Novecento : pianiste

BARICCO, ALESSANDRO

livre novecento : pianiste
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 06/02/02
LES NOTES :

à partir de
4,80 €

SYNOPSIS :

Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique
étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui : la musique de l'Océan dont l'écho se répand dans tous les ports. Sous la forme d'un monologue poétique, Baricco allie l'enchantement de la fable aux métaphores vertigineuses.
17 personnes en parlent

Noveccento est un homme né sur un bateau et qui ne voudra jamais mettre pied à terre. Il va devenir pianiste, le plus grand, le plus talentueux. Ce que j'ai vraiment apprécié dans ce livre c'est la description qui est faite des morceaux de musique. C'est tellement difficile de traduire les émotions qui nous emportent lorsque l'on est subjugué par une mélodie… Baricco a réussi à le faire et tout en le lisant j'avais l'impression de ressentir cette sensation. C'est un grand coup de cœur que j'ai là. Le seul reproche que je trouve à ce livre c'est sa taille, beaucoup trop court. J'aurais aimé pouvoir en lire encore quelques pages mais bon c'est bien connu ce n'est pas la quantité qui fait la qualité !

Artsouilleurs
01/03/09
 

Court et poétique, cette histoire insolite d’un pianiste de génie est poignante, le narrateur nous transmet son admiration et son amitié pour Novecento, dont le destin étroitement lié à celui du navire qui l’a vu naître ne peut que nous émouvoir.

un flyer
13/02/09

Une nouvelle courte, à mi-chemin entre le théatre et le roman, saisissante dans son style comme dans sa narration.Parfois drôle, parfois dur, l'auteur nous emporte dans un huis-clos qui finalement parle de l'infini du monde.Si vous avez une heure, n'hésitez pas une seule seconde.

cidisix
06/02/12
 

Pas grand chose à dire, si ce n'est que j'ai eu l'impression d'entendre le piano à travers les mots, que l'écriture est agréable, que l'histoire est mélancolique, belle, un peu farfelue (un piano qui allume une cigarette, pas mal non?) ! Avec des personnages plutôt attendrissant. Très doux, très beau, très agréable. A lire ! Et en plus ça se lit en même pas une heure.

lasurvolte
30/10/11
 

Voilà qu’on s’embarque pour un lieu qui ne compte pas. Quelle Amérique aujourd’hui ? Et si seul comptait la traversée, le texte. Ce texte différent, oral, entre récit et théâtre. On suit ce pianiste, les remous qu’il a laissé, d’un paquebot qu’il n’a jamais pu quitter, de sa vie. C’est Noveccento, une figure d’homme à la mer, il n’est pas perdu, il est un pianiste dans ce « monde flottant ». Le transatlantique considéré comme une manière de vivre. Les visages, la foule qui rêvent d’ailleurs et se noient dans l’attente, dans la musique du grand pianiste pour lequel on va jusqu’à traverser l’océan. On se laisse guider par tant de poésie, par la fluidité du style de Barrico. Il serait d’ailleurs difficile de parler de lui sans mentionner son art de conteur qui ici encore s’exprime sans emphase. Virgule,...

Meandnothim
16/09/11
 

Un très beau texte, où des perles de drôleries et d'amour de la vie s'enfilent sur une histoire de musicien légendaire. Né sur un bateau, et jamais descendu, Novecento -quel pedigree !- devient une sorte de mythe, à qui la célébrité est promise le jour où il mettra pied à terre. Mais "la terre est un océan trop grand" pour lui ; il préfère l'infini de la musique... Superbe texte, que Jacques Higelin a lu sur scène au Trianon, en sept. 2009. Ce devait être beau...

lireCuzan
18/09/09
 

Aux limites de l'expression Alessandro Baricco, né à Turin en 1958, est écrivain et musicologue. De l’aveu même de l’auteur, ce texte est inclassable, « à mi-chemin entre une vraie mise en scène et une histoire à lire à voix haute ». Une sorte de monologue, en somme. L’histoire est courte, se résume en peu de mots : un homme, né sur un bateau de croisière, traversant sans répit l’Atlantique, refusant de mettre le pied à terre. Et puis, un pianiste de génie. Quatre-vingt-huit touches ou vingt-six lettres : pour dire l’infini ou y renoncer. « Elles, elles sont quatre-vingt-huit. Toi, tu es infini. Voilà ce qui me plaît ».

