Mon traitre

CHALANDON, SORJ

EDITEUR : GRASSET ET FASQUELLE
DATE DE PARUTION : 09/01/08
LES NOTES :

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6,49 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Mon Traître est l´histoire d´Antoine, luthier parisien qui découvre l´Irlande des violons. Il ne sait rien du Nord. Peu lui importe. Ses héros sont archetiers, grands luthiers de légende. La guerre n´est pas encore passée par lui puis, un jour, elle s´impose. Antoine va devenir Tony, pour les gens de Belfast, parce qu´il les verra vivre et souffrir et se battre. Et qu´ils l´aimeront en retour comme un fils. Et puis il y a Tyrone Meehan. L´Irlande est sa bataille. Il boit, il chante, il vous enlace, il vous prend le bras pour parler en secret. Il est engagé à jamais,
sans que jamais rien ne le trahisse. Il est l´insoupçonnable. Tyrone donc, l´ami d´Antoine, son frère, son traître à lui. Tyrone n´est pas Denis (le personnage réel qui a inspiré Tyrone). Leurs regards se ressemblent pourtant. Sorj Chalandon n´est pas Antoine, leur douleur est pourtant la même. Denis Donaldson a été exécuté le 4 avril 2006, alors que Sorj Chalandon écrivait l´histoire de Tyrone Meehan. Il a été tué par une arme de chasse, dans le petit cottage familial qui le cachait. Nous ne savons pas qui tenait le fusil. Personne n´a été accusé ce jour.
11 personnes en parlent

L'histoire est celle d'un français, luthier originaire de Besançon et vivant à Paris, tout seul, et qui va se retrouver en Irlande un peu par hasard. D'abord en Eire mais très vite en Irlande du Nord, à Belfast, au milieu des années 1970 où les combats font rage entre l'IRA et les Britanniques. Les irlandais vont l'adopter, et lui va adopter l'Irlande, l'Irlande militante et combattante quil voit dans les rues de Belfast, les Guiness au pub jusqu'à point d'heure, les poings serrés dans les poches quand ils croisent un char anglais, James Connoly, Bobby Sands et Falls Road.Cette histoire c'est un peu l'histoire qu'un grand nombre de Français aimeraient vivre, se découvrir un pays d'adoption, un combat, une nouvelle identité dans les yeux de gens étrangers. Et c'est une histoire terriblement bien écrite : sans style ampoulé, Chalandon nous fait sentir et ressentir l'humidité, la grisaille et la pauvreté de Belfast, mais aussi la chaleur et la pugnacité de ses habitants. Personnellement je ne suis jamais allé en Irlande, du Nord ou "du Sud", mais ça me semble très réel sous la plume de Sorj Chalandon.J'ai réellement été fasciné par l'histoire de ce français, et de celui qu'il appelle dès le début "Mon traître", sa quête pour le connaitre et pour savoir, à travers tout ça, qui il est pour l'Irlande, pour les Irlandais. D'habitude je suis plus familier des romans qui se passent sur 2 à 3 années lumières ou 300 ans après un truc qui a mal tourné dans une uchronie mais ce roman, qu'on m'a offert, m'a plu, tout simplement : il n'est pas trop ni trop peu, c'est une histoire, bien racontée, sur un homme et des hommes, et une terre.

fzilbermann
06/05/09
 

Le quatrième mur La tentative d'une trêve théâtrale au coeur du conflit libanais des années 80 avec la description d'une amitié forte.Un texte très prenant dans la suite logique des romans de Sorj Chalandon.

beraud@archimed.fr
03/11/15
 

Le quatrième mur La tentative d'une trêve théâtrale au coeur du conflit libanais des années 80 avec la description d'une amitié forte.Un texte très prenant dans la suite logique des romans de Sorj Chalandon.

