Nord et sud

GASKELL, ELIZABETH

EDITEUR : FAYARD
DATE DE PARUTION : 02/11/05
LES NOTES :

à partir de
8,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l'Eglise et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir
s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton. En même temps qu'un étonnant portrait de femme dans l'Angleterre du milieu du xixe siècle, Elizabeth Gaskell brosse ici une de ces larges fresques dont les romanciers victoriens ont le secret.
13 personnes en parlent

Je voulais lire ce livre depuis un petit moment, et c'est chose faite! Je ne regrette pas du tout de m'être plongée dans ce pavé. l'histoire, somme toute classique, de deux êtres qui se cherchent et se découvrent fait penser à celles écrites par Jane Austen, en son temps. On retrouve le climat de l’Angleterre du XIXe, du développement industriel et du patronat. Confronté à cela, Margaret, jeune femme issu d'un milieu modeste de la campagne, se fond dans ce milieu urbain, apprend à connaitre les personnes qui l'entourent et découvre le milieu ouvrier et ces déboires. Un roman comme je les aime, qui nous plonge dans cette vieille Angleterre, là où on été écrites les plus belles histoire d'amour...

seriephile
10/01/13
 

Chère Madame Gaskell,Je voudrais tout simplement vous remercier d'avoir existé et d'avoir créé cet univers fort et grand de Nord et Sud. Certes, vous aviez sans aucun doute l'expérience d'une fille de pasteur et la connaissance des différences subtiles entre sensibilités religieuses en Angleterre au XIXe siècle. Vous avez vous-même vécu de l'intérieur l'existence apparemment douce dans le Sud et la vie laborieuse, industrieuse dans le Nord de l'Angleterre. Vous avez assisté à l'explosion créative de la révolution industrielle et dans le même temps à la naissance des syndicats, à la lutte acharnée des ouvriers contre les patrons, vous vous êtes intéressée aux conditions de vie et de travail de ces ouvriers. En tant que femme, vous avez sans doute été tenue éloignée de cet univers dit "masculin", au titre qu'une femme ne pouvait développer une opinion personnelle ou une initiative autre que celles de la charité traditionnelle.Toutes ces thématiques prouvent que vous étiez une femme moderne, ouverte d'esprit, courageuse : car ces combats socio-économiques, cette influence de la finance sur l'économie qui se fait déjà sentir, cette tentation du profit au détriment de l'humain qui motive certains patrons n'appartiennent plus au XIXe siècle : ils sont tristement, encore et toujours, à l'oeuvre aujourd'hui. Et ces thèmes passionnants, vous les glissez dans un roman somptueux, au coeur d'une histoire d'amour forte et romantique à souhait entre des personnages charismatiques. Il me semble que la belle Margaret Hale et le sombre John Thornton sont désormais pour moi des amis à l'existence bien réelle. Comme cela fait du bien d'assister à l'attirance - répulsion entre ces deux personnalités que tout oppose au début, et qui finiront bien sûr par se rencontrer, après bien des épreuves, dans un amour profond et durable. Dans un monde où tout va vite, où certaines amours semblent si rapides et si brèves, comme il est bon d'accompagner ces deux êtres dans la naissance d'une passion à la fois blessante et brûlante, pleine d'incompréhensions et de doutes.Comme il est bon de prendre son temps, de goûter l'analyse psychologique si fine et si élevée moralement, de partager les affres de John Thornton, les atermoiements de Margaret, la piété filiale de l'une et de l'autre.Cette histoire d'amour, vous l'avez déployée dans un décor rude, celui de Milton Northern, ville en pleine expansion, où les floches de coton se mêlent à la fumée des usines et à l'odeur de l'argent, brassé en masse par les industriels de la région. Votre art de romancière affirmée vous a aussi fait créer des personnages secondaires d'une grande richesse : de la majestueuse Mrs Thornton à Edith, la cousine enfant gâtée de MArgaret,en passant par la fidèle et fière Dixon, des parents désorientés de Margaret au délicieux Mr Bell, jusqu'à Nicholas Higgins, l'ouvrier dont la grande gueule n'a d'égale que la sensibilité et l'ouverture d'esprit.Tous ces personnages interagissent, se font grandir et font évoluer l'histoire jusqu'à la frémissante et délicieuse scène finale... Un roman somptueux, je me répète.Merci, Madame Gaskell, de m'avoir fait découvrir votre univers... Je suis ferrée et ai déjà acquis Cranford pour en découvrir une autre facette. Après ma lecture, j'ai revu la mini-série de la BBC dont j'ai déjà parlé ici. Je l'aime toujours autant, et je suis très contente d'avoir vu la série avant de lire le roman, car je ne suis pas sûre que je l'aurais autant appréciée si j'avais fait l'ordre inverse... La série développe et met en avant certains passages somme toute très courts du roman, en invente l'un ou l'autre, ce qui est bien normal puisque le langage télévisuel n'est pas le même que celui du roman, et que le parti-pris de filmer de manière contemporaine se justifie pleinement. Et bien sûr, John Thornton et Margaret Hale sont interprétés par deux acteurs parfaits (aaah Richard Armitage, oooh Daniela Denby-Ashe) sans oublier les rôles secondaires tous très bien adaptés (mention spéciale à Sinead Cusack dans le rôle de Mrs Thornton et Brendan Coyle dans le rôle de Nicholas Higgins, attachant et crédibe alors que je l'ai ressenti très différent dans le roman). Mais j'ai vraiment apprécié cette lecture qui se déploie, qui prend son temps sans nous ennuyer une minute... mais je ne vais pas répéter tout ce que j'ai déjà noté plus haut.L'article de Wikipedia]] explique bien la genèse de la série et les choix de mise en scène. Anne

