Ou on va papa ?

FOURNIER-J.L

EDITEUR : STOCK
DATE DE PARUTION : 20/08/08
LES NOTES :

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5,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Cher Mathieu, cher Thomas, Quand vous étiez petits, j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous off rir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois. Je ne l'ai jamais fait. Ce n'était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu'à la fi n, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J'avais honte ? Peur qu'on me plaigne ? Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible : « Qu'est-ce qu'ils font ? » Aujourd'hui que le temps presse, que la fi n du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre. Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire
mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange. Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d'une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement. Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre fi lière scientifi que et fi lière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien. Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéfi cié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines. Jean-Louis Fournier

Jean-Louis Fournier nous livre son expérience de père d’enfants handicapés dans ce texte pudique et émouvant.
La force de ce récit tient en l’honnêteté de son auteur qui ne s’apitoie pas et ose l’humour noir, car tout vaut mieux que l’indifférence.



nathalie (arras)

Jean-Louis Fournier nous livre son expérience de père d’enfants handicapés dans ce texte pudique et émouvant.
La force de ce récit tient en l’honnêteté de son auteur qui ne s’apitoie pas et ose l’humour noir, car tout vaut mieux que l’indifférence.

Nathalie ,
Librairie
(Lille)
Jean-Louis Fournier nous livre son expérience de père d'enfants handicapés dans ce texte pudique et émouvant. La force de ce récit tient en l'honnêteté de son auteur qui ne s'apitoie pas et ose l'humour noir car tout vaut mieux que l'indifférence.
Nathalie ,
Librairie
(Lille)
40 personnes en parlent

Difficile de faire une critique objective sur ce livre.Jean-Louis Forunier est un auteur que je ne connaissais que de nom. J'ignorais qu'il avait eut deux enfants handicapés. Comme une découverte d'un carnet intime, d'un père malheureux, d'un père rempli de culpabilité face à ses deux garçons qu'il n'a pas sû aimer comme il l'aurait voulu.En tant que maman, je peux très bien comprendre ce sentiment de peur à la naissance. On vérifie le nombre de doigts et de doigts de pied, si le coeur bat régulièrement, si l'enfant mange et se développe normalement.«  Que ceux qui n'ont jamais eu peur d'avoir un enfant anormal lèvent la main. Personne n'a levé la main. Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n'arrive qu'une fois. J'ai eu deux fin du monde. »Deux corps en pleine évolution avec des cerveaux de petits garçons.« ...ils avaient certainement de la paille dans la tête. Les médecins ne l'avaient même pas vu. »Je suis persuadée que chaque personne ayant lu ce livre s'est demandé ce qu'il aurait fait. Parfois je l'ai trouvé très dur: « J'ai pensé qu'un jour, ils allaient avoir de la barbe, on allait devoir les raser[…]j'allais leur offrir à chacun un grand rasoir coupe-chou. On les enfermerait dans la salle de bains et on les laisserait se débrouiller avec leur rasoir. Quand on entendrait plus rien, on irait avec une serpillère nettoyer la salle de bains. »Derrière cet humour très noir et même dérangeant se câche un immense désespoir, celui d'un homme qui ne comprend pas que le sort se soit acharné deux fois sur sa famille et qui garde toujours l'espoir d'un « mieux » malgré tout. Aucun rêve, aucun projet, aucun moyen d'imaginer leur avenir étant donné qu'ils n'en ont pas.Une confession bien difficile pour se père qui se sent complètement dépassé par la situation, qui essaie de faire de l'humour dans cette société où le handicap est tabou et fait peur. Les parents d'enfants handicapés sont comme des maladies transmissibles, on s'en protège pour éviter que cela nous arrive. La maladresse des autres face à la différence est souvent plus difficile que le handicap lui-même.Incompréhension, colère, résignation, capitulation,...tout y passe, mais un sentiment apparaît violemment au milieu de tout ça, c'est l'amour. Un amour douloureux et, parfois, très égoïste mais que ferions-nous à sa place ?

chakal
07/11/13
 

Fournier a été pour moi une découverte très agréable. Il y a quelques mois j’ai enchainé la lecture de ses livres qui, en général, m’ont beaucoup plu. “Où on va, papa” a été un grand succès. J’attendais la sortie de la version poche mais des fois l’envie de lire est bien plus grande que la prudence associée au portefeuille ! Bref, “Où on va, papa” est bien différent des autres livres de Jean-Louis Fournier, il ressemble un peu à “Il a jamais tué personne, mon papa” où l’auteur se livre beaucoup plus qu’il n’en a l’habitude. Fournier parle de ses enfants handicapés avec beaucoup de tendresse, faisant parfois son mea culpa en s’excusant de ne pas avoir été toujours à la hauteur mais en revendiquant avec assez de fierté son humour qui lui a permis d’aller de l’avant et de voir ses enfants d’une façon moins cruelle que certains autres.J’ai été très touché par ce livre, rempli de tendresse et d’humour que je vous conseille très vivement !Un résumé ainsi qu'un extrait de ce livre sont disponibles sur mon site.

Artsouilleurs
24/05/09
 

Peut-être le livre de l'année Une leçon de vie et d'amour, pleine de tact et d'humour face à la tragédie. C'est une occasion de rire de ce qui ne devrait pas ! Une occasion de comprendre ce qui se passe dans la tête d'un père qui a eu 2 enfants pas comme les autres. Magnifique !

Merci M. Fournier Loin des récits d'introspection ennuyeux et des nombrilismes impudiques, voici un petit livre plein d'humour, d'amour et de pudeur. Il y a toujours un sourire pour retenir les sanglots et une larme pour accompagner la plaisanterie. Jean-Louis Fournier est souvent cruel pour décrire la tuile qui lui est arrivée : deux enfants lourdement handicapés. Et on reste scotché par la justesse de ses propos et l'humour qu'il déploie pour garder la tête hors de l'eau. "Quand on a le coeur gros, il faut se tenir comme il faut", écrivait Tchékhov.