beraud@archimed.fr
19/05/15
 

Quel plaisir de lecture ce petit livre que Alessandro Baricco a écrit pour être lu où joué par un comédien. Pour que le plaisir soit plus fort encore, j'ai fait l'essai d'en lire des passages à voix haute, c'est super (pas ma lecture, mais l'écriture!). Novecento est un homme né et abandonné sur le Virginian un paquebot qui fait la traversé de l'Atlantique dans les années 1920. Il devient en autodidacte un pianiste virtuose et enchante les passagers du navire, mais cette vie atypique, est bousculée lorsque Novecento veut quitter le Virginian pour voir la mer depuis la terre, et surtout elle prend fin lorsqu'après la guerre, le bateau est dynamité pour être coulé et que Novecento décide de rester à bord. C'est débordant de poésie, les pages sur le duel musical entre Novecento et Jelly Roll Morton sont sublimes, les mots pour décrire la musique des duellistes sont merveilleux, d'une sensualité à couper le souffle.

JoelC17
25/08/14
 

Après avoir lu l’excellent Soie d’Alessandro Baricco, je ne pouvais que sauter sur l’occasion de cette lecture commune initiée par Eimelle pour sortir Novecento, pianiste de ma PAL.Ce me semble être un récit hors du commun sur deux aspects.Tout d’abord, j’estime qu’il faut beaucoup de talent d’écriture pour susciter autant de tendresse pour un personnage en si peu de pages. Novencento est un être unique. Né et abandonné sur un bateau, il n’a jamais mis les pieds sur terre. Et pourtant, il connaît autant de musique et de paysages que si il avait mille ans. Cette connaissance, il la tire des conversations des rupins mais surtout des émigrants qui montent à bord du Virginian.Son comportement dans la vie quotidienne ou lors du duel musical avec l’inventeur du jazz dévoile une extrême simplicité. Son adieu au trompettiste (le narrateur) avec des notes est tellement plus émouvant qu’un discours de mots.Le second point remarquable est la mise en scène de cette histoire qui a d’ailleurs fait le succès du texte. C’est le joueur de trompette qui, seul sur scène, évoque son ami en mots et en musique à ma manière d’un sketch d’un humoriste qui touche tant par sa drôlerie, que son émotion.Voilà comment on se fait prendre dans cette vie particulière sur un bateau où l’infinité des accords de musique remplace celle des rues et des villes.Même si je n’ai pas été aussi touchée que par Soie, Novecento, pianiste est un texte à lire pour son originalité.