Anne7500
24/07/12
 

Contrairement à Jane Austen, Elizabeth Gaskell crée un personnage de roman engagé, soucieuse de son époque et de son temps, qui se questionne sur des problèmes sociaux de fond et ne passe pas tout son temps à préparer le prochain bal. Attention, j'aime beaucoup Jane Austen, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, mais sincèrement, avec Gaskell, on gagne en consistance et en intensité.En arrivant à Milton, Margaret découvre, et le lecteur avec, une foule de problématiques liées à la révolution industrielle. On sait qu'elle débuta en Angleterre, on oublie néanmoins souvent ses conséquences sur la paupérisation des classes populaires qui s'entassèrent dans les villes au détriment des campagnes, espérant gagner en qualité de vie et en pécule. Or, c'est bien souvent l'inverse qui arriva : si les "sudistes" pouvaient encore vivre dans une sorte d'autosubsistance en cultivant quelques légumes qui servaient de base à l'alimentation, les ouvriers du nord voyaient leur paye partir en fumée dans leurs maigres achats, quand elle n'était pas complètement absorbée par la bière locale pour oublier que l'on se tuait à la tâche pour pas grand chose.Alors oui, évidemment, il y aura un conflit amoureux, de l'orgueil, des préjugés (comment ça, ça rappelle quelque chose ?), mais le tout avec la présence de questions de société fort pertinentes et intéressantes, qu'il s'agisse de la place des femmes, leur capacité à s'autodéterminer, celle de la religion, ou entre toutes les questions sociales... Miss Alfie

MissAlfie
21/01/15
 

Sur fond d'Angleterre en pleine Révolution industrielle, Elizabeth Gaskell nous emporte dans une histoire d'amour au romantisme échevelé. Une histoire délicate et surannée où les dames portaient gants et chapeaux et les hommes redingotes. Où chacun s'exprimait avec élégance et sur un ton toujours égal. Et où le mariage était la grande affaire de toute une vie. gracedubois

