Pour une critique des traductions : john donne

BERMAN, ANTOINE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 03/01/95
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

«Ce livre est à la fois un ouvrage sur la critique des traductions présentée comme l'un des genres de la Critique et un ouvrage sur John Donne, ses traductions (anciennes) et sa (future, désirable) retraduction. Il existe depuis l'Âge classique des recensions critiques de traductions, où "critique" signifie jugement ou évaluation. Mais si critique veut dire analyse rigoureuse d'une traduction, de ses traits fondamentaux, du projet qui lui a donné naissance, de l'horizon dans lequel elle a surgi, de la position du traducteur ; si critique veut dire, fondamentalement, dégagement de
la vérité d'une traduction, alors il faut dire que la critique des traductions commence à peine à exister. Si l'analyse, pour être une véritable "critique", doit aussi, nécessairement, aboutir à un jugement, quelle devra être la base d'un tel jugement ? Existe-t-il une base non subjective, et surtout non dogmatique, non normative, non prescriptive, une base consensuelle de jugement ? La critique des traductions est au service des oeuvres, de leur survie et de leur illustration, et des lecteurs. J'essaie de montrer son sens, sa nécessité et sa positivité.» Antoine Berman.
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Antoine Berman nous livre sa vision d’une méthode pour critiquer une traduction. Bien au-delà de la critique certes souvent constructive mais toujours négative de Meschonnic ou de l’objectivité scientifique de l’école de Tel-Aviv, trop neutre à son goût, Berman s’emploie se détacher de « l’inévitable moment négatif » de la critique dont parle Walter Benjamin. En quoi consiste cette méthode ? Berman nous indique trois stades de la « critique productive », eux-mêmes sous-tendus par diverses étapes. Viendrait en premier lieu les « lecture et relecture de la traduction », lesquelles consistent à lire les traductions avec ce qu’il appelle un « regard réceptif » : il ne s’agit pas de dépecer le texte et de n’y voir que le négatif ni de le lire de manière passive, mais plutôt de repérer les « zones textuelles problématiques » lors de la relecture, c’est-à-dire les zones qui interpellent et remettent en question la traduction. À ceci s’ajoute la découverte de « zones textuelles miraculeuses », c’est-à-dire les passages qui témoignent de l’accomplissement de la traduction. Une condition à cette étape : laisser de côté l’original.À l’inverse, la deuxième étape concerne les lectures de l’original. Elles aussi doivent se faire non pas d’un œil passif mais avec en tête l’objectif final, i.e. la critique. On laissera donc de côté la ou les traduction(s), tout en gardant malgré tout à l’esprit les zones repérées lors de la première étape, « pour préparer la future confrontation ». Selon l’auteur, « ici, le critique refait le même travail de lecture que le traducteur a fait, ou est censé avoir fait, avant et pendant la traduction. » C’est-à-dire qu’il faut non seulement repérer les zones troubles, mais également effectuer des recherches afin de clarifier ces zones troubles (on peut penser notamment à des considérations culturelles, géographiques, etc.). Ces lectures sont l’occasion pour le critique de repérer les « zones signifiantes où une œuvre atteint sa propre visée », zones qui serviront à l’analyse stylistique et à la confrontation à proprement parler. La troisième étape, que Berman appelle « À la recherche du traducteur », est un peu différente des deux premières : il s’agit maintenant d’apprendre à connaître le traducteur. Qui est-il ? Quel est son projet ? Son « horizon » ? Il faut partir à la recherche de la subjectivité du traducteur, car à chaque traducteur appartient une traduction différente d’un même texte, et ces différences sont fonction du cadre théorique dans lequel se placent les traducteurs, de leur projet ainsi que de leur contexte langagier et culturel. Après ce travail préliminaire vient l’analyse de la traduction : « dans tous les cas sont analysés des totalités entières, non des extraits isolés, ponctuels ». Pour ce faire, plusieurs confrontations : d’abord vient le confrontation entre les « zones signifiantes » et leur(s) traduction(s). Puis vient le moment de comparer les « zones textuelles problématiques » ou « accomplies » avec les zones correspondantes de l’original et celles des autres traductions, s’il y en a. Enfin, cette analyse comparative donne lieu à une dernière considération : comment le a traduction entre en adéquation avec le projet du traducteur ? S'ensuit l'application de la méthode afin de comparer les traductions de "Going to Bed", poème de John Donne.Le texte, clair et concis, est une mine d'or pour qui s'interroge sur la validité d'une traduction..

Melacloche
12/02/14
 

Format

  • Hauteur : 22.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.34 kg