Murambi, Le Livre Des Ossements

DIOP, BOUBACAR-BORIS

livre murambi, le livre des ossements
EDITEUR : ZULMA
DATE DE PARUTION : 03/03/11
LES NOTES :
à partir de
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SYNOPSIS :

Construit comme une enquête et un réquisitoire, avec une extraordinaire lucidité, le roman de Boubacar Boris Diop nous éclaire sur l'ultime génocide du XXe siècle mieux que tous les essais et témoignages. Avec une sobriété d'un classicisme exemplaire, l'auteur expose les faits, ses rouages et ses ressorts cachés : quelques personnages en situation, avant, pendant et après le génocide, se racontent et se croisent, s'aiment et se confessent. Jessica, la miraculée qui sait et comprend du fond de son engagement ; Faustin Casana, membre des Interahamwe ; le docteur Joseph Karekezi, notable
hutu naguère modéré, qui organisa et coordonna le massacre de Murambi ; le colonel Etienne Périn, officier de l'armée française; Cornelius Karekezi enfin, qui, de retour au pays quatre ans après le drame, découvre l'épouvantable responsabilité de son père. En vrai romancier, Boubacar Boris Diop nous interdit les faux-fuyants qui voudraient folkloriser les drames africains pour mieux les oublier. En " raconteur d'éternité ", avec toute la rigueur d'un talent sans faille, il nous oblige à regarder en face notre réalité, qu'on voudrait sauve de tout autre désastre humain.
Attention, ne prenez pas ce roman si vous n’êtes pas prêts à recevoir une claque… Boubacar Boris Diop n’explique pas dans son livre le génocide des Tutsi au Rwanda. On ne peut pas expliquer la folie humaine. En revanche, il déroule les événements des massacres, les horreurs vécues par ses personnages sont en fait celles de tout un peuple. Il n’épargne pas son lecteur, qui à la fin du livre est hanté par une question : l’emploi du mot « génocide » est-il si galvaudé que tout en connaissant l’ampleur de la tragédie rwandaise, je sois bouleversé par ce livre si salutaire qui remet les pendules à l’heure.Celui-ci me « force » à intégrer les détails d’une horreur si loin d’une France surprotégée , et en même temps si proche de nous, car se massacre a eu lieu en 1994, à notre époque, quasiment à notre porte. Comment peut-on être si imperméable aux échos du monde ? Comment peut-on vivre normalement en sachant ce qui se passe juste à côté de nous ? Surtout l’auteur évoque très clairement l’attitude plus qu’équivoque de la France et de ses gouvernements successifs. « La patrie des Droits de l’Homme » semble oublier bien facilement ses principes quand il s’agit de défendre ses intérêts en Françafrique. L’auteur cite cette phrase terrible de Mitterrand « dans ces pays-là, un génocide ce n’est pas important » Edifiant…

