Otages intimes

BENAMEUR, JEANNE

EDITEUR : ACTES SUD
DATE DE PARUTION : 19/08/15
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

Photographe de guerre, Etienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l'ampleur de ce qu'il lui reste à ré-apprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril. De retour au village de l'enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre duquel il pourrait reprendre langue avec le monde. Au contact d'une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos. Dans ce progressif apaisement,

se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le fils de l'Italien, l'ami taiseux qui travaille le bois et joue du violoncelle. Et Jofranka, l'ex petite fille abandonnée, avocate à La Haye, qui aide les femmes victimes de guerres à trouver le courage de témoigner. Ces trois-là se retrouvent autour des gestes suspendus du passé, dans l'urgence de la question cruciale : quelle est la part d'otage en chacun de nous ? De la fureur au silence, Jeanne Benameur habite la solitude de l'otage après la libération. Otages intimes trace les chemins de la liberté vraie, celle qu'on ne trouve qu'en atteignant l'intime de soi.

"Après des mois passés en captivité, Etienne, photographe, revient lentement à la vie dans le village de son enfance, auprès de sa mère et de ses amis de toujours. L'auteure évoque avec une grande délicatesse et énormément de sincérité le retour d'un homme dans le monde des vivants. Un texte sombre et lumineux, qui n'épargne pas au lecteur la cruauté du monde mais qui fait la part belle aux joies de l'existence et à ce lien, si ténu et si fort, qui relie les êtres humains entre eux. Magnifique !" - Fanny, libraire au Furet de Lille
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Etienne, photographe de guerre est bloqué devant un tableau familial qui le touche au point d’oublier de fuir et sauver sa peau, de se retrouver otage. « Le visage de la femme qui l’avait fait s’arrêter en plein milieu du trottoir, au lieu de courir vite se mettre à l’abri comme les autres », il l’a chassé de sa mémoire pendant le temps de son enfermement, surtout ne pas y penser, survivre jour après jour ou, plutôt, repas après repas. Otage, enfermé dans quelques mètres carrés, sans visibilité, sans autre attente que le repas. Il est transformé en marchandise. Libéré, il retourne dans son village, chez lui, dans la maison de son enfance. Otage il a été, otage il reste. Pendant son enfermement, « il s’était tenu loin de lui-même », maintenant, il faut briser le mur. Etienne fut un otage physique, « commercial » puisque considéré comme une marchandise par ses ravisseursDe qui ou de quoi sommes-nous otages ? C’est la question que pose ce livre. D’ailleurs Emma le dit ce mot terrible lors de sa rupture avec Etienne « A chaque fois que tu pars, jusqu’à ton retour, je t’attends…. Je me sens prise en otage, moi, ici ! ». Cette sensation de ne plus s’appartenir, de dépendance, de dépossession de sa vie. Etienne a connu cela dans sa chair, dans son âme. Irène, la mère d’Etienne, la veuve qui a attendu son mari que la mer a englouti n’a t-elle pas été otage, je préfère le mot captive, de ces arrivées ponctuées de trop de départs ? seule dans le village de montagne Le retour au village de l’enfance, dans sa maison, auprès de sa mère est pour lui, une nécessité vitale. Il a besoin de se cogner à son enfance, à sa mère, aux deux autres comparses que sont Jofranka et Enzo, les amis, mais, aussi, besoin de leurs corps pour s’en servir comme étais pour mieux se reconstruire, pour mieux sauter dans l’avenir. Le paysage joue un très grand rôle dans ce livre, il est une des balises de leur enfance.Jean Benameur nous offre un livre où tout semble avoir été travaillé pour employer le bon mot au bon endroit, rien à jeter. L’écriture presque visuelle est d’une grande puissance. Oui, elle utilise la puissance des mots pour parler. Elle ne joue pas dans la grandiloquence, le paysage, les personnages ne s’y prêtent pas. Son écriture très travaillée, très fine, très intériorisée donne beaucoup de force à ce livre. Un très bon Benameur.Benameur, Jeanne, j’aime votre universExplore le mot otage dans tous ses recoins, sous tous ses anglesNotes de musique. La musique qu’ils jouaient avec Jofranka et Enzo. Lui au piano, Jofranka à la flûte et Enzo au piano, guidés par la mère d’Etienne.Aimerez-vous aussi ce livre autant que moi ?Merci à Price Minister qui, dans le cadre des Matches de la rentrée m’a permis de lire ce très beau livreEcriture fine, ciselée avec ce soin, ce besoin de trouver la phrase, le mot juste Un retour vers le cocon de l’enfance, retour aux sources pour mieux se ressourcer, s’appuyer pour essayer de se reconstruire, d’avancer avec une assise reposée sur les bases de l’amitiéRecommandé par le gouvernement qui régit mon cerveau

