Montedidio

DE LUCA, ERRI

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 23/10/03
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

« Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied : "Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu'au mur occidental de la
ville sainte avec une paire d'ailes fortes, comme celles du vautour." Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. "Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l'étui de ta bosse." Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu'ici un sac d'os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseur remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grande fenêtre. »
9 personnes en parlent

Naples. Montedidio un quartier populaire surpeuplé, où « si tu veux cracher par terre, tu ne trouves pas de place entre tes pieds », un quartier grouillant de vie, où la misère transpire des habitants. Où le labeur s’étale comme exutoire d’un après-guerre maladif. C’est l’Italie, mais c’est surtout Naples, cette fourmilière grouillante de vie, d’odeur et de sons, aux personnages exubérants, grandiloquents, abracadabrantesques. Quelque part dans ces ruelles, Maria et le narrateur, deux enfants de treize ans vivent leurs derniers instants, s’apprêtant à quitter les oripeaux de l’enfance, à tronquer le substrat de l’innocence et de l’insouciance. Montedidio, c’est la fugacité d’un bonheur, la fin d’une adolescence à peine entamée, l’aube d’une nouvelle expérience, de la découverte des sentiments réciproques, des tourments de l’âme et du corps. Quand les pantalons remplacent les vêtements de l’enfance et le travail se substitue à l’école. Dans les senteurs salines et épicées, deux enfants oublient les tracas de la vie en s’initiant aux émois du cœur, à la sensualité des corps. Sur les toits de Naples, sous l’alignement du linge de la vie quotidienne, Maria, la belle, offre innocemment au narrateur ce que le propriétaire véreux tente de lui prendre par la brutalité et la fourberie. De cet endroit, où « d’un saut vous êtes déjà au ciel », deux personnes vont éclore, palper les abords d’un paradis. Montedidio, c’est une histoire d’amitié et d’envol pour le narrateur et Rav Daniel. Personnage aussi énigmatique que généreux, bossu philanthrope qui répare aussi bien les souliers que les âmes, cet homme, échappé de la Shoah, délivre les saintes paroles à qui veux l’écouter. Il rêve de prendre son envol pour Jérusalem, transformant la coque vide sur son dos en chrysalide. Le narrateur échappe à la lente extinction de sa mère trouvant force et réconfort dans les bras de Maria et le contact du « boumeran », cadeau de son père, symbole de sa croissance, de sa maturité naissante, de sa souffrance retenue. Dans ce quartier populaire, les émotions surgissent à chaque rencontre, violence, mort et amour se rencontrent, se nouent et se dénouent au rythme du rouleau sur lequel le jeune garçon retranscrit ses journées. Une courte vie résumée sur un simple rouleau d’imprimerie, une écriture poétique et sèche qui se clôt dans un grand bruit, dans le cri d’un enfant devenu adulte trop vite et malgré lui. On aimerait, ne serait-ce qu’un bref instant, effleurer du bout des doigts les ailes du rêve, incruster l’image dans les sillons de notre peau et tatouer ce moment sur nos cœurs. Prendre une photo, immortaliser cette tendresse d’un amour juvénile, cette candeur encore enfantine dans ces corps d’adolescents. Prendre ce couple par la main et les conduire, en compagnie de Raffaniello, ce séraphin, doux samaritain, sur les toits du Mont de Dieu, deviser encore un peu avec eux et les accompagner sur route de leur vie, de leur bonheur.Comme toujours, l’écriture d’Eri de Luca fait mouche, ce maçon des mots construit ses phrases, bâtit ses chapitres comme des cathédrales élevées à la gloire des sentiments et de l’amour, sculpte dans la douleur l’essentiel, le concentré des émotions. Un hymne à l’amour, à l’adolescence, un récit onirique où symbolisme et réalisme se mêlent, s’entremêlent au point de devenir indiscernable, comme l’union de ces deux corps blottis dans le frêle lit. PM