Stéphanie (Lille)
Attention, ne prenez pas ce roman si vous n’êtes pas prêts à recevoir une claque… Boubacar Boris Diop n’explique pas dans son livre le génocide des Tutsi au Rwanda. On ne peut pas expliquer la folie humaine. En revanche, il déroule les événements des massacres, les horreurs vécues par ses personnages sont en fait celles de tout un peuple. Il n’épargne pas son lecteur, qui à la fin du livre est hanté par une question : l’emploi du mot « génocide » est-il si galvaudé que tout en connaissant l’ampleur de la tragédie rwandaise, je sois bouleversé par ce livre si salutaire qui remet les pendules à l’heure.Celui-ci me « force » à intégrer les détails d’une horreur si loin d’une France surprotégée , et en même temps si proche de nous, car se massacre a eu lieu en 1994, à notre époque, quasiment à notre porte. Comment peut-on être si imperméable aux échos du monde ? Comment peut-on vivre normalement en sachant ce qui se passe juste à côté de nous ? Surtout l’auteur évoque très clairement l’attitude plus qu’équivoque de la France et de ses gouvernements successifs. « La patrie des Droits de l’Homme » semble oublier bien facilement ses principes quand il s’agit de défendre ses intérêts en Françafrique. L’auteur cite cette phrase terrible de Mitterrand « dans ces pays-là, un génocide ce n’est pas important » Edifiant…
Stéphanie ,
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(Lille)
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Résumé du livreLe roman est divisé en quatre parties. Chacune retrace non seulement l'avant génocide mais aussi l'après avec un retour sur le massacre de 45 000 Tutsis dans l'école Polytechnique de Murambi. Le coeur du livre est le saisissant chapitre sur le génocide lui-même. C'est un roman dans lequel tous les personnages se croisent Hutus et Tutsis et racontent leur histoire. Les figures qui émergent de la masse et de la tragédie sont Jessica, une rescapée, l'oncle de Cornelius, Siméon et Cornélius, l'exilé qui revient dans son pays, le Rwanda après le massacre. L'auteur ne donnera son point de vue que vers la fin du livre dans sa postface.Quelques mots sur l'auteurBoubacar Boris Diop est né à Dakar en 1946. Il est romancier, essayiste, dramaturge, et scénariste, il a été aussi le directeur du Matin de Dakar. Pour moi, son chef d'oeuvre reste "Les tambours de la mémoire". En 1998, il a participé, avec dix autres écrivains africains dont me semble-t-il Véronique Tadjo, au projet d’écriture sur le génocide au Rwanda : « Rwanda : écrire par devoir de mémoire ». Après des réticences du gouvernement de Kigali, il a pu mener le projet à terme et nous offrir cette oeuvre. A la fin du roman, il existe une Postface dans laquelle il explique le contexte de l'écriture et le rôle de la France dans le génocide Tutsi.CritiqueLe roman de Boubacar Boris Diop s'intéresse non pas à un fait historique relaté avec objectivité, distance et froideur. La subtilité du texte réside dans sa structure narrative. Il s'agit ici de commencer par le relater le retour de Cornélius dans son pays après 25 ans d'absence et de suivre les tiraillements intérieurs de ce personnage qui comprend enfin qu'il n'est plus réellement chez lui. Cornélius est aussi une victime car il a perdu sa mère et sa fratrie dans le génocide. Mais en plus de cela, il est fils d'un génocidaire, le docteur Joseph Karekezi. Celui-ci a tué toute sa famille. Cette position intenable fait de lui un personnage à la croisé des chemins. Il est Tutsi par sa mère et Hutu par son père. Son errance dans un Rwanda quatre ans après le génocide l'oblige à se remettre en question et accepter l'ambivalence de ses amis et Rwandais qui ont été des témoins et victimes oculaire du massacre pendant qu'il était à l'étranger. Le parcours de Cornélius sur ces lieux de massacres et de Mémoires obligent aussi le lecteur à plonger dans l'enfer et à regarder l'irregardable. A aucun moment le roman ne s'attarde sur le pathos ou le larmoyant. De toute façon, le Rwanda n'a plus de larmes à revendre tant la souffrance a desséché ses yeux. Cependant, au coeur même des ténèbres et de la désolation, l'auteur donne toujours une note d'espoir au travers des personnages - phares comme Jessica ou Siméon gardiens de la Mémoire du Génocide. Pour l'auteur, ce sont des êtres Bons au sens philosophique et éthique du terme. Une est Tutsi l'autre est Hutu. Pour Boubacar Boris Diop, c'est par eux que le Rwanda, terre du Dieu Imana, peut se reconstruire sans rejeter pour autant le passé de terreur.Je vous le recommande vraiment car c'est un roman majeur pour approcher cette période sombre de l'Histoire du Rwanda. Comme le disait Toni Morrison "Ce roman est un miracle. Murambi, le livre des ossements confirme ma certitude qu'après le génocide, seul l'art peut essayer de redonner du sens. Avec Murambi, Boubacar Boris Diop nous offre un roman puissant, terrible et beau." A lire absolument. Victoire

