Plage de manaccora, 16h30

JAENADA, PHILIPPE

EDITEUR : GRASSET ET FASQUELLE
DATE DE PARUTION : 21/01/09
LES NOTES :

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6,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Tout avait si bien commencé : en vacances un 24 juillet, au bord de l'Adriatique (â Peschici exactement), Voltaire le père, quadragénaire glissant sur ses tongs, Oum sa femme, dont on sait depuis plusieurs livres la passion pour le ménage et l'ordre, Géo, leur petit garçon. Ils n'ont pas d'autre motif d'inquiétude que la perte de leurs chaussures japonaises. Le soleil chauffe. Trop. Ça grésille, les pommes de pins éclatent. Puis les flammes apparaissent, les visages bronzés blanchissent d'effroi, on commence à refluer depuis le camping voisin vers la plage, au pas de course. C'est le feu. Il faut gagner la mer, se croire sain et sauf, regarder derrière soi, laisser un chien au regard aveugle,
une aïeule en robe noir, le feu progresse en un tumulte d'arbres arrachés, de rafales de vent, les visages noircissent, et puis c'est la fin de l'errance, le bout de la plage, la mort inéluctable. Les familles s'agenouillent au pied d'une Vierge absurdement posée là. Miracle. Quelque chose se passe, que nous ne dirons pas. C'est ici Philippe Jaenada à son meilleur : l'unité de temps et de lieu, la progression dramatique, les incises comiques sur un célibataire d'autrefois en berne dans Paris, les portraits d'humains pleutres ou bravaches, tout ce théâtre est en fait le prétexte à une digression sur la vanité de la vie, et en même temps, sa beauté fragile. Un roman désespéré ET drôle.
6 personnes en parlent

Oum, Voltaire et Géo ont des prénoms à coucher dehors,et une vie banale de quadra avec un enfant qui ne sont pas dans le besoin. En vacances en Italie, ils se retrouvent pris au piège dans un incendie, et fuient avec d'autres vers la plage...Peut-être pour dédramatiser la situation, Jaenada a choisi l'humour pour traiter son histoire. Or, cela ne prend pas (en tout cas pas avec moi) car au delà du fait que le récit est sans cesse ponctué de digressions entre parenthèses qui non seulement ne servent à rien et surtout entament sérieusement la cohérence d'ensemble, l'auteur a fait le choix d'un style qui n'en est pas un où le lecteur a l'impression non pas de lire mais d'écouter un one man show d'un comique qui se cherche et tente désespérément de faire rire son public. Ainsi, le narrateur, Voltaire, qui a la "lourde" charge d'être le chef de famille, devient vite antipathique et rasoir. Et même s'il a raison lorsqu'il dit "qu'il est parfois salutaire pour le moral de mettre la logique de côté", j'ai peiné à terminer ce roman qui n'en est pas un, et surtout j'ai cherché en vain une bouée de sauvetage me permettant d'être moins radicale quant à mon point de vue. Ce n'est que mon avis personnel, mais je pense que l'idée de départ étant très bonne, elle méritait un traitement moins "olé olé" sans pour autant sombrer dans le pathos, évitant ainsi un ensemble qui se veut burlesque ou plutôt grotesque vivi

vivicroqueusedelivres
11/02/12
 

Voici des vacances comme on n'en souhaite à personne, même pas à son pire ennemi... Tout avait pourtant si bien commencé : Voltaire, le narrateur, sa femme Oum et leur fils Géo venaient d'arriver les bords de l'Adriatique, dans un charmant village de vacances dans lequel ils avaient déjà logé l'été précédent. Heureux, prêts à profiter du soleil, de la mer et de la divine heure de l'apéro à la terrasse du café du coin, ils sont loin de se douter, ce matin-là, que leur vie va basculer dans l'enfer. Car c'est bien l'enfer qui les attend : un enfer de feu, flammes et chaleur, pire que celui décrit par Dante... Un feu de maquis pris on ne sait où va bientôt encercler ce petit coin de paradis et retenir prisonnier vacanciers et locaux. Certains tenteront de passer à travers les flammes et de rejoindre l'autre versant de la colline, mais la plupart se retrouveront sur la plage, acculés par les flammes gigantesques, ayant pour seul choix de griller ou de se noyer... C'est dans ces moments de panique totale et de confrontation à un réel danger que se révèle l'être humain, dans toute sa profondeur. Courage, héroïsme parfois, abattement, incompréhension, lâcheté et fourberie, tous les sentiments humains se retrouvent comme condensés, mis en exergue par la violence des évènements, et vient le temps où face à la nature avide de mort, il faut choisir... L'atrocité de ce récit est fort heureusement tout à fait supportable grâce au talent de l'auteur. Les parenthèses inclues dans le récit, et les parenthèses dans les parenthèses pendant lesquels Voltaire se remémore ses années de jeunesse, sa rencontre avec Oum (et le premier resto, moment d'entologie qui m'a fait hurler de rire) ou différents éléments de sa vie n'alourdissent pas le style et au contraire allègent l'atmosphère.. Ces digressions sont cocasses, parfois tragi-comiques, loufoques, mais toujours très drôles et permettent au lecteur de reprendre son souffle dans cette fuite éperdue de Voltaire et sa famille, et des autres personnes présentes, pour rester en vie. Elles permettent de plus de résister à l'horreur de la situation qui ne cesse d'empirer, avec ce feu immense qui semble même vouloir avaler la mer et les quelques personnes réfugiées sur cette plage. Alors on rit et on a peur, on se détend et on tremble tout à la fois, ou tour à tour suivant les chapitres, et on dévore ce roman dont le suspense insoutenable vous tient jusqu'à la toute dernière page. Car si on suppose que Voltaire se sort indemne de ce drame puisqu'il en est le narrateur, on n'en saura plus sur les autres protagonistes de l'histoire qu'à la toute fin. Et on aura en attendant découvert nombres de facettes des personnalités de ces gens, Voltaire, Oum et leur fils, mais aussi les touristes anonymes compagnons de malheur ou leur amis autochnones, touchés encore plus par le drame. Un roman passionnant qu'on lit d'une traite, qui réussit à nous dévoiler les noirceurs mais aussi la beauté et les surprises que peuvent révéler l'âme humaine tout en nous faisant rire alors que la situation est tragique. Du grand art ! Liliba

