Miss charity

MURAIL, MARIE-AUDE

livre miss charity
EDITEUR : ECOLE DES LOISIRS
DATE DE PARUTION : 06/11/08
LES NOTES :

à partir de
25,20 €

SYNOPSIS :

Charity est une fille. Une petite fille. Elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d'échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l'église, à la rigueur. Les adultes qui l'entourent ne font pas attention à elle,
ses petites soeurs sont mortes. Alors Charity se réfugie au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne. Pour ne pas devenir folle d'ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par coeur et dessine inlassablement des corbeaux par temps de neige, avec l'espoir qu'un jour quelque chose va lui arriver...
16 personnes en parlent

Ce roman est un refuge, dans lequel les 560 pages ne sont pas de trop pour nous couver, nous dorlotter, nous emporter. On ne se lasse pas une minute, on plonge, on adore et on décolle pour une autre dimension, on vit à l'heure victorienne dans cette Angleterre riche et prospère, un peu crispée et hypocrite sur ses arrières. C'est aussi l'histoire d'une jeune demoiselle, sensible et cultivée, intelligente et originale. Miss Charity Tiddler, née en 1870, est l'unique rejeton d'un couple guindé, qui appartient à la bonne société. C'est une enfant solitaire, elle aime trouver refuge au troisième étage de la demeure familiale, dans sa nursery où elle cache sa petite ménagerie. Car Charity s'entoure de petits animaux (des souris, des grenouilles, des lapins, des canards etc.) et passe son temps à les observer pour les dessiner, les peindre à l'aquarelle. Son goût des sciences naturelles, ses longues promenades dans la campagne du Kent, ses discussions en aparté avec ses compagnons animaux et ses lectures de Shakespeare qu'elle apprend par coeur ne font pas d'elle une jeune lady appliquée. Et c'est justement parce que Charity Tiddler ne convient pas à l'image moulée et à l'archétype attendu qu'on s'attache à elle, en reconnaissant implicitement un parcours à la Beatrix Potter... Mais c'est de manière générale un hymne à la littérature, à travers Jane Austen, la comtesse de Ségur, Charlotte Brontë et George Sand, pour ne pas en nommer davantage, que cet épais ouvrage nous convie. C'est un véritable enchantement. Un remarquable travail de finesse, d'humour, de délicatesse. Et les illustrations de Philippe Dumas sont un atout inestimable dans cet ensemble raffiné.J'ai tout bonnement adoré, c'est simple, je ne voulais plus en sortir. J'ai aimé les mille petits détails qui fourmillent à chaque page, la belle description de l'éducation anglaise, la volonté encore balbutiante de l'émancipation de Charity, son tempérament teinté de discrétion et de modestie, ses bonnes manières, sa gentillesse, son amitié pour sa gouvernante française et pour sa bonne, une écossaise à la chevelure rousse, Tabitha, qui raconte des histoires folles parce qu'elle-même est ravagée. Et Charity, à l'aube des manifestations d'indépendance pour la femme, apparaît davantage excentrique et incomprise. C'est une originale, certes, mais surtout elle est différente, rêveuse et douée. Elle chante faux, joue mal du piano, fuit la broderie mais elle se révèle dans le dessin et l'aquarelle. Elle comprend très vite une chose, « Autant les fleurs et les champignons trouvaient facilement leur nom et leur définition au clair soleil de ma raison, autant les choses humaines se déposaient au fond de moi, toutes grises et indécises. ». Miss Charity ne se mêle pas aux sorties mondaines, noue des relations profondes avec des personnages jugés inconvenables, comme Kenneth Ashley, un ami d'enfance de ses cousins, un fils de fermier qui s'est lancé dans le théâtre. Quelle belle rencontre, d'ailleurs. Ce jeune homme est remarquable, effronté et coquin pour l'apparat, mais sa fantaisie est attirante ; et on ressent presque des petits papillons dans le ventre lorsqu'il fait son entrée et taquine la timide Charity.En bref, j'ai plus qu'aimé. Je me suis noyée avec bonheur dans ce roman-pavé de près de 600 pages. Impossible de l'abandonner. C'est en outre regrettable de tourner la dernière page et de lâcher la main de Miss Charity. Marie-Aude Murail a su brillamment nous enchaîner... encore, des lectures de la sorte !