jostein
04/02/14
 

Après avoir été séduit par la lecture de Soie, j'ai eu envie de découvrir d'autres oeuvres d'Alessandro Baricco. J'ai alors acheté Novecento : Pianiste. Histoire de se mettre dans l'atmosphère, j'ai décidé de le lire sur le Pont Aven, le ferry qui me ramenait d'Irlande après mes vacances.Le Virginian, grand bateau de luxe, parcourt l'Atlantique inlassablement. On y trouve de riches hommes d'affaires voyageant entre le nouveau monde et l'ancien continent ou de simples voyageurs espérant faire fortune en Amérique. Lors d'une traversée, un bébé est abandonné sur le piano des premières classes. Danny Boodmann, un mécanicien du bord, tombe sous son charme et décide de prendre soin de lui. Il le baptise Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. Ainsi commence la légende de Novecento.On retrouve dans Novecento : Pianiste la virtuosité de l'auteur, son écriture si pure et poétique. Un vrai délice à lire ! L'histoire de Novecento nous est racontée par Tim Tooney, son ami trompettiste. Il nous raconte les sept années qu'il a passées avec Novecento sur le Virginian. Il nous parle de sa virtuosité mais également de l'homme exceptionnel qu'il est. Un homme à la sensibilité à fleur de peau, un homme comme on en voit peu. Novecento est un artiste hors du commun, probablement le meilleur pianiste au monde. Mais un artiste qui ne connait que l'océan. Le monde hors du bateau reste pour lui un mystère, un effrayant mystère.« C'est ça que j'ai appris, moi. La terre, c'est un bateau trop grand pour moi. C'est un trop long voyage. Une femme trop belle. Un parfum trop fort. Une musique que je ne sais pas jouer. »Sa virtuosité, si utile aux passagers du bateau pour leur faire oublier la peur de l’océan, ne lui est d'aucun secours pour vaincre ses propres peurs. En décalage par rapport au monde qui l'entoure, il nous apparaît comme prisonnier d'une carapace de métal.« On jouait parce que l'Océan est grand, et qu'il fait peur, on jouait pour que les gens ne sentent pas le temps passer, et qu'ils oublient où ils étaient, et qui ils étaient. On jouait pour les faire danser, parce que si tu danses tu ne meurs pas, et tu te sens Dieu. »On se prend vite d'affection pour Novecento et on suit avec passion ses aventures.Novecento : Pianiste est une histoire poignante et dramatique qui vous touche au plus profond de votre âme. Un court roman d'une sensibilité incroyable qui ne laissera personne indifférent.A noter qu'il existe une adaptation cinématographique de ce court roman : La Légende du pianiste sur l'océan.Note : 9/10 Les Mondes Imaginaires

mondesimaginaires
19/09/13
 

En Italien, "Novecento " a deux significations : "l’année 1900" et " le XXe siècle".Danny Boodman T.D. Lemon Novecento a trente ans, né en 1900 lors d’une traversée Europe-Amérique sur le "Virginian "et abandonné dans un carton sur un piano par ses parents émigrants. Il n’a jamais mis le pied à terre et il est devenu un pianiste de génie. C’est Tim Tooney, un trompettiste de jazz embauché en 1927 sur le "Virginian" pour jouer de la musique "aux rupins en classe de luxe", qui nous raconte cette histoire sous la forme d’un monologue très poétique, dans le style si particulier d’Alessando Barrico. Naviguant sans répit sur l’Atlantique, Novecento passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches de son piano. Arrive la guerre, le "Virginian" est réquisitionné pour servir d’hôpital flottant. Rrentré de la guerre en très mauvais état, le navire va être détruit et coulé. Ce paquebot, c’est sa maison, sa vie, Novecento ne le quittera pas. "C’est de la dynamite que tu as sous les fesses, mon frère", dit le narrateur. "Lève-toi de là et va-t’en. C’est fini. C’est fini pour de bon, cette fois".Ce monologue est en fait une pièce de théâtre dans laquelle les voix du narrateur et du pianiste se mêlent pour raconter cette incroyable histoire. L’écriture de Barrico est riche, son humour fin et délicat côtoie le burlesque. C’est vraiment une histoire à écouter pour profiter pleinement de la beauté, de la poésie et de la musique de l’écriture de Barrico.

Ludeca
09/05/13
 

A force de voir ce livre encensé sur la blogosphère, j’ai eu envie de le découvrir à mon tour. Maintenant que c’est chose faite, j’en garde malheureusement une impression en demi-teintes, sans doute parce que j’en attendais trop.Ce qui m’a principalement déçue, c’est l’histoire. Je la trouve très belle, émouvante et riche, mais je m’attendais à mieux encore. Le thème : un homme, né sur un bateau qu’il n’a jamais quitté, qui joue une musique inconnue et merveilleuse, m’attirait pourtant beaucoup et a été particulièrement bien traité par Alessandro Baricco. Au-delà de l’apparence simple de cette intrigue, celle-ci constitue une magnifique métaphore de la peur de vivre et de l’insatisfaction de la réalité face au rêve. De plus, loin de sombrer dans le pathétisme larmoyant, l’auteur déjoue habilement cet écueil grâce à quelques scènes absurdes et humoristiques, très bien placées, sans en faire trop : juste de quoi faire naître un sourire entre les larmes.Ce qui m’a particulièrement plu par contre, et à quoi je ne m’attendais pas du tout, c’est l’aspect oral du récit : initialement écrit pour le théâtre, ce monologue est le texte le plus « dit » que j’aie jamais lu. Habituellement, même lorsque je lis des pièces théâtrales, je les lis ; ce monologue, je ne l’ai pas lu, je l’ai entendu, véritablement. Il n’y a aucune didascalie de l’auteur pour les intonations, mais il a su intégrer celles-ci directement au texte, par la ponctuation notamment. Les points de suspension et les barres obliques sont assez abondants par exemple et donnent un rythme particulier au récit, presque musical, comme le roulement de la mer contre le navire.Une très belle histoire, dont j’attendais peut-être trop, mais aussi et surtout une expérience stylistique étonnante et virtuose !

