Metamorphoses d'un mariage

MARAI, SANDOR

EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 04/10/06
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

A travers trois longs monologues successifs, Márai dissèque l'histoire d'un trio amoureux. Chacun des personnages donne tour à tour sa version de l'histoire, les trois récits-confessions offrant au lecteur de subtils jeux de miroir qui permettent de cerner au plus près la vérité de chacun, les motifs psychologiques et socioculturels de ses agissements, les raisons de ses échecs, amoureux et autres. 1 - Dans une pâtisserie, une femme attire l'attention de son amie sur un homme en train d'ouvrir son portefeuille : Peter, dont elle est divorcée depuis trois ans. Ce portefeuille, elle le lui avait offert pour ses 40 ans. Un jour, elle a trouvé dedans un ruban mauve appartenant à Judit, la bonne de sa belle-mère. 2 - Après avoir divorcé de Judit, Peter l'aperçoit dans un café. Il fait à l'ami qui l'accompagne le récit de ses deux mariages. Issu de la grande bourgeoisie conservatrice, il est tombé amoureux, encore adolescent, de la jeune bonne. Econduit
par elle, il a épousé Ilonka, la bourgeoise belle et cultivée dont nous venons de lire la confession. Mais un jour, Judit a ressurgi dans sa vie... 3 -Rome, 1948. Judit est la maîtresse d'un musicien à qui elle raconte son passé, son mépris pour la vie, à ses yeux absurde, de ces bourgeois qu'elle a servis comme bonne puis comme épouse. Elle raconte aussi la guerre, le siège de Budapest, l'écroulement d'un monde et l'avènement d'un autre, où des hommes comme son ex-mari n'ont plus leur place... L'intrigue remarquablement menée, avec ses rebondissements, ses coups de théâtre, la finesse de l'analyse psychologique, le style ondoyant et musical, font de ce livre, écrit entre 1941 et 1948, une parfaite réussite. On y retrouve les thèmes favoris de Márai : radiographie d'une histoire d'amour et de trahison, réflexion sur les antagonismes de classe, sur le déclin de la bourgeoisie hongroise, sur la guerre et sur la fin d'un monde.
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Ce livre à 3 voix décortique les métamorphoses de 2 mariages dont le protagoniste commun est Peter. Chacun raconte à un auditeur muet sa vision de leurs relations. En premier lieu Ilonka, la première épouse, issue de la moyenne bourgeoisie belle, riche, …. Tout pour réussir mais qui n’a pu percer ni la carapace de Peter, ni son secret et qui, de guerre lasse, après la découverte d’un modeste ruban dans le portefeuille de son mari, demandera le divorce. Ilonka restera blessée par ce mariage raté.Nous découvrons Peter, sorte de gendre idéal, issu de la haute bourgeoisie, dont les maîtres mots sont ordre, travail, moralité, discrétion, maîtrise de soi, hors de tout sentiment excessif. Ce carcan l’étouffe et il crut le faire exploser avec l’amour qu’il porte à Judit la jeune bonne. Avant tout, il n’accepte pas l’indépendance de sa femme et qu’ainsi, elle ne soit pas son « élève » « Elle avait une ouïe très fine et elle a vite deviné mes intentions… alors elle s’est vexée à l’idée de devenir mon élève…. Bref, ce qui m’empêchait de m’entendre avec ma première femme, c’était sa vanité, son amour-propre blessé…. » À travers sa propre version Peter nous décrit très bien la société bourgeoise hongroise de l’entre-deux guerres et de l’après-guerre. Quant à sa seconde épouse, Judit qui était l’ancienne bonne de sa mère, femme durcie par son enfance plus que misérable, elle aura la vie matérielle d’une grande bourgeoise, mais ne pénétrera et ne comprendra jamais cette classe. Elle confie son récit à Ede, son amant, grand batteur de jazz.Tout autour de ces récits, l’on voit la bourgeoisie hongroise évoluer, la lutte des classes. La guerre et l'arrivée des russes en Hongrie change la donne. Peter est obligé, toute vanité mangée, de fuir son pays et d’émigrer aux Etats-Unis. Le confident et amant de Judit, lui aussi, se voit dans l’obligation de fuir son pays pour ne pas être « utilisé » comme taupe par les dirigeants communistes de l’époque. Il se retrouve en Italie pour poursuivre sa carrière musicale. A la mort de judit, il se retrouve barman à Broadway et rencontre Peter à qui il raconte Judit !!!La désillusion continue aux USA et l’on voit que, même s’ils ont fui leur pays, ils n’ont pas trouvé le bonheur espéré, mais seulement la société de consommation !!!A la fin de chaque monologue, j’ai interrompu ma lecture. C’est une écriture très dense, souvent linéaire, quelque fois un peu longue. Ces lectures en miroir permettent de constater l’incommutabilité existant entre ces personnages, de toucher du doigt le mur invisible qui existe entre les « castes ».J’ai préféré de loin, les confessions des 2 femmes.Ce n’est pas un coup de cœur, mais une belle œuvre et j’ai dans ma PAL un autre roman de Sándor Márai.

zazy
27/10/12
 

Format

  • Poids : 1.00 kg
  • Langage original : ANGLAIS
  • Traducteur : BIANU ZENO