Clarabel
20/02/09
 

Un roman que j'ai beaucoup aimé et dévoré en deux jours : la première partie, qui se déroule sur toute l'enfance de Charity est particulièrement réussie et j'ai apprécié le second degré qui s'en dégage. La seconde partie, moins drôle, reste intéressante et nous livre quantité d'informations sur la condition féminine dans la bonne société victorienne. Cependant, j'ai tout de même ressenti quelques longueurs dans le dernier tiers du livre, alors que Charity est devenue un auteur accompli mais avant le dénouement. Il m'a semblé ici que les événements la liant à Kenneth étaient un peu répétitifs.

mlejteferaisdire
18/08/09
 

Londres, 1875. Charity Tiddler a 5 ans, et c’est une petite fille qui se sent bien seule. Elle se réfugie dans son petit monde animalier, où elle apprivoise souris, lapins, canards, et autres corbeaux. Ce n’est pas du goût de ses parents, surtout de sa mère qui n’a guère de paroles aimables pour elle, mais Charity s’épanouit ainsi, tout en dessinant ses animaux. Hommage évident à Beatrix Potter et à son lapin Peter, hommage au roman victorien, à Dickens, Austen, Brontë, Shakespeare … ce bon et gros roman de Marie-Aude Murail est un chef-d’œuvre : délicatement illustré par les aquarelles de Philippe Dumas, il bouleverse les publications de l’Ecole de Loisirs puisqu’il n’exige pas moins qu’un grand format exceptionnel ! Plus de 560 pages où tout est de qualité : l’objet, le papier, l’illustration, le récit… On suit avec plaisir la petite Charity jusqu’à l’âge adulte, côtoyant Oscar Wilde et Bernard Shaw, la société victorienne de la fin du XIXème siècle où toute jeune fille non mariée est suspecte. Indépendance de la femme, liberté de création, monde de l’édition, et déjà… fortune des produits dérivés, voilà quelques uns des thèmes abordés dans ce livre. Histoires d’amour aussi, bien sûr, en plus des nombreuses références aux personnages cités plus hauts.Ce qui m’a toujours soufflée dans ce genre de romans, c’est le talent à plonger et à rendre vraisemblable une époque, alors que la période d’écriture est pourtant tout ce qu’il y a de plus contemporain, ce livre ayant été publié en 2008.Bourré de références, il n’en reste pas moins aisé à lire, et très plaisant. A conseiller dès 12 ans et sans limite d’âge, même s’il entre dans la catégorie 12-16 ans sur le catalogue de l’école des Loisirs.