Après avoir pleuré de rire à la lecture de Veuf , je décidais de récidiver , ressentant le pressant besoin de prendre une nouvelle dose d'endorphines , en attaquant Où on va , papa ? par la face Nord ! La fameuse face Écie...Facétieuse , oh le doux euphémisme que voilà à l'évocation du quotidien des parents Fournier et de leur progéniture .Thomas et Matthieu . Deux enfants pas comme les autres . Deux gamins condamnés dès la naissance . Sorte de double peine héréditaire histoire de ne privilégier personne .Sujet délicat s'il en est , le handicap de l'enfant peut légitimement heurter les esprits et faire polémique en cette période de politiquement correct outrancier . Parlez-en à Timsit et à ses crevettes roses...Récit autobiographique datant de 2008 , j'ai perçu ce bouquin comme un véritable cri du cœur , un rugissement d'amour assourdissant d'un père , pourtant loin d'avoir été parfait , envers ses deux fragiles lutins , ses deux petits brins d'herbe...Fournier , par le biais de petites saynètes touchantes et délicates parfois saupoudrées d'un brin de cynisme désabusé , évoque un sujet qu'il connait parfaitement sans jamais tomber dans le misérabilisme et la compassion . Un témoignage bouleversant sur la différence , sur cette chienne de vie malgré tout...Où on va , papa ? : droit au cœur du lecteur , sans aucun doute !

TurnThePage
01/11/13
 

Dans la vie, certains vivent des cataclysmes. Fournier, lui, en a vécu deux. Dans ce récit qu'il fait sa paternité bousculée, l'auteur parlent de son amour pour ses deux fils, lourdement handicapés. Comme toujours chez lui, on rit, on rit noir, on rit jaune, on rit aux larmes. car la vie est parfois désespérante. Fournier nous parle de ses fils, fétus de paille, incompréhensibles, enfermés dans leur monde. Il nous parle de sa peur, de sa difficulté à être père. A lire, sans aucun doute, à relire ensuite. Se souvenir qu'Anne -Marie Révol (Nos étoiles ont filé) a choisi Stock pour la proximité qu'elle sentait avec cet auteur. En effet, ils ont une même écriture sincère dans sa générosité et sa drôlerie désespérée.

nanettevitamines
23/04/12
 

Jean-Louis Fournier, dans ses précédents livres, ne nous avait pas habitué à pleurer de concert avec lui. On connaissait son humour, son coté caustique. Dans cet ouvrage, qui n'est ni un roman, ni un journal intime, on retrouve bien l'humour de l'auteur, mais noir à extrême. Une manière de supporter l'insupportable, de se gausser du sort qui a donné à ce père deux enfants très lourdement handicapés, physiquement et mentalement. Sans doute la seule façon de faire face au destin et d'arriver tout de même à aimer ces enfants différents, et de continuer à vivre...La force de l'auteur est d'arriver à nous faire rire entre nos larmes ; jamais il ne tombe dans le pathos, même si tout au long de ma lecture, je me suis dit que j'avais une chance folle d'avoir trois enfants en bonne forme. On comprend sa douleur, mais l'humour nous aide à ne pas y sombrer, et surtout à ne pas le plaindre, ce qu'il ne veut pas. Un petit livre vraiment poignant, et un regard intéressant sur les moyens qu'on peut trouver pour vivre avec ce désespoir de père. Une belle leçon de vie. Liliba

liliba
22/12/09
 

Hommage d'un père à ses fils Jean-Louis Fournier nous livre un peu de lui-même dans ce roman court, poignant qui traite le sujet du handicap avec une liberté inhabituelle et un sens de la dérision déconcertant parfois même un peu dérangeant. Le cynisme dont il fait preuve lui a valu de virulentes critiques mais cet humour noir reflète en fait, l’immense douleur d’un père. Devenir parent est une étape importante de la vie, sans doute pas la plus facile mais lorsqu’en plus ses deux premiers enfants naissent handicapés mentaux et physiques, Jean-Louis Fournier se confronte à sa propre impuissance. Au travers de multiples anecdotes, il nous retranscrit les nombreux sentiments qui l’ont habité : le chagrin, le découragement et surtout la culpabilité. Qui sommes-nous pour juger du ton adopté ? L’auteur se permet au moins d’ironiser de ce qui le concerne directement ; un moyen évident d’évacuer son trop plein de souffrances. Indéniablement émouvant.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

>>> http://www.leslecturesdelily.com/2015/04/ou-on-va-papa-ecrit-par-jean-louis.html#moreUn récit marquant et troublant. J'ai été touché par le témoignage de ce papa et pourtant sa façon de nous transmettre son histoire et celle de ses enfants est déconcertante.Je ressors de cette lecture assez troublée pour tout vous dire. http://leslecturesdelily.com

LeslecturesdeLily
10/04/15
 

Ce petit livre est vraiment très beau. Il n'y a pas réellement d'histoire, sauf peut être l'histoire de la vie des deux fils handicapés de Jean-Louis Fournier. Il y a des moments révoltants comme lorsque Jean Louis est invité et que tout le monde veut qu'il les fasse rire des petites bêtises de ses enfants, ça m'a dégouté encore un peu plus de ce monde ! Bien sur il y a aussi des moment attendrissant où on n'a envie de prendre Thomas dans nos bras et de le serrer bien fort..Je me suis vraiment attaché à ces deux jeunes hommes handicapés, leurs petites bêtises me faisaient sourire, pas un sourire moqueur, non ! Un sourire attendri. Je les ai un peu plaints car dans le monde où nous vivons il n'est pas bon d'être différents sous peine de subir des moqueries puériles et plus que stupides !Le style de l'auteur peut choquer car, oui, l'auteur se moque de ses enfants mais il le dit lui-même, se moquer lui permet de garder la tête hors de l'eau et il dit aussi que se moquer n'empêche pas les sentiments. Parfois, j'avais l'impression en lisant ce livre que Jean-Louis Fournier culpabilisait de ne pas avoir fait de ces deux fils des enfants « normaux «, qui auraient été à l'école, récolté des punitions... ça m'a fait mal pour lui...Il faut vraiment lire ce livre pour se rendre compte de ce que vivent les parents, leurs sentiments d'échecs peut être mais aussi et surtout pour comprendre ce qu'est la vie d'un enfant handicapé. Appelez moi, Love ... Love-of-book :P

Loveofbook
03/11/14
 

Superbe et cruel. Sans fioritures Jean-Louis Fournier nous présente sa vie, son quotidien : deux enfants handicapés (la tête "pleine de paille"). Par de courtes scènes ou réflexion il nous impose la dureté de leurs vies, de leurs pensées, de leurs émotions... mais avec un "humour noir et un sourire salvateur". On en reste stupéfait et émerveillé.