gracedubois
05/08/14
 

Dire que je n’ai pas aimé ce roman serait faux. Mais voilà, je n’ai pas été emballée outre mesure. Ou plus exactement, devant l’engouement qu’il semble susciter au-près des lecteurs, je suis restée quelque peu sur ma faim.Dans ce roman, il y a des choses qui m’ont plu.A commencer par le contexte historique. Nous sommes dans l’Angleterre du XVIIIème siècle, le pays rentre dans la révolution industrielle. Et l’histoire met plutôt bien en exergue cette fracture qui s’opère entre ces ouvriers qui vont vivre de plein fouet cette industrialisation et ceux plus traditionnalistes ou conservateurs, qui ne se sentent pas encore concernés par technologie grandissante. Mais c’est surtout au sein même de ce monde industriel que nous plonge cette histoire. Avec ses mécaniques pas encore vraiment bien huilées, ses ouvriers qui vont oser se lever contre leur patron, les premières grèves… A n’en pas douter, le cadre est plus qu’intéressant.J’ai apprécié quelques personnages. En premier lieu, je citerai la mère de John Thurnton. Si au début elle m’a semblée effacée, elle s’avère en réalité une femme de caractère, ayant la tête sur les épaules. Bon d’accord, c’est une femme très (trop ?) orgueilleuse, mais n’empêche que sa présence s’avère bien utile pour régler quelques situations.J’ai fini également par m’attacher à John Thurnton. Malgré ses défauts, son arrogance, sa vision du monde et surtout du travail en tant que patron, pas vraiment portée sur le bien-être de ses ouvriers…. Cet homme est peut-être exécrable, mais il ne reste pas figé et on sent qu’il essaie de se remettre en question, même si c’est difficile et qu’il voudrait régulièrement rappeler que « C’est moi le PATRON » (toute ressemblance avec une pub n’est que pure coïncidence. Ou pas). C’est un personnage qui a une évolution, et dans un roman c’est une chose que j’aime particulièrement. Que cette évolution soit positive ou négative. Et il y a ce que je n’ai pas aimé, ou moins aimé.Je n’ai pas accroché au personnage de Margaret. Je l’ai trouvée trop horipilante et imbue d’elle-même. J’ai eu le sentiment que contrairement à John elle refusait de se remettre en question. Margaret a au moins l’avantage d’avoir du caractère. Contrairement à sa mère que j’ai eu envie de secouer à maintes reprises. Car non, sa santé ne justifiait pas à mon sens un manque d’énergie aussi frappant !!Je n’ai pas été totalement séduite par l’écriture. J’ai surtout été horripilée par ces dialogues qui font commencer toutes les phrases de Margaret par des « Oh ! » à s’en fendre l’âme. Je sais, c’est peut-être stupide, mais ça m’a énervé et surtout donné envie de la gifler pour l’empêcher de geindre ^^.Et pour finir, j’ai trouvé cette histoire tout bonnement trop longue. Les scènes traînent en longueur, certaines descriptions m’ont paru quelque peu inutiles et ennuyeuses. Bref, le style Elizabeth Gaskell n’est pas ma tasse de thé. J’ai vu qu’il était souvent comparé à Jane Austen. C’est certes la même époque, mais personnellement je trouve le style de jane Austen beaucoup plus fin et moins engoncé que celui d’Elizabeth Gaskell.En conclusion, Nord et Sud est un roman au cadre historique intéressant mais qui m’a un peu déçu par son style.