Jdhelene
08/06/09
 

« Un auteur à succès ? Dans notre famille ! Je savais bien que tout cela finirait mal. » 1880. Charity est une petite fille intelligente et curieuse qui, comme toutes petites filles de son rang et de son époque, se doit de passer ses journées à la nurserie en compagnie de sa bonne. Partager un repas avec ses parents est un évènement destiné aux grandes occasions dans un monde divisé en deux parties distinctes : ce qui est convenable et ce qui ne l'est pas. L'ennui peut conduire à la folie. C'est pourquoi Charity fera de sa nurserie une arche de Noé accueillante pour bras et pattes cassées.Ayant commandé ce livre en ligne, je m'attendais à recevoir un petit livre précieux égal à la très belle collection École des loisirs. Qu'elle ne fut pas ma surprise en découvrant une magnifique reliure recouvrant une épaisseur de 563 pages !A l'instar de son écrin, cette lecture est une merveille. J'ai résisté à la tentation de ne pas lire trop vite afin de savourer le sourire aux lèvres qui ne m'a pas quitté du début à la fin. Les personnages sont attachants et abordés avec profondeur et justesse. J'ai eu un coup cœur particulier pour les lettres que Charity s'envoie à elle-même. On constate l'ennui et le gâchis du talent des femmes brillantes. On apprend avec grand intérêt de délicieux et effrayants détails propres à cette époque dont voici quelques exemples :« Une soirée en faveur de la Société pour la diffusion de la Bible chez les Papous, les éléments nécessaires à la réussite d'un pic-nique (il faut prévoir six homards, un roulé de tête de veau, des feuilletés à la confiture, beaucoup de bière, des jeunes gens, une vieillie fille pour les surveiller, trois ou quatre enfants faciles, quelques messieurs mûrs, des ruines à visiter (rien à voir avec les messieurs mûrs), des fraises à cueillir, un orage en fin de journée), l'incontournable et obligatoire morale des livres jeunesse (Alice la désobéissante qui joua avec les allumettes fut réduite en cendres, Gaspard le capricieux refusa de manger sa soupe trois jours de suite et mourut squelettique, Irma la colérique qui battait sa bonne finit sa vie sur un tas d'ordures, Bobby l'agité qui se balança sur sa chaise se fendit le crâne sur le parquet), tout ceci gaiement mis en couleurs et en vers « Conrad ne regarde jamais où il met les pieds. Et voyez le pauvre ! Il est maintenant noyé !)" Résumer ce livre à une biographie inspirée de Beatrix Potter serait dommage car même si c'est le cas, il est bien plus cela. Cette lecture nous emmène dans un voyage enchanté. On pense à Jane Austen, on est charmé de la visite d'Oscar Wilde et de Georges Bernard Shaw et même si l'on ne possède pas la fibre animale, on tourne la dernière page avec l'envie d'adopter un lapin. Conclusion : j'ai découvert l'écriture fine et délicate de Marie-Aude Murail et je ne vais pas en restez-là ! Je regrette seulement de ne pas l'avoir remarquée avant.Petit bémol : La couverture cartonnée avantage la beauté de l'objet mais j'ai galéré au début pour ouvrir le livre en entier. Après plusieurs jours, le carton se forme mais comme c'est une lecture jeunesse, je me demande si le beau est ici pratique et ne risque pas de décourager. Si on y réfléchi, c'est aussi un bon moyen de se faire les muscles tout en se nourrissant l'esprit.

Theoma
01/12/09
 

Miss Charity Tiddler, petite fille anglaise du 19e siècle, n'est pas tout à fait comme les autres. Elle s'ennuie. Elle occupe ses journées à élever rats, souris, crapauds et lapins, apprend Shakespeare par cœur et fait des recherches scientifiques pour tromper son ennui et se distraire de son morne quotidien, entourée de sa bonne, Tabitha, et de ses parents qui n'ont pour elle que peu de considération.Dans l'espoir de la voir s'intéresser à des sujets plus convenables et d'en faire une petite fille modèle, sa mère engage une gouvernante française pour lui enseigner, entre autres choses, le dessin. De la naîtra une véritable passion : Charity, qui aime la nature et l'air de la campagne par dessus tout, n'aura de cesse de peindre en détail la faune et la flore qui l'entourent, au risque de s'attirer les foudres de sa mère et les quolibets de ses cousines.Mais quel est le but de cette éducation ? s'interroge Charity. Elle trouvera sa voie dans le monde en grandissant, apprendra les ficelles de la pêche à la mouche, découvrira la règle du LSP, etc. Et, sait-on jamais, peut-être tombera-t-elle amoureuse ?Le cœur sur la main et toujours occupée à faire le bien, Charity n'est pas pour autant une personne ennuyeuse. Au contraire ! Adepte de l'humour pince-sans-rire, elle n'est jamais là où on l'attend, au grand dam de sa famille mais pour le plus grand plaisir des ses amis, hautement pittoresques eux aussi !Ce roman inspiré de la vie de Beatrix Potter et qui revisite le style comtesse de Ségur est une véritable fontaine de délices. Son seul défaut, c'est d'avoir une fin...

