, de son adolescence et de sa vie d'étudiante jusqu'à ses 20 ans et sa rencontre avec Jean-Paul Sartre. J'ai beaucoup aimé le style d'écriture, et de me plonger dans la vie de cette jeune fille bourgeoise qui peu à peu se pose beaucoup de questions sur la vie, la religion, la bourgeoisie.

un flyer
05/04/12

Servi par une belle qualité d’écriture, ce récit relatant la construction de l’identité de cette grande figure intellectuelle du 20e siècle m’a définitivement séduite.Cette révolution intérieure passe d’abord par la lecture d’ouvrages littéraires et philosophiques autorisés par le père, puis prohibés, prêtés par son complice, le cousin Jacques, qu’elle adule. Cette rencontre livresque se double ainsi d’une rencontre de personnes qui vont durablement l’influencer : son cousin, dont elle est longtemps amoureuse, Zaza, sa meilleure amie au cours Desir, et enfin Herbaud, grâce à qui « le Castor » fera la connaissance de Jean-Paul Sartre.Plus que toute autre crise d’adolescence, la construction identitaire de Simone de Beauvoir passe par son opposition au modèle véhiculé par son milieu familial et par les cours Desir régis par les nonnes. Alors que son père épouse les idées de l’Action française, elle pense à s’engager pour lutter contre l’injustice, et cache à son entourage qu’elle ne croit plus en Dieu. A la vue de toutes ses amies et cousines contraintes d’épouser le mari que leurs parents ont choisi pour elles, elle se révolte également contre ce joug qui bride leur personnalité et les destine à un rôle d’épouse et de mère, annonçant dès lors Le Deuxième sexe, qui influencera durablement le mouvement féministe.Le récit de ces destins brisés, celui de son cousin Jacques comme celui de son amie Zaza, lui permet en quelque sorte de leur rendre hommage, de révéler à la postérité qui ils auraient pu être, et comment l’étau de l’obéissance familiale a pu détruire leur belle individualité, et parfois leur amour.Une lecture édifiante aussi, qui, non contente d’éclairer la trajectoire de cette grande figure intellectuelle, peut conforter la voie de jeunes lecteurs / lectrices.

CarnetsdeSeL
17/10/12
 

A l’adolescence, j’arpentais les rues de Paris, à la recherche des âmes du Castor et de Sartre, dont je lisais inlassablement la correspondance. La nuit, dans mon lit, j’essayais de toutes mes forces de « penser », je croyais encore alors en une espèce de « déclic » qui m’ouvrirait les portes de leur univers : pouf, « je pense » (donc je suis).J’étais fascinée par ce couple, dont les écrits m’étaient pourtant assez hermétiques, mais qui touchaient en moi quelque chose que j’étais bien incapable de préciser.En 2006 j’ai suivi les différents feuilletons télévisés consacrés à ce couple, j’ai trouvé Anna Mouglalis très loin de « ma » Simone et Denis Podalydès, éblouissant, presque trop.Et ils ne m’ont pas satisfaite. Je ne comprenais pas l’amitié pour Zaza, il me semblait que ce n’était pas Sartre qui avait donné son surnom au Castor (et c’est effectivement Herbaud), je n’avais pas cette vision-là de ces deux êtres, je ne comprenais plus leur pacte.Alors j’ai ouvert les mémoires de Simone de Beauvoir.Dans ce premier opus, elle se raconte de sa toute petite enfance (née en 1908), à ses 21 ans (où elle commence tout juste à fréquenter Sartre, très platoniquement), jusqu’au décès de Zaza : « J’ai pensé longtemps que j’avais payé ma liberté de sa mort ».Et j’ai compris, maintenant, oui, quel amour puissant Simone avait longtemps éprouvé pour Zaza, dont la faconde, la différence, l’apparente aisance corporelle, l’avaient éblouie au temps de leur enfance, où elle-même se pensait laborieuse et appliquée. La façon dont le corps avait été écarté, la tête décidait, le reste devait suivre, elle ne savait ni nager ni rouler en vélo par exemple. 21 ans et jamais un émoi physique, (à part vers ses 12 ans, sensations de la puberté), elle se fait à la vingtaine peloter par un inconnu dans un cinéma et ne comprend absolument pas ce qui lui arrive.Elle est pétrie d’idées reçues, intellectualise absolument tout évènement.A 15 ans, elle décide quel serait le type d’homme qu’elle élirait pour compagnon (elle ne serait jamais une compagne elle-même, elle aurait un compagnon, nuance). Forcément supérieur intellectuellement, puisque, suivez-moi : tenant pour évident que les deux sexes sont égaux, et se considérant comme d’office privilégiée, de part son éducation et son intelligence, pour être à son niveau l’homme devait obligatoirement la devancer.J’ai été touchée par la précision sans complaisance avec laquelle elle se décrit, la naïveté (et la bêtise, parfois) de ses convictions enfantines quant à la vie sociale, ses hurlements de solitude et les va-et-vient mentaux incessants pour trouver sa place, sa raison de vivre.« J’aimais beaucoup le mot de Lagneau : « Je n’ai de soutien que mon désespoir absolu. » Une fois ce désespoir établi, puisque je continuai à exister, il fallait me débrouiller sur terre le mieux possible, c’est-à-dire faire ce qui me plaisait. »Et puis, évidemment, plus que tout, son amour de la littérature, ses émois, ses premières « impressions profondes » de lecture (Enfant :Little Women de Louisa May Alcott et Le Moulin sur la Floss de George Eliot.)La lectrice vivante qu’elle était : « Soudain, des hommes de chair et d’os me parlaient, de bouche à oreille, d’eux-mêmes et de moi ; ils exprimaient des aspirations, des révoltes que je n’avais pas su me formuler, mais que je reconnaissais. J’écumai Sainte-Geneviève : je lisais Gide, Claudel, Jammes, la tête en feu, les tempes battantes, étouffant d’émotion. »« Je me disais que, tant qu’il y aurait des livres, le bonheur m’était garanti. »Ces cinq cent pages défilent comme un rêve.

