EDITEUR : BUCHET CHASTEL
DATE DE PARUTION : 04/02/05
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Au centre commercial, Mo (diminutif de Mohammed) travaille à la gestion des rayons et des stocks. C'est le dernier né. Il vit avec sa mère. Le père est mort et les frères et soeurs sont partis. Mo ne sait pas lire. Chaque mois, il rapporte son salaire à la maison. C'est lui qui s'occupe du ménage. C'est un garçon méticuleux, soigneux et secret. Sa mère le méprise, mais il s'en moque. Ses frères passent et prennent l'argent qu'il gagne. Il le sait, il s'en moque. Parfois il a des aventures avec des femmes de la cité. Toutes sont plus âgées, déjà fatiguées. Elles aiment sa douceur. Jusqu'au jour où Mo rencontre Maria,
nouvelle embauchée à La Ronde des Pains du centre commercial. Ce jour-lâ commence l'histoire. Ce jour-lâ, pour Mo, le monde s'ouvre enfin. Mais Maria est une jeune fille indépendante qui, elle, s'oppose à son père et à sa mère. Elle n'hésite pas à hurler, à juger, à trancher. Très vite, l'incompréhension s'installe. Jusqu'au jour fatal. Quatorze chapitres marquent les quatorze étapes de la passion de Mo. Le lecteur retrouvera l'écriture exigeante de Marie -Hélène Lafon. Comme dans ses précédents romans, les phrases ressemblent au geste du photographe : elles cadrent serré pour mieux saisir l'énigme des vies.
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Marie-Hélène Lafon se dévoile ici encore dès l'exergue du roman, avec cette citation de Fellini : « Je suis toujours autobiographique, même si je me mets à raconter la vie d'un poisson. ».L'auteur brode en effet à partir des lieux d'enfance, certains motifs reviennent ainsi d'un texte à l'autre : le décès d'un frère ou d'une sœur, le suicide d'un ami, la maison de famille, l'émancipation, le corps blessé, vieillissant, ce qu'elle appelle « la fatigue des corps » (p. 17) Mo est un jeune homme effacé, qui vit encore chez sa mère, veuve et malade, dont il s'occupe lorsqu'il n'est pas au travail. Il se charge de tout à la maison, et, ce qui devrait être source de soulagement et de fierté pour sa mère n'est qu'objet de honte. Cet enfant trop délicat, qui fait la cuisine et le ménage, n'a rien de commun avec le fils qu'elle a perdu et dont elle rêve. Ce premier né, Mohammed , trop tôt disparu (il a été écrasé par une voiture) et, depuis, constamment idéalisé, a donné son nom au dernier né, dans l'espoir d'une transmission... « Elle regrettait d'avoir donné le prénom, c'était comme un signe, pour que celui-là, qui avait tenu, qui serait le dernier, ressemble ; et ça n'avait pas marché. On disait toujours Mo, pas Mohammed. Le prénom entier était pour le mort qui avait treize ans depuis toute la vie sur la grande photo collée au mur de la salle. » (p. 18) La mère nourrit une rancune envers ce cinquième et dernier fils, le seul qui s'occupe véritablement d'elle mais dont elle préférerait qu'il se conduise « en homme ». « Les amies de la mère, deux ou trois, toujours les mêmes, étaient vieilles et lentes ; elles disaient à la mère qu'elle avait de la chance, que Mo était mieux qu'une fille pour elle ; il était tout à la fois, et il rapportait l'argent au lieu d'en coûter... » (p. 27)Le roman est découpé en 14 chapitres, chacun correspondant à une station de métro. C'est un parcours de vie que nous propose Marie-Hélène Lafon dans ce roman : 1ère station, 2ème station, 3ème station..., le lecteur a l'impression de voir défiler devant lui l'existence terne et sans surprise du jeune garçon. Il travaille chaque jour dans un immense centre commercial avant de retrouver sa mère et ses constants reproches : c'est par l'imagination seulement qu'il peut s'évader de ces taches quotidiennes et monotones. Au centre il ne connaît pratiquement personne, hormis son patron Pierre et Jo, le vigile, qui aime bavarder avec lui. Un jour Mo repère une jolie vendeuse, récemment embauchée à l'enseigne de « La ronde des pains ». Maria est fille d'un ouvrier du bâtiment, portugaise d'origine elle a choisit de se dresser contre les pressions familiale. Refusant d'être considérée comme une simple femme au foyer par un père alcoolique et des frères qui en prennent le chemin, elle a eu le courage de s'émanciper et de vivre sa vie comme elle l'entendait.Extrait : « Mo ne riait pas. Il trouvait que la grosse Nadia n'avait pas un long cou, c'était une grande différence entre elle et les dinosaures. Il se souvenait aussi que l'encyclopédie parlait du mystère de la disparition des dinosaures. Mo mélangeait ce mystère avec celui de la disparition du père de la grosse Nadia. Il s'inventait des histoires, il y pensait pendant les cours. » (p.63)

sovane
13/07/12
 

Mo est un fils à maman, du moins il vit auprès de sa mère, désormais veuve, il a trente-trois ans, célibataire, il s'occupe de tout dans le petit appartement. Même aux yeux de sa mère, c'est presque une honte de voir un homme s'occuper des tâches ménagères comme il fait ! Pourtant, Mo s'applique, il aime récurer, ranger, soigner les pieds de la mère, laquelle souffre et se plaint tout le temps. Elle a perdu un fils aîné, Mohammed, et a souhaité nommer le dernier né de la même façon, pour pallier le manque, mais selon ses dires, Mo n'est pas à la hauteur. C'est un homme solitaire, taciturne ou renfrogné. Il travaille au centre où il rencontre Maria, vendeuse à la ronde des pains. Fasciné par la jeune femme, il l'épie, la guette, s'émerveille et rêve à de belles histoires. Mais en réalité, les jours sont pluvieux, les gens se querellent et la famille est oppressante. C'est un peu le thème du roman de Marie-Hélène Lafon : la famille, les liens noueux et les rapports haine/amour entre les membres. A un moment, un personnage déclare : "les mères voulaient faire pitié aux enfants pour les garder avec elles, elles n'avaient pas le droit, les enfants n'avaient rien demandé aux mères, eux". Les liens entre le fils et la mère sont complexes, l'auteur rode autour de l'idée, n'entre pas dans les détails à coup de références psychologiques mais sa façon feutrée, pudique et également crue rend le portrait réaliste et poignant. Mo est le personnage central, difficilement attachant mais non plus haïssable. Il a sa vie à lui, rythmée comme sur du papier à musique. Sa vision à lui est carrée, et il semble difficile pour Mo d'encaisser les colères. Il en a trop bavé et a trop contenu ses sentiments. Au final, cette lecture touche droit au coeur, elle est loin d'être mièvre ou misérable, mais elle est sensible à sa manière et la fin est saisissante ! A lire.

Clarabel
23/02/09

Mère/fils Marie-Hélène Lafon suit pas à pas les minuscules aventures de Mo le rêveur à l'âme d'enfant. Et peu à peu, sans qu'on y prenne garde, elle nous fait pénétrer dans la logique implacable d'une vie vouée à l'échec. La fin est saisissante.

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 11.50 cm
  • Poids : 0.15 kg

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