Personne

AUBRY, GWENAELLE

EDITEUR : MERCURE DE FRANCE
DATE DE PARUTION : 27/08/09
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

Je ne sais pas quand je me suis dit pour la première fois « mon père est fou », quand j'ai adopté ce mot de folie, ce mot emphatique, vague, inquiétant et légèrement exaltant, qui ne nommait rien, en fait, rien d'autre que mon angoisse, cette terreur infantile, cette panique où je basculais avec lui et que toute ma vie d'adulte s'employait à recouvrir, un appel de lui et tout cela, le jardin, le soir d'été, la mer proche, volait en éclats, me laissant seule avec lui dans ce monde morcelé et muet qui était peut-être le réel même. Personne est le portrait, en vingt-six angles et au centre absent, en vingt-six autres et au moi échappé, d'un mélancolique. Lettre après

lettre, ce roman-abécédaire recompose la figure d'un disparu qui, de son vivant déjà, était étranger au monde et à lui-même. De « A » comme « Antonin Artaud » à « Z » comme « Zelig » en passant par « B » comme « Bond (James Bond) » ou « S » comme « SDF », défilent les doubles qu'il abritait, les rôles dans lesquels il se projetait. Personne, comme le nom de l'absence, personne comme l'identité d'un homme qui, pour n'avoir jamais fait bloc avec lui-même, a laissé place à tous les autres en lui, personne comme le masque, aussi, persona, que portent les vivants quand ils prêtent voix aux morts et la littérature quand elle prend le visage de la folie.

A partir du journal de son père, l’auteur part à la recherche de celui qui fut à la fois présent et absent, lui-même et les autres...
Gwenaëlle Aubry nous livre un récit plus qu’un roman, d’une grande finesse d’analyse, qui fait apparaître en filigrane toute la tendresse d’une fille pour son père.

Pascale (Lille)
A partir du journal de son père, l'auteur part à la recherche de celui qui fut à la fois présent et absent, lui-même et les autres...
Gwenaëlle Aubry nous livre un récit plus qu'un roman, d'une grande finesse d'analyse, qui fait apparaître en filigrane toute la tendresse d'une fille pour son père.
Pascale ,
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(Lille)
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Le hasard des lectures m'a une nouvelle fois guidée vers un hommage d'une fille à un parent disparu.Gwenaëlle Aubry retrace la mémoire de son père, François-Xavier Aubry, éminent juriste et professeur, en un abécédaire. C'est donc vingt-six facettes de sa vie, remémorée par la lecture et la transmission des mémoires à romancer que son père a écrit tout au long de sa vie.L'auteur reste vague sur la maladie de son père, qu'elle nomme "folie". En fait, son père souffrait d'une psychose maniaco-dépressive qui l'a conduit à sa perte.On comprend que son père est devenu "fou" par la dissonnance entre sa nature et son état.Il refusait le côté bourgeois de sa famille, le sérieux de son métier d'avocat. Il a choisi de passer de l'autre côté, du côté des marginaux, de sombrer dans l'alcool et la malnutrition.Il est resté figé à l'âge de cinq ans puis il s'est composé d'une multitude intime ("le troupeau de son âme") face "à son moi toujours échappé".L'auteur, en évoquant ses souvenirs "change l'absence en mémoire". Elle évoque les différents "masques" (personna en latin) de son père.Le style de l'auteur est très littéraire avec de longues phrases poétiques. C'est un écrit intelligent et admirable.