Fred25
17/09/14
 

Un malheur n’arrivant jamais seul, ce n’est pas un mais deux enfants handicapés que va avoir Jean-Louis Fournier.Après la stupeur, l’accablement et parfois la honte qui vont le ronger, après avoir plus ou moins tu leur existence, il va choisir l’humour pour exorciser sa douleur.« Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait unepatience d'ange, et je ne suis pas un ange. »Complice de Pierre Desproges qu’il évoque d’ailleurs dans son livre, il va comme lui faire preuve d’un humour noir particulièrement grinçant. Pince sans rire, il suscite parfois des réactions d’effroi de ses interlocuteurs. Par exemple de la part de Josée qui s’occupe de ses enfants. La scène avec la ventouse est particulièrement hilarante.C’est toute sa tristesse, sa déception et ses regrets de père n’ayant jamais réellement pu communiquer, au sens traditionnel du terme, avec ses enfants que l’auteur exprime ici. Il est délibérément dans la provocation, il veut susciter les réactions et y parvient sans mal. Il n’hésite pas non plus à en faire parfois un peu trop, le propos n’est pas ici de faire pleurer dans les chaumières. Au contraire, pas de simagrées mais du parler vrai.« Quand on me demande dans la rue un don pour les enfants handicapés, je refuse. Je n'ose pas dire que j'ai deux enfants handicapés, on va croire que je blague. L'air dégagé et souriant, je m'offre le luxe de dire : "Les enfants handicapés, j'ai déjà donné." »Prendre ce livre au premier degré serait un écueil que certains n’ont pas évité au vu de quelques critiques outragées.Pour ma part, ce livre m’a ému, touché et amusé souvent. Un livre qu’il faut avoir lu, une écriture simple, concise, efficace sans fioriture.« Un livre que j’ai écrit pour vous. Pour qu’on ne vous oublie pas, que vous ne soyez pas seulement une photo sur une carte d’invalidité. Pour écrire des choses que je n’ai jamais dites. »La plus belle des déclarations d’Amour d’un père à ses enfants…

manUB
10/08/14
 

Où on va papa ? est un livre très particulier. Il nous raconte le quotidien de Jean-Louis Fournier avec ses deux enfants handicapés moteurs et mentaux. L’humoriste et réalisateur de télévision nous dit toute la culpabilité qu’il ressent d’avoir donné cette vie-là à ses enfants, une vie de souffrance physique et morale : « Quand je pense que je suis l’auteur de ses jours, des jours terribles qu’il a passé sur Terre, que c’est moi qui l’ai fait venir, j’ai envie de lui demander pardon ». Pour l’auteur, la naissance de Thomas et Mathieu est « la fin du monde », le début d’un long calvaire. Parce qu’il s’agit bien d’un calvaire. Tout le livre n’est que plainte : jamais il ne pourra leur faire découvrir la littérature ou la musique classique, partager avec eux la beauté de la nature, les emmener visiter des musées. Thomas et Mathieu n’évolueront pas (ou si peu) que l’auteur en est désespéré d’avance. A aucun moment, il ne parle de ses tentatives pour les élever et les éveiller au monde qui les entoure. Ce qui peut aussi étonner, c’est le ton employé par Jean-Louis Fournier pour parler de son vécu. Cet auteur, qui revendique la liberté de rire de tout, emploie l’humour noir et la dérision à profusion. Mais, en filigrane, on sent bien qu’il s’agit là d’une protection qui lui permet de faire face à la situation, de surmonter la douleur, le sentiment de culpabilité et le regard des autres. Parfois, n’y tenant plus, il a des envies de meurtre : « J’ai pensé que, quand ils seraient grands, j’allais leur offrir à chacun un grand rasoir coupe-chou. On les enfermerait dans la salle de bains et on les laisserait se débrouiller avec leur rasoir. Quand on entendrait plus rien, on irait avec une serpillière nettoyer la salle de bains ». Ce type de discours, qui traverse tout le récit, rend celui-ci dérangeant et a provoqué un profond malaise chez moi.Ce qui fait aussi la particularité de ce livre, c’est la controverse qui l’a entouré. Présenté par les médias comme le témoignage d’un père, il s’agirait en fait d’une œuvre de fiction, d’une réalité largement romancée, comme en témoigne la maman, qui s’est autorisée un droit de réponse public. Par le biais de son blog, elle entend ainsi ramener la vérité à propos de ses enfants. Non, ils ne sont pas des désastres, des êtres inutiles avec qui aucune relation ne peut être établie. Elle nous prouve, par mille exemples, que ses enfants ont été heureux, qu’ils ont fait le bonheur de leur entourage et qu’ils étaient beaucoup plus autonomes que ce que le livre ne laisse penser.Même s’il s’agit d’un roman, Où on va papa ? est un livre qui dérange. Non pas parce qu’il pose des questions essentielles mais par le malaise qu’il provoque. Bien au-delà de la caricature, il fait passer les enfants handicapés pour des moins que rien et des inutiles, là où le vécu des personnes qui les côtoient est bien différent. Car ces « petits oiseaux cabossés », par leur innocence, font généralement preuve d’une grande clairvoyance et nous ramènent bien souvent aux valeurs essentielles. Carnet de lecture

Carnetdelecture
15/02/14
 

Ce livre n'est pas un roman, c'est le témoignage de Jean louis Fournier sur ses deux enfants pas comme les autres. Il utilise un humour corrosif et très noir."Grâce a vous, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfant normaux.Je n'ai pas eu de soucis avec vos études, ni votre orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de ce que vous feriez plus tard, on a su rapidement : rien. Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à vous; j'ai pu rouler dans des grosses américaines".Le but du livre est de réussir a nous faire rire avec les handicapés , sujet qui d'habitude est abonné au pathos.Mais c'est aussi un livre plein de tendresse:"Thomas ne va plus être jaloux de son frère, il va avoir lui aussi un corset. Un impressionnant corset orthopédique, avec du métal chromé et du cuir. Lui aussi est en train de s'effondrer, de devenir bossu comme son frère. Bientôt, ils seront comme les petits vieux qui ont passé leur vie a ramasser des betteraves dans les champs".C'est un livre drôle et émouvant qui nous fait réfléchir : Et si j'avais un enfant handicapé comment je réagirai ? L'auteur ne rentre pas dans le détail de sa vie au quotidien , ce sont des moments de sa vie et de celle de ses enfants qu'il nous livre. Seul bémol a ce superbe livre: un certain nombre de répétitions.