Pasdel
07/08/13
 

Montedidio, le " mont de Dieu ", c’est un quartier populaire, qui domine la baie de Naples, avec ses ruelles, ses boutiques, ses odeurs et ses bruits. C’est là que vit le narrateur , un ado de 13 ans. qui a quitté l’école pour travailler comme apprenti chez un menuisier, dans l'immédiat après-guerre. C'est un roman de transition, de passage, de l'enfance à l’adolescence. Tous les samedi, il rapporte son salaire à la maison, c'est ce qui fait de lui un homme. C’est une âme simple, curieuse et optimiste, qui découvre la vie, le monde et les sentiments, et confie ses découvertes à son cahier en italien, quand tous parlent napolitain. Autour de lui, gravitent une intéressante galerie de personnages : son père, docker, qui apprend à lire à l’école du soir ; son patron, qui lui apprend les rudiments de la menuiserie avec humanité ; le vieux cordonnier juif bossu qui est persuadé que sa bosse contient deux ailes qui un jour lui permettront de s’envoler jusqu’à Jérusalem ; la jolie voisine,qui le guette dans l’escalier…Le style de De Lucca est à la fois limpide et plein de poésie, l’histoire est racontée en courts chapitres d’une page maximum par un narrateur plein de sensibilité pour lequel on éprouve très vite beaucoup d’affection. laurence

laurence
12/05/14
 

La vie toute simple d'un quartier de Naples, à travers le regard d'un enfant qui glisse rapidement vers l'adolescence et qui voit son monde se transformer en même temps qui lui.Une poésie omniprésente et sans artifice donne à ce récit initiatique un puissant souffle lyrique et en fait une véritable ode à l'humain. Une autre très belle lecture donc, que nous offre ici Erri de Luca.

Bluedot
31/08/11
 

Je viens d'achever ma lecture et je suis encore sous le charme. L'écriture d'Erri De Luca m'a tout de suite évoqué certains poèmes de Pierre Reverdy, des poèmes où les mots sont choisis avec un soin extrême. La simplicité, la rusticité même des certains de ces mots leur confèrent une beauté singulière,qui me bouleverse. Dans ce roman, les chapitres sont brefs, s'enchaînent avec rapidité et les yeux du lecteur courent sur le papier. Ils suivent le narrateur, jeune garçon de treize ans, qui vit dans la petite ville de Montedidio. Il vient de commencer son travail chez mast'Errico, un ébéniste qui partage son atelier avec Rafaniello, un extraordinaire cordonnier, qui a entrepris de chausser les plus pauvres de Naples avant de prendre son envol. Prendre son envol au sens propre, sa bosse renferme des ailes qui ne demandent qu'à sortir pour le mener à Jérusalem, lui qui a fui son pays détruit par les nazis. L'histoire que nous conte Erri De Luca mélange détails réalistes et événements merveilleux. Ces derniers sont d'ailleurs considérés comme "normaux" par des Napolitains pétris de religion et de superstition. Notre jeune héros possède un bien très précieux, "un boumeran" offert par son père. Il s'entraîne à le lancer mais toujours le freine avant qu'il ne s'en aille. Cet exercice porte ses fruits, ses muscles se dessinent, sa silhouette devient peu à peu celle d'un homme. Ce boumeran ne volera que lorsque les ailes de Rafaniello seront assez fortes pour lui permettre de quitter la terre, de vaincre la pesanteur et de glisser sur les ailes du vent. Le jeune garçon se transforme en homme très vite, trop vite. Il lui semble parfois qu'il galope pour rattraper son destin. Sa mère est malade et hospitalisée. Il doit faire face. Marie, une voisine de son âge, est contrainte d'assouvir les besoins sexuels du propriétaire pour qu'il ferme les yeux sur les dettes familiales. Elle choisit l'adolescent, le modèle pour qu'il prenne sa défense. Ce petit couple de treize ans ne prête pas à rire. Face à l'adversité, ils se créent un univers mi-enfantin, mi-adulte qui les protège des coups du sort. Cette histoire, nous la connaissons car le narrateur l'écrit au jour le jour. Il écrit en italien et non en napolitain pour conférer, peut-être plus de solennité, plus de poids à chacun de ses mots. Son récit est émaillé cependant d'expressions napolitaines qui sont le reflet de la mentalité et des moeurs des habitants de Montedidio. Notre héros finit son récit au moment où le "boumeran" et le cordonnier s'élancent dans la nuit étoilée aidés par des esprits, pris peut-être de pitié pour l'âme meurtrie de Rafaniello.Ce roman, prix Fémina étranger 2002 est "una meraviglia" !

Albertine22
02/10/15
 

Sur les pavés napolitains Prix Femina étranger 2002, ce roman d’Erri De Luca nos transporte dans un autre temps, un autre monde presque, au cœur de ce quartier napolitain où la pauvreté – ou dénuement matériel – n’a d’égale que la richesse du cœur et de l’esprit.Immense talent de ce romancier italien, qui jongle entre réalisme et poésie, narrant l’histoire de cet enfant de 13 ans (lui ?) projeté trop vite dans la rudesse du monde.Ode à Naples, à l’amour à l’amitié, à l’entraide.