zazy
30/12/15
 

Quelle est la part de violence enfouie en nous? c'est la base du nouveau roman de J.Benameur. Comment se reconstruire après la libération quand on a été otage, où dans cette situation sont entremêlées violence, silence, réclusion, peur.C'est en rentrant dans son village qu'avec sa mère et ses deux amis d'enfance Enzo et Jofranka, 'Etienne essaiera d'analyser cette part d'ombre enfouie en lui.Une part de chaque individu est également prise en otage, et c'est tout l'art de J.Benameur d'entrer au cœur de l'intime pour en extraire les chemins de la liberté.Il y a 2 ans l'auteur nous offrait un merveilleux roman "Profanes", elle récidive une fois encore avec autant de bonheur.

Salina
03/09/15
 

En racontant l’histoire d’ Etienne, photographe de guerre, de retour dans son village après avoir été pris en otage et connu la violence la plus absolue, Jeanne Benameur suggère que nous sommes tous des prisonniers intérieurs, captifs de notre passé ou de nos mauvais choix.C’est en renouant le dialogue avec sa mère et ses deux amis d’enfance qu’ Etienne pourra peu à peu se réparer.Dans un style minimaliste et d’autant plus efficace qu’il ne s’embarrasse pas d’ornements rhétoriques, Jeanne Benameur réaffirme, comme dans ses autres romans, mais avec moins de force que dans « Profanes », que la parole et la solidarité humaine sont nos seuls remèdes.Parfois le propos est un peu répétitif et l’usage de phrases courtes tourne au procédé, ressemblant à une prose poétique, mais il reste les éclats des mots.« Il a de la chance. Il est vivant. Il rentre. »« Depuis c’est l’entre-deux. Plus vraiment captif, mais libre, non. Il n’y arrive pas. Pas dedans. » Anna

AnnaPotocka
30/12/15
 

Tout au long de ma lecture, j'étais enthousiasmée par la beauté de l'écriture, la sobriété, la délicatesse, une façon d'évoquer par touches fines. Etienne a été otage, il a eu peur, honte etc.il va se reconstruire peu à peu avec l'aide de sa mère, de ses amis Enzo, Jofranka et la nature. De photographe de guerre, il va sans doute devenir photographe tout court car il analyse ce besoin qu'il avait de frôler la mort, de partir dans les lieux de guerre laissant ses amis, sa mère et son amante, otages de leur attente douloureuse.Chacun est otage à sa manière sans commune mesure toutefois avec ce qu'a vécu Etienne...Un livre magnifique, comme l'était Profanes berthe

afbf
12/12/15
 

Encore un magnifique roman de Jeanne Benameur. Une écriture émouvante qui accorde du temps aux silences, qui va au plus profond des mots pour atteindre l'intime des personnages et probablement des lecteurs. Etienne est photographe de guerre, il a été pris en otage, le livre débute sur sa libération, nous le suivons dans sa lente reconstruction, auprès de sa mère Irène, et de ses amis d'enfance avec lesquels il a tant de souvenirs et avec qui il avait constitué un trio de musiciens amateurs. Enzo, le fils de l'Italien, ébéniste taiseux et parapentiste, et Jofranka, la fille adoptée, devenue avocate au tribunal international de La Haye, chargée de recueillir les témoignages des femmes martyrisées dans des conflits. De longues promenades dans la nature autour de la maison de son enfance, les silences des relations avec sa mère, les retrouvailles avec ses amis, les mots dans lesquels il se réfugie vont lui permettre de reprendre goût à la vie. Sans nous plonger dans les horreurs que Etienne a vu et vécu, sans nous décrire crument les atrocités subies par les femmes dont Jofranka recueille les paroles, Jeanne Benameur réussit parfaitement à nous les faire percevoir. Elle nous montre combien chacun de ceux qui ont des liens avec les personnes prises en otages le sont aussi par l'attente, par les bouleversements que cela crée dans leur vie (comme dans celle d'Emma, la dernière compagne d'Etienne). Dans chacun de ses romans, elle revient sur l'importance des mots, ceux que l'on écrit et ceux que l'on lit, qu'elle choisit avec une infinie minutie et beaucoup de poésie.