Nelcie
08/07/14
 

Nord et Sud es un roman anglais, publié en 1854 (pré-publié en hebdomadaire) en pleine période de l'Angleterre Victorienne. Pour la petite note histoire, l'époque de l'Angleterre Victorienne désigne les années de règne de Victoria 1er du Royaume-Unies de 1837 à 1901.Dans ce roman, Elisabeth Ganskell nous peint l'histoire de la vie de Margaret Hale, jeune fille d'un ancien pasteur provinciale du sud, qui débarque avec ses parents à Milton, une ville industrielle du Nord. Elle rencontrera Mr John Thornton , riche propriétaire d'une filature. Le décors est planté et que les fans de Jane Austen se préparent, car la relation naissante de Margaret et Mr Thornton a le même goût que l'histoire d'Elisabeth Bennet et Mr Darcy dans Orgueil et Préjugés. L'auteur manie donc avec bravoure, la complexité des relations et des sentiments des deux protagonistes au travers de ces six cents pages. Elle a crée deux personnages principaux remarquables, auquel on ne peut que s'attacher. Margaret Hale est un femme d'une grande bonté, qui s'attachera au bien-être et à la condition de ceux qui l'entoure. Mais est aussi d'une servitude exemplaire pour sa famille. C'est un personnage intelligent dont on suit l'histoire avec grande attention et qu'on voit se relever encore et encore malgré les nombreux maux que la vie lui inflige. Mais mettons une lumière sur Mr Thornton car lui aussi est un personnage d'exception. C'est un homme droit et honnête, et avec énormément d'esprit, qui a travaillé dure toute sa vie pour arriver à son statut. Mais on aime surtout tout au long du livre pour la grande passion qu'il aura envers l’héroïne, ses maux intérieurs qui prendront racine pour finalement jamais le quitter. :) Mr Thornton est un homme dans la lignée de Mr Darcy, un homme que l'on ne peut que aimer et que toutes jeunes filles en fleur aimeraient rencontrer. En plus, du portrait de ces deux personnages, Mme Ganskell ajoute une multitude de personnages secondaires travaillés que se soit de la gouvernante fidèle à la famille, à la jeune fille malade dont Margaret liera d'amitié, jusqu'à la jeune sœur superficielle de Mr Thornton. C'est un vrai plaisir de les caractères opposées de ce milieu évolué. "Tu es pleine de préjugés contre Mr Thornton, Margaret!- Il est le premier industriel, le premier homme engagé dans la négoce qu'il m'ait été donné d'observer, papa. C'est comme ma première olive: permets-moi de faire une grimace en l'avalant. Je sais que dans sa catégorie, il est remarquable, et je sais que petit à petit j'en viendrai à apprécier cette catégorie." Page 264/265Mais la ressemblance avec un roman de Jane Austen s'arrêtera là! Le gros point fort de Nord et Sud est la description d'une société industrielle ou s'oppose férocement la classe patronale et la classe ouvrier, en nous offrant un point de vue bien travaillé des deux côtés. Ainsi nous voyons évoluer des antagonistes des deux classes sociales et nous suivons avec intérêt les mouvements sociales qui bousculent la petite ville de Milton (comme la grève). A cela viens s'ajouter une critique avisée sur les habitudes entre les habitants provinciaux du sud de l'Angleterre et les habitants industrielles du nord de l'Angleterre. Elisabeth Ganskell nous offre donc un dessin travaillé de cette Angleterre victorienne, en pleine révolution industrielle. "Je ne connais rien à vos habitudes du sud ni à vos gens, repris t'il enfin. J'ai entendu dire qu'y sont de vrais loques qui se laissent marcher dessus, des crèves-la-faim. Ici, c'est pas la même chanson. Quand on cherche à nous exploiter, on s'en rend compte et on voit rouge. On arrête nos machines et on dit " Alors comme ça, vous voulez nous faire crever de faim, hein? Mais on va pas se laisser faire messieurs" Et cette fois ci, ils sont frits." Page 212"Ah si seulement j'habitais dans le sud! dit BessyIl y a beaucoup de choses pénibles à supporter là-bas, répondit Margaret. Des chagrins, on en trouve partout! Il faut travailler très dure, et la nourriture qui redonne des forces n'est pas abondante."Page 212 En parallèle, la religion est une part importante dans ce roman avec de nombreuses citations et références à Dieu. C'est un aperçue de la religion anglicane mais aussi une pensée de ce que pense les anglais notamment par rapport au catholicisme par exemple. J'ai aussi beaucoup aimé car chaque chapitre débute par un poème, une citation religieuse, une chanson ou une citation littéraire de l'époque sous entendant une référence du thème du chapitre. "L'idée entre en conflit avec l'idéeEt du choc entre glaive et bouclierSurgit l'étincelle de vérité"W.S LandorMon dernier mot sera pour la plume d'Elisabeth Ganskell qui est sublime. Son style est proche de celui de Jane Austen et fortement influencé par les sœurs Brönte et Dickens. Mais il reste quand même plus facile à lire qu'un lire de Charlotte Brönte. J'ai tourné les pages de ce livre avec un grand plaisir et est attendu chaque moment de mon temps libre pour rouvrir ce livre. :)En bref,Nord et Sud est un vrai et énorme coup de cœur. C'est un livre structuré d'une plume sublime qui m'a permis de découvrir un peu plus cette Angleterre victorienne que j'apprécie tant. J'ai adoré les personnages, auquel je n'ai pu que m'attacher. Et je lirais prochainement d'autres oeuvre de l'auteur. Il est sur! J'espère avoir pu vous transmettre mon envie pour cette lecture car c'est vraiment une lecture que j'ai adoré et cette auteure mérite qu'on parle d'elle. :)20/20COUP de CŒUR Bea285

bea285
11/05/14
 

Margaret Hale est fille de pasteur. Alors que ce dernier renonce à sa foi, toute la famille déménage dans une ville industrielle du nord.« Parmi les romanciers victoriens s'élève une voix singulière, celle d'Elisabeth Gaskell, célèbre à son époque mais victime ensuite d'un oubli dont on s'explique mal les raisons. Elle a sans aucun doute dérangé, cette femme qui décrit sur un ton tranquille, voire feutré, des situations individuelles ou collectives violentes. Le lecteur redécouvrira avec bonheur un auteur qui combine analyse psychologique subtile, humour et conscience sociale généreuse. C'est cette musique très personnelle qu'on entend dans Nord et Sud ».C'est ainsi que Françoise Du Sorbier, dans sa préface, nous immerge dans le monde d'Elizabeth Gaskell. Un univers d'une grande force où l'on lutte pour ses croyances et sa survie. Femmes de têtes contre hommes de pouvoir, ouvriers contre patrons, nous sommes en pleine époque victorienne où le changement est une constante.D'aucuns pourraient comparer Elizabeth Gaskell à Jane Austen et les personnages de Margaret Hale et Mr Thornton à Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy mais ce serait, à mon sens, incorrect.Si on retrouve des thèmes qui sont chers aux deux écrivaines (la condition de la femme, les préjugés qui opposent les sphères masculines et féminines...), Elizabeth Gaskell est plus proche, par ses prises de positions tranchées et ses romans industriels, de Charlotte Brontë dont elle a écrit la biographie en 1857, et de Charles Dickens avec qui elle collaborera plusieurs années.La rébellion est au centre de l'histoire. Celle à Dieu, aux parents, aux patrons, aux hommes, à ceux et celles qui gouvernent en oppressant. Un roman intense qui se lit avec facilité et bonheur. Un grand classique.