Melacloche
05/08/14
 

Récit raconté à la première personne, on suit la vie de Charity. Cette jeune fille n'est pas comme les autres, elle est en décalage avec son monde et elle le restera toute sa vie durant pour notre plus grand plaisir. Car, oui j'ai adoré cette lecture qui m'a alors fait voyager à la fois dans le temps mais également dans l'espace. On se retrouve plongée au XIXè siècle dans le Sud de l'Angleterre. Ce roman est un roman jeunesse mais tout le monde peut le lire sans distinction de l'âge. Autant jeune que moins jeune, on passe par toutes les émotions qu'un humain puisse ressentir. Tour à tour, on sourit, on rit aux éclats, on est triste, on pleure. Mais toujours avec Charity. Ce personnage principal est très attachant, on vit avec elle ses aventures. On vit sa vie et même si le livre est un pavé de 560 pages, on en redemande. Un brin de nostalgie nous étreint le coeur lorsqu'il s'agit de lire le dernier mot de l'histoire et de savoir alors qu'on laisse Charity continuer sans nous. Quand j'ai commencé cette lecture, je n'en attendais pas grand chose ! Mais j'ai été étonnée et me suis laissée couler dans le récit. Les mots filaient, les pages se tournaient, les chapitres passaient et je ne pouvais toujours pas décoller de cette lecture ! Je me voyais avec Charity derrière elle, regardant par son épaule sa vie, ses tours avec ses animaux et les personnes qu'elle rencontre lors des différentes étapes qui ont composé sa vie. De plus, Charity Tiddler est une enfant "bizarre" qui récite du Shakespeare et élève une véritable ménagerie à côté de sa chambre. Ses différentes caractéristiques vont la placer dans l'ombre de toutes les jeunes filles de son âge, les sermonts ou les paroles de sa mère ne vont pas aider. En effet, sa mère lui a créé des complexes sur son physique et cela forge son caractère pour qu'elle devienne une femme indépendante et très terre à terre. Quand on voit les autres jeunes filles de l'histoire, on ne peut que remarquer la pâleur et la transparence de leurs caractères. Charity Tiddler est un personnage à part ; aussi, quand j'ai appris que l'histoire s'inspirait d'une personne réelle, je n'ai pas pu m'empêcher de me pencher sur l'histoire de cette Beatrix Potter (alias ici Charity Tiddler). Illustratrice jeunesse dans un monde qui n'appartenait alors qu'aux hommes, on ne peut que comprendre, accepter et louanger la démarche de Marie- Aude Murail de rendre hommage à un personnage aussi atypique qu'intéressant. Cependant, elle n'est pas le seul personnage et tout comme elle, on se prend d'amitié pour les autres personnages que sont Blanche Legros, sa gouvernante, le professeur de piano de ses cousines (j'ai oublié son nom -_-) et Kenneth Ashley, jeune homme artiste et qui va débouler plusieurs fois dans la vie de Charity. Autre point que j'ai aimé, ce sont les dessins de Philippe Dumas qui accompagnaient le récit. Faits à l'aquarelle, ces dessins ne dénaturent jamais le texte et lui donne même une autre dimension. Ce livre est un chef d'oeuvre en tout point ! Ces petites vignettes deviennent alors nécessaires, on les regarde comme on regarderait une exposition. Chaque couleur est nuancée et on retrouve alors le trait sous lequel on imagine Charity dessiner. Je vais arrêter là car je voudrais bien trouver un point négatif à soulever mais je n'en ai aucun. Comme diraient certaines personnes : "j'ai pris mon pied en lisant ce livre". C'est une merveille que je ne peux que conseiller et peut être vous pousser à le lire, il m'a redonné un coup de fouet dans mes lectures que j'avais jusqu'alors ralenties. So a good - good - point for Miss Charity !