JoelC17
28/10/15
 

Otages intimes Dans ce roman qui signe le retour à la liberté d’Etienne, photographe de guerre, il est question de reconstruction, d’amitié, d’espoir et l’incroyable force du passé. Etienne a été otage d’un pays en guerre et il est miraculeusement libéré après une détention que l’on devine très dure. De retour en France, il se reconstruit par la présence de ses amis, de sa mère (Irène qui a perdu son mari en mer) et de la nature et la musique qui sont des refuges pour lui. Ses amis d’enfance, Jofranka, « la petite qui vient de loin » et Enzo, « le fils de l’italien » sont des piliers, des repères mais aussi une possibilité d’affronter le passé. Jeanne Benameur aborde avec délicatesse la valeur du temps et de l’absence à soi, au monde, aux autres. Avec un style très sobre elle touche le lecteur en plein cœur grâce, entre autre, à ses métaphores.

LIBRE ! Ce simple mot, tous les otages en ont rêvé. Etienne photographe de guerre vient de rentrer en France après une longue captivité.Passé l’effervescence du retour, l’accueil officiel à sa descente d’avion sous le regard des caméras, après les examens médicaux, il faut réapprendre à vivre.Etienne s’installe dans le village de son enfance auprès de sa mère et de deux amis d’enfance.« Cette première nuit dans la maison, il ressort seul dans le jardin. Il s’allonge sur l’herbe, essaie de refaire alliance avec la nuit d’ici. Une de ses mains s’enfonce dans la terre. Il est rentré, il est à nouveau dans un monde où rien n’est hostile, où des gens, comme sa mère, consacrent du temps à faire pousser des plantes. »Peu à peu les souvenirs affluent, le visage de cette femme aperçu au moment de son enlèvement revient indéfiniment, il se souvient de ces longues journées où l’attente de « l’écuelle » était le seul évènement.Dans un texte d’une infinie pudeur, Jeanne Benameur tente d’expliquer l’inacceptable, l’horreur de la guerre et de la détention et démontre que les ravages causés par la captivité d’un être cher est une blessure à vie pour les proches. « Derrière les paupières de mon fils il y a l’horreur du monde. Dans cette tête que je caresse, combien de cris perdus, d’appels de paroles brisées, les ruines de tant de vie les ruines, les ruines… mon dieu… comment faire pour vivre dans les décombres… la désolation… et les larmes d’Etienne coulent aussi sur son visage. »J’ai lu ce texte d’une traite, la gorge nouée, persuadée d’avoir en main un livre exceptionnel qui je l’espère recevra les récompenses qu’il mérite.Je veux terminer cette critique par une dernière citation, qui m’a particulièrement émue, comme un hommage à ces hommes et ces femmes, reporters de guerre, qui risquent leur vie, chaque jour pour notre incessant besoin d’images.« La vie n’est sacrée pour personne dans les guerres. On parlera toujours du nombre de tués. Tant qu’on n’a pas vu leurs visages, on ne sait rien.Et lui il est là pour ça.Il continuera à regarder les visages.La vie ne vaut que comme ça. »

isabelleisapure
13/09/15
 

Commencer un nouveau roman de cette auteure, c’est devoir prendre le temps : le temps des phrases ciselées et des mots qui sonnent ; le temps de sentir ce qui se passe en les personnages ; le temps de penser à ce qui résonne en nous.Toutefois, ce roman m’a moi plu que les précédents de l’auteure que j’ai lu : en faisant plus long, l’auteure va moins à l’essentiel que dans « Les demeurées« , par exemple.Et puis je n’ai pas ressenti d’attachement particulier avec les personnages, si ce n’est avec celui de la mère qui cultive son jardin.Un sujet difficile qui ne m’emballait pas de prime abord, qui plus est.Toutefois, une lecture qui laissera une certaine empreinte car elle touche à l’essence même de la vie.L’image que je retiendrai :Celle de la servante dans ce pays en guerre, qui dispose des photos autour de son maître mourant. Alex-Mot-à-Motshttp://alexmotamots.wordpress.com