Theoma
23/03/14
 

Après avoir visionné l'excellente série de la BBC, je me suis dit qu'il fallait absolument que je me procure le roman dont il est issu. Après lecture, je reste conquise par l'univers, par la plume, par l'histoire et ses personnages. J'adore, c'est un classique de la littérature britannique qu'il faut lire.Ce qui frappe à la lecture c'est l'immersion totale dans deux univers différents, le monde provincial et les pasteurs ainsi que le monde industriel. L'auteure a su – comme notre Zola – être précise sur le quotidien de ces deux mondes, sur leurs modes de penser ou de parler. Ainsi, il est impossible ne pas porter crédit à ce que nous lisons, j'ai même parfois eu la sensation que l'histoire était vraie, c'est déroutant.Je vous vois venir. Vous allez me dire, mais c'est écrit en langage du XIX °, avec pleins de mots compliqués sur l'économie, le patronat, le syndicat, les ouvriers, l'industrie, la religion, la campagne... Oui. Cependant, je trouve le roman incroyablement moderne dans son écriture. Je n'aime pas ce qui touche à l'industrie, au patronat et aux ouvriers, et pourtant, je ne me suis pas noyée. Bien sûr, il faut lire ce récit à tête reposée et concentré dessus, mais il est largement compréhensible pour qui veut se donner cette peine. Il est réaliste, aussi bien dans les expressions que dans les relations, j'ai même appris des choses et j'ai revu mon jugement sur l'histoire industrielle. Disons que je la comprends un peu plus maintenant.La plume de l'auteure rend vraiment bien, on s'imagine si facilement les lieux décrits, les protagonistes et leurs émotions. C'est un style soigné, détaillé et précis qui nous offre ainsi une intrigue forte, une romance passionnante, des relations humaines avec leur haut et leur bas. On peut mettre un certain temps à rentrer dans l'histoire, pour ma part, j'étais à fond dès le début et j'ai aimé ce rythme singulier. Entre le calme de Helstone et l'animation de Milton. Ce rythme correspond aux personnages, il met en valeur l'opposition montrée par Elizabeth Gaskell. Le rythme ne dénature pas la force des émotions comme l'amitié, l'amour, la vie, la mort, la grève, la peur, tout est toujours soigné et travaillé. Je me sentais réellement au milieu de tous ces personnages, à vivre leurs joies et leurs peines et je lirais très volontiers d'autres écrits de l'auteure.Le choc entre sud et nord entre campagne et industrie est marqué grâce à deux personnages, John Thornton et Margaret Hale. Ces deux protagonistes sont fabuleux. Ils vont rappeler le couple mythique Elizabet Bennet et Fitzwilliam Darcy, de par leurs préjugés et leur orgueil, mais on se laisse prendre. On les regarde vivre, se parler, s'affronter, évoluer, ce sont deux grands personnages de la trempe de ceux qu'on ne peut pas oublier. On peut leur reprocher des choses, mais on les applaudit sur d'autres, ils sont humains, ils ont une personnalité bien affirmée et je les aime beaucoup, avec leurs qualités et leurs défauts. Je dois même dire que suivre leur joute verbale s'avère réjouissant. Ils sont différents l'un de l'autre, on les adore et quelques fois, on les déteste pour telle ou telle phrase prononcée, pour leur orgueil... mais c'est pour ça qu'ils sont très intéressants.Les autres personnages sont eux aussi intéressants. La famille Hale, le père m'est très sympathique, je le trouve simple et gentil, tout comme Mrs. Hale, à laquelle on se sent d'emblée pris de compassion à son égard. Je me sens plus mitigée à propos de Dixon, la domestique des Hale, elle est dévouée à Mrs. Hale, elle est forte et parfois drôle, mais de temps en temps, son ton m'agaçait un peu. Je n'adhère pas du tout à Fanny Thornton, la sœur de John, elle est frivole, même si son caractère superficiel me fait souvent rire. De même qu'Edith, la cousine de Margaret, j'ai eu du mal avec son personnage même si on le voit peu. En revanche, la mère de Thornton est particulière. Elle est fière, parfois un brin méprisante et hautaine, et pourtant, je ne peux pas la détester, son histoire, sa force de caractère m'impressionne. J'ai une infime tendresse pour les Higgins, Nicholas, Bessy et Mary, lui est ouvrier dans une firme et ses deux filles sont à la maison. Je les adore, ils sont drôles, humains, touchants, attachants, je n'ai jamais pu les détester une seule seconde.Je vais quand même m'arrêter ici... Je pourrais parler des Lennox, de Mr. Bell, de Frederick et de tant d'autres comme les Boucher, mais la chronique deviendrait trop longue et je perdrais mon but. J'aimerais énormément que ce classique soit plus connu, il le mérite. La plume est magnifique, les personnages attachants, l'intrigue passionnante et maîtrisée, le thème « nord-sud » est très bien exploité et ce réalisme est impressionnant. Quelques longueurs par-ci, par-là ; parfois du mal à saisir toute l'ampleur des discours autour de toutes ces notions industrielles, mais au fond, il est intéressant et prenant. J'ai sincèrement adoré cette lecture et je me plongerais avec joie à lire d'autres livres d'Elizabeth Gaskell.