Zembla
09/10/13
 

Hommage d'un père à ses fils Jean-Louis Fournier nous livre un peu de lui-même dans ce roman court, poignant qui traite le sujet du handicap avec une liberté inhabituelle et un sens de la dérision déconcertant parfois même un peu dérangeant. Le cynisme dont il fait preuve lui a valu de virulentes critiques mais cet humour noir reflète en fait, l’immense douleur d’un père. Devenir parent est une étape importante de la vie, sans doute pas la plus facile mais lorsqu’en plus ses deux premiers enfants naissent handicapés mentaux et physiques, Jean-Louis Fournier se confronte à sa propre impuissance. Au travers de multiples anecdotes, il nous retranscrit les nombreux sentiments qui l’ont habité : le chagrin, le découragement et surtout la culpabilité. Qui sommes-nous pour juger du ton adopté ? L’auteur se permet au moins d’ironiser de ce qui le concerne directement ; un moyen évident d’évacuer son trop plein de souffrances. Indéniablement émouvant.

Hommage d'un père à ses fils Jean-Louis Fournier nous livre un peu de lui-même dans ce roman court, poignant qui traite le sujet du handicap avec une liberté inhabituelle et un sens de la dérision déconcertant parfois même un peu dérangeant. Le cynisme dont il fait preuve lui a valu de virulentes critiques mais cet humour noir reflète en fait, l’immense douleur d’un père. Devenir parent est une étape importante de la vie, sans doute pas la plus facile mais lorsqu’en plus ses deux premiers enfants naissent handicapés mentaux et physiques, Jean-Louis Fournier se confronte à sa propre impuissance. Au travers de multiples anecdotes, il nous retranscrit les nombreux sentiments qui l’ont habité : le chagrin, le découragement et surtout la culpabilité. Qui sommes-nous pour juger du ton adopté ? L’auteur se permet au moins d’ironiser de ce qui le concerne directement ; un moyen évident d’évacuer son trop plein de souffrances. Indéniablement émouvant.

Cinglant, cynique hommage ? Non. Juste un témoignage pour contrer la souffrance. Une distanciation absolument nécessaire. Un père face à ses deux enfants, handicapés moteurs et mentaux. Un hommage singulier à deux êtres singuliers, la tête dans les nuages.

AliceGauguin
16/09/13
 

L'auto-dérision comme survieJean-Louis Fournier, auteur et narrateur de ce récit, rend hommage à Mathieu et Thomas.Quand il parle de ses deux enfants, il dit d'eux qu'ils ne sont « pas comme les autres ».«Ça laisse planer un doute» ajoute t'il.C'est un roman qui prend le contre pied du quotidien, raconte un monde à l'envers.C'est le roman de l'absurde, de ce qui aurait du être et n'a pas été.Jean-Louis Fournier livre de courts fragments de sa vie avec humour et ironie.Il se fait irrévérencieux pour nous emmener dans sa douleur et sa culpabilité.Il rit de ses enfants, de lui, pour ne pas pleurer.Un livre qui nous apprend à rester humble.

Zhayah
29/03/13
 

Un petit livre qui m'a beaucoup plu.Un père qui dit sans détour ce qu'on ressent lorsque que l'on a des enfants "différents", un témoignage sincère et empli d'amour qui est assez dur .L'humour noir est au rendez-vous, c'est d'ailleurs cela qui a permet à M. Fournier de faire face à la réalité de sa vie de père.Une lecture rapide avec des chapitres très courts.Je pense qu'il s'agit d'une oeuvre à lire.

bookworm02
03/12/12
 

Si ma maman n'était pas venue à la bibliothèque avec moi, je ne pense pas que j'aurais emprunté ce livre. Et je serais passée à côté de quelque chose !Où on va, papa ? est tout sauf un livre conventionnel. Je ne doute pas que certains seront dérangés par les propos de son père qui rit (gentiment) de l'handicap de ses enfants. Dit comme ça, ça à l'air terrible. Mais en fait, non. Jean-Louis Fournier le dit lui-même : on est trop sérieux avec les enfants handicapés, mais eux, ils ont aussi besoin d'entendre leurs proches rire... Jean-Louis Fournier est très cynique dans Où on va, papa ?, un peu moqueur. L'humour est noir, mais je ne doute pas que ça lui fait du bien. Et ça permet aussi aux lecteurs de voir ça de façon différente : on est pas habitué à entendre ce genre de propos sur les handicapés, mais pourtant je ne doute pas qu'à la place de l'auteur, on penserait exactement la même chose. C'est ça que j'apprécie dans ce livre, c'est que c'est sincère et non hypocrite. Et pourtant, si il y a quelque chose dont on ne doute pas, c'est de l'amour de ce père pour ses enfants.J'ai du mal à concevoir qu'on puisse rester insensible devant Où on va, papa ?. Mathieu et Thomas on beau être très attachant, ils restent différents, ils ne seront jamais comme les autres... J'ai été particulièrement émue quand j'ai découvert que Thomas ne reconnaissait pas toujours son père quand il va le voir à l'institut. Ou que Marie, la petite sœur, s'entendait dire dans les cours de récréation "arrêtes de te vanter" quand elle racontait que ses deux grands frères étaient handicapés...Jean-Louis Fournier nous met face à la réalité des enfants handicapés, et elle est loin d'être rose. J'ai découvert des tas de petits détails auxquels je n'aurais pas pensé vu de l'extérieur... Et puis j'ai beaucoup aimé découvrir de temps en temps Josée au fil des pages.A lire pour avoir une vision différente de l'handicap inné.

MademoiselleLuna
24/11/12
 

J'ai lu ce livre lors de sa sortie, impossible d'attendre l'éventuel poche! C'est très émouvant mais a beaucoup fâché des parents d'enfants handicapés. Souvent JL Fournier se confie: dans Où on va papa ou Veuf. Je vous recommande son petit dernier: çà m'agace! Un moment de divertissement (même esprit que les Delerm) berthe

afbf
18/11/12
 

Je ne voudrais pas vous paraître insensible mais face à un tel concert de louanges, de plébiscites et de critiques unanimes, je prend mon courage à deux mains pour y apporter...mon bémol !Alors certes, les passages très courts sont pour certains empreint de poésie, de force, parfois grinçant et dérangeant mais toujours emplis de tendresse et d'amour débordant pour ces deux enfants "cabossés" par la vie.Alors certes, le sujet est sensible, très rarement traité par la littérature, Jean-Louis Fournier a le mérite d'en parler, de partager une partie de sa vie.Mais franchement, d'un stricte point de vue littéraire, il n'y a pas grand chose !Les fragments se succèdent, inachevé pour la plupart avec une organisation qui est loin d'être évidente. J'ai eu l'impression de lire un carnet de pensée, le genre de paragraphe que l'on écrit sur le quai d'une gare où attablé à la terrasse d'un café.À cela s'ajoute la désagréable sensation de m'être faite berné par un coup médiatique remarquablement bien construits, organisé autour ces "révélations" !Je lui accorde un prix pour parler sans tabou des handicaps, un prix pour être agréable à lire, un pour être rapide à lire une petite demi heure à peine.Peut-être en attendais-je un peu trop, mais j'ai véritablement été déçu...Je ne regrette pas de l'avoir lu mais je ne regrette pas non plus de ne pas l'avoir acheter parce que 15 euros pour un livre où la moitié des pages sont blanches (vraiment blanches sans mauvais jeu de mots -rien d'imprimé-) j'aurais trouvé ça un peu fort de café !Personnellement, le sujet me touche beaucoup mais ces 15 euros, je préfère les donner à la recherche ou aux association qui aide à mieux vivre le handicap...