liliba
18/08/11
 

Voltaire (le héros ?), sa femme Oum et leur fils Géo sont en vacances dans un petit village de l'Italie du sud. Un matin, au réveil, ils s'aperçoivent que la forêt qui entoure le village est en feu. C'est un gigantesque incendie qui ravage tout. Comme presque tous les habitants et vacanciers, ils se dirigent alors vers la plage pensant échapper aux flammes.Le roman n'est que cette fuite racontée par Voltaire, écrivain de son métier. Mais Philippe Jaenada (dont je n'avais rien lu pécédemment) émaille son écit de digressions cocasses, tragi-comiques, loufoques ou drôles, voire très drôles. Je devrais plutôt dire d'ailleurs que les digressions de Jaenada sont interrompues par le récit de la fuite devant le feu, tellement elles sont importantes et omniprésentes. Elles font la majeure partie de livre. Il use et abuse de la parenthèse (il y a même parfois des digressions dans une parenthèse !), pour le plus grand plaisir (le mien notamment) du lecteur. Enfin, moi j'adore ce style. Tous ces apartés sont des moments de la vie de Voltaire, glorieux ou beaucoup moins pour la plupart. Ils permettent bien sûr de rire alors que le thème principal du livre n'inspire pas à la rigolade. Je crois même que l'incendie n'est là que pour mettre en valeur les fameuses digressions de Voltaire, pour donner du rythme en opposant les deux parties du récit, et puis il crée quand même un petit suspense : vont-ils résister au feu, et si oui, qui s'en sortira ?A éviter pour ceux qui aiment des récits linéaires et sans surprises, mais à recommander pour tous les autres ! Cécile aussi a beaucoup aimé. Yv

Lyvres
25/03/14
 

Vacances : il fait chaud, il fait beau, c'est le bullage intensif et tout le monde est détendu. Lors du petit-déjeuner sur la terrasse (salami et gorgonzola trempés dans le café) on sent une odeur de barbecue, ça donne envie de merguez... Sauf que c'est le début d'un gigantesque incendie de forêt, et que très vite c'est panique à bord : la mort est partout. La route est coupée, il faut fuir à pied vers la plage, le vent ne cesse de tourner, il faut prendre des décisions, la fumée et les flammes gagnent du terrain.C'est très fort de parvenir à faire rire tout en soutenant une tension dramatique qui sonne juste. Jaenada y parvient pourtant, et j'ai vraiment ri à deux endroits (l'anecdote sur le plateau de fruits de mer, et l'accident au ski). C'est un roman réussi, qui est à la fois tendre et mordant, léger et plus profond qu'il n'y paraît.C'est rempli de très jolies déclarations d'amour pour le personnage d'Oum, l'épouse, des célèbres doubles parenthèses (en récession, me semble-t-il), et l'on passe un très bon moment entre ces pages. Sylvie Sagnes

SagnesSy
12/01/13
 

Le narrateur, Voltaire, écrivain en vacances dans le Sud de l'Italie avec sa femme Oum (pas comme le dauphin mais comme la célèbre chanteuse orientale) et leur fils Géo (en référence à Géo Trouvetout). Une petite famille beaucoup plus pacifiée que celle décrite dans Le cosmonaute et surtout beaucoup plus drôle. Mais avec Philippe Jaenada (moins prodigue ici de parenthèses enchâssées) le drame n'est jamais bien loin. Cette fois avec Plage de Manaccora, 16 H 30, il prend une toute autre dimension.En effet , le narrateur et sa famille vont se trouver cernés par l'un de ces redoutables incendies qui ont ravagé le Sud de l'Italie. La mort est là toute proche, même si totalement incongrue dans cette ambiance estivale, prête à dévorer celui qui fera le mauvais choix.On sent dans ce roman une grande maturité. Est-ce la paternité, la confrontation avec le caractère éphémère de la vie (qui ne lui vaut pourtant que des pensées banales quant à la nécessité d'apprécier la vie et de relativiser tous nos petits ennuis) ? Ici l'auteur du Chameau sauvage surfe avec bonheur tant sur la vague de l'humour parfois caustique: "La grosse blonde remplie de saucisses zigzaguait en poussant de petitrs gémissements de cochon terrifié (chacun son tour)." que sur celle de l'émotion. On rit à gorge déployée (et tant pis pour les sourcils froncés du voisin) au début du texte et on essuie discrètement quelques larmes à la fin. Chapeau bas Monsieur Jaenada ! cathulu

cathulu
14/08/12
 

Plage de Manaccora, 16h30 Toute la force de ce roman bâtit sur une trame cauchemardesque en partie autobiographique, tient dans la capacité de l'auteur à passer, presque sans transition, de la tragédie au burlesque, de la peur de périr asphyxié à une anecdote digne des meilleurs vaudevilles.

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.28 kg