Modeste mignon

BALZAC, HONORE DE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 04/03/82
LES NOTES :

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Ebook
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J’ai adoré ce texte de Balzac, et c’est l’un de mes préférés de cet auteur. J’écris cet avis sur le souvenir qu’il me reste de cette lecture, faite il y a plusieurs mois. Quand je l’avais vu en téléchargement gratuit en ebook, je n’ai pas hésité un instant à le prendre. C’est un de ces livres que je n’ai choisi que pour son auteur et son titre, n’ayant pas eu accès au résumé avant de m’y lancer. Mais, le simple fait qu’il soit de Balzac était rempli de promesses, qu’il a fait plus que tenir.On commence par découvrir le cadre provincial, la maison du Havre, la famille de Modeste, son entourage et leur histoire. Comme toujours, Balzac nous offre de magnifiques descriptions, qui permettent d’apprécier le style de l’auteur.Modeste est une jeune fille, en âge de se marier – du moins, pendant la plus grande partie du roman – pleine de qualités, que je vous laisse découvrir et qui la rendent attachante. C’est une jeune fille romanesque, ce qui provoquera nombre de situations auxquelles elle sera confrontée.Je savais, avant de l’avoir lu, mais peut-être avais-je oublié ou laissé dans un coin de mon esprit cette information, que Balzac reprenait ses personnages d’un ouvrage à l’autre. Mais, c’est ce texte qui m’a permis d’en prendre conscience. D’une part, du fait de la présence de Gobseck, qui a un livre qui lui est consacré (que je n’ai pas lu, mais dont le titre m’était déjà connu). Mais, c'est la mention de la « maison Nuncigen » qui m’a frappée en la matière, d’autant que j’avais terminé peu de temps auparavant Le père Goriot.De nombreux personnages gravitent autour de Modeste et apportent leur pierre à l’histoire.Je m’attendais à aimer cette lecture, et je ne m’étais pas trompée. Ce qui n’a pas empêché ce texte de me surprendre agréablement et plus particulièrement, sa fin. En effet, si la construction de l’histoire permettait de l’envisager, sa tonalité, plus positive et heureuse que d’autres, la rendait à mon sens inattendue et originale dans l’œuvre de Balzac.