Lacazavent
16/11/12
 

Jean-Louis Fournier, l’auteur de ce roman, est le père de Thomas et Mathieu, les héros. Mais Thomas et Mathieu ne sont pas comme les autres enfants : ils sont tous deux handicapés. Un handicap mental, qui fait qu’ils ne grandiront jamais vraiment. Un handicap physique également, qui leur rend le dos bossu. C’est cette relation avec ces deux enfants handicapés que nous raconte leur père, avec distance, ironie et tendresse.Mathieu est le premier des enfants à naître. Handicapé, les deux parents sont sous le coup de cette annonce redoutée mais heureusement assez rare. Quel n’est pas leur choc lorsqu’à la naissance de Thomas, les médecins annoncent aux parents que Thomas est lui aussi touché par le handicap. Ne voulant provoquer la pitié ni chez ses proches, ni chez le lecteur, Jean-Louis Fournier a adopté une position de prise de distance vis-à-vis de ses enfants. Il n’hésite pas à faire des plaisanteries au sujet de ses enfants qui ne deviendront jamais adultes. Il plaisante également Josée, qui s’occupe des enfants, et qui après une phase d’incrédulité, comprend le fonctionnement du père.Jean-Louis Fournier ne cache pas ses peurs, ni le fait qu’il n’ait pas forcément été un père très attentif pour ces deux fils, souvent à l’institut médical. Il raconte sa rupture avec son épouse, son amour pour les voitures de collection, tout en regrettant le fait que ses enfants ne connaîtront jamais Bach, Chopin, Wagner,…Jean-Louis Fournier utilise des formes courtes pour décrire chaque saynète, chaque réflexion sur la situation de ses enfants ou des handicapés en général. Le format, s’il permet de condenser le récit et de faire jouer le ressort comique de nombreuses situations, dessert néanmoins le livre sur le plan strictement littéraire. Si cet ouvrage est un témoignage intéressant (et construit, tout de même) d’un père qui a du mal à assumer le handicap de ses enfants, je suis plus sceptique quant aux louanges qui font de cet ouvrage une des meilleures productions de la rentrée littéraire. Où on va, Papa ? est un roman sensible, qui crée de l’empathie chez le lecteur, et qui vaut la peine d’être lu pour découvrir l’humour dont fait preuve Fournier sur ce sujet difficile. De là à faire des tombereaux d’éloges, il y un pas que je ne franchirai pas...

Yohan59
30/10/12
 

Prix Fémina 2008, ce court roman évoque les deux enfants handicapés de l'auteur, leurs parcours de vie et leurs quotidiens. Toujours avec humour et autodérision, Jean-Louis Fournier affiche sa vie, sa façon d'élever ses enfants, ses joies et surtout ses peines. La condescendance n'est pas son truc, il préfère plutôt rire de ses enfants dits « anormaux », il écrit donc ce livre pour eux, pour les faire vivre aux yeux de tous. Ce texte réaliste, sans langue de bois, parvient à désacraliser la notion de handicap tout en nous narrant les difficultés de la vie quotidienne ou le poids du regard des autres. C'est sensible, juste, touchant, parfois léger : un texte témoignage insolite, ayant pour titre la sempiternelle rengaine de son fils Thomas, qui veut savoir où ils vont… Une question assez métaphysique en fin de compte, pourtant issue d’un garçon qui ne sait ni lire, ni écrire mais qui porte en elle, l’interrogation de toute une vie, de toutes les vies.

SophieC
03/07/12
 

Un sujet très difficile à traiter : le handicap mental de ses enfants. Jean-Louis Fournier s'en sort bien, même s'il peut parfois paraître cruel, mais la désision est certainement un bon moyen de supporter tant de souffrances.

fdm77
14/06/12
 

Jean Louis Fournier dans ce livre totalement autobiographique nous raconte la vie avec ses deux enfants, Mathieu et Thomas, lourdement handicapés. Apprendre que votre enfant sera handicapé, c’est "la fin du monde". Jean-Louis Fournier, lui, "a eu deux fins du monde".Comment réagir ? Se plaindre en permanence et consacrer sa vie à honorer sa douleur ? Non, lui sans travestir la réalité, nous la décrit avec son humour décapant habituel.Tour cela nous donne, sous forme de saynètes de la vie quotidienne, un récit percutant mais plein d’émotions qui déborde d’affection pour ces deux enfants qui souffrent sans pouvoir l’exprimer."Où on va papa" c’est le "running-gag" de Thomas le plus jeune des deux enfants.Voltaire a dit" Il est poli d’être gai". C’est le crédo de ce père, tout au moins avec son entourage à qui il ne veut pas imposer ses tourments. Si" l'humour est la politesse du désespoir", selon la formule consacrée, Jean-Louis Fournier nous en assène la démonstration éclatante.Quelle force de caractère pour nous parler de ce drame avec drôlerie et tendresse.Une phrase qui résume l’atmosphère du livre : "Comme Cyrano qui choisissait de se moquer lui-même de son nez, je me moque moi-même de mes enfants. C’est mon privilège de père". Et pour lui sans doute la seule façon de "garder la tête hors de l’eau".Un livre intense sur le handicap, qui choquera peut-être certains et sans doute beaucoup de parents d’enfants handicapés. Mais l’humour et la dérision ne doivent pas cacher le désespoir qui habite sans doute cet homme lorsqu’il se retrouve face à lui-même.Dans le même registre autobiographique, Jean-Louis Fournier nous émeut dans "Veuf "où il nous relate son quotidien après la mort de sa femme.Deux livres à méditer.