AmandineMM
17/02/13
 

Sensible à la musique, je fus heureuse de recevoir pour le 25 décembre ce petit roman écrit par un italien dont j'ai entendu tant d'éloges que j'ai commandé au Père Noël pratiquement toute sa bibliographie. Ce premier contact, rythmé par une musique inattendue car inconnue transpire dans chacun de ses mots, dans chaque espace situé entre les termes, voire jusqu'à la ponctuation elle-même. Tous les signes sont emprunts d'une mélodie inavouable et ensorcelante que l’on ne peut quitter sans le vague à l'âme. Dans Variations Sauvages, écrit en 2003 par la pianiste française Hélène Grimaud, l'on pouvait lire (et entendre?) que " la musique est un prolongement du silence, elle est aussi ce qui la précède, ce qui retentit au cœur du morceau". Je comprenais son idée et je la partageais totalement à l’époque. Délire de l'artiste me direz-vous? Pour les puristes du cartésianisme certainement. Comment ne pas les comprendre? Comment mesurer et étudier quelque chose qui ne se voit pas, du moins avec ses yeux? Si l'on en croit cette pianiste que j'adore, Hélène Grimaud pense qu' "un artiste est presque toujours tendu sur le bord du délire". Bref, passons à côté de la définition même du délire... Ce roman est sans conteste à lui tout seul un monde à part tant l'écriture lui est propre. Avec un style bien particulier, mêlant narration et didascalies, narration et notes musicales, langue étrangère et langue française pour la traduction que j'ai entre les mains, chacun de ses mots semble appartenir à une musique propre. C'est comme si un orchestre gigantesque se cachait dans ce petit livre de 84 pages. Se lisant comme une nouvelle, Novecento: pianiste se révèle, au départ, être une pièce de théâtre écrite pour un seul acteur. Les mots entrant en parfaite harmonie avec la musique des êtres et du monde, l'histoire se lit rapidement tant le contenu de l'histoire est original et haletant, un peu comme peuvent l'être les contes. Tout au long de la lecture, j’ai eu l’impression de lire une sorte de conte pour adultes. Mais détrompez-vous ! Cela ne rendrait aucunement grâce à Barrico que de s’enfermer dans une case. Cet ouvrage est tout sauf quelque chose que l’on peut cataloguer et cela fait tout son charme. C’est peut-être cela le véritable visage de l’infinité du monde du reste… Ce petit texte se situe-t-il entre la pièce de théâtre, un conte et un court roman ? Fort possible. Mais il est surtout au-dessus de tous ces carcans de lettrés. Cette courte histoire donne l’occasion à l’auteur de parler d’amitié, de raison de vivre, de musique et d’océan. Tout un programme, n’est-ce pas ? Rentrons plus dans les détails pour clarifier tout ceci.Danny Boodman T.D. Lemon Novecento est né lors d’une traversée Europe-Amérique sur le Virginian puis fut abandonné dans un carton sur un piano. Aujourd'hui âgé de trente ans, on apprend qu'il n'a jamais mis le pied à terre. Entre temps, il est devenu un pianiste hors pair dont la musique étrange, magique et magnifique n’appartient qu’à lui. Cette histoire nous est racontée par Tim Tooney, un trompettiste de jazz embauché en 1927 sur le Virginian pour jouer de la musique. La musique est partout et on comprend facilement pourquoi : tout est musique sur ce bateau, ou tout le devient.« On jouait trois, quatre fois par jour. D’abord pour les rupins en classe de luxe, ensuite pour ceux des secondes, et de temps en temps on allait voir ces miséreux d’émigrants et on leur jouait quelque chose, mais sans l’uniforme, comme ça nous venait, et quelquefois eux aussi ils jouaient, avec nous. On jouait parce que l’Océan est grand, et qu’il fait peur, on jouait pour que les gens ne sentent pas le temps passer, et qu’ils oublient où ils étaient, et qui ils étaient. On jouait pour les faire danser, parce que si tu danses, tu ne meurs pas, et tu te sens Dieu. Et on jouait du ragtime, parce que c’est la musique sur laquelle Dieu danse quand personne ne le regarde. Sur laquelle Dieu danserait s’il était nègre.»Naviguant sans répit sur l’Atlantique, Novecento passe sa vie les mains posées sur le piano. C'est un homme dont le mystère reste entier tout le long du roman. En effet, cet homme se fait peu à peu l’écho de l’Océan, à croire parfois qu’il ne fait qu’un avec lui. Novecento n’est pas seulement ça. Il est également doté de la capacité de voir une ville, une femme et de sentir une odeur à travers les yeux des voyageurs tout en restant à bord. Tout en voyageant sur l'eau il voyage donc également sur terre alors qu’il n'y a jamais mis les pieds. Cependant, ce ne sont pas là ses seuls talents. Cet homme a plusieurs cordes à son arc, que voulez-vous. Il se laisse guider par le bateau mais on a parfois l'impression que c'est lui qui mène le monde via les histoires des passagers qu'il réunit en lui et qu'il retransmet dans ses doigts.