Moi qui ai servi le roi d'angleterre - pavillons poche

HRABAL, BOHUMIL

EDITEUR : ROBERT LAFFONT
DATE DE PARUTION : 10/04/08
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SYNOPSIS :

Hrabal au pays des charlots... où comment un jeune prolétaire débute comme groom dans les années 1920 et finit millionnaire au moment où la Tchécoslovaquie bascule de l'occupation allemande à l'occupation communiste. Entre-temps, de restaurant en restaurant, Jan Dite aura peu à peu grimpé dans l'échelle sociale. En pleine apogée, et alors que le pays est aux mains des nazis, Jan Dite tombe amoureux d'une jolie monitrice d'éducation physique allemande avant d'être déclaré collaborateur. Il sera aussi résistant par inadvertance puis prisonnier par choix. Mais malgré les millions amassés, rien n'y fait : il manque quelque chose à son bonheur. Que faut-il bien donc faire pour être reconnu socialement
? Il n'est pas certain qu'il trouve jamais la réponse... Si ça n'était pas burlesque, ça ne serait pas du Hrabal... L'auteur, une fois encore, crée un personnage original qui a pris une valeur mythique. L'air de rien, et en moins de deux cents pages, Bohumil Hrabal aborde des thèmes aussi profonds que difficiles tels que la collaboration, la guerre, l'arrivée des communistes au pouvoir ou encore l'internement en camps de travail. Mais, en toute circonstance, il garde un flegme subversif et se raccroche à deux valeurs sûres : le rire et les femmes. Bohumil Hrabal est l'héritier de ce comique si particulier et typiquement pragois, de cet humour qui est d'abord un humour de survie et de résistance.
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"Moi qui ai servi le roi d'Angleterre" raconte l'ascension et la chute d'un opportuniste sans coeur ni cervelle, mais galant homme...Le narrateur, Jan Ditie, un jeune garçon complexé par sa petite taille et ses origines modestes, est groom dans un grand hôtel. Son opportunisme, sa ténacité et son talent pour la flagornerie lui permettent peu à peu de monter en graine. Travaillant dans des établissements de plus en plus luxueux, il s'élève dans la hiérarchie du personnel de restauration. Un soir, il est amené à servir le roi d'Ethiopie en personne lors d'un banquet officiel organisé dans le palace où il travaille, circonstance dont il s'enorgueillira toute sa vie...Chaque soir, son grand plaisir consiste à recouvrir le sol de sa chambre avec les billets de banque qu'il a gagnés, mais, les jours de sortie, il dépense son argent dans les bordels. Jan est un amant passionné et délicat, et ces dames ne s'y trompent pas. Il réussit même à gagner le coeur d'une Allemande, au grand dam de ses collègues et supérieurs. Alors que les troupes de Hitler envahissent la Tchécoslovaquie, le sentiment antigermanique est très fort chez les Tchèques qui s'en prennent violemment aux Allemands des Sudètes. Notre héros ne trouve rien de mieux à faire que d'épouser une Allemande nazie, au moment où nombre de ses compatriotes sont fusillés pour s'être opposés à l'impérialisme germanique... Notre anti-héros s'en va travailler dans une espèce de village nuptial, où des couples aryens ont pour mission de procréer de futurs surhommes, et où les femmes enceintes sont soignées et dorlotées. L'ambiance met à mal la virilité de Jan, qui réussit pourtant à faire un enfant à sa femme - ironie du sort, son fils sera un attardé mental...Après la guerre, le narrateur ne sera pas trop durement sanctionné pour sa collaboration, et, parce que la vie est injuste, il s'enrichit en revendant des timbres rares volés par son épouse à des Juifs déportés. Avec cet argent, il fait construire dans une carrière la crème des hôtels de luxe,où le gratin de la vie politique, de d'aristocratie et du cinéma prend ses quartiers. Mais bientôt, en 1948, avec l'avènement du communisme, il ne fait plus bon être riche en Tchécoslovaquie, et Jan est provisoirement interné dans un camp de rééducation pour millionnaires, camp qui n'a rien d'un goulag, et où - corruption aidant - gardiens et nantis vivent en bonne intelligence. Là comme ailleurs, le narrateur n'est toujours pas traité par ses pairs d'égal à égal - pensez donc, un parvenu ! Cet épisode burlesque s'achève cependant, lorsque le camp est dissous. Jan, à qui on demande de se rendre utile à la collectivité, accepte un emploi de cantonnier en pleine montagne, où, guéri de son avidité et de son ambition, il passera le reste de ses jours entre ses animaux familiers (un cheval, une chèvre, un chien et un chat) et ses nouveaux amis, les villageois de la vallée, qui semblent plutôt se payer sa tête sans qu'il s'en doute...Voilà un personnage qui illustre superbement l'adage : "Pierre qui roule n'amasse pas mousse". Ce Jan Ditie, qui traverse des périodes parmi les plus noires de l'Histoire, n'en est pas bouleversé le moins du monde. Il n'a même pas conscience de la gravité, et parfois de l'horreur, des événements auxquels il est mêlé, de près ou de loin. Tout cela lui passe loin au-dessus de la tête, car seul son propre devenir lui importe. Il ne possède aucune conscience historique, et même le sort de ses proches (sa femme, son fils) ne semble pas le toucher particulièrement. Ce qui donne, au final, un roman drôle et captivant, dont la lettre est cependant en total décalage avec une réalité sous-jacente que l'auteur ne dénonce qu'à demi-mot.

Schlabaya
07/01/11

Format

  • Hauteur : 18.30 cm
  • Largeur : 12.30 cm
  • Poids : 0.19 kg
  • Langage original : TCHEQUE
  • Traducteur : MILENA BRAUD

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