Panique

FLEM, LYDIA

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 04/03/05
LES NOTES : Laissez une critique sur ce livre
à partir de
6,49 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

elle claque comme un coup de fouet. elle jette à l'écart de soi, loin des mots, des analyses, de la raison, hors du sens. les sentiments n'existent plus, elle occupe toute la place. nue comme le fil d'une lame. comment décrire une attaque de panique sans l'abraser ? qui ne connaît pas l'angoisse des espaces de la ville ne peut mesurer la terreur de quelques
secondes d'arrêt au feu rouge. qui ne vit pas l'angoisse d'être enfermé dans un ascenseur ou un avion ne peut imaginer l'étendue de cet effroi. ce n'est pas seulement la gorge qui se rétrécit, la respiration qui se bloque, l'asphyxie qui gagne, c'est un écartèlement de tout l'être, une dépossession de soi, la sensation d'une mort imminente. l. f.
2 personnes en parlent

Ecrivain et psychanalyste, Lydia Flem m’avait séduite avec Comment j’ai vidé la maison de mes parents, un « essai » sur le deuil. Puis j'ai lu son « conte » La reine Alice, un autre texte intéressant. Je ne saurais pas définir ce livre (je n’ai pas vraiment su le faire pour les deux autres d’ailleurs) qui évoque la crise de panique qui peut s’emparer de chacun de nous sans crier gare.Nous suivons la narratrice au cours de vingt-quatre heures, chaque entrée débutant par l’indication de l’heure précise, les intervalles pouvant aller de la minute à l’heure ou plus. Cela commence en voiture, alors qu’elle est coincée dans les embouteillages et attend que le feu passe au vert jusqu’au cours de la nuit précédant son départ pour New York le lendemain (angoisse de l’avion). Entre-temps, la journée s’écoule et la narratrice décrit les symptômes dont elle est la proie et qui caractérise son angoisse, l’empêchant de travailler sereinement, de réaliser des tâches banales, voire même d’aller au cinéma sans craindre une catastrophe. Elle parle également au nom des autres, de tous ces phobiques qui finalement préfèrent rester chez eux le plus possible, de se couper du monde et de passer un maximum par Internet pour gérer leurs vies au lieu d’affronter le réel.Lydia Flem évoque également le regard des autres qui vous jugent, comme s’ils étaient à l’abri d’un tel tourbillon. L’angoissé est une « chochotte » qui se regarde le nombril au lieu d’agir : « … un peu de volonté, que diable ! » s’entend-il dire.Les descriptions d’une crise de panique sont très bien rendues, concrètes, sans jargon. Il est vrai que la lassitude s’est un peu emparée de moi par instant, l’auteur ayant tendance à tourner en rond, alignant les verbes dépeignant les différentes phases d’une crise ou encore les qualificatifs servant à expliquer l’état de la victime (« Elle s’infiltre partout, me lamine, me désarticule, m’arc-boute. Je suis anéantie, haletante, sans ressource. »)Certes la panique est caractérisée par une spirale qui vous happe et ne vous laisse pas de répit (« Sommes-nous donc si peu de choses ? ») mais je n’ai pas toujours réussi à être convaincue du fait de la surenchère. C’est dommage car le format choisi me paraissait intéressant et la conclusion du texte est très belle.

mycupoftea
01/04/14

Evidemment, c'était un peu pervers de ma part de choisir ce livre là de Lydia Flem pour une première lecture, je l'attendais au détour de chaque phrase... Et elle m'a reçu droit dans les yeux ! Quelle analyse et quelle puissance d'évocation par sa force et sa précision, un véritable ressenti physique des mots. Parce que ce qui m'a impressionnée sur ces pages, c'est cette exactitude de la description des crises de la panique et des angoisses, des prémices aux développements, de la crise qui laisse échouée avec le sentiment d'échec, d'infirmité et d'incapacité, de lâcheté, des sursis aux mécanismes et tentatives de fuites, de contournements, de résistances, de reconnaissances.Est-ce l'expérience clinique de la psychanalyste ou une expérience autobiographique, je ne veux pas savoir. Tout ce que je sais, c'est que c'est très exactement ça, autant physiquement que psychologiquement : ce déferlement qui dépossède, annihile toute présence, toute maîtrise, toute confiance; cette absence à soi, ce vertige tyrannique et obsessionnel, ce vampire qui se nourrit de la frayeur et de la hantise qu'il génère, de celles de la folie, ce " mal sournois, silencieux, affolant [...] qui rompt le corps et persécute l'âme ", qui fait de sa victime un mort-vivant, l'impuissance : " C'est la déraison même, l'annulation de la volonté. La défaite de tout ce qui nous tient debout, jour après jour. On ne peut plus faire face. "Exactement ça, cet insupportable qui paraît insurmontable, on ne perd pas connaissance, on perd la conscience, plus de vue ni de voix alors que le cerveau part en vrille, que ça cogne, ça bloque, ça se disloque, ça explose et ça hurle à l'intérieur, plus de repères, l'étouffement, le cyclone dans lequel tout se brouille et s'embrouille, plus de sens ni de sensations, " le chaos primitif ".Et c'est bien tout le vocabulaire de la noyade que j'aurai aussi spontanément écrit, plonger, couler, sombrer, asphyxie, abîme... : " Tout chavire. Je me noie et cette noyade se répète, minute après minute, je suis entraîner vers le fond, je bois la tasse, je me débats. Je remonte à la surface, un nouveau tourbillon m'avale, m'aspire et me jette dans les entrailles de la mer. Je n'ai pas de prise, pas de bouée, pas d'appui. Tout est devenu inconsistant, flou, vitreux, amorphe, épars, éclaté. " Sur de très courts chapitres, marqués par un horaire - trente-cinq pour vingt-quatre heures de 8H58 à 8H25 le lendemain, distants d'une minute à une heure -Lydia Flem raconte, employant le JE, à travers des situations concrètes et quotidiennes phobiques - agoraphobie, claustrophobie, peur de l'avion - le déroulement, les méandres, de la prise de contrôle de la narratrice par l'angoisse et la panique, la spirale infernale, la tension contre la (l'op)pression, avec un passage saisissant décrivant les perceptions déformées à travers l'observation du tableau de Picasso Les Demoiselles d'Avignon. Lydia Flem nous parle alors de l'incommunicabilité - " c'est dans la tête " - , de l'extrême solitude, des questions sur la " normalité " des autres, les recours chimiques " Je me jette dans les bras de la science comme je me confierai aux bras de la sorcière Baba Yaga. En désespoir de cause ", les médicaments " comme des talismans, au cas où [...] Apaisants comme des petits cailloux dans la poche que l'on touche furtivement pour affronter le monde. "Et elle nous dit aussi le recours à l'écriture, non pas pour raconter mais pour s'accrocher aux mots, aux gestes, concentrer l'esprit, peu importe ce qui est écrit; comme une écriture automatique.

Marilire
28/04/15

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.14 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition