On s'habitue aux fins du monde

PAGE, MARTIN

EDITEUR : J'AI LU
DATE DE PARUTION : 22/03/07
LES NOTES :

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5,80 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Elias, producteur de films, vit une vie cadrée entre deux femmes, Clarisse et Zoé. Mais un soir de remise de prix, il craque, jettant son prix et par la même occasion sa vie à la Seine. D'autres figures
s'en viennent tisser autour d'Elias un réseau d'étreintes suicidaires : Margot, Darius, Marie la secrétaire, Victor et ce détective tout penaud qu'il paie pour enquêter sur lui-même.
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Elias Carnel reçoit un prix pour l'ensemble de ses financements cinématographiques, à l'âge de vingt-huit ans. Il va pourtant jeter son prestigieux trophée à la Seine et s'ouvrir aux aventures les plus inattendues. Il jette sa vie en somme.Il a d'ailleurs passé plus de temps à s'occuper de la vie des autres que de chercher à remplir sa propre vie.C'est une manière pour lui de se protéger. Son petit monde va peu à peu s'écrouler: sa compagne alcoolique Clarisse le quitte, Arden Gaste son supérieur le malmène, Martial Caldeira l'ami-gourou du cinéma l'écrase... Les personnages ubuesques remplissent sa vie hantée de vides. Meurtri, Elias s'entoure d'un petit monde désenchanté tels Margot, Darius, Marie la secrétaire, Victor et ce détective qu’il paye pour enquêter sur lui-même. Toute sa vie se délite dans les impasses et les désillusions.Tel Buster Keaton, Martin Page brosse des portraits inconvenants dans un registre burlesque mélancolique*. Les situations surréalistes se multiplient.J'aime beaucoup ce style drôle et piquant des tous ces personnages en dérive. Au delà du cynisme, les anti-héros de Martin Page nous semblent très proches. La déjantée Zoé (amoureuse des bibliothèques et des cimetières) illumine cette toile romanesque utopiste. L'écriture dénonce la société arriviste et met en garde sur les éventuels dangers sous-jacents dans le monde du cinéma (métaphore vivante du faux-semblant) mais pas seulement.Le monde du cinéma semble être le microcosme idéal pour cette mise en abyme de la superficialité sociale. Un grand coup de coeur pour ce roman publié aux éditions Le Dilettante et paru en poche.

Mirontaine
18/04/12
 

Tout a commencé par un prix. Un prix décerné à Élias Carnel comme producteur de l’année. Mais tout se termine aussi sur ce prix : sa carrière si prometteuse semble régresser. Élias, travailleur acharné chez Galaxie Studio, s’était vu confier un grand projet : superviser le film du célèbre Martial Caldeira tourné en Afrique. Mais pour une raison qu’il ignore, ce projet, qui était la récompense de son investissement chez Galaxie Studio, lui est retiré. Pire, il comprend que celui qu’il croit être son ami a hérité du projet à sa place, tandis que lui se retrouve cantonné à des films de second ordre, comme mettre en scène la vie de Margot Lazarus, une jeune écrivain qui tente de se suicider après chaque rupture amoureuse.C’est le début d’une lente remise en question, car Élias n’est pas seulement mis au placard, il vient de se séparer de Clarisse. Durant six ans, il a supporté son alcoolisme, ses frasques et ses violences, ses rechutes et ses exaltations, jusqu’à devenir son protecteur.Dépossédé du tournage qui lui aurait permis de fuir ses pensées, sa ville et sa vie, et mis au placard, il s’égare. Ses repères, autrefois Clarisse et son travail, disparaissent. Veut-il vraiment faire des films nourris de la vie des autres, jusqu’à les transformer pour faire apparaître une trame narrative, un climax et un happy end projetables sur grand écran ? Son travail est-il de prostituer l’imagination et la réalité vécue par les autres pour les faire entrer dans le moule du cinéma ?Et son amour pour Clarisse n’est-il pas simplement le besoin de se sentir exister pour un autre ? la satisfaction d’être son garde-fou quand elle s’égare, misérable et défoncée, sur le bord de la Seine ?On s’habitue aux fins du monde, c’est le récit de quelques mois, pas très remplis, de la vie d’un homme malheureux, dont on sait pertinemment qu’il va quand même trouver le bonheur à la fin du livre, car dans les livres comme dans les films, les créateurs se sentent obligés de terminer sur un happy end. Environ à la moitié du livre, on comprend ce que sera ce happy end, la question n’est pas de savoir comment, mais quand.Élias navigue entre déprime et questionnement, violence et routine. On comprend bien qu’il ne voit jamais le côté positif de la vie, à envisager le bonheur même quand il est sous ses yeux et qu’il ne sait pas être heureux.Le héros semble torturé, pour des raisons parfois peu lisibles, ce qui donne l’impression qu’il se noie dans une goutte d’eau ; ou bien on a l’impression d’un roman bâti sur une goutte d’eau.La suite de la critique sur mon blog :http://www.bibliolingus.fr/on-s-habitue-aux-fins-du-monde-martin-page-a93245459

Lybertaire
30/06/13
 

Au delà de l'histoire, je retiendrai d'abord une belle écriture au service de l'analyse des sentiments. Martin Page aime les mots et leur rend hommage. Lorsqu'il décrit un personnage, c'est avec des phrases ciselées en rapport avec la nature environnante ou une atmosphère particulière. Ainsi, lorsqu'il parle de Margot, il dit d'elle: "la regarder, c'est assister à la révélation de l'opacité intrinsèque du monde." Les mots racontent l'histoire d'Elias qui, en l'espace de deux jours, supporte le départ de sa compagne, la trahison d'un ami et l'attitude violente d'un autre. Seul désormais, il décide de se prendre en main car "la solitude est une maîtresse qui nécessite qu'on lui soit infidèle."Producteur à succès, il se rend compte qu'il n'est en fait que le spectateur de sa vie. Il veut désormais en être l'acteur principal...Il est temps de vivre avant que la solitude et les regrets l'emportent. Le lecteur suit les états d'âme de personnage gravitant de près ou de loin autour d'Elias: Clarisse l'alcoolique, Victor, l'homme infidèle, Zoé, l'actrice ratée, Margot en quête d'amour et Martial à la recherche de l'absolu. Les amateurs d'actions n'y trouveront pas leur compte, car ce roman est avant tout "cérébral", privilégiant les relations entre les êtres. L'auteur démontre qu'"on peut avoir une parfaite connaissance de la vie" sans pour autant la vivre pleinement. Parfois des événements inattendus et douloureux arrivent et deviennent des moments clé où tout bascule. Finalement, ce roman est le livre d'une renaissance possible même lorsqu'on croit que c'est la fin du monde. vivi

vivicroqueusedelivres
11/02/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.14 kg

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