tran
16/08/12
 

Murambi revient sur le génocide qui se déroula au Rwanda a partir d'avril 1994 et dura 100 jours. Nous proposant les points de vue et expériences de différents personnages, Hutu, Tutsi, Français, Boubacar Boris Diop nous plonge dans un des pires épisodes de l'Histoire du XXème siècle.Il y a Michel, qui pressent l'horreur, alors que l'avion du président rwandais vient jtout uste d'être abattu par un missile; il y a Aloys, Hutu, membre des Interahamwe, milice de cette ethnie, abreuvé à la mamelle de la haine; Jessica, espionne pour le FPR, Cornelius personnage central, exilé pendant des années à Djibouti, qui revient en 1998 pour apprendre que son père, médecin, a organisé le massacre de l'Ecole technique de Murambi, faisant tuer par la même occasion sa épouse tutsi et leurs deux enfants.Tous ces personnages nous donnent à voir l'horreur de ce génocide. Chacun apporte un éclairage particulier sur la tragédie, et permet ainsi au lecteur un début de compréhension d'une situation terriblement complexe, où le sang coule à flots, les horreurs se multiplient, et l'absurde semble être la règle.Je précise pour ceux qui seraient hésitants, que si certains passages peuvent être éprouvants, ils sont rares et souvent très courts. Cette lecture n'est donc pas trop difficile.Tout l'intérêt de ce roman tient dans la lucidité incroyable dont fait preuve l'auteur. Il nous montre ces personnages sans complaisance, il ne cherche pas à les cacher derrière des prétextes ou des excuses. Cette objectivité est terrible et totalement nécessaire. Diop expose toute la complexité du problème, les pères qui deviennent meurtriers tout en cachant chez eux des enfants Tutsi, les survivants qui ne sont plus complètement vivants, les bourreaux qui vivent tranquillement leur vie. Diop n'épargne ni les Rwandais, ni les Africains, ni les Français et leur opération "Turquoise". Voilà un roman qui n'est ni pleunrichard, ni complaisant. C'est un roman intelligent, d'une objectivité effrayante parc e qu'elle révèle de l'âme humaine. Un livre à lire absolument.

Choupchoup
09/04/13

C'est un livre vraiment bouleversant.Ce livre emprunte à la fois aux codes du roman et du témoignage, la construction en est un peu bancale par moment, maladroite. On lui pardonne facilement tant il doit être difficile de romancer moins de 20 ans après des faits si horribles. D'ailleurs dans la postface Boubacar Boris Diop nous explique la manière dont il a construit ce livre, son choix de la fiction. Cette vision du génocide rwandais est très intéressante, contrairement aux reportages et témoignages qui placent le lecteur immédiatement dans l'émotion, la partie romancé donne un certain détachement et une incroyable puissance aux propos sans jamais en ôter leur sensibilités.Un très beau livre que je conseillerai à tous ceux qui veulent en apprendre un peu plus sur le génocide rwandais.Ce livre a été écrit dans le cadre d'une manifestation organisé par Fest'Africa, dix auteurs ont été invité au Rwanda, dix œuvres pour ne pas oublier le génocide rwandais.La phalène des collines de Kouley Lamko (Tchad)L'aîné des orphelins de Tierno Monemembo (Guinée)La grande tristresse de Meja Mwangi (Kenya)Murekatete de Monique Iboudo (Burkina-Faso)Franc -Rwanda, les coulisses d'un génocide de Vénuste Kayimahé (Rwanda)L'ombre d'Imana. Voyage jusqu'au bout du Rwanda de Véronique Tadjo (Côte d'Ivoire)Le génocide des Tutsi expliqué à un étranger de Jean Marie Vianney Rurangwa (Rwanda)Terminus, textes pour le Rwanda de Abdourahman Al Waberi (Djibouti)Nyanirambo de Nocky Djadanoum (Tchad)Les deux livres de Jean Hatzfeld, Dans le nu de la vie -récits des marais rwandais et Une saison de manchettes complètent le livre de Boubacar Boris Diop. Ces trois ouvrages me semblent incontournables pour tous ceux qui voudrait en apprendre plus par le biais de la littérature.