Titifra
15/06/13
 

J'aime beaucoup Marie-Aude Murail, elle fait parti de mes auteurs préférées et du coup, on pourrait croire que je ne suis pas objective mais ce livre entre dans la catégorie de mes livres favoris. J'ai eu un coup de coeur énorme quand je l'ai lu à sa sortie. On plonge dans l'univers de la petite Charity, on suit le cours de sa vie. On observe le périple et l'apprentissage de cette petite fille qui devient une illustratrice. Marie-Aude Murail s'inspire de Béatrix Potter, célèbre illustratrice jeunesse du XIXe siècle.Les illustrations de Philippe Dumas sont splendides, elles correspondent parfaitement à l'univers de la jeune fille. C'est un vrai bonheur. La vie de la petite Charity n'est pas tous les jours facile, surtout avec une famille comme la sienne. Cependant, elle nous touche davantage, et on peut dire qu'elle devient et développe ses dons grâce à cela. Le seul inconvénient de ce livre : son poids ! Mais on s'en accommode très facilement d'autant qu'on est complètement pris dans l'histoire, on oublie vite ce bémol.

Loucy
15/03/13
 

Londres, fin XIXème, Charity Tiddler est une enfant solitaire qui s'entoure des petits animaux qu'elle sauve d'une mort certaine ou qu'elle croise dans les jardins. Souris, canard, lapin, hérisson forment une joyeuse ménagerie qu'elle élève dans la nursery qui côtoie sa chambre. Les années passent, alors que ses cousines Ann et Lydia découvrent le monde des bals et des soupirants, Miss Charity prend toujours plaisir à vivre retirer de la société, se passionne pour Shakespeare et découvre son talent d'illustratrice. Encouragée par son ancienne préceptrice, Blanche et l'époux de celle-ci, elle se met à écrire des livres pour enfants en s'inspirant de ses petits compagnons à poils et à plumes. Le succès arrive bien vite. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman inspiré de la vie de Beatrix Potter. C'est frais, un brin désuet et aussi très drôle. Les personnages secondaires (la bonne, Herr Schmal, l'insupportable mère de Charity) sont très bien croqués et rendent riche et colorée cette histoire. Je l'ai reposé avec regret.

floaimelesmots
02/02/13
 

"Pour réussir un pique-nique, il faut prévoir six homards, un roulé de tête de veau, des feuilletés à la confiture, , beaucoup de bière, des jeunes gens, une vieille fille pour les surveiller, trois ou quatre enfants faciles, quelques messieurs mûrs,des ruines à visiter (rien à voir avec les messieurs mûrs), des fraises à cueillir, un orage en fin de journée. Tante Janet avait pensé à tout ."Ambiance champêtre donc, du moins en partie, pour Miss Charity.La campagne est vraiment l'endroit où l'héroïne de Marie-Aude Murail prend vraiment son envol, herborisant, recueillant des animaux, observant sans relâche et peignant "au plus près de la fontaine."Autant d'oasis de bonheur dans une vie très morne entre un père laconique lâchant quelques "En effet", lourds de sens et une mère possessive, tiraillée entre la volonté de marier sa fille et la peur panique de ne plus la régenter. On peut comprendre que dans une atmosphère aussi réfrigérante "Prudence, ma soeur aînée, avait renoncé à vivre trois heures après être née. Quant à Mercy, venue au monde deux ans plus tard, elle n'avait pas voulu tenter l'aventure plus d'une semaine."Charity, elle, tient bon gâce à une volonté sans faille et trouve des dérivatifs entre son "zoo" et ses pièces de Shakespeare apprises par coeur, passant ainsi pour une originale dans cette bonne société policée.Ambiance urbaine en partie aussi dans ce Londres des années 1880, où une gouvernante à demi- folle raconte des histoires horrifiques à Charity petite fille, où l'on croise aussi bien des personnages comme sortis d'un roman de Dickens que les dramaturges Bernard Shaw ou Oscar Wilde.Nous suivons Charity de son enfance à l'âge adulte avec un égal bonheur, partageons ses soucis et ses joies, la voyons prendre une indépendance toute relative mais ô combien choquante pour certains.On ne s'ennuie pas une seconde car Marie-Aude Murail a su s'imprégner de l'esprit anglais, pratiquant avec doigté l'humour britannique : "Mais Albert, je crois que c'est la deuxième fois qu'elle enterre sa mère.-Auatnt que les choses soient bien faites."Les illustrations de Philippe Dumas ont su trouver l'esprit de celles de Beatrix Potter-dont la vie a servi de base à Murail- sans pour autant les plagier et concourent à notre plaisir de lecture.A lire quand il fait moche et froid, pour se réchauffer le coeur ! cathulu