Ninochka
03/05/15
 

"La plupart des drames sont dans les idées que nous nous formons des choses"Balzac, La Comédie Humaine, Etudes de moeurs, Scènes de la vie privée5. Modeste Mignon (1844)Directement inspiré par une nouvelle qu'avait écrite (puis détruite) Mme Hanska, et qui traitait de la manière dont ils étaient entrés en relation, Balzac et elle (une correspondance entre un grand écrivain et une jeune fille, d'où naissait "un amour de tête"), ce roman est une petite merveille qui, pour la première fois dans ma découverte de Balzac, m'a tenue en haleine le long de son suspens et de ses rebondissements.L'intrigue est donc celle-ci, Modeste Mignon, jeune et belle provinciale de vingt ans, prend l'initiative d'une correspondance avec Canalis, poète parisien en vogue de vingt-neuf ans. Mais c'est son ami et secrétaire bénévole, La Brière, qui se pique au jeu et au fil des missives s'éprend. Havraise, Modeste voit la situation se compliquer par le retour de son père, et de noble mais ruinée, elle devient très riche et en mesure de choisir : ce sont trois prétendants qui viennent subir l'examen de la province du Havre; Canalis, qui ne cracherait assurément pas sur quelques millions, La Brière fou amoureux mais ayant commis le crime de duper la belle sur son identité, et un duc qui débarque un peu comme un cheveu sur la soupe mais qui a pour lui la noblesse. La belle est une lectrice, elle a la tête farcie de littérature, c'est cet élan qui l'a poussée à envoyer la première missive (elle se révèlera fort habile à manier la langue et à déconcerter ses prétendants, usant d'un peu trop d'insolence à mon goût mais c'est un détail). Elle admire la faconde du poète (pourtant Tartuffe à tous les niveaux), a aimé sincèrement l'auteur des lettres (mais ne pardonne guère l'usurpation d'identité) et est très sensible à l'avenir que le Duc pourrait lui assurer : comment faire un choix judicieux ?Elle sera aidée par un clerc de notaire tout à elle dévoué, un nain super malin (directement inspiré de Walter Scott, nous dit-on, moi j'ai vu Tyrion, évidemment).Ah, que c'est bon, que la langue est belle, que la nature humaine n'a absolument pas changé depuis 200 ans, c'est impressionnant. J'ai apprécié le rythme différent des petits romans courts précédement lus, Balzac a écrit Modeste Mignon pour une parution en feuilleton (juste après celle des mystères de Paris), il lui fallait imprimer une cadence, proposer de l'inattendu, faire bouger les choses et sortir de l'examen seul des scènes de la vie privée, dans laquelle il a pourtant placé rétrospectivement cette oeuvre.J'adore évidemment ces prénoms que je découvre avec ravissement, Philoxène ou Exupère, par exemple. Je trippe aux phrases telles que : "Sa fierté ne descendait pas jusqu'à la hauteur où ces paroles, parties d'en bas, arrivaient." Je bois du petit lait à de tels développements :"La vérité de ce proverbe populaire : L'habit ne fait pas le moine est surtout applicable à la littérature. Il est extrêmement rare de trouver un accord entre le talent et le caractère. Les facultés ne sont pas le résumé de l'homme. Cette séparation, dont les phénomènes étonnent, provient d'un mystère inexploré, peut-être inexplorable. Le cerveau, ses produits en tous genres, car dans les Arts la main de l'homme continue sa cervelle, sont un monde à part qui fleurit sous le crâne, dans une indépendance parfaite des sentiments, de ce qu'on nomme les vertus du citoyen, du père de famille, de l'homme privé. Ceci n'est cependant pas absolu. Rien n'est absolu dans l'homme. Il est certain que le débauché dissipera son talent, que le buveur le dépensera dans ses libations, sans que l'homme vertueux puisse se donner du talent par une honnête hygiène; mais il est aussi presque prouvé que Virgile, le peintre de l'amour, n'a jamais aimé de Didon, et que Rousseau le citoyen modèle avait de l'orgueil à défrayer toute une aristocratie. Néanmoins, Michel-Ange et Raphaël ont offert l'heureux accord du génie, de la forme et du caractère. Le talent chez les hommes est donc à peu près, quand au moral, ce qu'est la beauté chez les femmes, une promesse."Il y a mille choses encore à dire, du happy end (finalement, pas si cruel, Balzac !), de la misogynie rampante, de la sincérité avec laquelle il a placé un peu de lui dans chacun des prétendants (quand il écrivait ce roman, s'il restait plus de quelques jours sans nouvelles de sa polonaise toute inspiration le fuyait, il était très amoureux et fort jaloux), des lettres magnifiques que s'échangent Modeste et Ernest, qui explorent avec tellement de finesse comment naît, s'étend et se méprend ce qu'il appelle "un amour de tête" ("... que des lettres, plus ou moins vraies par rapport à la vie telle qu'elle est, plus ou moins hypocrites, car les lettres que nous nous écririons seraient l'expression du moment où elles nous échapperaient, et non pas le sens général de nos caractères"), de la vanité, des âmes pures, de Molière dont l'ombre est présente à presque toutes les pages... Mais j'en terminerai par ces mots :"Les grands ont toujours tort de plaisanter avec leurs inférieurs. La plaisanterie est un jeu, le jeu suppose l'égalité. Aussi est-ce pour obvier aux inconvénients de cette égalité passagère que, la partie finie, les joueurs ont le droit de ne se plus connaître."A lire. Sylvie Sagnes

SagnesSy
08/07/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.20 kg

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