Ludeca
18/03/12
 

- Jean-Louis Fournier ne fait pas dans la dentelle avec ce témoignage. C’est un récit brute, des instants de sa vie de père de deux enfants handicapés. On y découvre une facette moqueuse et tendre d’un père face à l”anormalité” de ses enfants. Mathieu et Thomas qui ne liront jamais ce livre, qui ont la tête pleine de paille comme il dit, qui ne feront rien comme des enfants de leurs âge.- Comme il le dit lui-même, dès que l’on parle de handicap, c’est comme si l’on parlait d’une catastrophe. Chacun réagit différemment face à cela, et Jean-Louis Fournier a pu assister à des réactions de sympathie, comme a des réactions terribles, horribles: comme si ses enfants n’avaient pas le droit de vivre, comme si cela était la faute des parents, qu’ils auraient du “faire quelque chose” pour que leurs enfants ne naissent pas. J’ai vraiment été choquée de lire ces lignes où il dressait le portrait de gens immondes qui avait pu croiser son chemin.- Humour noir, propos parfois très (trop) crue, des vérités qui dérangent, des pensées qui ont pu lui traversées l’esprit. L’auteur ne nous épargne rien. C’est percutant et ça a le mérite d’être très naturel. Pas de chichi ni de blabla, l’auteur nous raconte sans détours comment se passait sa vie de père au quotidien.

Nanieblue
01/03/12
 

Les mots de Jean-Louis Fournier suscitent de vives réactions qui se manifestent de différentes manières. Le cynisme dont l'auteur fait preuve met les nerfs du lecteur à rude épreuve. On ne peut qu'être bousculé par ces propos qui paraissent si détachés de toute moralité, si emprunt d'ironie et de sarcasme. Écrit pour un large public, il n'est pas difficile de comprendre le peu d'attrait ressentit par une part du lectorat face à un livre qu'il faut être préparé à lire. Le handicap est encore un sujet trop lourd de sous-entendus et d'idées reçues, et il n'est pas bien vu d'en parler en ces termes, encore moins lorsque, comme l'auteur, on parle de ses propres enfants. La description de certaines scènes de la vie quotidienne peut paraître choquante et peut amener le lecteur à laisser croire que Jean-Louis Fournier n'écrit pas dans le but de combattre un état de fait, mais plutôt pour expier, à sa manière, la colère ressentie face au handicap. Les mots de l'écrivain sont crus, et sa plume ne laisse pas de place au pathos. Les reproches qui peuvent lui être fait concernent surtout le manque de tact et de délicatesse que l'on attend normalement chez des personnes touchées par le handicap de leur(s) enfant(s). Et pourtant comment ne pas comprendre les mots de ce père. Il est évident que si ce livre connait un certain succès aujourd'hui c'est que les détracteurs de cet ouvrage rencontrent une opposition certaine. Jean-Louis Fournier, grâce à son talent, nous livre un texte criant de vérité, sa vérité. Et pourtant, comme le dit si bien l'adage : « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ». L'auteur prend le contre-pied du politiquement correct pour exprimer, à sa manière, comment sa vie fut transformée avec l'arrivée de ces deux « fins du monde » comme il les nomme lui-même. L'auteur ne sombre pas dans le mélodrame, mais exprime plutôt les déconvenues surprenantes de la naissance d'un enfant différent et des conséquences que cela engendre sur l'image de soi. Être parent ne s'apprend pas, et pourtant, comment faire face au handicap? Cela renvoie à l'image que l'on se construit de l'enfant idéal, mais aussi à celle de la parentalité. L'auteur témoigne de ses désillusions et ne doit pas être jugé pour cela. Comment pouvoir être juge de ce qu'à vécu Jean-Louis Fournier? S'il a décidé de livrer un texte sans faux semblants et qui touche le lecteur en plein cœur, et bien c'est certainement avec l'envie de, pour une fois, laisser tomber les barrières qui s'érigent entre le quotidien des parents d'enfants en situation de handicap et ce qu'ils se laissent le droit d'exprimer en dehors de la sphère du privé.

seriephile
28/01/12
 

Un peu en retard dans la lecture des livres que tout le monde recommande... j'ai pris une grande claque à la lecture de celui-ci, hymne d'amour d'un père à ses 2 fils différents. Il n'y a pas grand chose à gloser : lisez-le, c'est magnifique ! Complément à mon commentaire : le site de la maman...laurence

laurence
22/11/11
 

Jean Louis Fournier n'a jamais parlé de ses deux enfants handicapés. Un mélange de honte et de peur qu'on le plaigne l'en empêchait. Il leur a écrit un livre pour qu'on ne les oublie pas mais aussi pour dire ses remords et sa tristesse. Il parle de ses deux enfants avec beaucoup d'humour, seule façon pour lui de garder la tête hors de l'eau. Un humour noir qui n'est pas du goût de tout le monde. Essayez donc de rire du handicap en public et vous déclencherez des réactions outrées. Jean Louis Fournier m'a fait franchement rire parfois. C'est un livre tout à la fois drôle et poignant.Il évoque tout ce que ses petits oiseaux ne seront et ne feront jamais, ce qu'il ne partagera pas avec eux. Il se demande bien ce qu'il a fait pour avoir de tels enfants. Il ose dire combien il a parfois du mal à les supporter et évoque les voeux de mort qu'il formule parfois. Il ose dire tout haut ce que d'autres pensent tout bas. C'est courageux.Un seul bémol, je trouve : la fin de ce livre. J'ai tourné la page, ne pouvant me résoudre à ce que soit la fin, cette fin si triste et résignée...alors qu'il paraît se battre avec ses propres armes (dont l'humour) tout au long du roman. Mais je comprends que ce livre est aussi le constat d'un grand gâchis. Une sorte d' injustice devant laquelle parfois les bras lui tombent... Cette impuissance à changer la situation lui pèse.Je conseille vivement cette lecture. Ma note : 9/10. J'ai noté tout un tas de phrases sur mon carnet, je vous en livre un peu."Quand je pense à Mathieu et Thomas, je vois deux petits oiseaux ébouriffés [...] il ne leur manque que les ailes. Dommage, ils auraient pu quitter un monde qui n'était pas fait pour eux." page 97."Où on va papa? On va prendre l'autoroute à contresens. On va en Alaska. On va caresser les ours. On se fera dévorer. On va aux champignons, on va cueillir des amanites phalloïdes et on fera une bonne omelette. On va à la piscine. On va plonger depuis le grand plongeoir dans le bassin où il n'y a pas d'eau. On va aller à la mer. On va au Mont St Michel. On ira se promener dans les sables mouvants. On va s'enliser. On ira en enfer." page 10