Lacazavent
30/10/11
 

Je remercie Libfly et les Editions Zulma de m’avoir donné l’opportunité de découvrir ce livre, un roman bouleversant qui m’a profondément marqué tout en m’ouvrant les yeux sur une sombre page de l’histoire récente.Le titre est surprenant et j’ai cherché à savoir ce qu’était Murambi. C’est un endroit emblématique du massacre des tutsis. Il y avait là une école technique où 45 000 à 50 000 tutsis furent concentrés et massacrés. Après le génocide, les cadavres furent exhumés et exposés dans l’école de cette ville. Le Rwanda en a fait un lieu de mémoire.Des amis d’enfance se retrouvent en 1998, quatre ans après le génocide : Cornélius a vécu depuis 25 ans en exil et fait sa vie à Djibouti ; Jessica s’est engagée à fond dans la résistance des Tutsis infiltrant les groupes combattants Hutus; Stanley, lui, a parcouru le monde à la recherche de fonds pour alimenter cette même résistance. Cornélius arrive de Djibouti où il enseignait avec le projet de s’installer au Rwanda et d’écrire une pièce de théâtre sur le génocide. Auparavant, il souhaite aller se recueillir à Murambi où ses parents ont péri lors du terrible massacre d’avril à juin 1994. Il va aussi y rencontrer son oncle Siméon Habineza qui a toujours fait preuve d’une grande sagesse. Son père, le docteur Kareseki, faisait partie d’une famille de notables Hutus, c’était un homme respecté et modéré, alors que sa mère était d’origine tutsi.Cornélius sent un malaise chez ses amis. Jessica lui apprend que son père, qu’il avait eu au téléphone la veille du massacre, en est aussi l’un des principaux instigateurs, bien que sa femme et ses enfants soient morts au cours de celui-ci. Cet homme vit actuellement en exil, exfiltré par les militaires français… Cornélius va alors partir sur les traces de ce père pour chercher à comprendre.Mais ce livre n’est pas que l’histoire de Cornélius qui sert que de fil rouge au roman. En fait l’auteur a juxtaposé des histoires de personnes qui s’expriment à la première personne. La chronologie des événements se déroulant avant, pendant et après le génocide est entremêlée à ces moments de vie que livrent victimes et bourreaux, tutsis et Hutus. L’auteur livre même le témoignage d’un colonel français chargé d’évacuer vers le Congo les responsables du génocide. La grande force de ce livre est d’avoir été écrit par un sénégalais, un homme africain mais pas rwandais, ce qui lui évite tout parti pris en faveur de l’un ou l’autre groupe. Il a été invité par le festival Fest’Africa avec une dizaine d’autres auteurs africains pour écrire « Rwanda : écrire par devoir de mémoire ». Il rencontre au cours de son séjour des survivants dont il doit vaincre la méfiance et, soucieux de respecter leurs témoignages, il choisit de donner la parole à ces hommes et ces femmes qui à tour de rôle livrent des faits, ce qu’a été leur expérience du génocide. Le style est incisif et sobre. On découvre avec Boubacar Boris Diop que la haine entre tutsis et hutus n’est pas ancestrale, les premiers massacres datant de 1959 ; ce n’est pas une guerre civile, mais un génocide extrêmement bien préparé. Ce livre est enrichi d’une postface de Boubacar Boris Diop qui permet de mieux percevoir la fabrication de cette haine tribale par les colons et missionnaires allemands, belges et français. L’écrivain qui s’interroge sur sa cécité au moment du génocide, se rappelle un proverbe sénégalais : « Si tu empruntes à quelqu’un ses yeux, ne t’étonne pas, l’ami, d’être obligé, quoi que tu fasses, de ne voir que ce que lui-même voit… ».