jostein
15/01/11
 

Tout ce qui touche à la folie me fascine: je suis Sovane et sa liste sur l'Ours bipolaire de prèsGwenaëlla Aubry, rencontrée ce 21 janvier 2016, pour Perséphone2014, n'est pas un auteur facile et je m'étais un peu cassé les dents sur Personne. La construction de Personne est intéressante mais le Père me fait peur... berthe

afbf
25/01/16
 

Le mouton noir A la mort de son père, Gwenaëlle Aubry retrouve le manuscrit d’un roman que ce dernier a poursuivi toute sa vie sans jamais l’achever, intitulé Le Mouton noir mélancolique. Titre pertinent tant mouton noir il dut l’être au sein de sa propre famille. Universitaire, professeur de droit, issu d’un milieu bourgeois, rien ne prédisposait François-Xavier Aubry à cette vie morcelée. Mais la maladie, la bipolarité en l’occurrence, en décida autrement. « On ne perd pas un père, encore moins un père qui était ou qui s’était lui-même perdu ».Cette très belle phrase conclut le premier chapitre. Vingt-cinq autres suivront, sous forme d’abécédaire comme autant de pièces d’un même puzzle, laissant peu à peu apparaître la figure paternelle, entre héros fantasmé, poète ou marginal. Tous ces doubles existentiels entremêlés de souvenirs familiaux et des écrits du père composent une tentative émouvante de portrait « en vingt-six angles et au centre absent » d’une grande beauté, sans pathos, parvenant à réconcilier père et fille en un récit apaisé.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Malgré les chapitres originaux, présentés en abécédaire et le thème intéressant, nos lecteurs sont complètement passés à côté de ce roman qu’ils ont jugé incompréhensible. Une grosse déception...

De A comme Artaud à Z comme ZéligLe roman s’ouvre sur Artaud, interné à Rodez et l’on sait tout de suite qu’il sera question de folie. L’auteur nous livre des fragments de la vie de son père, des fragments sous forme d’abécédaire, 26 fragments esquissant un portrait « en vingt-six angles et au centre absent ».François Xavier Aubry laissa à ses filles un journal autobiographique de 200 feuillets intitulé Le mouton noir mélancolique, illustration de sa psychose maniaco-dépressive. Lui le prestigieux avocat et universitaire, issu d’un milieu bourgeois conservateur dissimula, à sa famille et à ses proches, ses terreurs et ses originalités qui firent de lui un homme au bord du précipice.Ce roman pousse l’auteur à se dévoiler à travers son père. « Personne » est un texte où chaque mot est choisi, pesé, apposé… Un écrit intelligent truffé de références bien choisies que Gwenaelle Aubry dissèque et triture son récit jusqu’à l’explosion. C’est un bon moment de lecture rythmée, rapide parfois exigeante mais qu’on ne veut pas finir trop vite.« On ne perd pas un père, encore moins un père qui était ou qui s’était lui-même perdu ».