« Un jour, j’ai demandé à Novecento à quoi diable il pensait quand il jouait, et ce qu’il regardait, les yeux toujours droit devant lui, où il s’en allait, finalement, dans sa tête, pendant que ses mains se promenaient toutes seules sur les touches. Et il m’a répondu : « Aujourd’hui, je suis allé dans un pays très beau, les femmes avaient des cheveux parfumés, il y avait de la lumière partout et c’était plein de tigres ». Il voyageait quoi. Et à chaque fois il allait dans un endroit différent. »Un jour, un célèbre pianiste de jazz, « l’inventeur du jazz », embarque à bord du Virginian. Ce dernier souhaite un duel avec « ce type qu’a même pas assez de couilles pour descendre d’un foutu bateau ». On assiste alors à un incroyable duel musical qui nous ferait presque oublier que nous naviguons sur l’Océan.Et puis un jour Novecento décide de quitter la mer pour mettre pied à terre. Tout apprêté qu’il est, Novencento ne mettra cependant pas le pied à terre, restant immobile au dernier moment, avant de disparaitre à l’intérieur du bateau.« Je sais maintenant que ce jour-là Novecento avait décidé qu’il allait s’asseoir devant les touches blanches et noires de sa vie, et commencer à jouer une musique, absurde et géniale, compliquée mais superbe, la plus grande de toutes. Et danser sur cette musique ce qu’il lui resterait d’années. Et plus jamais être malheureux.»C’est Tim, le narrateur, qui quittera le bateau en 1933, après un dernier duo avec son ami Novecento. Malgré l’envie puissante de vous raconter la fin, je préfère vous laisser en compagnie du conteur extraordinaire qu’est cet écrivain italien pour découvrir la suite. J’en ai dit déjà assez et je n’ai pas le talent de l’auteur pour raconter pareille histoire, une histoire qui dresse tout un panel poétique sur l’infini, la peur et la folie via les mots et l’absence de mots. Il est question de peur dans ce livre car Novecento a peur face à l’immensité du monde. Il se sent si petit, lui, perdu au milieu de l’océan, dans les musiques du monde.L’auteur glisse quelques détails historiques de l'année 1900 (d'où le titre italien:"novecento" signifiant neuf cent et "il novecento" le vingtième siècle), ce qui rend cet ouvrage hors norme plus « réel ». Par exemple, lorsqu'Alessandro Baricco mentionne les grands paquebots présents à cette époque comme l’était le Virginian, ou tout simplement en parlant du jazz, apparu aux Etats-Unis au début du XXème siècle. Le jazz, rappelez-vous, cette musique qui peut nous faire nous demander comme pour le capitaine du bateau : -« C’était quoi ?– Je sais pas. […]« Quand tu sais pas ce que c'est, alors c’est du jazz. »Voici un passage qui fait écho à la préface d’un autre de ses ouvrages que je vous chroniquerai bientôt (mais pas tout de suite, histoire de ne pas vous assommer avec ma passion pour Barrico) qu’est tiré de L’Ame de Hegel et les vaches du Wisconsin lorsque l’auteur, musicologue, parle de la modernité comme du jazz et cite Louis Armstrong :« Si tu dois te demander ce que c’est, alors tu ne le sauras jamais ».Comme la musique, la vie se révèle ici fragile. Rien n’est acquis. Tout a une fin. Cette histoire décrit la solitude de l’homme dans ce qu’elle a de plus extrême. Pour autant, elle n’est en aucun cas triste. Elle reste sublime, sans doute aussi parce qu’elle est empreinte d’une touche d’humour indéniable et réussie qui nous fait sourire et rêver. On plaisante aisément sur la mort dans cette histoire. Le narrateur, Tim, use de mots simples et devient intime avec le lecteur en le tutoyant comme un vieux copain. La lecture est rapide et entrainante. Totalement impliqués dans cette histoire, nous voilà maintenant en train d’imaginer Novecento jouant sur le piano, bercés par la poésie des mots simples, totalement englobés par une sensibilité exacerbée et une formule abracadabrantesque se noue devant nos yeux entre le texte, l’auteur, la musique et nous, le lectorat. Ainsi lorsque nous refermons le livre, le silence ne se referme pas sur nous. Nous assistons bouche bée à l’éveil des sens, de nos sens: les mots et la musique de notre imagination prennent vie, peut être le meilleur moyen pour décrire l’infini du monde.

