Oeuvres t.2 ; traite theologico-politique

SPINOZA, BARUCH

livre oeuvres t.2 ; traite theologico-politique
EDITEUR : FLAMMARION
DATE DE PARUTION : 07/01/93
LES NOTES :

à partir de
5,90 €

SYNOPSIS :

«Je compose actuellement un traité sur la façon dont j'envisage l'Ecriture et mes motifs pour l'entreprendre sont les suivants : 1° Les préjugés des théologiens ; je sais en effet que ce sont ces préjugés qui s'opposent surtout à ce que les hommes puissent appliquer leur esprit à la philosophie ; je juge donc utile de montrer à nu ces préjugés et d'en débarrasser les esprits
réfléchis. 2° L'opinion qu'a de moi le vulgaire qui ne cesse de m'accuser d'athéisme ; je me vois obligé de la combattre autant que je pourrai. 3° La liberté de philosopher et de dire notre sentiment ; je désire l'établir par tous les moyens : l'autorité excessive et le zèle indiscret des prédicants tendent à la supprimer.» Lettre de Spinoza à Oldenburg, 1665.
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Je n’aime pas bien Spinoza, je m’en méfie même beaucoup. Son inquestionnable amour de la vérité, son fanatisme raisonnable (« MAIS BORDEL BIEN SÛR QUE SI LA CONNAISSANCE DU TROISIÈME GENRE PEUT DONNER UN SALUT TRO KOOL IDIOT DE LA VULGAT »), son malin plaisir à jouer les chevaliers blancs (« hé les mecs, ma philosophie c’est peut-être pas la meilleure mais c’est la vérité vraie hé hé » - et on a quasiment le droit à la même formule ici) enfin sa téléologie théologique me révulsent un peu. Pire : dans l’Ethique je n’aime pour l’instant que les refus (mais je la lis encore mal je l'avoue).Pourtant il suffira simplement de lire la préface d’une petite dizaine de pages pour comprendre à quel point ce livre est immense. Le principal ennemi : la superstition. Les armes fournies : aucune, pas même des raisonnements mais seulement la Lumière Naturelle comme dit Baruch (en gros un truc entre le bon sens et la logique élémentaire, l’équivalent de notre « ta **** et ton couteau »). Alors, à la guerre comme à la guerre, le juif phtisique se fabrique avec du caca et de l’herbe un bazooka anti-ayatollah qu’il appelle méthode historique d’interprétation de l’Ecriture (ça claque et ça impressionne les juives j’imagine). Et bang ! Voilà que je te démontre à l’aide du texte biblique seul que l’Ecriture ne connaît rien de rien sur la nature de Dieu (ah si en fait, seulement qu’il est unique et présent partout), que les Prophètes n’ont dit ce qu’ils ont dit que pour être compris comme ils le voulaient de la populace qui les entourait, que seuls les enseignements moraux partagés par tous les Prophètes sont admissibles (ça réduit à deux ces dogmes : justice et charité), qu’après tout Galilée aussi a écrit une Prophétie sans toutefois être Prophète (il prenait pas les gens pour des cons lui).Mais nul n’est prophète en son pays, Zaza le sait bien lui qui a vu le massacre des frères de Witt, subi un herem (non, pas un harem) bien mérité, manqué d’être assassiné par un fanatique et aussi vu la montée des fanatismes religieux puis royalistes dans la jeune république hollandaise. Alors Spinoza se met à rédiger le Traité théologico-politique dans l’urgence, sur une serviette en papier de son bar préféré (« Chez Momonïde » que ça s’appelait d’après certains témoignages). Parce que bon, il faudrait montrer à ces messieurs les philosophes que ce n’était pas si compliqué de trouver une méthode d’interprétation juste de l’Ecriture Sainte – la preuve lui il est tellement intelligent qu’il y arrive (là j’ai des doutes par contre Babar). Et si en plus tout ça permet de fermer le bec de ces cinglés de théologiens juifs qui veulent (re)créer l’Etat hébreux biblique tout en nettoyant le vase à préjugés des autres théologiens et ben banco !Ça n’est pas tout, ‘’but wait there’s more’’ comme on dit, Spinoza parvient même à nous établir une hygiène religieuse de l’Etat, le jus circa sacra ou ‘’droit auprès des affaires sacrées" en bon françois : le culte extérieur c’est l’affaire de l’Etat qui doit régler les manifestations religieuses – sinon imaginez le bordel d’un Etat dans l’Etat comme avec cet imbécile heureux de Luther en Europe – le culte intérieur (croire que Dieu est capable d’arrêter la course du soleil, qu’il faut absolument réciter en verlan cinq prières par jour, que manger du poisson le vendredi c’est hype) c’est l’affaire de l’individu, ça le regarde. Si ça l’aide à mener sa vie droitement, à appliquer les principes chrétiens alors qu’il se mette à croire au paradis si ça le chante. Enfin ‘’ça le regarde’’, ça ne regarde surtout que lui et qu’il ne vienne pas faire chier son voisin en sonnant à sa porte un dimanche matin, les yeux injectés de sang et une machette à la main, pour lui dire qu’il faut absolument croire en sa propre réincarnation sous forme de licorne au risque de passer l’éternité bloqué dans le début d’un épisode de Maigret.Je l’avoue dans mon jeune temps je ne comprenais pas l’intérêt ou la puissance d’un tel livre, je me disais « mais on s’en fout la France sinon toute l’Europe de l’Ouest est laïque ». Bon et puis après j’ai lu Nietzsche, j’ai fait un peu d’histoire (ce qui revient souvent au même) et j’ai compris qu’on était aussi laïcs que Benoit XVI et Khomeiny réunis dans un même mégazord se battant avec une épée en forme de crucifix. Ce TTP c’est un fabuleux « ferme ta gueule » adressé à tous les chrétiens qui ne seraient pas assez charitables et justes - ça leur apprendra à choisir une religion aussi belle et exigeante. Bon, le pauvre Spinoza avait oublié dans son TTP de préciser que ce sont peut-être les deux dogmes les plus compliqués à appliquer parmi tous les impératifs moraux qu’on peut s’infliger. Oubli volontaire (le TTP comme ouvrage polémique) ? Oubli involontaire (le TTP comme ouvrage d'un gros débile naïf ?) ? L’avenir ne nous le dira pas alors … lisons l’Ethique ?

kzfkz
07/06/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.26 kg