lucie38
07/11/11
 

J'ai déjà eu l'occasion de lire Jean-Louis Fournier et j'avais beaucoup aimé. C'était dans un autre registre, plus humoristique, pas le moins du monde autobiographique comme cette fois. Cependant, c'est très confiante que j'ai débuté la lecture de cet ouvrage, forte de tous les commentaires enthousiastes des lecteurs que j'ai rencontré sur la Toile ou en réel.D'emblée, le ton va être donné par la seule personne qui a le droit de railler ses enfants : leur père.Le sujet ne prête pas vraiment à sourire ou à faire de mauvaises plaisanteries, ce ne serait pas politiquement correct et pourtant, Jean-Louis Fournier ose grâce à son statut paternel. Il sait de quoi il cause, il a connu "deux fins du monde", lui !Il veut rendre un hommage à sa manière à ses deux premiers enfants qui étaient handicapés et qui aujourd'hui ne sont plus. Il sait trouver de fort belles formules pour nous le dire comme : "Mathieu est parti chercher son ballon dans un endroit où on ne pourra plus l'aider à le récupérer."J'ai trouvé cela beau, émouvant alors que l'objectif de cet ouvrage n'est pas de nous attendrir, du moins, ce n'est pas un récit qui veut à toute force nous faire pleurer. Non, Jean-Louis Fournier raille, plaisante, se moque sans méchanceté, établit des faits sans faux semblants. C'est l'histoire d'un papa avec deux fils qui n'ont pas eu de chance, qui furent différents, mais qui furent pourtant bien présents et qu'il ne veut pas oublier.Jean-Louis Fournier ne nous épargne pas dans le sens où il ne nous cache rien. Avoir des enfants handicapés, ce n'est pas drôle. C'est même plutôt lourd et épuisant tant physiquement que nerveusement, même s'il y trouve quelques avantages (si je vous assure). C'est encore dit sur le ton du sarcasme, avec peut-être une pointe d'aigreur, de regret, mais ce fut son lot et celui de Mathieu et de Thomas. Ils ont fait avec et ils s'en sont pas trop mal tirés. D'ailleurs le ton employé dans cet ouvrage cache beaucoup d'amour. Ce n'est pas parce que ce père plaisante sur ses enfants qu'il ne les a pas aimé, c'est sans doute tout le contraire. Il ne les oubliera jamais et nous aussi grâce à ce livre.On éprouve toutes une palette de sentiments. On sourit, on s'amuse presque, on est touché. Le tragique côtoie le comique avec aisance, un naturel surprenant, mais salvateur. Il y a une tendresse infinie dans ce livre, la douceur est palpable, mais hélas la dure réalité rattrape toujours nos protagonistes comme une certaine fatalité dont il faut s'accommoder coûte que coûte. On n'est pas dans un cauchemar, ni dans un rêve, c'est juste la vie avec son lot d'absurdités.Je crois qu'il faut absolument livre ce titre pour mieux comprendre les parents d'enfants handicapés.Ce sont des hommes et des femmes admirables, qui comme nous sont fatigués (plus en réalité, mais ils font face), qui en ont ras-le-bol, qui pensent, qui imaginent des choses horrible, mais à mon sens très saines, car nous ne sommes pas des super-héros, nous sommes juste des êtres humains avec nos limites. Tous les parents me comprendront et Jean-Louis Fournier également.Il y a tout ce qu'il ne fera jamais avec ses fils, tous ces petits riens qui pourtant ont de la saveur et de la valeur à nos yeux. Non, le handicap va priver Jean-Louis Fournier de ces moments de joie, mais il aura eu d'autres plus cocasses assurément.Il y a aussi les idées noires qui passent, mais ne restent pas car la vie est ainsi faite. La nature donne de l'énergie même aux plus fatigués de tout. Les parents d'enfants handicapés ne savent pas toujours comment ils font pour toujours aller de l'avant, mais ils le font jour après jour.Quelle abnégation quand même. Cela force le respect et rassure en même temps sur la nature humaine.C'est court, bref et incisif.Jean-Louis Fournier tranche dans le vif et tire sur les pansements d'un coup sec. Ça fait mal, mais cela dure moins longtemps (enfin en théorie parce que lui, ses blessures ne guérissent pas complètement).Son écriture est concise. J'apprécie de ne pas me noyer dans le superflu.N"hésitez pas, franchissez le pas et lisez ce court bouquin qui va bousculer pas mal de choses dont nos façons de percevoir les éléments extérieurs. C'est véritablement un ouvrage qui peut aider à faire évoluer les mentalités, même si évidemment c'est une goutte d'eau dans l'océan de ce combat.Vous ne le regretterez pas (enfin je l'espère).Je vous concèderai bien volontiers que le dernier paragraphe laisse un petit goût amer, cependant faut-il se boucher les yeux et les oreilles ?On n'est pas dans le registre du pathos, c'est bien au-delà et je vous assure que même avec tous les sentiments que vous éprouverez en parcourant ces quelques pages (cela se lit en fait très vite car les chapitres sont parfois de simples paragraphes), on en ressort grandi. http://espace-temps-libre.blogspot.com/

emeralda
11/10/11
 

Le narrateur, Jean Louis Fournier lui même, est père de deux enfants handicapés : Thomas et Matthieu. Par ce livre, l'auteur veut leur rendre hommage, non pas avec de la pitié ou de la compassion, mais avec le sourire, grâce à l'humour. Il raconte entre autre sa réaction face au handicap, les manières et les bétises des gens face au handicap, le quotidien de ses fils, ect ...Le titre du livre provient de Thomas : "Où on va, Papa ?" est la question qu'il pose sans arrêt, sans forcément toujours comprendre la réponse apportée par son père.Il y a ici beaucoup d'émotions, aussi bien positives que négatives. En effet, les moqueries de l'auteur et le ton employé, peuvent choquer certaines personnes. Il faut donc prendre ce livre au second degrès, même s'il s'agit ici d'un thème sérieux. Ce livre a aussi été adapté au théâtre.Jean Louis Fournier est un écrivain que j'apprécie beaucoup puisqu'il fait passer beaucoup de choses à travers ses oeuvres, notamment grâce à l'humour !

lizou59
08/08/11
 

Cinglant, cynique hommage ?Non. Juste un témoignage pour contrer la souffrance. Une distanciation absolument nécessaire. Un père face à ses deux enfants, handicapés moteurs et mentaux.Un hommage singulier à deux êtres singuliers, la tête dans les nuages.

