Pauline

SAND, GEORGE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 01/03/07
LES NOTES :

à partir de
0,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

" pauline était vêtue de brun avec une petite collerette d'un blanc scrupuleux et d'une égalité de plis vraiment monastique. ses beaux cheveux châtains étaient lissés sur ses tempes avec un soin affecté ; elle se livrait à un ouvrage classique, ennuyeux, odieux à
toute organisation pensante : elle faisait de très petits points réguliers avec une aiguille imperceptible sur un morceau de batiste dont elle comptait la trame fil à fil. la vie de la grande moitié des femmes se consume, en france, à cette solennelle occupation. "
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« Pauline » est un court roman qu’on dévore d’une traite, tant son intrigue est captivante. Le talent d’écrivain de George Sand n’est plus à démontrer, son écriture est fluide et nous entraîne dans son histoire avec curiosité et délice.Volonté délibérée de l’auteur ? L’histoire est bâtie en miroir, chaque élément possède son strict contraire. Ainsi, le personnage de Pauline, que l’on croit doux et naïf parce que provinciale, se révèle méchant, torturé, jaloux et vindicatif. Sa piété n’est qu’un leurre et sa générosité toute calculée. Au contraire de Laurence, son miroir inversé, qui n’est que douceur, générosité et empathie. Même chose avec les personnages des mères. Autant la mère de Pauline est revêche et campée sur des principes d’un autre temps, autant la mère de Laurence fait preuve de tolérance, d’ouverture d’esprit et de chaleur humaine. Le milieu tant décrié de la ville et des artistes s’oppose à celui de la province, haut-lieu de piété et de morale permanente. Pourtant, là encore, la ville se montre un endroit plus agréable et moins hypocrite que la province, qui se révèle un lieu de commérages et de jugements arbitraires.J’ai beaucoup apprécié ce parti pris. C’est judicieux et cela sert admirablement l’histoire. Le Bien et la morale ne sont pas forcément là où on le croit, ni là où on le dit. L’apparence la plus pure peut cacher l’âme la plus noire. Avec une nuance toutefois, les sentiments négatifs de Pauline et de sa mère tiennent une part de leur origine, à mon sens, dans l’ignorance et le manque d’ouverture d’esprit propres au milieu provincial de l’époque. Cela n’explique pas tout, naturellement, puisque la personnalité ne dépend pas exclusivement du milieu d’origine, mais cela favorise certains penchants.La ville contient son lot de perversité, le personnage de Montgenays en est l’illustration parfaite, et écorne, une fois de plus, l’image de nos amis les hommes. Jouer de la naïveté et des sentiments d’une jeune femme inexpérimentée, au cœur pur, n’est pas glorieux, c’est tout simplement cruel.Ce roman a été écrit par George Sand en deux fois, et deux parties. Le début du manuscrit a été d’abord perdu puis retrouvé des années après. On le ressent dans l’écriture, mais pas négativement. Au contraire, cela sert au récit puisque cela marque deux époques dans le roman : la visite de Laurence en Province (« première partie ») et l’installation de Pauline à la ville (« deuxième partie »).Vous l’aurez compris, je vous recommande ce livre.