Ewylyn
10/03/14
 

Le roman d’Elizabeth Gaskell est probablement aussi connu qu’Orgueil & Préjugés de Jane Austen et pourtant, on ne peut pas dire qu’il y ait un rapport évident entre les deux histoires. Pourtant, Nord & Sud est un immense classique de la littérature anglaise et surtout un roman à lire qui nous raconte une histoire magnifique et qui, à sa manière, nous parle de l’orgueil et des préjugés des personnages que nous sommes amenés à suivre.Nord & Sud nous plonge dans l’Angleterre révolutionnaire de la période industrielle. Entre un nord qui s’industrialise et un sud conservateur de son aristocratie et de ses valeurs, Elizabeth Gaskell nous propose ici un véritable choc des cultures à travers des personnages charismatiques. Margaret Hale est une jeune femme, fille de pasteur, qui a grandi au milieu de l’aristocratie avec sa cousine. Quand son père lui annonce son intention de renoncer à ses vœux et de partir s’installer dans le Nord, celle-ci voit tout son univers s’effondrer. Mr Thorton quant à lui, semble être un homme hautain qui ne voit en Margaret qu’une femme orgueilleuse. Pourtant, de cette relation si étrange naîtra la plus belle des histoires.Un roman somptueux en avance sur son époqueOn ne saurait trop dire combien ce roman est magnifique. Long de plus de 600 pages, il se lit pourtant très rapidement, l’auteur arrivant à nous prendre dans les filets d’une histoire mêlant tristesse, deuil, joie, amour et contexte économique sensible. Elizabeth Gaskell nous propose une analyse des sentiments des protagonistes qui vous fait vivre leur histoire et il est impossible de passer à côté du mépris de Margaret à l’égard de Mr Thorton. Pourtant, sous ses airs orgueilleux et hautains, on découvre très rapidement une jeune femme sensible et qui défend toujours les causes qui lui tiennent à cœur. C’est ainsi qu’elle deviendra amie avec une famille roturière dont l’ainée des deux filles est gravement malade. Margaret est réellement une jeune femme qui a des défauts et a qui l’on peut reprocher beaucoup de choses, pourtant, elle saura vous surprendre, vous émouvoir même.Pour ceux qui ont lu Germinal de Zola, Nord & Sud vous le rappellera par certains de ses aspects. Toutefois, on constate très rapidement qu’Elizabeth Gaskell était une femme intelligente, et même brillante, qui a su penser aux conflits sociaux avant même que ceux-ci ne se produisent. En effet, à une époque où l’Angleterre commence seulement à s’industrialiser, elle envisage déjà que des conflits entre les salariés et les employeurs auront lieu mais aussi elle pense déjà à une crise économique. On se retrouve donc avec un roman en avance sur son temps, qui est presque prémonitoire de l’avenir économique en Angleterre.Un roman passionnant pour une histoire surprenante et touchanteIl faut le dire, ce roman est passionnant. On le dévore et les 600 pages se tournent à une vitesse folle. J’ai été touché et émue par cette histoire, par tous les malheurs que subit Margaret. C’est une jeune fille que la vie n’épargne pas mais qui continue quand même de se battre pour ce qu’elle estime juste. Pourtant, il lui reste un côté hautain qu’elle ne perd qu’au fur et à mesure que l’histoire avance et qu’elle apprend à connaître Mr Thorton. D’ailleurs, ce personnage à la fois charismatique et intimidant, m’a parfois rappelé Mr Darcy dans Orgueil & Préjugés. C’est un homme que l’on sent honnête et sensible mais qui, malheureusement, reste sous la coupe d’une mère hautaine et désagréable qui agit comme si son fils était un roi et pas un simple patron.L’histoire qui naît de ce roman est d’autant plus surprenante et touchante que les personnages n’ont, semble-t-il, rien en commun et sont même à l’opposé l’un de l’autre. Pourtant, de la rencontre d’une fille du Sud avec un homme du Nord, il ressortira finalement de l’amour. Un amour sincère et pur qui prend très peu de place dans le roman, au profit de somptueuses descriptions du Sud de l’Angleterre mise en parallèle avec la « laideur » du Nord. Elizabeth Gaskell ne nous raconte pas qu’une histoire d’amour, elle nous raconte une partie de l’histoire d’un pays entier.En bref, Nord et Sud est un véritable coup de cœur. j’ai adoré me plonger dans l’histoire de Margaret et John Thorton. J’ai vécu leurs souffrances, leurs malheurs mais aussi leurs joies et bonheurs. Elizabeth Gaskell m’a complètement envoûtée par son histoire et m’a donné envie de lire ses autres œuvres. Indéniablement, un roman à ne pas rater.