ecumedsjours
06/07/11
 

Un livre que j'ai lu il y a 1 an et demi.Un père, une maman et deux enfants. Le premier enfant est handicapé. Il décide tout de même avec sa femme d'avoir une deuxième enfant car comme il le dit, la foudre ne frappe pas deux fois au même endroit. Malheureusement si.Jean-Louis Fournier écrit avec un humour noir et certains passages peuvent déranger. Il ose et s'autorise à dire bien des choses sur ses enfants. Il dit aussi qu'avec eux il n'a pas eu de soucis concernant leurs futures études, pas d'hésitation entre les différentes filières au lycée et un quelconque métier. Je sais que ce livre dérange. Peu de personnes dans mon entourage l'on apprécié. J'ai vu ce livre sous un tout autre angle. Celui du courage pour oser dire les choses avec un certain humour déplacé certes, mais sans humour dans ses cas là, comment continuer ? Et malgré tout un témoignage d'amour envers ses enfants.Où on va papa, est un livre qui me restera en mémoire même si c'est un roman avec de la fiction, je pense qu'il y a tout de même une grande part de vérité. http://masatgiera.blogspot.com/

masatgiera
30/06/11
 

Jean-Louis Fournier narre la vie et le quotidien de ses deux fils handicapés. Ecriture décapante, humour corrosif et caustique où l'amour paternel transparaît dans chaque anecdote sans complaisance mais aussi sans pathos, Où on va , Papa, reste une ode formidable à la vie, à la différence dans toute sa richesse, un très beau texte, accessible à tous ...essentiel !

Cave
29/04/11
 

Où on va papa ? n'est ni un roman, ni une autobiographie, plutôt le témoignage d'un père qui doit faire de multiples deuils : le deuil d'enfants "normaux", qui sauront lire, à qui il pourra offrir des livres, avec qui il pourra discuter dans la voiture en les ramenant de l'école, qui auront eux-mêmes des enfants, le deuil d'une vie sans les questions incessantes des amis, sans les regards étonnés des anonymes.Le monde du handicap fait souvent peur. D'ailleurs, il est un "chapitre" tellement parlant que je ne résiste pas à l'envie de vous le faire partager : "Que ceux qui n'ont jamais eu peur d'avoir un enfant anormal lèvent la main. Personne n'a levé la main. Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n'arrive qu'une fois. J'ai eu deux fins du monde."Je trouve ce passage tellement révélateur de l'ensemble de ce livre : comme pour beaucoup de choses graves, pour toutes ces maladies qui frappent sans prévenir comme le cancer, on sait que ça existe, mais on se dit que non, on est à l'abri... Jusqu'au jour où...Découpé en très courts chapitres, c'est un livre qu'il faudrait prendre le temps de lire. Lire un passage. Le refermer. Réfléchir. Car les moments de vie que nous présente Jean-Louis Fournier sont tellement quotidiens, tellement vrais que l'on se rend compte du poids que ce handicap devait être pour la famille... Famille que j'ai trouvé d'ailleurs quelque peu absente de ce récit. J'imagine qu'il s'agit d'un parti pris de l'auteur puisque dès le départ, il écrit son livre à ses enfants, à Mathieu et Thomas. Il leur écrit tout ce qu'il ne leur a jamais dit, tout ce qu'ils ne comprendront jamais, au final... Du coup, la narration se centre sur l'auteur et son rapport à ses deux enfants handicapés. Quid de sa dernière fille ? Quid de son épouse qui le quittera, d'après ce que l'on comprend ? Pourquoi cette séparation ? A cause du handicap ? Et pourquoi dit-il que sa fille sera son plus grand bonheur jusqu'au jour où... Jusqu'au jour où quoi ? Ce sont toutes ses interrogations qui me font rester sur ma faim...Ceci dit, je pense que l'intention de l'auteur n'était pas de nous raconter la vie d'une famille avec deux enfants handicapées. Pour cela, il suffit soit d'allumer la télévision où pléthore d'émissions présentent la choses avec bonhomie et émotions, soit de fouiner un peu dans les bibliothèques pour trouver quelques témoignages, soit carrément d'oser aller parler avec ces parents. En lisant Où on va papa ?, j'ai ressenti un besoin de l'auteur de dire sa souffrance et de dire à quel point avoir des enfants handicapés peut être dur, à quel point on peut avoir envie qu'il leur arrive malheur tellement la charge est lourde à porter... Ami de Desproges, Fournier n'hésite pas à se moquer d'eux, à faire de l'humour noir, parfois mal vu j'imagine d'ailleurs... Cependant, ne serait-ce pas pour lui une manière de faire face ?... Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
22/02/11
 

Un livre dédié aux enfants pas comme les autres ; une occasion de rire de ce qui n' est pas risible et une preuve d'amour de la part d'un père face à un handicap

nelson43
09/09/10
 

Ce livre est une magnifique lettre d’amour d’un père à ses deux fils handicapés. Ces notes se lisent d’une traite, on rigole…jaune parfois…on est touché, on pleure, on comprend un peu mieux ce qui est si effrayant.Jean-Louis FOURNIER utilise l’humour acide et noir pour parler de ces deux petits oiseaux, ces deux fils (dont un est décédé) qui ne seront jamais adultes, qui jamais ne pourront lire, apprendre,...Derrière l’humour noir et caustique érigé comme une protection on sent l’amour infini d’un père.On rencontre au détour d’une page Desproges qui n’aimant pas beaucoup les vivants avait trouvé en ces enfants gauches, irrationnels et surprenants ses maitres de l’absurde.On croise également ces gens non concerné mais plein de jugement, c’est gens qui estime qu’on ne rigole pas de tout et surtout pas du handicap, qu’avoir un enfant handicapé (alors 2 imaginez…) est soit un don de Dieu soit une punition divine… mais qui mieux qu’un père peu s’en moquer, et s’en moquer avec brio ! Il faut absolument lire ce livre ne serais-ce que pour une raison : relativiser et se dire que nos petits problèmes existentiels ne sont pas si grave ! Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie. Montesquieuhttp://mespetitesidees.mabulle.com

Delph83
15/06/10
 

Tout à fait en accord avec les autres commentaires. J'ai apprécié l'angle d'attaque de l'écrivain qui survit à sa tragédie par l'humour. Et en même temps que d'amour dans ce regard incisif porté sur ses 2 enfants hors normes. Un livre essentiel !

Iana
11/12/09
 

Claque Un peu en retard dans la lecture des livres que tout le monde recommande... j'ai pris une grande claque à la lecture de celui-ci, hymne d'amour d'un père à ses 2 fils différends. Il n'y a pas grand chose à gloser : lisez-le, c'est magnifique !

Format

  • Hauteur : 21.50 cm
  • Largeur : 13.50 cm
  • Poids : 0.22 kg

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