Chroniqueslitteraires
25/08/14
 

Après avoir lu L’Affaire Mis et Thiennot par Jean Claude Deray cet été qui m’a profondément émue, j’ai voulu revoir cette chère région du Berry que j’avais découverte vers mes 14 ans. Quelques jours plus tard, en faisant des courses, je tombais sur Célestine : histoire d’une femme du Berry de Gillian Tindall. Le charme continuait d’opérer et mes larmes affluèrent plus qu’abondamment. Ces récits dévoilaient une région peu connue mais que tous parcourent pour traverser la France. On s’y arrête pour faire une pause sur notre trajet. On s’y repose mais rares sont les étrangers qui y élisent domicile. Pourtant, cette région a plein d’atouts.On peut même y rencontrer l’homme de sa vie ! Croyez-moi…Cet endroit est vraiment très charmant. De découverte en découverte, l’émotion est présente que ce soit dans les villes ou les campagnes. Elle m’est apparue en tout cas comme une nostalgie de l’instant qui passe… Allez savoir pourquoi. Le passé et le présent y sont si étroitement mêlés. C’est ainsi que mes pas m’ont amenée, encore une fois, du côté de Gargilesse. Cela faisait longtemps que je n’avais vu George Sand. A force de vivre dans le présent ou de chercher l’avenir, on en oublie parfois le passé, le classique, les valeurs sûres, ais-je envie de dire. Gargilesse est un des plus beaux villages de France, un village à l’écart de tout, un village où le temps semble arrêté. George Sand, tout aussi émerveillée, a décrit cet endroit comme suit :« C’est une petite Suisse qui se révèle au sein d’une contrée où rien n’annonce les beautés de la montagne… Le chemin fit encore un coude et le village, le vrai village cherché se présenta magnifiquement éclairé sous nos pieds. »J’ai eu personnellement beaucoup de difficultés à quitter cet endroit enchanteresque. Cependant j’ai le cœur léger en sachant que j’y reviendrai très vite. En attendant, je relis certaines de ses œuvres. Enfin, je vous laisse juger par vous-même.Résumé de la quatrième de couverture :« Pauline était vêtue de brun avec une petite collerette d’un blanc scrupuleux et d’une égalité de plis vraiment monastique. Ses beaux cheveux châtains étaient lissés sur ses tempes avec un soin affecté ; elle se livrait à un ouvrage classique, ennuyeux, odieux à toute organisation pensante : elle faisait de très petits points réguliers avec une aiguille imperceptible sur un morceau de batiste dont elle comptait la trame de fil en fil. La vie de la grande moitié des femmes se consume, en France, à cette solennelle occupation. »Mon avis : Un soir, mon berrichon préféré m’offre Pauline:- Une très bonne mise en bouche pour renouer avec George Sand, me dit-il.Renouer… Je suis incapable de me souvenir si j’ai déjà lu un de ses romans. En tout cas, il est vrai que le petit format ne peut présager une torture. En trois coups de cuillère à pot et hop, c’est fini, se dit-on, quelque peu angoissé par le style peut être trop ampoulé de certains écrivains du XIXème siècle. Et pourtant il m’arrive d’aimer quelquefois le style prétentieux de certains ouvrages. Je me méfie toujours cependant de ce genre d’écriture. Il est tellement facile de tomber dans l’excès et de perdre ainsi le lecteur. Mais, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. J’ai découvert avec plaisir l’écriture de George Sand. Elle nous enveloppe entièrement sans nous étouffer : les phrases sont travaillées mais gardent une certaine retenue, comme si elle voulait rester polie envers ses lecteurs et garder une certaine dignité. Typique de nombreux écrivains du XIXème siècle, ais-j’envie de dire et j’adore ça. Je me sens privilégiée.Lire Pauline fut pour moi comme écouter un petit morceau de musique binaire. Un morceau en deux temps. Deux, comme duo. Deux, comme dualité. La lettre « D », comme déchirure. On a l’impression au début d’entendre deux voix différentes chanter en même temps. Ce sont deux amies, l’une pourrait représenter la mélodie et l’autre la basse. Deux femmes issues de milieux radicalement différents. L'une subit sa vie. Elle s’appelle Pauline et l’autre en profite pleinement. Elle s’appelle Laurence. Malgré cela, elles sont toutes deux liées par une amitié sincère et une admiration sans borne l’une pour l’autre. Puis l’une part à Paris suivre sa voie en tant que comédienne, tandis que l’autre souffre de rester seule avec sa mère. La musique des mots devient alors lugubre. Puis, la mélodie revient. Paris lasse la comédienne. Quelques années plus tard, Laurence revient en effet dans la Province de Pauline. Les deux amies se retrouvent heureuses. Lorsque la mère de Pauline meurt, Laurence la fait venir à Paris. Elle ne veut plus quitter Pauline qu’elle se promet de protéger comme un membre de sa famille. Mais pour Pauline, les problèmes commencent. La musique des mots reprend certes, mais sur des notes de plus en plus tristes.Et George Sand, tel un chef d’orchestre magistral, nous balance une histoire digne des plus grandes tragédies grecques : méfiance et jalousie vont faire leurs entrées pour séparer ces deux femmes. George Sand excelle dans la description psychologique et sociale de ce roman : un délice!Avec une plume énergique et humoristique, George Sand nous peint un tableau terne de cette province où l’on s’ennuie et où l’on est loin de toutes distractions, une province un peu arriérée, à l’image, peut être, de quelques villes du Berry. L’auteur en effet n’appréciait pas beaucoup la ville de La Châtre à l’époque. Toutefois George Sand n’en s'en tient pas seulement à cette approche. Elle a beaucoup à dire. Critiquer son époque est une de ses occupations favorites, surtout lorsqu’on veut comme elle dénoncer afin de faire évoluer les mentalités. Elle continue donc les accusations de son époque et nous dresse un portrait horripilant de la mesquinerie qu’elle considère propre à la classe sociale qui détenait le monopole des richesses. Portrait social que ce court roman ? Oui, mais pas seulement.Ce qui frappe le lecteur, peu habitué des lectures de George Sand, c’est surtout le talent littéraire de l’auteur et en particulier la facilité avec laquelle elle décrit l’âme humaine. La manière dont elle décortique les émotions de ses personnages et décrit la rancœur, la générosité ou la trahison par exemple, trois notions opposées, nous passionne quand elle ne nous fait pas froid dans le dos. La finesse de ses descriptions ne peut que nous émerveiller, voire même nous réveiller. On peut en effet se demander si ce livre n’est pas un moyen pour l’auteur de prendre sa revanche sur les racontars qui devaient courir à l’époque sur sa vie. En effet, on a parfois l’impression que George Sand défend son propre style de vie que les gens regardaient d’un mauvais œil. N’avait-elle pas une vie d’artiste elle aussi ? Les gens de cette époque avaient certainement beaucoup de préjugés sur ce monde inconnu. Pauline incarne la provinciale et devient certes dans ce roman l’héroïne mais une héroïne jalouse et pétrie de rancœur alors que son amie Laurence est pleine de générosité. Surtout que Pauline se perdra, contrairement à Laurence.Un roman où les mots tristes ont le dernier mot, dommage qu’il soit surtout féminin. Les hommes ont effet peu de place ici mais l’auteur a peut être voulu coller à la réalité. Elle qui désirait une égalité des sexes et s’est battue dans ce sens, nous offre ici une belle illustration de sa pensée.Un bel exemple de témoignage du XIX ème siècle français romanesque. Merci à George Sand pour cet écrit et merci à elle pour avoir lutté, avec d’autres femmes, pour la place que nous occupons aujourd’hui !

Soune
15/11/12
 

Une nouvelle un peu courte et un peu simple : dès les premières lignes on sait ce qu'il va survenir. Toutefois, le récit prend sa dimension dans le style de G. Sand. La nouvelle prend position sur l'opposition Parisiens et provinciaux. On perçoit nettement la prise de position de l'auteur.

biduldoodle
01/08/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.10 kg