SagnesSy
07/09/12
 

Fallait-il atteindre l'âge d'être une vieille femme dérangée pour aller plonger son nez dans le journal d'une jeune fille rangée ? D'une jeune fille sauvée. Sauvée d'elle-même et par elle-même. Sauvée de cette société, au début d'un siècle qui marquait déjà l'histoire de ses lettres les plus tragiques, mais qui allait voir changer son cours par de grandes, brillantes et intelligentes plumes. Mais l'encre se dilue et les lignes pourraient s'effacer sous les néons de nos vaines et monnayables gloires que notre nouveau siècle fait clignoter arbitrairement au front cyclopéen de nos nations.C'est par l'étude, le savoir, la rigueur, la volonté, son appétit, son auto-discipline et le goût immense de la joie, que cette jeune fille a réussi à sortir du tiroir au fond duquel la société lui demandait de ne rien déranger tout en restant bien pliée. Issue de la plus pure et vieille tradition bourgeoise, catholique Saint Sulpicienne, la petite Simone a creusé son chemin du cours Désir au café de Flore. Cela ne fait pas beaucoup de mètres, c'est vrai, mais à bien lire, une tête, bien menée, bien haute, bien faite à la hauteur de ce qui la remplit, ça vous mène une femme extrêmement loin.C'est le journal d'une jeune fille. Pas n'importe laquelle, le journal de cette femme là.Le journal d'une époque, d'un monde, où les choses se faisaient ou pas - non pas selon ses propres choix mais selon ceux que la société, les prêtres, l'école, la famille, les pouvoirs en place et la morale tricotaient pour faire tenir bien serré « tout son petit monde dans tout ça » et faisaient enfiler ses Lois au corps obéissants et tremblants de ses enfants.Ce n'est pas de l'histoire ancienne, c'est l'histoire d'une femme que toutes les femmes se racontent et se rappellent aux autres, en chemin, vers la route qui les mènera là où plus rien ne les retiendra de vouloir vivre selon leurs choix et ne plus accepter de tenter de survivre sous les coups de la Loi.« Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre. »Manifeste des 343 pétition française parue le 5 avril 1971 dans le n°334 du magazine Le Nouvel Observateur, et signée par 343 femmes.Astrid Shriqui Garain Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
22/09/15
 

Chère Simone,Je dois dire que si j’ai fini votre livre, ce fut un peu au forcing. En vérité, il m’a surtout plu… sur la fin. Ce que vous écrivez sur Sartre est sans nul doute ce qui m’a le plus intéressée. En revanche, votre « je » m’a semblé péremptoire, étouffant, envahissant.J’ai bien compris ce que représentait votre parcours en tant que femme dans une société qui ne reconnaissait aucune place à celle-ci, si ce n’est celle de « Bobonne », et qui, d’une façon générale, était sclérosée. Je n’aurais pas aimé être à votre place, vraiment pas, et je suis plutôt admirative face à votre combativité.Il n’en reste pas moins que l’essentiel du livre concerne vos états d’âme et que j’en ai souvent été agacée. Votre usage particulièrement abondant du point virgule m’a également parfois pesé.Ainsi, je pense que nous en resterons là vous et moi. Une fois ma lecture achevée, je n’ai pu m’empêcher de penser : « ça, c’est fait », alors même que l’histoire de votre vie intellectuelle devenait intéressante. Dommage, toutefois, que vous ayez versé dans le pathos à la toute fin, cette fin qui montre combien vous étiez encore marquée par une pensée formatée par la religion.Je compte renouer avec Sartre cette année ; j’espère que vous ne m’en voudrez pas.Bien amicalement,…

mycupoftea
25/01/13

Cette première partie de la vie de Simone Beauvoir qui va jusqu’à sa vingt-et-unième année est tout simplement passionnante ! Je voulais lire des biographies et plus particulièrement de autobiographies, je me suis donc plongée dans celle-ci pendant les vacances d’été. Je n’ai pas été déçue du tout, au contraire j’ai été passionnée par la vie de cette femme. Je me suis retrouvée dans ses pensées et principes pendant une bonne partie du livre, ses réflexions sur la religion, le mysticisme sont très intéressantes. On découvre avec joie le Paris des années cinquante et la vie mondaine de Simone qui ne reste pas dans la cage imposée à son âge et à son sexe mais qui au contraire brave les interdits et nous entraîne dans les bars et les dancings, lie des amitiés masculines, lis des lectures interdites… N’hésitez pas à vous plongez dedans.