Blondillon
04/03/14
 

J'ai eu un mal fou à passer le premier tiers de ce livre. Je le trouvais très surfait, débordant de sentiments, rabâchant questions sociales et moralité. Quand aux personnages, ils sont parfois caricaturaux à l'extrême, de plaisant cela est vite devenu agaçant. Heureusement c'est un livre bien écrit et dans un style fluide honnêtement c'est ce qui m' aura fait poursuivre, l' histoire met très très longtemps à démarrer, trop à mon goût. Finalement, l' une des rares choses qui m' aura séduite (sans grosse surprise) c'est l' histoire d'amour très belle et la fin qui aura complétement satisfait mon côté fleur bleue.

Lacazavent
03/09/13
 

Margaret, fille unique d'un ministre paroissial studieux et d'une mère franchement agaçante, regrettant le temps de sa jeunesse, elle qui était issue d'une très bonne famille, Margaret, donc, aime la nature, la campagne et leur vie tranquille, dans le sud de l'Angleterre du milieu du XIXème siècle. Or, quand son père décide, pour une raison qui peut sembler assez futile d'ailleurs, de quitter son poste, la famille n'a d'autre choix que de partir pour le (grand) Nord et ses usines. Une situation très difficile à vivre pour les deux femmes Hale. Chacune ayant, il faut bien le dire, une assez haute opinion d'elle-même, et surtout, un mépris certain pour les métiers manuels et industriels. Tout ce qui n'a rien à voir avec le travail de la terre et les métiers de l'esprit ne vaut pas tripette pour ces dames.L'acclimatation est donc assez compliquée pour Margaret, alors que son père se prend d'amitié pour son "élève", le directeur de filature John Thornton. Homme au passé difficile, qui a réussi grâce à la seule force de son ambition et à son travail acharné, Thornton est un personnage complexe, incarnant l'idéal (?) de Gaskell en terme d'entrepreneur. Dur, certes, mais travailleur, évoluant avec son temps et conscient de ses responsabilités envers ses employés et la communauté. De ce point de vue, le roman de Gaskell trouve un écho certain dans l'actualité.Photographie de l'époque, du tiraillement entre la terre et l'industrie, entre le nord et le sud, deux visions de l'économie, North and South est un roman très intéressant, mais pas toujours facile à lire. J'ai été plus d'une fois agacée par Margaret et ses jugements à l'emporte-pièce ou par les références nombreuses à Dieu (bon en même temps, avec un père ministre paroissial, on peut difficilement y échapper). Mais c'est tout un monde en mutation que dépeint Gaskell, avec beaucoup de talent. N'y cherchez pas une plume vive à la Austen, avec beaucoup d'humour (et de l'amour), (même si il y a bien, vous vous en doutez, une histoire romantique entre Margaret et John). Il y a cependant tous les rebondissements sans lesquels North and South ne serait pas un bon romain victorien, Margaret doit affronter pas mal de "déconvenues" les personnages évoluent (j'ai beaucoup aimé Thornton), bref, cela se lit globalement bien et avec plaisir.