90010532
19/09/14
 

La rentrée littéraire annonce un nouveau livre de Sorj Chalandon ("Le Quatrième Mur"), et je n'ai toujours pas lu ses précédents !Je me suis donc empressée de prendre "Mon traître" et "Retour à Killybegs" à la bibliothèque. Et de suivre la chronologie dans lesquels ils ont été écrits.Le sujet de ce roman est bien sûr la guerre sanglante qui fit rage entre l'Angleterre et l'Irlande du nord, et les combattants de l'IRA. Mais c'est avant tout le récit d'une amitié entre Antoine le luthier français et Tyrone Meehan qui s'avère être un traître au militantisme irlandais.Les actions terroristes ne sont pas le propos, mais comme le titre l'indique, c'est la traitrise, et Antoine ne cherche pas à savoir pourquoi Tyrone a trahi pendant 20 ans mais s'il était sincère dans son amitié avec lui, celui qu'il avait baptisé le petit Tony...Extrait :"- Tu sais que tu ne pourras plus revenir en Irlande ? (...)- Je sais.Comment lui dire que peu importait. Que c'était lui l'Irlande. Jim et lui, la seule Irlande que j'ai jamais connue. Comment lui dire que déjà, je n'y avais plus ma place. J'ai regardé la pièce sombre, avec le jour qui peinait. J'ai regardé la table, nos thés, nos mains. J'ai frissonné. Je pensais qu'elle était là mon Irlande. Dans cette promesse d'obscurité, ces murs tout fatigués d'humide, dans ce sol de terre brute, ces pauvres meubles, ces bougies, ce seau d'eau pour le puits. Mon Irlande avait suivi mon traître."Ce qui est le plus remarquable dans ce court roman de moins de 300 pages qui se dévore sans discontinuer, c'est que l'on apprend la grande histoire de ce pays en vivant une petite histoire : la vie du pauvre Antoine, avec ses impressions et ce qu'il ressent, contre la lutte d'hommes tels que Bobby Sand.Autre exploit, l'identification a été presque immédiate pour moi alors que je suis loin de correspondre au narrateur !J'ai hâte de poursuivre cette aventure et de retourner à Killybegs, voir le point de vue défendu par Tyrone Meehan ! Sophie

lamamandelena
20/08/13
 

Force et beauté sont les premiers mots qui se sont imposés à mon esprit lorsque j’ai tourné, à regret, la dernière page de ce magnifique roman. Force et beauté du récit, force et beauté de l’écriture. J’ai été saisie par cette lecture, dans laquelle Sorj Chalandon parvient à peindre avec sincérité et émotion, malgré le choix de la fiction, l’Irlande, son Irlande, celle du Nord, celle de la guerre, tel un personnage principal. Ce portrait, pourtant cruel et réaliste, sa dimension politique et engagée, n’altère en rien la narration intimiste d’une réelle puissance évocatrice. J’ai été charmée par les mots choisis, la poésie, la pureté du style, tout en images, sensations et sentiments. Ce détournement autobiographique de témoignage à roman, ce glissement de l’Histoire à l’histoire rend la plume empathique. A chaque rencontre, à chaque questionnement, le narrateur espère que l’Irlande devienne sienne. Elle est devenue mienne. La lecture de Mon traître me laisse émue et admirative.

Marilire
16/05/13
 

"Mon traître" de Sorj Chalandon Sorj Chalandon ou l’amour de l’Irlande chevillé au corps d’un jeune français… Ce romancier et journaliste à "Libération" a découvert l’Irlande du Nord au début des années 70, alors que le conflit opposant nombre d’Irlandais aux britanniques et à Margaret Tatcher est encore à son apogée.Dans ce récit à forte inspiration autobiographique (le personnage de Tyrone Meehan incarne l’activiste Denis Donaldson), le lecteur ressent avec émotion toute l’empathie viscérale de l’auteur pour ce peuple opprimé.