'ai trouvé ce roman très tendre. Un adolescent de 13 ans va entrer dans le monde adulte. Il quitte l'école et commence à gagner sa vie. On est à Naples dans un quartier pauvre. Les portraits intimes des personnages sont très beaux. On est juste avant l'élection de JFK. Nous avons des chapitres courts puisqu'il s'agit de notes que le jeune narrateur inscrit sur un rouleau de papier récupéré chez l'imprimeur du coin aux mains baladeuses.D'un côté on a la disparition de la mère et de l'autre la petite "fiancée" qui fait sont entrée dans son foyer. On a une image de l'amour très belle avec l'histoire des parents du jeune homme. Maria est très importante dans la narration."'A iurnata è 'nu muorzo", la journée est une bouchée [...]" Première phrase du roman où on voit la place de la langue napolitaine dans l'histoire. "J'entends des cri et des voix napolitaines, je parle napolitain, mais j'écris en italien."Nous vivons en Italie, dit papa, mais nous ne sommes pas italiens. pour parler la langue nous devons l'étudier, c'est comme à l'étranger, comme en Amérique, mais sans s'en aller. Beaucoup d'entre nous ne le parleront jamais l'italien et ils mourront en napolitain. C'est une langue difficile, dit-il, mais tu l'apprendras et tu seras italien. Ta maman et moi non, noi nun pu, nun puo, nuie nun putimmo." Il veut dire "nous ne pouvons pas", mais le verbe ne lui vient pas. Je le lui dis, "nous ne pouvons pas", bravo, dit-il, bravo, toi tu connais la langue nationale.Oui, je la connais, je l'écris même en cachette et je me sens un peu traître au napolitain [...] Maman n'est pas d'accord avec papa, elle dit : "nous sommes napolitains, un point c'est tout." Mmon Italie, dit-elle avec deux m, mnon Italie est en amérique est en Amérique, là où vit la moitié de ma famille.[...]" (p.27)Ces thématiques de la langue et de l'immigration sont présentes tout au long de la narration.On a le cordonnier juif et bossu qui répare depuis près de 20 ans les chaussures gratuitement des gens du quartier en attendant de "s'envoler" vers la terre promise. Sa bosse serait la poche où poussent des ailes d'ange.Nous avons le ébéniste qui a embauché le jeune qui partage son magasin avec le cordonnier.Nous avons le marchand de peignes, le marchand ambulant. Nous avons le propriétaire grippe sous qui profite de la pauvreté de ses locataires, droit de cuissage. Des allusions à la seconde guerre mondiale et ses drames. http://ramettes.canalblog

ramettes
02/01/14
 

Naples l'intemporelle puise sa force dans le quartier populaire de Montedidio. Au cœur de ce microcosme, la belle italienne s'époumone et palpite au rythme des allers et venus des habitants. Le soir, la foule bruyante s'empresse près du marchand de pizzas et les effluves échappées du four viennent caresser les ventres qui crient famine. Les gosses, eux, miment sur les trottoirs des jeux dont les règles sont interdites aux adultes. Ça chante, ça crie, ça vit...Près du lavoir, un jeune italien de treize ans connaît les premiers tourments de l'amour auprès de Maria. Le corps de la jeune fille et l'art du baiser lui semblent aussi mystérieux que l'utilisation d'un insolite « boumeran » offert par son père. L'adolescent, personnage narrateur, est apprenti ébéniste chez Mast'Errico. Sa famille subit de plein fouet et la pauvreté et la maladie de sa mère. Les moments passés à l'atelier lui permettent de fuir un quotidien qui se fait parfois pesant. Au milieu des copeaux de bois, il devise avec Rav Daniel dit Don Rafaniello, un bossu hébergé par Mast'Errico. Don Rafaniello est cordonnier et tandis qu'il répare les chaussures de tout Montedidio, il se raconte au jeune garçon, raconte son pays et les affres de la guerre. La protubérance qui courbe un peu son dos serait, selon lui, havre de merveilleux...Une paire d'ailes y séjournerait attendant le moment propice qui permettra à Rav Daniel de s'affranchir de ce monde de douleurs. Parce qu'il a souffert, Don Rafaniello sait voir le beau et éveille l'adolescent à la vie.Dans le tumulte de Montedidio, le narrateur apprend à discerner l'invisible et s'ouvre aux émotions. Il consigne chaque jour des bribes de sa vie sur le papier : les moments complices passés avec le cordonnier, la fragilité de sa mère et le fameux « boumeran » détenteur de tant de secrets.Cependant, les vieilles bâtisses du quartier abritent des mystères que nul homme ne voudrait connaître. Si la clarté est révélée au regard neuf de ce « presque enfant », les zones d'ombres demeurent, prêtes à engloutir la lumière la plus vive.Une fois n'est pas coutume, Erri de Luca livre une oeuvre empreinte de poésie et extrêmement musicale. Rares sont les livres capables à la fois d’apaiser l'âme et de saisir le lecteur avec une telle force. On ne peut que se laisser séduire par ces personnages pittoresques, italiens jusqu'au bout des ongles. Entre pudeur et excessivité, l'écriture de Montedidio enchante et réchauffe comme un verre de Chianti partagé entre amis... Un livre que l'on quitte à regrets, un départ difficile de Naples... Rebelde