awara
25/09/14
 

Amateurs d’imaginaire et autres belles histoires pour vous évader, passez votre chemin. Murambi, le livre des ossements n’a rien du conte de fée. Murambi, c’est un pur morceau de réalité toute nue, toute crue, qui vous balance directs et uppercuts jusqu’à vous laisser pantelants. Un proverbe wolof dit que "si tu empruntes à quelqu’un ses yeux, ne t’étonne pas de ne voir que ce que lui même voit". Et ce que propose de voir l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop dans ce récit, c’est le génocide du Rwanda ; récit né d’un regroupement d’écrivains, sous le thème "Rwanda : écrire par devoir de mémoire", ayant conduit Diop, en compagnie de plusieurs autres écrivains africains, à vivre l’expérience hors du commun de séjourner, quatre ans après le génocide, au Rwanda afin de rendre compte, du point de vue de leurs sensations et émotions respectives, de ce qu’ils avaient observé.Vingt années après le dernier crime contre l’humanité du XXe siècle qui fit entre 800 000 et un million de victimes en cent jours, Murambi s’érige comme une pierre angulaire de la mémoire de cette atrocité. Fort de visites de lieux de mémoire, de son histoire personnelle et des témoignages de victimes mais également de bourreaux, l’auteur livre un roman au plus proche de la réalité. Fresque d’un pays au passé effroyable et au présent hallucinatoire dans lequel tortionnaires et survivants cohabitent, le texte dépeint mais aussi dénonce. Le monde dans son ensemble qui était bien trop occupé à suivre la Coupe du monde organisée pour la première fois aux États-Unis. Le rôle de la France qui a apporté une aide technique, logistique et politique aux génocidaires hutus et surtout qui n’est pas intervenu lors des massacres et autres exactions. Mais aussi le déni plus volontaire qu’on ne le croit des intellectuels africains.Entre affliction, révolte et culpabilité, Boubacar Boris Diop touche au cœur de la barbarie et donne vie à des personnages saisissants, loin des caricatures du gentil et du méchant incarnés. S’il ne donne pas sens à l’inexplicable, il permet de comprendre un peu de ce qui s’est joué sous l’œil passif du monde et redonne visage à ces corps enchevêtrés que tout un chacun garde en mémoire. Au-delà du caractère choquant de certaines scènes qui ne peuvent laisser insensible, il parvient même à transcender les amas de chair en une esthétique macabre poétique.Beaucoup ne trouveront sans doute pas le courage de pénétrer dans ce texte dérangeant et percutant. Ce n’est pourtant que justice que de rendre un peu d’attention à ceux qui en ont tant manqué. Il ne suffit pas de ne pas être coupable pour se désintéresser de ce qu’est notre monde, notre société, notre humanité. Cet hommage en mots essentiel est un morceau incontournable de la littérature africaine et malheureusement de l’histoire humaine. gwordia - adepte du livre

gwordia
17/08/14
 

"Murambi, le livre des ossements" est un livre d'exception, tant par l'horreur de son sujet - le génocide des Tutsis du Rwanda - que par sa formidable qualité littéraire. La composition du récit permet de faire entendre les voix de différents personnages - bourreaux et victimes - comme autant de témoignages qui marquent par leur précision factuelle, leur horreur et leur humanité. Dans le même temps, le récit romanesque suit sa progression, impliquant un retour aux racines du génocide mais traçant aussi une voie possible pour la reconstruction d'êtres et d'un pays.