Avec ce 3e roman, M. Chalandon franchit encore un palier. Même s'il s'était promis de ne pas parler de cette époque dans un livre d'enquête, c'est le romancier et non le journaliste Chalandon, lauréat du prix Albert Londres du grand reporter sur le conflit nord-irlandais, qui nous raconte une histoire dans l'Histoire. Les années de plombs du terrorisme des 70's en Europe, qui toucha aussi l'Allemagne(la RAF), l'Italie (les brigades Rouges), prit une envergure toute autre mais tout aussi violente en Irlande du nord dans son combat contre la couronne anglaise anglicane . Nous suivons donc un narrateur-auteur tombé amoureux d'un pays, d'un homme et d'une cause. Faisant fi d'une neutralité confortable, il s'engage à sa façon dans le combat de l'IRA, de pas trop près quand même, mis à part aussi car finalement 'étrange "étranger", mais attachant ami. Car là, est le ressort du roman : comment se remettre d'une amitié si forte, pour un homme, un pays, quand quelques années plus tard, on découvre l'abîme de sa naiveté. La force des amitiés est à la hauteur de la douleur des trahisons. Et comme corrolaire lancinante: sommes-nous tous innocent ? ganeshmira

ganeshmira
14/08/10
 

Outre toute l'histoire de la guerre entre l'Irlande du nord et les britanniques racontée avec brio par Sorj Chalandon, ce livre pose la question de l'amitié et de la confiance entre deux êtres. Longtemps après avoir refermé le livre, cette question entêtante : qu'aurions nous fait à la place d'Antoine ?

epiphanie
26/05/10
 

Encore un superbe roman de Sorj Challandon. Le thème de la fidélité si important chez cet auteur est ici poussé à son extrème limite. Toujours la sobriété et la finesse du style.

philit
17/03/10
 

L’histoire nous emmène dans un pub, ou un irlandais va «apprendre à pisser» à Antoine, luthier de son état. Et c’est là que Sorj Chalandon, l’ex-journaliste de Libération qui couvrait dans les années 80 les évènements en Irlande du nord, nous transporte .Là ou la musique et les chants unissent tout un peuple.Alors avec Antoine, nous faisons connaissance de ceux pour qui, le mot lutte n’est pas un vain mot. Chacun de ses voyages sera pour lui initiatique, au contact des militants de l’IRA, de son « père » il découvre la lutte, les attentats, les grèves de la faim de militant emprisonner, il va petit à petit s’imprégner de la cause.Au fil des années envoûté par la cause, il devient malgré lui, complice. A paris des militants de l’IRA occupent une chambre appartenant à Antoine. Enfin nous vivons les douloureux interrogatoires de son ami le «traite ».Sorj Chalandon a mis à profit son expérience de journaliste qui couvrait dans les années 80 les évènements en Irlande du nord. Il nous transporte, là ou la musique et les chants unissent tout un peuple. Un peuple pour qui le mot lutte n’est pas un vain mot.C'est un livre qui oui, ne laisse pas indifférant.http://dunlivrelautre.blogspot.com/2008/09/mon-traitre.html

chris89
02/02/10
 

Irlande Dans ce roman, Sorj Chalandon s’inspire très fortement de son expérience et de son amitié avec Denis Donaldson, n°2 de l’IRA assassiné en 2006. Il offre au lecteur un vrai sujet engagé qui lui permet de se questionner, de réfléchir…Comment aurait-il réagi ? Aurait-il combattu ? Du coup ce dernier oscille sans cesse entre prise de position et empathie sans jamais prendre parti, peut-être à l’instar de l'auteur.Dans ce roman poignant, qui prend aux tripes et ne laisse pas le lecteur indifférent, Sorj Chalandon nous fait revivre son Irlande : celle des bars, des bières, des petites gens, de la pauvreté, l’Irlande des combattants, des catholiques… Il nous fait ressentir la bruine, le brouillard. Un très bon livre qui ne laisse pas indemne !

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.26 kg