lanaude08
25/09/12
 

Ce roman en forme d'abécédaire reconstitue par la mémoire la personnalité complexe du père de la narratrice : mélancolique, bipolaire, maniaco-dépressif à l'identité morcelée, un homme qui, à force de vouloir être quelqu'un d'autre, n'est plus personne. Un homme qui s'est perdu et ne sait plus se retrouver, un homme qui cherche à « se saisir » et dont la fille, après sa mort, tente de retracer le parcours. Elle revient sur ces neuf mois, qui vont de sa sortie de la clinique psychiatrique à son décès, dans une sorte de gestation à rebours. Gwenaëlle Aubry « ancre le spectre paternel sur sa rive », elle « sculpte l'absence » (p. 17), en quête de ce moi éclaté qui avait déjà tenté de se saisir par l'écriture :« A chaque réveil m'attendait le Procureur en moi, ou le Père jésuite, je ne sais, pour son réquisitoire le premier, son œuvre de culpabilisation le second. Ces assises morales tous les matins, et au réveil des siestes que je ne fais plus pour éviter la reprise de l'audience, m'exposaient à un réquisitoire litanique et implacable, me crucifiant sur mon lit idiot. » (p. 77) L'ouvrage commence par le récit des derniers jours d'Antonin Artaud, durant l'hiver 1945, après 8 années d'internement, alors qu'il évoque dans une lettre ses derniers délires. Le père de la narratrice, né justement le jour suivant la rédaction de cette missive, « héritera » de cette folie, le talent en moins. Il passe en effet ses journée à écrire, d’interminables listes de « choses à faire » qu'il raye le lendemain, des schémas alambiqués qui ne correspondent à rien, mais aussi son journal, un manuscrit légué à ses filles avec cette simple mention, « à romancer ». « Il a organisé son manuscrit comme l'un de ses cours, avec la même minutie, deux parties, composées chacune de trois chapitres divisés en section. Ses fêlures, ses absences, ses angoisses, ses délires, il les a fait tenir là, dans des grands A et des petits b. Il y a dans ce texte un effort insensé. » (p. 15)Le récit de la narratrice se nourrit du manuscrit paternel, de l'album photo et des différents personnages incarnés par son père durant son existence rocambolesque. Elle se souvient des visites à l'hôpital, dans les cliniques, des moments de rémission ou de rechute (le manuscrit est découpé en deux parties, l'Epreuve et l'Espoir), lui qui n'arrivait pas à contenir bien longtemps ses « idées pirates » (p. 118). « J'ai vu mon père ainsi, dénudé, détrôné, tombé, mon père devenu rien et rien que rien, mon père vidé de l'abcès d'être quelqu'un. » (p. 33)« Pourtant, il continuait à se chercher une place sur l'échiquier familial, le fou du roi, l'idiot de la famille, qu'importe pourvu qu'il y ait encore une appartenance, un lieu à occuper, tout sauf le vide, le désert, la marge définitive. » (p. 61)Elle découvre un jour un homonyme célèbre, explorateur, aventurier, une sorte de double ancestral pour lequel la vie a tenue ses promesse. Elle se remémore aussi cette connivence ressentie entre eux à la lecture d'un texte de Plotin, dont elle faisait l'analyse. L'homme disposait de plusieurs masques (en latin masque se dit justement personna), il avait pour habitude de cacher un nez de clown dans le tiroir de son bureau d'avocat.« il suffit d'un rien, une pièce qui manque à l'uniforme, un nez de clown sur un bureau d'avocat, pour faire une entaille dans le monde, signifier qu'on ne lui appartient pas. » (pp. 132-133)Mythomane qui se rêve écrivain, celui qui se surnomme « le mouton noir » est surtout un fou de génie. Tour à tour James Bond, Napoléon, sosie de Dustin Hoffman ou de Jean-Pierre Léaud, sdf, clown, pirate, illuminé, homme sans qualités, traitre et utopiste, partagé entre le flic et l'enfant en lui, parfois obscur, disparu, revenant ou gisant, jésuite lorsque sa mauvaise conscience le travaille, kabyle en quête d'un pays perdu, de cette terre promise que chacun porte en soi, cet homme du nom de Xavier, qui cherche à se rendre maitre du vide, semble un prisme à faces multiples. Au fil des des entrées Gwenaëlle Aubry tente d'organiser le chaos paternel, c'est l'occasion pour elle de se pencher sur la mince frontière qui sépare le génie de la folie, sur ce qu'elle appelle « le spectre bipolaire » : « la foule que chacun clôt et recèle, l'incapacité à se saisir, à coïncider avec soi-même, la conscience qui dilue et fragmente... » (p. 73)Avec ce texte bouleversant, souvent drôle, Gwenaëlle Aubry projette le lecteur dans le « théâtre d'ombre » de son père, les derniers instants ravivent les souvenirs plus anciens, pour dessiner le portrait de cet homme qui se voulait autre.