cathulu
24/12/12
 

Miss Charity est une petite fille de la bourgeoisie anglaise des années 1880. Suite à la mort prématurée de ses deux petites soeurs, elle est fille unique. Ses parents ne se passionnent pas pour son existence, elle s'ennuie donc beaucoup. Alors Charity Tiddler se lie d'amitié avec sa bonne et sa gouvernante. Mais sa grande passion, ce sont les animaux. Elle apprivoise tout ce qui possède des pattes (souris, crapaud, hérisson, canard, rat, corbeau ou lapin) et s'épanouit dans son petit monde à elle. Bien sûr, elle côtoie d'autres enfants : ses cousins et cousines avec lesquels elle passe aussi de bons moments.J'ai beaucoup apprécié ce roman !!! Je l'avais repéré depuis quelques temps, pourtant, le nombre de pages m'avait un peu effrayée (563). Oui, ça a tout l'air d'un pavé, mais ça se lit à une vitesse folle ! Marie-Aude Murail a le don de surprendre son lecteur. Elle a ici opté pour un style radicalement différent de ce que j'avais jusqu'alors pu lire d'elle. A travers ce roman historique, elle emprunte certains codes du théâtre classique (en plus des nombreuses références à Shakespeare ou de la passion dévorante du personnage de Kenneth pour le théâtre). Elle livre ici à son lecteur une biographie poussée de cette jeune fille que l'on suit de sa plus tendre enfance à ses 20 ans passés... Et c'est passionnant ! J'ai adoré l'écriture de l'auteure qui est un petit bijou de finesse, d'émotion et d'humour. Tout au long de ma lecture, j'ai repéré des dizaines de répliques subtiles et drôles. Cet "humour-Murail-à-l'anglaise", m'a ravie, vraiment !

beroune
20/12/12
 

En partie inspiré (très librement) de la vie de Beatrix Potter, Miss Charity est un délicieux roman très joliment illustré par Philippe Dumas, qui conte l'enfance et la jeunesse d'une jeune fille hors normes. Dans une société anglaise où les jeunes filles de bonne famille ont fait de la chasse au mari un sport national, Miss Charity se démarque des autres (en particulier de ses cousines vaniteuses et mauvaises langues) par son refus du mariage à tout prix (elle ne veut se marier que par amour) et sa volonté de subvenir à ses propres besoins. Mûe par une Volonté farouche (la majuscule est dans le roman) que rien n'arrête et animée d'un sens de l'humour à toute épreuve, Charity fait face à sa vie avec beaucoup de détermination. Elle élève ses animaux, cueille des champignons, s'intéresse aux fossiles, peint sans arrêt, apprend les pièces de Shakespeare par coeur, pêche à la mouche et se contrefiche du qu'en dira-t-on et de la réputation de fille originale qui lui colle à la peau. Malgré son statut de femme qui ne lui facilite pas la tâche et des parents qui la maintiennent volontairement dans une situation financière de dépendance, Charity publie ses premiers albums jeunesse et connaît le succès. Outre l'histoire, très enlevée et bourrée d'humour, qui fait naître avec minutie et beaucoup de talent la société anglaise guindée et cachottière de la fin du XIXème siècle et ses hommes célèbres (on y croise notamment Wilde et Shaw) il faut saluer les nombreuses allusions à la littérature anglaise et la joliesse de l'objet-livre, illustré, à la présentation aérée et avec couverture à rabats. Un roman jeunesse enchanteur.

fashiongeronimo
11/08/12
 

Mon livre coup de coeur ! Un récit captivant dans l'Angleterre victorienne. On suit l'histoire de la jeune Charity , enfant puis jeune femme sensible, issue d'une famille bourgeoise avec ses convenances de l'époque... En avance sur son temps, ce qui n'est pas sans déranger, Charity est passionnée par les sciences, la nature, le dessin... On grandit, on découvre, on rencontre,on se bat, on aime avec elle... Les illustrations ainsi que la destinée de Charity rappellent celles de Béatrix Potter. On est sous le charme. 560 pages de pur bonheur. Merci Marie-Aude Murail !