Choupchoup
08/04/13
 

Je crois que je pourrais résumer mes impressions concernant ce roman en quelques mots : magnifique mais un peu long. J'ai lu ce roman car j'ai vu l'époustouflante adaptation de la BBC quelques temps auparavant et j'en été restée vraiment émerveillée.Donc j'ai entrepris de lire le roman éponyme et je n'ai pas été déçue. L'atmosphère est vraiment la même, et hormis quelques libertés qu'à prise le téléfilm l'histoire reste la même. Je dois dire que tout m'a enchanté dans ce roman : les personnages d'une part, qui ont tous une psychologie différente et bien personnelle, l'histoire d'autre part, qui est tout sauf niaise. Je dois dire que j'avais un peu peur que ce soit une sorte d'Orgueil et Préjugés mais pas du tout. L'histoire est riche en ce qui concerne la trame entre les personnages mais également en ce qui concerne le contexte social et historique. Cette histoire était vraiment bien menée et est très émouvante. Elle est aussi informative dans la mesure où elle nous apprend pas mal de choses sur l'Angleterre à cette époque. En tout cas je dois dire que j'ai été aussi enthousiasmé par tous les thèmes annexes abordés par cette lecture : l'éducation, le rôle des femmes, la religion, le syndicalisme, etc.Et je dois bien avouer, ce que j'ai le plus aimé c'est bien évidemment l'histoire entre Margaret et Thornton. On est loin de la niaiserie habituelle et j'ai été tout simplement bluffée par le caractère de Thornton (je veux me marier avec un Thornton !).Cependant je dois bien avouer que deux ou trois petites choses m'ont fait tiquer. Tout d'abord certains passages sont relativement longs, bien que bien écrits. Ensuite, l'auteur a voulu retranscrire l'accent du Nord dans son roman et c'est vraiment très difficile à lire. Enfin, et malheureusement j'ai trouvé la fin non pas bâclée mais un peu trop rapide et abrupte. J'aurais aimé plus de développement.Néanmoins un très bon roman, un classique un peu oublié (et c'est dommage) de la littérature anglaise ! A lire si ce n'est pas déjà fait !Tout ça pour dire : Que j'ai adoré ! pour résumer les bons points de cette histoire on parlera de l'histoire riche et intéressante, de la magnifique romance, de la richesse des termes abordés et enfin d'une plume agréable et simple à comprendre. Attention cependant aux lecteurs qui liront ce roman en version originale, certains passages sont assez difficile à comprendre.

Evy26
25/11/12
 

Résumé : Margaret Hale est fille de pasteur, dans une bourgade de la campagne du Sud de l'Angleterre. Après avoir passé un certain nombre d'années à Londres chez sa tante qui l'a habituée à une vie paisible, si ce n'est oisive, elle retourne vivre auprès des siens avec des conditions de vie bien plus succinctes. Cependant, pour des raisons indépendantes de sa volonté, sa famille va être dans l'obligation de s'expatrier à Milton, une ville du Nord de l'Angleterre, très industrialisée, où la fumée des usines va remplacer l'odeur de la campagne et où l'activité de la population va venir prendre la place d'un rythme tranquille et bien rodé.Margaret Hale va y rencontrer des personnalités avec lesquelles des relations particulières vont se tisser au fil des jours, et ce malgré de forts a-priori et de fortes divergences d'opinions.Mon avis : Elizabeth Gaskell est bien moins connue que certaines de ses acolytes de la littérature Britannique Victorienne et quel dommage !!J'y ai retrouvé le merveilleux style de Charlotte Brönte dans Jane Eyre moins l'austérité, une once d'humour typique de Jane Austen et une très grande indépendance d'esprit commune à toutes ces grandes dames de cette époque.Cette grande indépendance de style transparaît d'ailleurs chez l'héroïne de Gaskell elle-même. Margaret fait preuve de beaucoup de courage dans le respect de ses principes contrairement aux autres femmes qui composent le roman (à l'exception de Mrs Thornton), ce qui va lui occasionner certains déboires : il n'est pas toujours facile d'assumer des idées bien arrêtées et divergentes quand on est une femme au XIXe siècle. Margaret va le faire avec une persistance exemplaire. Elle devra également faire face à des épreuves douloureuses mais choisira de se relever et de choisir SA vie.Ce livre est également une belle histoire d'Amour qui est amenée tout en douceur au fil des pages et qui se joue comme un fil rouge tout au long du roman sans pour autant donner l'impression d'y prendre une place prépondérante.Et puis, ce roman traite également des difficultés sociales qui commencent à poindre à cette époque dans les régions du Nord de l'Angleterre avec l'apparition des grèves, des syndicats, de la délocalisation et de la mondialisation (et oui, déjà !)En cela, j'y ai retrouvé un peu de Jonathan Coe dans Bienvenue au Club qui traite ce sujet de façon beaucoup plus contemporaine mais où les préoccupations restent les mêmes.En bref, un excellent roman où tout est réuni pour en faire un chef d'oeuvre : le style, la documentation, un once d'amour, tout cela dans une belle histoire familiale.

anna44
01/12/11
 

Format

  • Hauteur : 23.50 cm
  • Largeur : 15.30 cm
  • Poids : 0.75 kg
  • Langage original : ANGLAIS
  • Traducteur : FRANCOISE DU SORBIER

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