Passes noires

CALACIURA, GIOSUE

livre passes noires
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 15/02/07
LES NOTES :

à partir de
6,60 €

SYNOPSIS :

« Nous partîmes la nuit suivante et ce fut le noir. Dans la soute, il n'y avait plus ni lueurs ni reflets, que le noir répété mille fois jusqu'à ne plus être un nombre, et mille fois le râle de l'asphyxie, la neuvaine du salut, la prière des torturés. » Passes noires, conte des mille et une nuits de brutalité et de solitude, donne à voir l'apocalypse des femmes venues au monde pour l'esclavage et l'injustice.
Arrachée à son Afrique natale par des négociants de chair fraîche, la jeune Fiona échoue dans un port italien où elle rejoint l'Amie chère, Cendrillon et la Boiteuse pour vendre son corps dans les obscénités et les humiliations des soldats, étudiants, pères de famille, magistrats, marchands de fritures et prélats qui dévorent les filles à vil tarif, sous l'oeil mort de la sainte patronne de la ville.
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Plongée crue et superbement écrite dans le quotidien de la prostitution africaine en Sicile.Publié en 2002 et traduit en français en 2005, le deuxième roman de Giosuè Calaciura est encore plus dur que son premier, "Malacarne" (1998). Là où le petit tueur palermitain nous épatait par sa confession logorrhéique d'une rare sauvagerie mais non exempte de drôlerie, le récit de Fiona, jeune Africaine "trafiquée," aboutie en Sicile avec pour seul horizon la prostitution intensive au service des mêmes réseaux mafieux sans pitié, ne fait à aucun moment dans la dentelle. Si le sujet est l'une des toiles de fond dénoncées en permanence par Andrea Camilleri dans la série Montalbano, le coup de projecteur est ici d'une tout autre crudité.Fiona et ses trois compagnes d'infortune nommées dans le récit, parmi les autres victimes anonymes du trafic, ne voient de leurs journées que les passes, incessantes, la pression et les corrections exercées par leurs maquereaux, le mépris environnant, les hontes et les petites arnaques des clients, et enfin, les risques mortels liés au vol, à l'accident ou à la psychose pure et simple... en attendant la fin.Sujet traité sans aucun fard ni aucun romantisme déplacé, les seuls sourires possibles proviendront d'anecdotes occasionnelles joignant le comique d'une situation ponctuelle au profond désespoir qui l'environne, obligatoirement dissimulé dans une bonhomie résignée, mais sujet servi par une phrase magnifique, toujours au bord de l'essoufflement mais devant nécessairement durer autant que l'épuisante journée de "travail", ou presque...

Charybde2
28/05/13
 

Une femme noire émigre de l'Afrique vers la Sicile dans le bateau des passeurs, violée au cours du voyage, elle est happée par des proxénètes qui lui font rejoindre le trottoir, ou le bois, ce qu'elle appelle le nique-nique. Là, elle nous raconte le défilé de clients, les soldats, les étudiants, les timides, les détenus libérés, les pères de famille, les notables, les ecclésiastiques. Entre les exigences sordides des clients, la mort des prostitués, égorgées, bousculées par des voitures, c'est un cri de détresse qu'un écrivain homme sicilien pousse par ce livre pour dénoncer ces drames qui se déroulent sous la protection illusoire de la Sainte patronne de la ville. L'écriture et la traduction, m'ont un peu déstabilisé, mais elles s'avèrent tout à fait adaptées, à décrire le sordide de ces existences. Au milieu de ces moments sombres, le livre est émaillé d'éclats de rire tel que: la Sainte Madonne qui rentre décapitée par un fil électrique de la procession annuelle à travers la ville, où, la venue des clients timides. Par le contraste qu'ils créent, ils contribuent à la qualité de ce livre.

JoelC17
26/01/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.70 cm
  • Poids : 0.10 kg
  • Langage original : ITALIEN
  • Traducteur : LISE CHAPUIS

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