Rebelde
08/10/13
 

Naples l'intemporelle puise sa force dans le quartier populaire de Montedidio. Au cœur de ce microcosme, la belle italienne s'époumone et palpite au rythme des allers et venus des habitants. Le soir, la foule bruyante s'empresse près du marchand de pizzas et les effluves échappées du four viennent caresser les ventres qui crient famine. Les gosses, eux, miment sur les trottoirs des jeux dont les règles sont interdites aux adultes. Ça chante, ça crie, ça vit...Près du lavoir, un jeune italien de treize ans connaît les premiers tourments de l'amour auprès de Maria. Le corps de la jeune fille et l'art du baiser lui semblent aussi mystérieux que l'utilisation d'un insolite « boumeran » offert par son père. L'adolescent, personnage narrateur, est apprenti ébéniste chez Mast'Errico. Sa famille subit de plein fouet et la pauvreté et la maladie de sa mère. Les moments passés à l'atelier lui permettent de fuir un quotidien qui se fait parfois pesant. Au milieu des copeaux de bois, il devise avec Rav Daniel dit Don Rafaniello, un bossu hébergé par Mast'Errico. Don Rafaniello est cordonnier et tandis qu'il répare les chaussures de tout Montedidio, il se raconte au jeune garçon, raconte son pays et les affres de la guerre. La protubérance qui courbe un peu son dos serait, selon lui, havre de merveilleux...Une paire d'ailes y séjournerait attendant le moment propice qui permettra à Rav Daniel de s'affranchir de ce monde de douleurs. Parce qu'il a souffert, Don Rafaniello sait voir le beau et éveille l'adolescent à la vie.Dans le tumulte de Montedidio, le narrateur apprend à discerner l'invisible et s'ouvre aux émotions. Il consigne chaque jour des bribes de sa vie sur le papier : les moments complices passés avec le cordonnier, la fragilité de sa mère et le fameux « boumeran » détenteur de tant de secrets.Cependant, les vieilles bâtisses du quartier abritent des mystères que nul homme ne voudrait connaître. Si la clarté est révélée au regard neuf de ce « presque enfant », les zones d'ombres demeurent, prêtes à engloutir la lumière la plus vive.Une fois n'est pas coutume, Erri de Luca livre une oeuvre empreinte de poésie et extrêmement musicale. Rares sont les livres capables à la fois d’apaiser l'âme et de saisir le lecteur avec une telle force. On ne peut que se laisser séduire par ces personnages pittoresques, italiens jusqu'au bout des ongles. Entre pudeur et excessivité, l'écriture de Montedidio enchante et réchauffe comme un verre de Chianti partagé entre amis... Un livre que l'on quitte à regrets, un départ difficile de Naples... Gecko

un flyer
17/09/13

Montedidio Naples, fin des années cinquante. Dans une langue simple, douce et chaude, Erri De Luca nous conte les découvertes d'un jeune adolescent s'ouvrant à des jours adultes. Baignés dans une lumière ocre et poussiéreuse, les courts chapitres disent l'odeur du bois, le goût de la sueur, le bruissement du silence, les visages burinés, les corps usés et les vies fatiguées. Un récit touchant.

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.15 kg
  • Langage original : ITALIEN
  • Traducteur : DANIELE VALIN

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