sovane
04/08/12
 

Personne est un roman en partie autobiographique divisée en 26 parties, une pour chaque lettre de l'alphabet, et une pour chaque aspect de la personnalité d'un père disparu avant même sa vraie mort. Car ce père a sombré dans une sorte de folie, qu'il tente tant bien que mal de colmater quand il reçoit ses deux petites filles. Mais l'effort est parfois trop grand pour lui. Cet homme a vraiment existé: il était même respecté à la Sorbonne où il professait en tant que spécialiste de la décentralisation. Il a publié livres et articles mais il souffrait d'une psychose maniaco-dépressive et a un jour préféré cesser de faire semblant en quittant son milieu bourgeois pour une vie d'errance et d'internements en hôpital psychiatrique. Ce roman m'a rappelé à la fois L'Homme qui m'aimait tout bas d'Eric Fottorino et La Femme de L'Allemand de Marie Sizun: même aspect confidences pour l'un, même regard sur la folie d'un parent chez l'autre. Et je me rends compte que non, décidément, je n'aime ni les confidences (et pourtant, paradoxalement, D'autres Vies que la Mienne fait partie de mes livres de chevet) et la folie me rebute. Si vous avez aimé les romans de Fottorino et de Sizun, vous avez de fortes chances d'être touchées par ce roman.

cocalight
31/05/11
 

Vingt-six chapitres comme vingt-six fragments d’un père morcelé. Un père manquant et manqué car enfermé dans une maladie qui l’a éloigné du monde et de sa famille : la psychose maniaco-dépressive. Un père soutenu aussi, quand elles en avaient la force, par ses deux filles. Et c’est l’une d’elles, l’écrivain de la famille, Gwenaëlle Aubry, qui livre aujourd’hui ces morceaux de père dispersé, alternant ses souvenirs et extraits des journaux que son père n’a cessé d’écrire tout au long de sa vie. Ils disent la « folie », la conscience de la maladie aussi, la souffrance et un amour filial profond. Dans ce portrait sensible en forme d’exutoire – « (je ne fais rien d’autre, finalement, écrivant ce livre, que prononcer son nom) » - porté par la plume élégante et érudite de Gwenaëlle Aubry, l’émotion est palpable, celle d’un lien distendu malgré l’amour sincère.

Lencreuse
20/08/10
 

Mon père, ce héros Comment donner corps à un père qui n'a jamais pu s'incarner en raison de sa folie ?C'est la tentative réussie, sous forme d'abécédaire, à laquelle se livre G. Aubry. A travers différents personnages tels Antonin Arthaud ou James Bond, très subtilement, ce père devient quelqu'un. Les mots très poignants parviennent à réconcilier père et fille en un récit apaisé. Tout simplement magnifique.

“Personne” est un livre qui ne peut pas laisser indifférent. Très personnel et très sincère, c’est avec beaucoup de douceur que Gwenaëlle Aubry dresse le portrait de ce père. Loin de le juger, c’est plutôt avec nostalgie qu’elle semble voir son père, peut-être aussi avec regrets :“Je lui ai demandé pardon, du fond du cœur pardon, pardon une dernière fois d’avoir porté sa peine au lieu de l’alléger, d’en avoir souffert plutôt que de l’aimer, pardon d’avoir tant cherché à me consoler de lui.(Je ne fais rien d’autre, finalement, écrivant ce livre, que prononcer son nom.)”Car François-Xavier Aubry, issu d’une famille plutôt bourgeoise a longtemps tenté, en vain, de rester dans le rang, fidèle à l’image que l’on attendait de lui, jusqu’à sombrer petit à petit au point de devenir un marginal. Tout au long du livre, de ces 26 facettes, on se laisse donc porter par cette vision très intimiste mais aussi par ce regard de petite fille que Gwenaëlle Aubry n’a pas oublié car il n’est pas toujours facile de se construire avec un père pas toujours présent, tiraillé par une maladie qu’on ne nomme pas vraiment. Le livre est d’autant plus beau qu’il intègre des morceaux d’un texte rédigé par son père où il parle de ses souffrances et de ses espérances.Bref, “Personne” est un livre réussi, c’est indéniable, mais je continue de préférer “Jan Karski” que j’aurais bien aimé voir avec le bandeau du prix Femina !!Article complet sur Art Souilleurs.

Artsouilleurs
07/12/09
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.20 kg

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