Soune
09/01/13

Un livre plein de poésie à l'image de Soie du même auteur. Une écriture musicale, toute en retenue et en douceur où l'on part à la rencontre de ce personnage étrange et délicat qui vit à travers les notes qu'il égrène au fil des traversées. Un homme qui ne fait qu'un avec cette musique qui pénètre l'âme et bouleverse les hommes. Un texte où les mots se transforment en notes et déroulent leur harmonie pour toucher au cœur.

Ikebukuro
05/02/12
 

Contre toute attente ce récit, heureusement court, me déçoit. Je m’y suis profondément ennuyée tant il est statique.Moi qui aime tant la musique, et y trouve réconfort, calme, sérénité et ressourcement, je ne sis pas parvenue à trouver la moindre musicalité dans cet écrit.Peut-être en attendais-je trop ?Mon esprit curieux se tournera un jour vers Soie. Je sors frustrée de cette lecture, néanmoins je ne souhaite pas rester sur une idée négative.

mimipinson
09/06/11
 

La puissance de ce roman réside dans sa beauté poétique, de petits détails sont finement décrits. On vit au rythme des flots et de l histoire de ce pianiste, on se laisse glisser tout doucement dans cette poignante histoire.

Cyan
06/04/11
 

Un petit livre très, très vite lu (85 pages !), entre la nouvelle et la pièce de théâtre. Les indications des mouvements et des sons sur scène aident à se faire une idée "visuelle" de l'histoire. Cela donne envie de l'entendre plutôt que de la lire. Le narrateur nous parle de Novecento ce pianiste d'exception né sur un bateau et qui n'a jamais mis pied à terre. Et pourtant il connaît le monde car il le découvre dans les yeux des gens qu'il croise. C'est une histoire qui nous berce au rythme de la musique et de la mer. J'ai aimé mais sans être vraiment emportée par ce récit, je pense que j'accrocherais plus si je voyais la pièce. Sandrine(SD49)

SD49
31/08/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.07 kg
  • Langage original : ITALIEN
  • Traducteur : FRANCOISE BRUN

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