Elinor
28/02/12

« Etrange certitude que cette richesse que je sens en moi sera reçue, que je dirai des mots qui seront entendus, que cette vie sera une source où d’autres puiseront : certitude d’une vocation… » Simone de Beauvoir ne pouvait pas être plus proche de la réalité en écrivant ces mots dans son carnet. La preuve est que, bien des années après la publication de ses livres, bien des années après sa mort, elle est toujours lue. Etrange destin que celui de cette petite fille ayant vécu dans le monde de la bourgeoisie, où la jeune femme peut faire des études, mais où elle doit bien vite se ranger dans le mariage, devenir une épouse. Choyée par ses parents, elle se sent très vite unique, et ce n’est pas sans orgueil qu’elle découvre la vie. Elle sait très tôt que le mariage n’est pas pour elle, choquant son milieu, et ses parents. Dans cette ouvrage, Simone de Beauvoir explique comment elle du surmonter les épreuves, les pièges que lui tendait son milieu. S’affirmer ne fut pas facile. On ne peut lire ce livre sans ressentir un minimum d’admiration pour cette femme. Mais ce qui est plus surprenant encore, c’est de se rendre compte qu’aujourd’hui, on puisse encore se poser les mêmes questions qu’elle. Se sentir proche de Simone de Beauvoir, voilà qui rend la lecture tout à fait exceptionelle. Je crois bien ne pas avoir ressenti cela depuis la lecture de Du côté de chez Swann, de Marcel Proust. Cette envie de dévorer le livre, de ne jamais s’arrêter, et pourtant craindre d’arriver à la fin. La vie de Beauvoir se lit comme un roman, tant elle fut incroyable, pleine de rebondissements. Et par delà sa vie extraordinaire, par delà son travail en philosophie, ses études, ses relations, par-dessus-tout, son écriture à elle seule donne envie de tourner les pages sans s’arrêter. Je crois bien ne plus avoir connu de tels sentiments lors d’une lecture depuis longtemps. Il y a cette envie maintenant de lire tous ses ouvrages, de me plonger durant des heures dans son œuvre. Le Castor savait qu’elle aurait une vie hors du commun, elle savait qu’elle avait du talent, qu’elle serait lue. Un brin orgueilleuse, parfois. Mais elle avait raison, elle touchait à la vérité. Simone de Beauvoir est exceptionnelle. Il n’y avait aucun mal à ce qu’elle le sache, et à ce qu’elle le dise.

EmmaBovary
26/04/11
 

Voici donc l'autobiographie de Simone. C'est après que mon professeur d'histoire contemporaine nous en ait parler en cours que j'ai eu envie de découvrir l'histoire de cette demoiselle. Demoiselle car dans ce premier opus, ce sont ses vingt premières années qui nous sont racontées. Simone y retrace sa petite enfance dans son milieu bourgeois, enfant chérie et adulée. Puis elle décrit sa maturation, son émancipation alors qu'elle grandit. Elle se détache de ce milieu, qu'elle finit par rejeté complètement. Elle se tourne vers une profession méprisée, le professorat, par son père, sa mère qui y voit une déchéance. Le livre se termine sur sa rencontre avec Sartre, à l'époque où elle remporte son concours. L'une des premières choses que je dois évoquer sur ce roman est l'écriture. En effet, c'est extrêmement bien écrit. C'est tout simplement impressionnant. Mais parfois tellement bien qu'il faut maintenir une attention soutenue. Quant au contenu, on va dire que mon attention à été variable selon les passages. Certains semblent plus longs que d'autres. Globalement, j'ai davantage apprécié découvrir l'histoire de Simone alors qu'elle atteint ses 15ans. Cependant, j'ai aimé découvrir son enfance à travers un contexte historique différent d'aujourd'hui : le milieu bourgeois encore très catholique, les années de guerre (la première) où Simone fait sa chauvine en écrasant la poupée de sa soeur "made in Germany", l'Entre-deux-guerres et les problèmes économiques, la naissance des mœurs nouvelles plus libertines... Sa vie nous offre un regard sur ce monde qui a beaucoup évolué et sur des tranches de vie inconnues.Simone, elle-même, est intéressante à suivre, à voir évoluer. On voit se forger son caractère peu à peu, évoluer ses idées. Elle rejette Dieu, se détache de la bourgeoisie, se lance dans un développement intellectuel à travers des études littéraires et philosophiques. On suit ses rencontres avec de nouvelles personnes avec intérêt, grâce à ses fines observations et ses réflexions. Tout ceci rend le livre intéressant en lui-même. Il en reste donc que j'ai bien aimé découvrir ces mémoires. Quant à la suite, après ses vingt ans, peut-être un jour si je découvre le tome 2 d'occasion comme ce fut le cas pour celui-ci.

Lunasirius
26/03/11
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.36 kg

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