pybaubry
26/07/14
 

Murambi. Le livre des ossements nous fait suivre la trajectoire de plusieurs personnages mêlés au génocide des Tutsi au Rwanda, entre victimes, bourreaux et complices : Jessica, une militante du FPR qui parvient miraculeusement à survivre ; un milicien Interahamwe à la veille des massacres qu’il va accomplir ; un colonel français face au rôle de son pays dans la tragédie. Et d’autres encore, qui révèlent autant de perspectives différentes du génocide et de ses différents moments. On passe de l’inquiétude et l’aveugle confiance de certains Tutsi avant les massacres, l’horreur indicible pendant, avec son lot de cynisme et de cruauté pour les uns, l’évidence d’un combat pour d’autres, et la difficulté de la reconstruction et du pardon après. La structure éclatée du livre, où la vision de chaque personnage se succède comme autant de pièces d’un puzzle pour former une image cohérente, permet d’avoir une vision complexe et totale de ce génocide qui cependant demeure à la fin une énigme. L’auteur et ses personnages survivants n’ont que faire d’une explication vaguement raciste à la sauvette, quelque chose comme « encore deux ethnies africaines qui s’entretuent dans une énième guerre civile ». Car on aura beau chercher dans l’Histoire, l’impact de la colonisation, la pauvreté, la soif de pouvoir, rien n’explique « l’allégresse des tueurs » (p 218). L’écriture fluide et sans artifices de Boucabar Boris Diop, qui s’attache aux faits et à l’essentiel, permet de raconter sans fards les atrocités commises, pour que les faits et les actes soient sus. Tout en narrant avec une certaine pudeur les tentatives de réconciliation des rescapés avec leur passé et leurs anciens bourreaux, sans jamais verser dans un monde en noir et blanc où le sentimentalisme aurait été obscène. La trajectoire du personnage principal, Cornelius, un Tutsi qui s’est exilé avant le génocide et revient quatre ans après, est ainsi exemplaire. En retournant au pays, ce dernier va devoir faire sienne une vérité sur sa famille qui renversera du tout au tout sa perspective du génocide. Il apprendra à faire face à ses propres déchirements, entre honte, incompréhension et douleur. Ainsi que le souligne l’auteur, « le crime de génocide est commis par les pères mais il est expié par les fils » (p 252).Boucabar Boris Diop écrit dans sa postface : « si un génocide aussi spectaculaire que celui des Tutsi du Rwanda implique des masses hurlantes d’hommes et de femmes pris au piège d’une panique collective sans nom, chacun n’entend, dans ce formidable chambardement, que les battements de son coeur, dans une soudaine et affreuse proximité avec sa propre mort. » Avec ce roman admirable, il parvient à faire sens de ces morts au nombre si faramineux qu’il brouille l’esprit (un million de morts en quatre mois). En mettant des visages et des voix sur le génocide des Tutsi, ce dernier, loin de rester la tragédie d’un pays lointain, devient l’affaire et l’histoire de chacun des lecteurs que nous sommes.

Dailypolymathie
15/12/12
 

Ce livre a été écrit dans le cadre d'une résidence d'écrivains africains "Rwanda: écrire par devoir de mémoire" en 1998, quatre ans après le génocide de la population Tutsi au Rwanda. Dans ce contexte, on comprend mieux la force du texte de Boubacar Boris Diop face à la réalité du pays quelques années après ce massacre et aux témoignages récoltés auprès de ceux qu'il y a rencontré.A travers l'histoire de Jessica, de Cornelius et de tant d'autres, Boubacar Boris Diop nous relate la folie qui s'est peu à peu emparée du pays et a causé la mort de centaines de milliers de rwandais. Dans une postface ajoutée à cette nouvelle édition chez Zulma, il évoque également le rôle joué par la France dans ce génocide... La construction de ce roman est très forte car elle s'attache à montrer différents points de vue, victimes, génocidaires ainsi que les conséquences psychologiques sur ces derniers des années plus tard.Une lecture indispensable.

liliwenn
20/05/11
 
  • Auteur : DIOP, BOUBACAR-BORIS
  • Éditeur : ZULMA
  • Distributeur : VOLUMEN
  • ISBN : 9782843045509
  • Date de parution : 03/03/11

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 12.50 cm
  • Poids : 0.28 kg

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