AlexMotaMots
03/09/15
 

Photographe de guerre, Etienne a été arrêté lors d'un reportage et gardé en otage. Après sa libération, il part se reconstruire et réapprendre à vivre dans le village où il a grandi, chez sa vieille maman et auprès d'un ami d'enfance. Guerre, barbarie humaine (combats, viols, tortures...), amour maternel, amitié, défense des femmes détruites, liberté, fuite, vertus thérapeutiques du toucher (les arbres, le bois, les cheveux et les mains de ceux qu'on aime)... Que de belles idées dans ce livre qui ne m'a pourtant jamais émue. J'y ai surtout vu les tics d'écriture de l'auteur ("évidence", "effroi"...), des poncifs, des clichés.Par exemple ce genre de sentences, censées être à portée universelle, ça m'agace :• « On se remet de la peur des combats, pas de l'avilissement. » (p. 77) -> Dites ça à un Poilu (ou autre ancien combattant, parce que les Poilus sont tous morts) qui a vu des obus déchiqueter des corps, des visages, qui se demandait quand allait venir son tour...• « Sous tous les gestes de mère, il y a un soupir. Toujours. Et personne pour l'entendre. Pas même celle qui soupire. Les mères prennent tellement l'habitude de faire et faire encore qu'elles ne savent plus elles-mêmes le soupir suspendu dans leur coeur. » (p. 59) -> Est-ce moi qui ne comprends pas, ou bien ? Je vois aussi beaucoup de sourires et de bonheurs sous les gestes des mères, alors pourquoi ce "TOUS les gestes" et ce "toujours" tellement réducteurs ?• « Un fils ne sait pas ce que cache le front d'une mère. Il la retrouve telle qu'elle lui est toujours apparue. Forte, paisible, rassurante. » (p. 86) -> C'est vrai que les hommes ne brillent pas toujours par leur sens de l'observation et leur sensibilité, certains peuvent adopter la politique de l'autruche quand ça les arrange, mais quand même, quand leur maman va mal, ils le perçoivent...Pour faire court : ces 190 pages m'ont paru interminables, les idées et la prose lyrique de Jeanne Benameur m'embarquent parfois (Profanes, Les Insurrections singulières, Présent...), mais pas à tous les coups. Là j'ai trouvé l'ensemble précieux, artificiel, démago, simpliste... Canel

Canel
31/01/16
 

Etienne, photographe de guerre, a eu la chance que beaucoup de ses confrères partis sur le terrain et pris en otages n’auront pas: retrouver son pays, ses racines, ses amis, la douceur d’un foyer … Mais après avoir vécu cet enfer, il est bien difficile de vivre dans le présent, de se laisser aller à rêver, à espérer. Ancien otage dans un pays en guerre, il devient otage de ses propres pensées, de son propre vécu.A travers des mots doux, nous envoûtant presque, à travers une écriture si fluide que l’on s’y perdrait volontiers, Jeanne Benameur réussit néanmoins ici à aborder un sujet extrêmement délicat… celui de la reconstruction, du retour à la liberté. Celle d’Etienne bien entendu mais également celle de ses proches qui étaient otages de son absence.Un roman fort dont il est difficile de sortir sans avoir une pensée pour tous ceux qui sont encore à l’heure actuelle loin de chez eux… Ce livre a été lu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire 2015 #MRL15Je remercie Price Minister et les éditions Actes Sud pour l’envoi de ce livre. Jeanne Benameur, « Otages intimes », Actes Sud, Août 2015, 208 pages. Booksnpics

Francoise74
23/01/16
 

Tous otages malgré nous De retour en France, un ex-otage tente de reprendre le cours de sa vie mais cela s'avère difficile.Jeanne Benameur, avec toujours autant de talent, nous fait prendre conscience que chacun d'entre nous peut être otage d'une manière ou d'une autre dans sa vie de tous les jours.Une réussite.

beraud@archimed.fr
17/11/15
 

Format

  • Hauteur : 21.70 cm
  • Largeur : 11.50 cm
  • Poids : 0.21 kg