Liesel
11/07/12
 

Bienvenue dans le monde de Charity Tiddler, née en 1871 ! Lu au premier degré, ce roman dodu et réjouissant vous offre une histoire colorée, bigarrée et bourrée d'humour, qui est un enchantement du premier au dernier mot.Lu d'un peu plus loin, vous n'aurez de cesse de débusquer les nombreuses références, hommages et citations qui émaillent le récit. On croise ainsi une Lady Bertram, une Mrs Gaskell ou le scénario quasi exact du film Miss Potter (que je viens de voir, en plus, merci Tamara !), mais aussi Oscar Wilde, Bernard Shaw et j'en passe.Il n'est nul besoin d'explorer plus avant les tours et détours de la vie de Miss Tiddler, tant il est certain que si vous posez les yeux sur les premières pages vous n'en sortirez plus le nez : il y a de la magie dans ces 563 pages, on aurait presque l'impression d'un magnifique cadeau de Noël de la part de Marie-Aude Murail, pour toutes les grandes filles qui furent un jour petites, pour tous les scintillements que seule l'ambiance british peut provoquer.On rit, en plus, on rit vraiment à certains dialogues avec cette si étrange Tabitha, au passage innénarrable sur l'hippopotame du Révérend Tomkins (comme preuve du nombril d'Adam, of course), on se prend d'une affection folle pour chaque petit détail, c'est un coup de foudre, c'est du bonbon, c'est merveilleux. Sylvie Sagnes

SagnesSy
06/07/12
 

Un livre intéressant, agréable à lire et joliment illustré, mais il manque la petite étincelle qui me fait habituellement adoré les livres de Marie-Aude MURAIL. De plus, ce livre est sensé s'adresser aux "jeunes" et je me demande s'ils seront nombreux à parvenir au bout de ce pavé de plus de 550 pages relatant la vie d'une jeune femme, dans l'Angleterre victorienne de la fin du 19ème siècle, qui aurait pu s'appeler Beatrix Potter.

fdm77
05/06/12
 

Miss Charity est un livre pour enfants d'une épaisseur impressionnante, que tout adulte lira aussi avec plaisir. Charity est une charmante petite fille, amoureuse de la vie. Sa passion se caractérise par un amour des animaux qui ne fera que croitre. Véritable arche de Noé, son étage accueille toutes les petites bétes de dieux. Souris, rats, oiseaux, crapauds, lapins et autres y sont les bienvenus. Charity les étudie, les dessine, tente de les soigner, de les sauver, de leur apprendre des tours. Seule survivante des trois filles de la famille, elle vit dans une solitude incroyable, gardée uniquement par une bonne aux histoires effrayantes. Sa mère se désintéresse totalement d'elle, surtout depuis qu'elle s'est endormie à la messe ! Et puis, elle lui donne une gouvernante, histoire que cette fleur sauvage apprenne un peu ce que font les jeunes filles de son age. Elle apprend le français, joue médiocrement du piano et ne cesse de vouloir apprendre, apprendre, toujours plus apprendre. Elle lit la bibliothèque familiale, apprend Shakespeare par coeur et s'écrit des lettres pour l'avenir. Une histoire passionnante, qui se dévore jusqu'au bout de la nuit ! Superbe ! Sans compter que les illustrations de Philippe Dumas agrémentent et illustrent parfaitement l'atmosphère et le travail même de cette Angleterre fin XIXes, celle de Beatrix Potter... que l'on retrouve dans Charity !

Praline
15/06/11
 

Miss Charity, ou comment une jeune femme timide mais talentueuse va réussir à se faire une place dans l'Angleterre bourgeoise, misogyne et conservatrice de la fin du 19è siècle. Un chef d'oeuvre littéraire, délicieux hommage à Béatrix Potter, qui est par ailleurs magnifiquement illustré. A lire absolument!!!

Mokona
16/11/10
 

Format

  • Hauteur : 22.90 cm
  • Largeur : 15.00 cm
  • Poids : 1.18 kg

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